See other formats Digitized by the Internet Archive in 2011 with funding from University of Toronto littp// L'AUTORITÉ MARITALE SlIJ LA PERSONNE DE LA FEMME Étude critique de jurisprudence PAR Henri VIALLETON DOCTLt'H KN DROIT AVOCAT A LA DK LAiriFAT DK FACULTÉ MONTPELLIER IMPRIMERIE FIRMIN liT hVV. FEHDINAND-FABHE ET QUAI DU VERDaNSON i S X 9 é^f ^*^û^ z u^^*^^ f / c^f^i^ ^ ^ /T^e^fy erfe'tionnnement social. M. Labbé a écrit quelque part 1 Les mœurs, presque au- tant que les lois influent sur la puissance maritale. Cette puissance a sa source, ou mieux, sa consécra- tion dans la loi, elle puise son mode d'exercice et sa vertu dans les mœurs ». Cette phrase exprime la mesure des résultats auxquels il est possible de prétendre, alors que la valeur des solutions acqui- ses se mesure surtout à leur exacte adaptation aux nécessités des faits. Faire ressortir les tendances qui dirigent l'action judiciaire, indiquer à quel point de leur évolution elles sont parvenues, mar- quer leur aboutissement logique et leurs extensions l0ssibles à des ordres d'idées voisins, toujours sui- vant une méthode très réaliste et très proche des faits, tel est l'objet que nous nous proposons. Nous 1 Note sous Bruxelles, 28 avril 1875. S. 77-1-161. 2 — 18. - ]eiiser»is Tavoii' atteint pleinement si l'on peut dé- gager les artout où il juge à propos de résider, ^e sera l'objet des deux pre- miers cha]itres de ce travail. Le troisième sera con- sacré à un élément essentiel dans l'appréciation des — J9 - li-oits respectifs des époux, la liberté de la femme dans son activité professionnelle. A mesure que le jn-ogrès social et le développement économique lui ouvrent ]lus largement l'accès des carrières libé- rales et nous liabituent à la voir entreprendre une pi'ofession ou un travail personnels, ce côté de la oint de vue reste étranger à l'objet de notre étude, en ]rincipe du moins, car en fait il ne sera guère possible de l'i- gnorer entièrement, mais les ]ages qui \'ont suivre traiteront exclusivement de la soumission de la femme à l'autorité maritale en ce qui touche le gou- vernement de sa personne. La concision du législateur à ce sujet semble n'être pas tout à fait involontaire; il est possible qu'il se soit rendu compte de la difficulté d'édicter une réglementation durable et satisfaisante en pa- reille matière, et qu'il ait jugé préférable de lais- ser une grande latitude à l 'interprétation. Les tra- vaux préparatoires nous conduiraient à le penser; il y fut déclaré qu'il convenait de laisser, dans ces sortes de questions, une grande part aux mœurs et aux circonstances 1. C'est là l'expression de la vérité ; les problèmes que soulève l'autorité maritale sont si complexes, si directement influencés par les questions d'espèce que la liberté laissée à la juris- prudence fait que ses solutions gagnent en sou- plesse et en exacte adaptation aux besoins sociaux ce qu'elles perdent en rigueur juridique et en unité. 2. Notre tâche va être de grouper les décisions juriâprudentielles qui peuvent être considérées comme des applications directes et immédiates de I Fenel. Recueil des trav. prép. du Gode civil. T. IX, p. 72. Locré. Lég. civ. Il, p. 395 et suiv. — 22 — l'article 213 du Code civil, d'en dégager les consé- quences, de lès rattacher, s'il est jwssible, aux prin- cipes" directeurs de notre droit ou à des théories juridiques générales. Coiiime ]iresiuo toujours en la matière, cette étude ne ]eut présenter aucun ca- ractère systématique. Il ne faut ]as compter abou- tir par l'examen des jugements et arrêts à une vue générale de la matière, à un système de solutions positives inontrant dans les divers domaines où peut s'ex;ercer l'autorité maritale la définition de son étendue et les limites de son apxVlication. Les monuments de jurisprudence, dans ces questions de dépendance personnelle de la femme mariée, sont tout à fait clairsemés,' et, s'ils corres]ondent à des aspects assez divers du problème qui vient d'être posé, ils ne sont jamais nombreux dans un même ordre d'idées sauf une exception unique. Aussi ne peut-on point espérer aboutir à des solutions for- melles et bien étayées, mais seulement exprimer des tendances et baser ds déductions sur des ar- rêts isolés. Il n'y a rien là d'ailleurs qui doive nous étonner. Les difficultés qui peuvent survenir ne sont point ici purement de l'ordre juridique. C'est toute la vie personnelle des deux époux, c'est souvent le sort de l'union conjugale qui est en jeu dans cette lutte de tendances à la tyrannie d'une part, à la complète indépendance de l'autre. Sans doute, dans certains cas, l'intervention de la justice est désirable et effi- cace, mais, dans bien d'autres, elle ne saurait être souhaitée. Tout un domaine, dans l'ordre puren rnt — 43 - psychologique, éehaipe normalement à la coiiif>é teiice et a l 'action du juge. Et cependant comlien de fois les abus d'influence, l'oppression d'une vo- lonté, la tyrannie morale n 'occasionnent-elles pas des froissements, des déchirements pires qu'une contrainte physique que* les tribunaux pourraient intervenir pour faire cesser. Même du reste dans d'autres cas, alors que la personnalité du mari et celle de la femme s'opposent nettement, il est rare que le conflit prenne un caractère d'acuité et de violence tel qu'il faille en venir à des mesures ju- diciaires. Les intéressés y répugnent généralement en raison du caractère intime des faits mis en jeu et de la publicité que donne l'audience à leurs griefs. Vne bonne harmonie, pielquefois ]lus ap- parente que réelle est la règle, l'intervention des tribunaux l'exception. o. Il est cependant un ordre d'idées Ians lequel les décisions de jurisprudence sont plus nombreu- ses. C'est lorsqu'il s'agit de déterminer les droits du mari sur la corres}ondauce de sa femme, sur- tout en ce qui concerne la production des lettres missives en JHstice. Sans se dégager entièrement des considérations d'ordre moral ou social, ces questions touchent de plus près au domaine juridi- que et l'on y conçoit mieux l'intervention de la jus- tice. Le nombre assez grand des arrêts qui s'y rap- portent permettra nne étude plus détaillée et plus documentée de l'actian jurisprudentielle. Faite dans la seconde partie de ce chapitre, après .que la pre- mière aura été consacrée aux autres^ aspects de la — n — dppendaiicc persouiielle de Im i'einme, elle eoiitri- liiera iar sa physionomie jliis scieiitificpie et ilus domiiK'^e iar les irollèiiies de di'oit, à fixei- les idées et à }»réeiser les solutions un peu vagues touchant l'intervention de rautorité maritale dans la liberté d'agir et de penser dv la femme. Une troisième sec- tion sera consacrée à examiner s'il ne serait pas possible de rattacher, dans leur ensemble, les ten- dances jurisprudentielles à un principe d'ordre gé- néral qui les grouperait sous une même directive juridique et guiderait l 'interprète dans l 'apprécia- tion de leur exacte portée. Section Première LA PERSONNALITÉ D èce de violence physique, contredisant ainsi for- mellement la solution isolée de l'arrêt de C'ham- éry 1. Nous sommes loin des temps oîi les bour- geois de Villefranche-sur-Saône comptaient avec orgueil au nombre de leurs franchises et privilè- ges le droit de battre leur femme, pourvu que mort ne s'ensuivît point 2. 8. On ne saurait admettre que le mari intervienne pour contrarier d'une manière arbitraire et systé- matique l'affection de sa femme pour ses parents 1 Bordeaux, 10 avril 1826. S. chron. à sa dale. Cass. 13dcc. 1896. D. 2 Comparez Beaumanoir Li maris le doit castier et et repenre selon tontes les manières dont il verra que bon sera pour li osier de tel visse, excepté mort ou mehaing. Coul. de Beauvoisis. Ed. Beugnot. LVII, § 6.; - 30 - los plus proches et en interdire les manifestations extérieures. 11 y a là un devoir moral de la femme que la loi exprime même en ce qui touche les père et mère par l'article .'71 du Code civil. Tout ici est question de mesure. Il est certain que le mari ]eut prendre des dispositions de surveillance et res- treindre au besoin les Wsites de sa femme à ses Iteaux-parents, lorsqu'il a de justes sujets de crain- dre que leur influence ne vise à jeter le trouble dans le ménag'e 1. On verra, plus loin, que, maître de contrôler les relations de sa femme, il peut lui interdire de visiter ou de recevoir certaines person- nes. Certainement la jurisprudence admettrait que ce droit s'exerçât même contre quelques-uns des, parents de la femme dont l'influence lui paraîtrait sérieusement à redouter. Il ne saurait non plus être contraint à recevoir chez lui ses beaux-parents, s'il ne le juge pas à propos, à condition qu'il laisse par ailleurs à sa femme toute liberté de les voir au dehors et s 'il ne pousse pas la rigueur de cette pro- hibition au point de leur interdire l 'abord de leur tille en cas de maladie grave 2. Ici s'aperçoit le germe de la distinction entre l'usage licite de l'au- torité maritale et sou usage abusif. Des mesures, tendant à prohiber d'une manière générale toutes relations de la femme avec les membres de sa fa- mille, une action visant à empêcher toute communi- 1 Cass. Keq. 6 août 1907. D. 07. I. 512. 2 Seine, 13 janvier 1870, D. 70-3-40. Gomp. Cass. 30 nov. 1898. D 99 1-358. — 81 - cation eîitre elle et ses père et mère, appelleraient l'intervention de la justice, surtout alors que le mari ne iOurrait invoquer aucune raison valable à l'appui de ces décisions. C'est ce qu'a proclamé, en principe, un jugement du Tribunal de la Seine, en date du 13 janvier 1870 Attendu que l'auto- rité du mari sur sa femme ne saurait en aucun cas lui donner le droit de la priver arbitrairement de toutes relations avec ses parents » 2. Mais dans le cas particulier aucune sanction n'a été prise, le Tribunal ayant refusé, pour des raisons d'espèce, de faire application des principes qu'il proclamait. 9. Au point de vue social, la question se pose surtout en ce qui touche la vie mondaine et les rela- tions. C'est là une source de conflits particulière- ment délicats, mais il est impossible de refuser au mari un droit de surveillance et de contrôle sur les fréquentations personnelles de sa femme, pouvant aller jusqu'à lui interdire de recevoir ou de visiter certaines personnes. Le contraire aboutirait à dé- nier toute efficacité et toute portée aux droits de puissance maritale, dont les arrêts ont toujours grand soin d'affirmer le principe avec solennité dans les premières lignes de leurs considérants, quitte à en combattre les conséquences avec éner- gie un peTi plus loin 2. Si vraiment le mari est le chef de la société conjugale et le gardien de l'hon- 1 Seine, iSjanvier 1870, précité. 2 Comparez Bruxelles, 28 avril 1875. S. 77-1-161, — 32 — neur et de la paix du foyer domestique » 1, s'il est a investi par l'article 218 d'une certaine auto- rité à l'égard de sa fenuue et possède incontesta- llemeut le droit de surveiller et contrôler sa cor- respondance » 2, on ne peut lui refuser le droit d'intervenir sur un terrain particulièrement glis- sant où l'exercice de son autorité peut être de la plus haute importance jjour l'avenir de la famille. Doctrine et jurisprudence sont d'accord pour re- connaître cette dernière implicitement, que c'est là une conséquence nécessaire de la subordination de la femme, ^'est, d'ailleurs, dans ces questions, que l'autorité maritale, si elle intervient avec dis- cernement, peut s'exercer de la manière la moins choquante. Le principe de la dépendance de la femme étant admis, les intérêts généraux de l'u- nion conjugale ne peuvent être mis en balance avec quelques relations mondaines. A notre connais- sance, la jurisprudence n'a jamais eu à se pronon- cer directement sur le caractère licite de l'inter- vention du mari s 'exerçant normalement dans cet ordre d'idées, mais elle l'a sanctionné indirecte- ment en en condanmant les abus. Car ici aussi, il y a la manière. M. Labbé résume bien la véritable position de la question dans sa note sous l 'arrêt de Bruxelles, 28 avril 1875 3. En dehors' des per- sonnes pour lesquelles l'entretien de relations est 1 Nimes 6 janvier 1880. D. 80-2-191. 2 Seine 21 mai 1909. Gaz. Trib. 09 II. 2-351. 3 Bruxelles 28 avril 1875, précité. -fa- illi devoir do famille, les conjoints doivent s'enten- dre sur la détermination des personnes ju'il leur convient de voii'. En cas de dissentiment, le mari a le pouvoir d'interdire à sa l'enmie de voir on lece- voir telle personne ». Comme toujours, dans notre matière, tout devrait être ici question de bonne en- tente et de concessions réciproques. Mais il n'en est pas nécessairement ainsi et les tribunaux ont eu parfois à intervenir pour déclarer illicite l'ac- tion du mari qui, sans aller jusqu'à une séquestra- tion qui serait tombée sous le coup du Code pé- nal 1, visait à laisser la femme dans un état d'isolement complet, la priver des relations mon- daines auxquelles la situation mondaine des époux et leur fortune leur donnaient droit de prendre part 2. Dans un ordre d'idées très voisin, nous ne croyons pas, quoi qu'en ait pu dire Bonaparte, au cours des travaux préparatoires du Code civil, que le mari puisse intervenir systématiquement dans les actes de la vie matérielle de sa femme pour lui dire Madame, vous irez ici. Madame, vous n'irez point là ». Il est rationnel de penser, en l'état actuel de la jurisprudence, qu'une pareille tyrannie. 1 La jurisprudence a toujoursinterprélé, indépendam- ment de cette conséquence pénale, la détention arbitraire de la femme comme rentrant dans les excès et sévices et de nature à constituer une cause de divorce quasi péremp- toire. Houen 8 avr 1824. S chr à sa date. Seine 13 juin 1892. Gaz. Pal. 93-34, Trib Abbeville 9 juin 1890, cité par Garpentier. Rép. v° Divorce n" 372. 2 Paris 13 juillet 1898. D. 99-1 359. 3 — 34 - siiTtout si elle n'était }as justifiée par l'attitude de la femiiie, serait certainement considérée par les juges coninie une injure grave susceptible de baser une action en séparation de corps ou en divorce. 10. La question de l'autorité maritale se pose en- fin sur le terrain des croyances Teligieuses ou de la liberté de conscience. Il faut ici admettre la pleine indépendance réciproque des deux époux. Au point de vue des mœurs, nulle contrainte ne peut se con- cevoir sur ce sujet qui touche au plus profond de la personnalité. Juridiquement, la formule impré- cise de l'article 213 ne ieut faire écliec. aux textes constitutionnels qui, à commencer par la Déclara- tion des droits de l'homme, proclament la liberté de conscience. Il ne serait pas exact de dire que les ma- nifestations de cette indépendance ne susciteront jamais de difficultés entre les époux; ce ne saurait être une raison pour atteindre un principe d'équité supérieure et d'ordre public. Ces difficultés se ré- gleront sans le secours du principe d'autorité, voilà tout. Un jugement du Tribunal civil de Afont-de- Marsan adopte, en termes assez heureux, cette manière de voir Attendu que... la dame C'..., en changeant de religion, n'a fait qu'user d'un droit; pie lui contester ce droit serait porter ime atteinte au principe su]érieur, aujourd'hui univer- sellement reconnu, de la liberté de conscience; qu'il n'est pas possible de dire qu'en pjenant part aux céi-émonies du culte catholique elle violait le devoir d'obéissance à l'autorité maritale au point de se rendre coupable d'injure grave. Qu'en effet le droit de croire à une religion emporte le droit de la pra- — 35 - tiiuer et eu est insé]aralle; ue le mari peut bien se prévaloir de sou autoiité pour empêcher des ac- tes cpii portei-aieut atteiute à la dignité, à la consi- dération, aux intérêts luatériels de l'association conjugale, mais non pour gêner la liberté de cons- cience et l'exercice de cette liberté » 1. Il s'agit ici d'une demande en divorce, mais en application des mêmes principes, la justice pourrait interve- nir pour assurer a la femme la libre pratique de sa religion, contre l'opposition de son mari. 11. La femme n'a pas seulement le droit de pen- ser et d'agir conformément à ses convictions reli- gieuses, elle a aussi celui de les voir respectées par son mari. Et la jurisprudence n'hésite pas à admet- tre au nombre des injures graves des faits qui semblent bien rentrer dans le domaine de l'autorité maritale, mais qu'elle juge arbitraires, illégitimes et non conformes au but pour lequel la prépondé- rance dans la société conjugale a été confiée au mari. Une jurisprudence aujourd'hui constante et appuyée sur des décisions nombreuses fait une cause de divorce du refus de consentir à la célé- bration du mariage religieux après le mariage ci- vil 2, ou de permettre le baptême des enfants com- muns. Il est vrai que ces décisions sont très souvent 1 Trib. civil de Mont-de Marsan 28 janvier 1891. Gaz. Pal, 91-384. Comparez, Demolombe, IV, 390. Le Senne. Séparation de corps, n' 67. Baudry Lacantinerie et Houques Fourcade. Des Personnes, lîl, 2-IGO. 2 Voyez notamment Angers 29 janvier 1859. S 59 2- 77. Bruxelles 17 juillet 1889, S. 90. 4-28. — 36 — snjettos à cniitioii h notre li d'une promesse tacite, niais virtuelle, qui ont dû llesser la conscience d'une femme chrétienne, dans ses sentiments les ]lus intimes et les plus 'respectables 1. On dé- I Lyon "2" mars 1.73. D. 74" 445. il f;uil noter que celle espèco relevé bien un abus d'anLorilé marilale, mal- gré les formules générales des motifs qui semblent suppo- ser que la situalion inverse pounail se produire. Seul le mari en vertu de ses pouvoirs peut aboutir a empêcher le baplème de l'enfant en interdisant à sa femme d"y faire procéder. La femme ne pourrait que refuser d'assister à la cérémonie Comparez Paris !.'> iuillet 1898 et Cas?. 30 nov 1898 \. 99 1-359. - 37 — gage aisément de cette décision, la notion d'un usage alusif do la ]uissance maritale. 12. On serait tenté de faire un rapprochement entre la liberté de conscience et d'autres droits également protégés par les garanties générales de la libei'té individuelle, tels que le droit d'écrire et de publier ses oiinions. Mais la question est toute différente et l'on peut ici reprendre la distinction à laquelle recourt fréquemment Potliier entre le for de la conscience et le for extérieur. Si toute inter- vention par voie d'autorité du mari dans" le do- maine des idées ou des pratiques religieuses appa- raît comme un abus injustifiable, il n'en est pas de même en matière d'écrits ou de publications, où cette intervention peut très bien être guidée par une saine conception des intérêts du ménage et de la famille. La femme porte le nom de son mari et de ses enfants et il peut être nécessaire de lui reti- rer les moyens d'exposer ce nom à la critique et au ridicule 1. Nous n'insistons pas, du reste, sur ces questions qui ne mettent en jeu qn'une question d'autorisation et pour cette raison d'analogie sont généralement étudiées avec le droit de contrôle du mari sur les actes juridiques de sa femme. La jus- tice exerce son appréciation sur la légitimité de 1 C'est évidemment à cet ordre d'idées qu'il faut ratta- cher le jugement du Tribunal de paix d'Alger, 2 mars 1905. D. 05. S. 2 interdisant à un photographe l'exposition du portrait d'une femme mariée sans l'autorisation de son mari. - 38 — l'action du mnri de la manière légalement prévue Civ. 219. Saris doute, nous sommes dans un de ces cas où l'on peut soutenir ue le mari seul a la possibilité de donner son autorisation à la pu1lica- tion d'un livre, d'un article ou à l'exercice de la profession d'écrivain, parce ré-niourant la prérogative de nommer un conseil siécial chargé d'assister la mère survivante dans ses fonctions de tutrice des enfants art. 391, dont on peut i-ai»}>rocher celles de la loi italienne art. 233, autorisant le ]ère à imposer testanientairement à sa femme l'observation des l^rescriptious qu'il formule pour l'éducation des en- fants communs. Le telles prérogatives confondent si étroitement l'exercice de la puissance paternelle avec l'autorité maritale qu'il est impossible de dé- terminer avec précision la ]art qu'elles emiruntent à chacun de ces principes. La prépondérance de l'homme s'affirme, d'après notre législation, dans tous les aspects de l'organisation familiale, l'auto- rité du père sur ses enfants répond à celle du mari sur sa femme et toutes deux forment un système homogène dont les parties ne doivent pas être sépa- rées. Ceci n'empêche pas d'ailleurs, qu'en pratique, l'affection réciproque des époux, jointe à leur exacte conception de l'intérêt des enfants, n'assure cette collaboration étroite dans l'éducation de ceux-ci qui répond à la nature des choses. La loi ne pose qu'une règle permettant de résoudre, par l'autorité d'un seul, les conflits qui peuvent se produire, elle est la première à proclamer normal le partage des di'oits et des devoirs que les parents ont sur leurs enfants et envers eux. Ceci nous permet de saisir la limite qu'il faut assigner à cette solidarité existant entre - 41 ~ l'autorité paternelle et l'autorité maritale. Il n'est l>as prolable que ceK deux pouvoirs puissent évoluer parallèlement dans leur aspect légal les tendances actuelles à l'émancipation de la femme ne visent qu'à reconnaître une sphère d'activité indépendante à deux êtres qui ont atteint leur com]lète .formation morale et intellectuelle et peuvent se faire des con- cessions réciproques. L'éducation des enfants, au contraire, s'accommode mal de l'absence d'mie di- rection unique, de tiraillements entre des concep- tions trop divergentes. Aussi ne faut-il pas croire que l'établissement de l'indépendance des épovlx, dans leurs rapports réciproques, doive nécessaire- ment et immédiatement se traduire par une parfaite égalité de leurs droits sur les enfants ce serait logi- que, mais la difficulté pratique d'aboutir à ce résul- tat apparaît dans le Code civil allemand, très libé- ral sur les questions de soumission personnelle de la femme, et qui maintient cependant de façon ri- goureuse l'exercice de la puissance parentale au père seul tant que dure le mariage. Section II LKS DROITS DU MARI SL'K LA COKRI>P0iNDANCE DK SA KEMME 15. Tous les auteurs qui ont abordé cette ques- tion l'ont posée d'abord sur le terrain des principes et, opposant raisons juridiques et raisons de senti- ment, se sont attachés à défendre l 'autorité absolue du mari ou l'indépendance complète de la femme. — 42 - Le débat se concentre entre des principes appuyés sur la tradition, fortifiés d'une interprétation doc- trinale et d'une jurisprudence imposantes, et les tendances nouvelles au libéralisme, assez heureuse- ment exprimées dans un arrêt de la Cour de Louis- ville Etats-Unis, que l 'on trouvcia cité partout 1. Les raisons de décider ne peuvent être tirées que des principes dans le silence des textes on peut se demander si le droit de contrôle du mari sur la cor- respondance de sa femme est ou non une consé- quence naturelle et nécessaire de ses pouvoirs d'au torité. La solution de cette question dépend plus di- rectement de l 'opinion que l 'on professe sur l 'éten- due à attribuer à la soumission personnelle de la femme que de considérations d'ordre purement ju- ridique 2. Il faut bien reconnaître d'ailleurs que si l'importance théorique de cette discussion est cer- taine, son intérêt pratique est beaucoup plus contes- table. Il y a la question de la lég-itimité de la pro- duction en justice des lettres interceptées par le mari et c'est à peu près tout. Lorsqu'on essaye de se placer à un, point de. vue plus général, les phrases de M. Labbé, expression même du bon sens, vien- nent immédiatement à l'esprit. .L'autorité mari- tale est presque toujours latente quand elle est effi- cace et risque de précipiter la discorde quand elle i Dubrulle. Autorité maritale, p. 144. Morizof -Thi- bault. Autorité maritale, p. 184. Le Droite 25 dcc. 1867. 2 Voyez Gény. Des droits sur les lettres missives, II, p. 211 et 213 en note. - 43 — se manifeste extérieurement. Elle s'exerce sur une personne développée intellectuellement et morale- ment, elle a le devoir de respecter des croyances, des manières de sentir qui ne sont pas les sien- nes » 1. Il n'est pas téméraire de dire que les jours d'un ménage sont comptés lorsque le mari est con- traint de solliciter une décision de justice prescri- vant la remise entre ses mains du courrier de sa femme, ou s'abaisse à des perquisitions dans ses meubles personnels. 16. Ce qui est intéressant, ce n'est pas le prin- cipe, c'est l'incontestable évolution d'idées qui se produit dans cette matière de la limitation et de la définition des droits du mari sur la correspondance de sa femme. Il est exact de dire que l'opinion tra- ditionnelle, fortifiée par les travaux préparatoires du Code civil, reconnaissant au mari un droit d§, contrôle et de surveillance sur les relations épisto- laires de sa femme, a été soutenue quasi unanime- ment par la doctrine jusqu'à ces derniers temps. Il est exact aussi qu'à l'heure actuelle la majorité des auteurs se rallie à cette manière de voir. Mais il y a tout de même quelque chose de changé, on en a l 'im- pression absolument nette, lorsqu'on parcourt la littérature de la question. Jusqu'à une époque ré- cente, la notion de droits étendus reconnus au mari sur la correspondance de sa femme fait figure de dogme ; les arguments sur lesquels ou l 'appuie ont I Note sous Bruxelles 28 avril 1875. S. 77-2-161; - 44 _ quelque chose de sacramentel et se retrouvent par- tout identiques. C'est à peine si l'on consacre quel- ques déveloipenients d6dai,2neux aux idées libéra- les pour en condannier Je défaut d'orthodoxie 1. Dans ce concert dogmatique, l'opinion divergente de Laurent fait seule tache l'émineut juriste belge pressentait l'évolution future des idées et faisait montre aussi de quelque esprit de contradiction, comme il lui arrive parfois 2. Mais aujourd'hui l'attitude des interprètes a changé. On sent qu'un courant d'idées d'ordre moral et social manifeste- ment teinté de libéralisme est venu passer sur ces solutions juridiques qui semblaient définitives. On en a l'impression particulièrement saisissante en suivant la pensée des auteurs qui restent fidèles à la doctrine traditionnelle. Quelle différence entre l'ar- gumentation des anciens ouvrages et la discussion de M. Gény, par exemple, conciliant défense minu- tieuse et serrée du principe d 'autorité comme résul- tant de notre loi positive, et larges concessions au libéralisme sur le terrain de la législation et même de l'interprétation judiciaire de principes procla- més incontestables 3. C'est aussi une impression 1 Voyez nolammenl Dubrulle. Aulorité maritale, p^, 144 et siiiv. Perel. De rinviolabilité du secret des lettres, p. 195. Tissié. Propriété et inviolabilité du secret des lettres, p. 48 et suiv. Hanssens. Du secret des lettres, p. 270. 2 Laurent. Principes de droit rivil français, III, p. 162. 3 Géuy. Lettres missives, II, p. 210 et suiv. — 45 — de scepticisme qui se dégage des développements consacrés par M. Jardel à cette question, dans sa remarquable thèse sur la production en justice des lettres missives ; les restrictions qu'il admet au principe d'autorité, n'en laissent guère subsister plus qu'une formule 1, Avec plus de hardiesse encore, des auteurs con- temporains se posent nettement en adversaires des principes traditionnels. Ils invoquent l'évolution des idées morales et des points de vue sociaux, tout ce qu'on peut dire contre l'extension de l'autorité maritale dans des domaines dont il est possible de lui contester l'accès 2. L'un d'eux a même porté le d^bat sur le terrain juridique pur, ce qui paraît assurément téméraire, mais n'est peut être pas après tout si paradoxal 3. Si l'imposant concours de doctrine et de jurisprudence dont se fortifie la tradition était bien fait pour séduire l'auteur qui a consacré de longs développements à la coutume envisagée comme source de droit privé positif, on est bien forcé de reconnaître que les bases légales sont précaires. Les travaux préparatoires du Code ont fait la part large aux mœurs et aux circonstan- ces, et l'idée d'une relation nécessaire entre le con- trôle du mari sur la correspondance et le principe 1 Jardel Production en justice des lettres missives, p. 144 et suiv. 2 Morizot Thibault. Autorité maritale, p 182 et suiv. Naquel, note sous Gass. 5 février 1900. S. 01-1-17. 3j Voillaume. Rspect dû à la correspondance, p. 139. — 46 - oénéral de l'article 213 est aujourd'hui à peu près unanimement rejetée. 17. Ainsi se manifeste In yjénétration dans le do- maine juridique de ces idées libérales qui sont au- jourd'hui courantes dans la littérature, la presse, les opinions mondaines. La pratique, moins encore ]ue l'interprétation théorique pouvait y rester étrangère. Moins dominée par les considérations de principe, elle s'est laissée- imprégner de ce libéra- lisme qui flotte dans l'air de notre époque pour en arriver aux solutions que les nécessités des faits et des considérations d'équité faisaient souvent appa- raître comme désirables. Comme toujours son ac- tion a été plus indépendante, moins systématique que l'évolution de la doctrfne. Elle s'est aussi mani- festée plus tôt ]arce que les faits se sont chargés de lui montrer le défaut de conformité d'une interpré- tation trop stricte des principes avec les besoins nouveaux nés de l'évolution des idées. Partout où l'on sort du domaine juridique pur, l'opinion publi- que appelle et provoque une certaine direction de l'interprétation, les faits sociaux prennent une im- portance particulière. Gomme on peut suivre leur influence sur la doctrine, on peut la voir dans la jurisprudence. L'évolution est parallèle, on en con- ^oit très bien la raison. La vieille idée d'antago- nisme systématique de ces deux sources d'interpré- tation a fait son temps, on les voit bien mieux colla- borant à la formation de l'esprit juridique d'une époque, divergentes souvent car l'une est plus près des faits, l'autre plus près des idées, mais soumises - 17 — fréquemment aux mêmes influences qui maintien- nent dans une large mesure le parallélisme géné- ral de leur action, 18. On peut lire l'un après l'autre tous les arrêts touchant à la question de la correspondance des femmes mariées ; il n 'en est pas un qui ne proclame solennellement le respect dû à l'autorité maritale, la portée morale du principe, son incontestable ap- plication au contrôle des lettres-missives 1. Du plus ancien au plus récent, c'est la même chose, il y a même des formules de style qui jouissent d'une grande faveur auprès des rédacteurs d'arrêts. Mais cette adhésion, en apparence formelle à la tradi- tion, n'a guère que la valeur d'une façade. Aussitôt le principe proclamé, on voit la jurisprudence s'at- tacher à en définir et limiter l'application et tendre à se montrer de plus en plus difficile pour estimer légitime l'action du mari par voie d'iautorité. L'ar- rêt de Bruxelles, du 28 avril 1875, est le premier à dégager le principe des limitations Le mari a le droit et le devoir d'exercer, dans de justes limites, une surveillance tutélaire sur les actions de sa femme. Un semblable contrôle ne va pas jusqu'à permettre au mari de s'immiscer arbitrairement dans la correspondance particulière d'une épouse 1 Nimes 6 janvier 1880. D. 80-2-191. Cass. 5 fév. 4900. S. 01-1 17 et la note. Houen 7 mai 1904, D. 06-2-63 solution le principe. Req. 6 août l!07. D. 07-1 512. Seine 21 mai 1909. Gaz Trib. 09 II 2-351. Comparez ce- pendant Alger 12 nov. 1866. S. 67-2-152. — 48 — irréprochable, sans le consentement de celle-ci et dans le seul but de satisfaire une curiosité jalouse et blessante ». Et l'exercice de ce droit est encore subordonné à l'existence de motifs sérieux... pour sauvegarder la moralité de l'époux et l'honneur ou la sûreté du chef de famille » 1. A son tour, la "our de cassation vient affirmer que ce droit d'investigation ne saurait être illimité, il appartient aux tribunaux d'apprécier... s'il ne convient pas, au contraire de maintenir et de faire respecter le secret des lettres » 2. Et, dans un arrêt plus ré- cent, elle juge que sans contester le droit de sur- veillance du mari..., Y an Wtberghe a fait de son droit un usage abusif, notamment en interceptant à la poste et décachetant, non seulement des lettres adressées à sa femme, mais les lettres écrites par elle à sa mère » 3. De l'examen de ces documents jurisprudentiels, dont les plus caractéristiques seuls ont été cités, que peut-on conclure? Que le droit de surveillance et de contrôle de la correspondance personnelle de sa femme est maintenu au mari, qui peut par con- séquent en principe intercepter et décacheter, même contre le gré de celle-ci, les lettres adressées à des tiers ou reçues de tiers' par sa femme. Il peut, pour cela utiliser les moyens d'inquisition domesti- 1 Bruxelles 28 avril 1875. D. 76 2-25 et la note. S. 77- 1-161 et la note le M. Labbé. 2 Cass. 5 fév. 1900 précité. 3 Req. 6 août 1907, précité. - 49 - que qui sont en son ]^onvoir, et même user de vio- lence 1. Il est en droit d'avoir recours à la justice jKMir faciliter l'exercice de sm autorité, en obte- nant un jugement ]rescrivant à l'Administration des Postes, la remise entre ses mains du courrier de sa femme. L'article 807 de l'instruction sur le Service des Postes, ] par arrêté du sous- secrétaire d'Etat du 10 juin 1899, dispose que les correspondances adressées à des mineurs, des fem- mes mariées ou des interdits, sont remises dans les conditions ordinaires, à moins qu'un jugement n'en décide autrement. Et l'article 811 ajoute qu'un ju- gement définitif, qui n'est plus susceptible de voies de recours ordinaires ou une ordonnance de référé, dont il n'a pas été interjeté appel, peut ordonner la remise des correspondances à une personne autre que le destinataire désigné sur la suscription. 19. Ces solutions sont la conséquence du principe de jurisprudence constante que l'inviolabilité du se- cret des lettres n'est pas tellement essentielle qu'elle ne doive céder devant l'exercice de la puissance maritale. ]\[ais la généralité tliéoriciue de cette affir- mation souffre bien des restrictions pratiques. Il 1 Nimes 6janv. 1880, précité. Toutefois celle décision ne légitime l'interception crime lettre par la force qu'in- directement, en admettant la production de celle lettre dans une instance reconventionnelle en séparation de corps. Dans d'autres circonstances, l'usage de moyens vio- lents suffirait à constituer peur bien des tribunaux une injure grave, quoique en principe l'exercice d'un droit légal ne puisse revêtir le caractère d'un fait injurieux. 4 — 50 — suffit de lire les décisions citées ]lus haut ]our voir ce que la jurispiudence fait du principe qu'elle met tant de constance à proclamer. Il faudra que le mari soit d'avance cent fois sûr d'avoir raison ]our in- tervenir par acte d'autorité. En tout cas douteux, si son action ne paraît pas reposer sur des bases sérieuses-,- la justice se reconnaît le droit d'en ana- lyser les motifs, d'en vérifier la conformité avec le principe rationnel de l'autorité maritale, d'appré- cier si la manière d'agir employée ne peut être ju- gée abusive en raison des circonstances. Ici encore la jurisprudence se donne les pouvoirs d'api^récia- tion les plus larges et fait porter son examen sur tous les points qui peuvent rationnellement être con- sidérés comme viciant la légitimité de l'action du mari. Ce rigoureux contrôle est nécessaire lorsque la bonne entente et l'imion ne suppriment pas toute difficulté dans 'les questions de correspondance, les abus sont toujours à craindre de la part de celui qui possède l'autorité le rôle de la justice est de les réprimer. Seules, les restrictions de principe et d'application, l'étroite délimitation qu'elle assigna à l'exercice de la puissance maritale ]euvent en justifier l'extension dans un domaine oii son action paraît, en l'état de nos mœurs, quelque peu cho- quante. Seulement, il faut bien reconnaître que, dans la plupart des cas, l'intervention du mari, lorsqu'elle satisfera à toutes les conditions de légi- timité que la jurisprudence exige, ne pourra guère avoir d'autre objet rationnel que de lui procurer des preuves à l'appui d'une demande en divorce ou - rA - en séparation de corps. Ici encore nous faisons la pathologie d'une institution juridique, normale- ment, la confiance et l'alfection réciproques, écar- tent l'hypothèse de pareils conflits. liO. En dehors des limitations qui viennent d'être étudiées, l 'exercice de la puissance- maritale en ren- contre quelques autres qui dérivent des principes généraux ou de circonstances particulières. Tout d'abord, la femme seule étant soumise à l'autorité du mari, ce n'est qu'au moment oii elle est titulaire de la propriété d'une lettre que le contrôle de ce- lui-ci peut légalement s'exercer. Il faut donc se ré- férer aux principes généraux pour déterminer l'ins- tant oii la femme acquiert ou perd la propriété d'une lettre qui lui est adressée ou qu'elle expédie à un tiers 1. Toute violation, par le mari, du se- cret d'une lettre sur laquelle sa femme n'a pas encore ou n'a plus de droits, constitue, non pas un acte d'autorité maritale, mais un délit. Cette solu- tion ne paraît pas souffrir de difficultés et l'arrêt de la Cour de cassation qui s'est refusé à en faire application est,' avec raison, critiqué par M. Gény -2. 21, Le conflit des droits du mari avec l'obligation au secret professionnel soulève des questions inté- ressantes. On peut l'envisager sous deux aspects 1 Voyez la solution de ces questions dans Valéry, Lettres missives n*' 83 à 115 et Gény, op. cit. n**" 91 à 113. •2 Grim. Cîss. 2 avril 1864. S. 64-1-428 et Gény. op. cit. II, p. 215, texte et note 1. — 52 - 1° C'est le oorrespoudaiît de la femme qui est tenu au secret professionnel il s'agit, par exemple, de letties adressées à un médecin ou recrues de lui et touchant des questions professionnelles, que le mari a interceptées. Tant que la question se localise entre les deux époux, on ne voit aucune raison pour faire échec, dans ce cas particulier, au droit de con- trôle et de surveillance du mari. Ce n'est pas à lui que s'impose l'obligation au secret et la personna- lité du correspondant de la femme est indifférente à l'exercice de l'autorité qu'il détient. Il serait irra- tionnel alors que son droit d'intervention est re- connu en principe, de lui interdire de prendre con- naissance de telles missives et d'adresser, à leur sujet, à sa femme, les observations qu'il juge conve- nables. On n'aperçoit pas, d'ailleurs, comment la femme pourrait pratiquement soustraire à la sur- veillance de son mari une partie de son courrier qui ne serait assurément pas facile à séparer de l'ensemble. De plus, le modns vivendi qui se crée toujours entre époux, au point de vue de leur cor- respondance, donne à chacun d'eux connaissance connnune des affaires intéressant le ménage et em- pêche que leurs droits réciproques soient appréciés d'une manière aussi stricte qu'entre étrangers 1. Tjorsque la question n'intéresse que les rapiK>rts personnels des époux, l'intervention de la justice n'est donc guère concevable. Le ]iroblème est beau- I Comparez G*nv. op. cit. Il, p. ^'ÎO et suiv. - 53 - coup plus délicat lorsqu'il s'agit de produire en jus- tice les lettres cousidérées. Il sera étudié en son lieu. 2" "est la femme qui est tenue au secret profes- sionnel. Ce cas pose la question \Aus générale des droits du mari sur la correspondance de sa femme lorsque celle-ci exerce une profession indépendante. A notre sens, toute intervention de l'autorité mari- tale dans cet ordre d'idées est à proscrire d'une manière absolue. C'est l'opinion générale et s'il y a quelque flottement dans son expression, c'est parce qu'on n'isole pas suffisamment la question théorique des difficultés de fait dans la distinction des correspondances professionnelle et privée 1. Par le seul fait que la femme est rég-ulièrement au- torisée à poursuivre une carrière, le mari devient un tiers par rapport à ses actes professionnels. Par leur nature, ces actes sont en dehors du domaine de l'autorité maritale. Lorsque la femme est profes- sionnellement tenue au secret, l'intervention du mari n'est pas seulement injustifiée, elle prend un caractère illicite. C'est en faveur des tiers que le secret est prescrit, ce sont leurs intérêts qui sont en jeu dans les lettres en litige ; il serait inadmissible que le mari pût en prendre connaissance au nom de son autorité sur sa femme. S'agit-il d'une femme commerçante, il n'est pas difficile de supposer des cas où l'intervention du mari serait, non seulement l Voyez notamraenl Péret, op. cit., p. lï>5. — 54 — indiscrète, mais véritablement délictueuse et de na- ture à engager sa responsabilité au regard des tiers s'il est question, par exemjjle, dans la corres- pondance qu'il aurait intei'ceptée, d'achats de bre- vets d'invention ou d'opérations commerciales exé- cutées en comnum avec d'autres maisons de com- merce 1. Mais on doit généraliser et admettre que, même en dehors de l'hypothèse d'une action délic- tueuse, l'autorité maritale trouve ici un terrain qui lui est fermé. Nous ne pouvons que renvoyer aux développements ultérieurs, touchant la mesure de la dépendance de la femme dans l'exercice d'une jîrofession séparée. On y verra que le mari n'inter- vient que pour donner son autorisation, après quoi il devient normalement étranger aux affaires pro- fessionnelles de sa femme. Pourquoi faire une ex- ception aux principes quand il s'agit d'une corres- pondance par sa nature sans rapport avec les inté- rêts moraux du ménage et de la famille. Quant aux intérêts matériels, il est vrai qu'ils peuvent être mis en péril fréquemment par l'incapacité profession- nelle de la femme, mais, en ce cas, c'est la question de la révocation d'autorisation qui se pose. Le mari devra alors s'abstenir d'avoir recours à l'autorité pour se rendre compte de la tournure que prennent les choses en contrôlant la correspondance profes- sionnelle de sa femme. Il devra recourir à d'autres movens d'information la nécessité de maintenir à 1 Comparez Jardel. op. cit. p. 79, Valéry. Lettres missives n* 189. - 5o - celle qui est à la tête d 'une entreprise ou exerce une profession indéiendante, ime liberté d'action suffi- sante, combinée avec l'intérêt des tiers, suffit à jus- tifier cette solution. Ce point de vue est d'ailleurs renforcé par la loi du 13 juillet 1907 sur le libre salaire de la femme mariée, qui consacre l'indépen- dance de la femme dans cet ordre d'idées. A vrai dire, l'argument qu'on en peut tirer est surtout mo- ral, car le législateur de 1907 n'a rien voulu voir au- delà du texte de ses articles et a laissé aux ques- tions générales que soulevaient les dispositions nouvelles, le soin de se résoudre comme elles le pourraient. Chose curieuse, la jurisprudence n'a pas non plus été jusqu'à présent appelée à se pro- noncer sur les conséquences d'ordre général qui peuvent se rattacher à la loi du 13 juillet 1907, pas plus dans notre matière que dans les autres problè- mes qui se groupent autour d'elle. Aussi n'avons- nous accordé à ces questions r^ue des développe- ments assez brefs, dont les solutions concordent avec les limites que la jurisprudence assigne à l 'au- torité maritale en matière de lettres-missives, et qu'elle fonde sur son x>rincipe et son but social. Cette autorité a son domaine normal dans les rela- tions entre époux, ses efïets peuvent, accidentelle- ment et indirectement, rejaillir contre des tiers ; mais elle sortirait de son champ d'application ra- tionnel en intervenant dans des questions extra- familiales où sont mises en cause de tierces per- sonnes. 22. En dehors des conséquence* précédemment - 56 - examinées, le droit de contrôle du mari sur la cor- respondance de sa femme en produit une autre qui doit maintenant retenir notre attention. Ce n'est pas seulement à prendre connaissance des lettres que le mari peut avoir intérêt il se peut qu'il dé- sire les produire en justice à l'appui d'une demande en divorce ou en séparation de corps, ou dans une action d'état, désaveu de paternité ou contestation de filiation. Ce sont là les cas où la question se pose le plus fréquemment. Dans uelle mesure et sous quelles conditions cette production peut-elle être admise ? Problème particulièrement intéressant, car il repose tout entier sur l'examen de la juris- prudence. Notre pensée n'est pas de refaire l'ana- lyse lumineuse et définitive que M. Gény lui a consa- crée, aux solutions de laquelle nous ferons d'ail- leurs de larges emprunts. Mais l'objet de cette étude conduit à se placer sous un angle un peu diffé- rent du sien, mettant au premier plan le principe d'autorité maritale, recherchant quelles ont été ses vicissitudes dans les solutions données à la question plus générale de la condition juridique des lettres missives. L'examen de la jurisprudence à ce point de vue révèle une double évolution successive et en sens inverse. 23. L'intervention du principe de' puissance mari- tale ne s'est manifestée en cette matière qu'assez tardivement. Les précédents juridiques et les tex- tes manquaient dans une ma,tière négligée par l'in- terprétation doctrinale, et ce sont les solutions de la pratique qui ont elles-mêmes dégagé et formé la — 57 — théorie. Il en résulte que les problèmes qui se po- saient n'ont pas été envisagées simultanément, mais se sont présentés les uns après les autres, d'oii série de cliangements successifs qui donnent au dévelop- pement jurisprudentiel, une physiononu'e bizarre et peu cohérente. Avant tout, il importe de préciser brièvement à quel stade était arvenue cette évolu- tion lorsque la question d'autçrité maritale est in- tervenue pour l'influencer. Les solutions de principe acquises en doctrine et en jurisprudence sur la production en justice des lettres missives sont les vsuivantes 1° Les lettres confidentielles adressées par l'une des parties litigantes à l 'autre ne peuvent être pro- duites contre le gré de leur auteur. Mais la juris- prudence admet à ce principe de nombreuses excep- tions, notamment lorsqu'il s'agit de lettres anony- mes, injurieuses, diffamatoires, de menaces, ou constatant l'existence entre les parties d'un enga- gement, d'un préjudice, d'une simulation 1. 2° Lorsqu'il s'agit de lettres écrites par l'un des adversaires à un tiers, le principe est le même, mais com]orte beaucoup moins d'exceptions, et l 'on peut admettre, d'une manière générale, que leur produc- ^1 Voyez notammenl Mines 30aoùl l8o4. D. 34 2-239. Bordeaux 14 novembre 1873 l 75 5 271. Limoges 12 fé vrier 1894. D. t5-2-537 et la noie de M. Valéry, Trib. civ. Lyon 29 octobre 1901. D. 02-2-465 el la noie de M. Legris. Gény 11, p 121 el 122 Jardel. Produclion p. 69 el suiv. — 58 — tioii u'est possible qu'avec le consentement de l'ex- jéditeur et du destinataire 1. Que vont donner ces pi-inci]es dans le cas le plus fréquent d'une instance en divorce ou en séparation de corps? La production des lettres écrites par l'un des époux à l'autre sera presque toujours possi- ble 2, celle des lettres d'un des époux à un tiers ne le sera presque jamais. Il faut reconnaître que cette dernière solution correspond mal aux néces- sités des faits dans des litiges où les lettres sont souvent le seul moyen de preuve auquel on puisse recourir. Au moment où nous voulons nous placer pour commencer notre étude, la jurisprudence avait, d'une manière ferme et sous la pression des faits, dérogé aux principes en ce qui concerne la production en justice des lettres échangées entre l'un des époux et un tiers. C'est en proclament que la production n'est prohibée par aucune loi » 3, que le juge est autorisé à chercher des preuves dans l'intimité de la famille et de son entou- 1 Rennes 26 juin 1874. S. 75 2 H4 et Cass. 3 mai 1875. D. 76-1-183. Paris 2 décembre 1898. D. 1900. 2 299, etc. Gény H. p. et suiv. Jardel. Production p 110. -2 Cass 9nov. 1830 S 30-1-155, Dijon 11 mai 1870. S. 72-2 38. Bruxelles, 17 juillet 1889. Gaz. Pal. 89 2 586, etc. 3 Bordeaux, 13 janvier 1879. D 80 2-190. Adde, 1860 et Paris 22 lév. 1860 S. 60-2-229. Comparez Cass. 31 mai 1842. S. 42 1 490 et s. - 59 — ra^c » 1 que les arrêts justifient leur solu- tion 2j. 24. Dans quelles conditions la production de telles lettres va-t-elle être anlonsée? Ici la jurisprudence fait intervenir un autre principe du droit commun des lettres missives. L'emploi de moyens indélicats, dolosifs, frauduleux ou illicites, pour se irocurer les missives qu'on veut faire admettre comme preu- ves, vicie leur possession et doit les faire écarter l\ Besanron, 30 déc. 186'2, 1. 63-? 63, AclHe. Paris 11 juin 1875, cité par Dalloz Supp an Réferlartient aux tribunaux, en considérant à la fois le caractère confidentiel d'une correspondance de la femme avec un tiers et la nature des griefs du mari; d'apprécier s'il ne convient pas de maintenir et de faire respecter le secret des lettres » 1. ossi1le de faire apparaître en Voyez nol immoni Nire. 20 juin '88'.. iar. 7>/6. 21 juillet 1889. L'arrtM do Bruxelles. lU juin 1909. D. 1911. 2-28, qui fait une dislinclion entre diverse.^ ealégories de lettres pour accepter les unes, rejeter les autres des débats, est très intéressant à ce point ip vue Comparez Valéry, n° 189. - 07 - les principes sur lesiu' iionw avons basé cet exa- men de la jurisprudence concernant 1 '-autorité n'ari- tale et le droit à la ]roduction en justice des lettres missives. On ne peut poser le problème sous sa vé- 1 itable forme juridique qu'en écartant toute in- fluence de principe des pouvoirs du mari sur le droit à la preuve. Ce droit est objectif, doit être ap- précié d'après la nature du litige, sans pouvoir être modifié juridiquement par des considérations de personnes. Dans notre matière, il est toujours com- ]jiandé iar le caractère licite de l'appropriation des missives litigieuses. C'est dans l'appréciation de ce caractère que l'autorité maritale intervient pour agir, non sur le principe, mais sur les faits, pour rendre légitimes en tant que résultant d'un pouvoir légal certains actes du mari qui ne seraient pas permis à la femme. Bien que ne toucliant pas au fondement théorique du droit à la preuve, cette iné- galité de fait garde quelque chose de choquant, quoi- que la jurisprudence ait fait disparaître ce qu'elle tivait d'odieux dans son interprétation primitive. Eille pourrait disparaître complètement, même sans qu'il soit touché à la portée traditionnelle des pou- voirs du mari. Nous venons de démontrer que l'au- torité maritale ne doit pas être considérée comme modifiant juridiquement le droit à la preuve ; la jurisprudence n'est pas arrivée à effectuer en fait la scission complète des deux idées et à écarter tout rapport de dépendance entre elles. Il faudrait éta- blir pour cela une différence entre la légitimité d'appropriation d'une lettre au point de vue de la ^'N - 68 - connaissaiioo de son coiitenu et an point de vue de sa ii'oduotion en justice. La distinction serait déli- cate, mains néanmoins possible sur la base de l'idée ]ne les pouvoirs du mari lui sont conférés par la loi danç l'intérêt supérieur de la famille, et non pour lui faciliter la déduction en justice de ses griefs personnels 1. Section III Kl' SAM;II\> HK l'aCTIDN J 1 HISI'R C O'-N TI KLLK 2!. — Dans toutes les questions touchant à l'exer- cice de l'autorité maritale. et à la délimitation de son domaine, la justice reconnaît et pose en prin- cipe son très large pouvoir d'apjDréciation. Si dans certaines circonstances spéciales... il ]ieut être dans l'intérêt d'une femme... de la séparer momen- tanément de sa famille... les tribunaux sont juges et souverains appréciateurs de ces circonstances de fait et peuvent ordonner toutes mesures qu'ils croient utiles dans le juste intérêt de la femme » 2. Attendu que, sans doute, le droit de surveillance, inséparable de l'autorité qui donne au mari la qua- lité de chef de la société conjugale, ne saurait dé- 1 lomparoz Gény, II. p. '?5.~> el la noie ;ous Dijon. 6 déc. 1909. D. 5 36. Voyez aussi note Naquet, sous Cass. f év. 1900 S 01-1-17. 2, Seine, ISjanv 1870 D 70 - 60 — générer eu oipressioii et en tyrannie, qu'il appar- tiendra en ce cas à la justice d'en réprimer les abus » 1. Le principe ne saiiiciit être formulé avec moins de restrictions. 30. 8i ce droit d'intervention du juge se rattache d'une manière très générale à ses pouvoirs d'appré ciation et d'interprétation de la loi, d'autant plus étendus que celle-ci est plus vague, et à sa faculté de contrôler l'exercice des droits individuels, nous croj^ons qu'il faut voir aussi dans les solutions de la jurisprudence des applications incontestables de la théorie de l'abus du droit. Assurément, ce n'est pas aux solutions de la pratique qu'il faut deman- der une utilisation systématique de principes qui tendent à peine à se dégager et n'ont point acquis leur formule définitive. Mais on peut y voir une efïective contribution à la formation d'un système juridique répondant à un besoin de l'équité. Théorie rebelle à l 'analyse et dont les éléments sont difficiles à coordonner elle marque un moment dans l'évo- lution juridique générale, car elle correspond à une notion complexe des rapports sociaux et des rap- l^orts de droit. Si M. C'iiarmont a pu en signaler des applications dans toutes les législations, elles pro- cèdent plutôt de cette force latente de confusion en- tre la morale et le droit qui est à la base de la théo- rie, mais la déborde. Moment aussi dans l'évolution du droit considéré lui-même qu'elle marque comme destiné à être -restreint dans l'avenir, mais ne le 1 Mimes, 6 janv. 1880. D. 80-2-191 motifs. — 70 - ]iivîiiit pas oiicovc l'une manière systématique et scientifique. L'abus du droit est eonnue un moyen de suip]éer à l'insuffisance des limitations lé^'ales là où elles sont incertaines ou impossibles. T^es droits se restreij»nent d'eux-mêmes par leur iden- tité et leur coexistence; le libre exercice hi droit du voisin limite l'étendue du mien, il faut u'il y ait place pour toutes ces facultés coexistant simul- tanément 1. Mais ce sont là des formules qui sont plus aisées à écrire qu'à transporter dans la ]rati- que. Parfois, sans doute, le simple examen des limi- tes ainsi définies par la rencontre de droits incon- ciliables aboutira à des résultats précis, à une dé^- marcation nette qu'il faudra respecter. Mais com- bien de fois aussi arrivera-t-on à des solutions in- certaines, contestables, mal définies. La théorie de l'abus du droit e,st le moyen juridique qui sert en pareil cas à imposer des résultats conformes à l'é- quité. Elle est le palliatif à l'insuffisance ou à -l'im- possibilité d'intervention de la loi pour définir la limite des droits dont elle pose le principe. Aussi son domaine est-il mouvaiit et indéfini, en régression là oii la systématisation des constructions juridi- ques devient plus parfaite, large là oii surgit la con- l Comparez laiTèl de la Cour de cassation du 18 fév. 1907. D PJ07. 1-885, d'où se dégage Tidée qu'une respon- sabilité civile nail de la rupture de 1 ejuilibre existant entre deux tonds voisins et d'une ulilii^ation exception- nelle du droit de propriété Adde, l'examen doctrinal de M. Ripert, dans Rev. crit. législ. el Jiirisp. 1908. ceptiou de rapports de droit nouvoaux et non encore analysés. Ne pouvant tracer la limite distincte où commence l'excès du droit, c'est-à-dire son absorp- tion des droits identiques ou simultanés à son profit, la théorie se réfère à des critères psycliologi]ues ou tirés de l'essence même du droit. •"1. L'extension de la théorie de l'abus du droit aux rapports de famille a été si^alée par tous leK auteurs qui ont étudié la question 1. Xul doute qu'elle ne s'impose avec un caractère de nécessité particulier. Alors que, normalement, dans les rap- ports juridiques entre individus indépendants, on se trouve en présence de droits égaux dans leur principe, existant simultanément et tendant à se li- miter entre eux, dans le droit de famille, la nécessité d'assurer une direction au groupement familial et à l'éducation des enfants a conduit à donner la pré- pondérance à l'im des membres de ce groupement. Ainsi le principe d'autorité se trouve substitué à l'indépendance, une certaine hiérarchie dans les droits remplace l'égalité juridique. Il est certain que les droits personnels de la femme doivent flé- chir d'une manière générale devant le principe de la puissance maritale. Mais, d'autre part, il faut re- connaître que ce principe, proclamé dans des for- mules succinctes, et non défini dans ses applications par le législateur, ne peut pas s'imposer en toutes I Charmonl. L"abus du droit Rev. Irim. dr. civil, 1902 p. 121. Ern Porcherot De l'abus de droit Thèse, Dijon, 1902. p. 63-209. — 72 - matières. Il trouve fréquemment dans des facultés sanctionnées jar la loi ou reconnues par la morale, un terrain inviolable sur lequel il ne peut empiéter. C'omment faire la distinction dans l'imprécision des textes, comment définir et limiter l'étendue des pou- voirs et des droits en conflit, alors que nous devons reconnaître le droit A la irépondérance du mari et que nous ne iouv admettre l'esclavage de la femme. Toutes les constructions dans cet or- dre d'idées sont arbitraires si ou ne les rattache à un ]rinci]e. Ce principe ne peut être autre que l'a- bus du droit. Il est de nécessité logique d'y avoir recours 1. 32. Des esprits juridiques éminents ont admis l'i- dée qu'il ne saurait y avoir abus dans le droit parce que, les droits se limitant par leur coexistence même tout empiétement sur ceux du voisin est un acte illi- cite et non un abus 2. Il ne nous appartient pas de creuser ce ]^oint de vue, mais la simple lecture nous montre qu'il n'est pas utilisable là où la notion de droits hiérarchisés se substitue à celle de droits égaux. Application pratique prenons le cas le ]lus favorable à la femme, celui d'un droit individuel reconnu ]ar un texte, la liberté de conscience par exemple. Suffirait-il de dire que l'autorité maritale 1 Le Code allemand a donne à celte idée une consé- cration légale Son article 1354, proclame que toutes les fois que la décision prise par le mari, constitue un abus du droit, la femme nesl pas lenuede s y soumettre. 2j Planiol, s. et lanalysede M. Porcherol, p. 89. et ] 'indé]eudance de la femme à ce point de vue vont se liniitei- du fait qu'elles existent simultaué- inent. Cela n'aurait aucun sens puisque la loi nous dit jue l'une des deux notions doit imposer sa pré- pondérance et prendre le pas sur l'autre. Seulement la loi ne dit i»as dans quelle mesure, c'est pourquoi la recherche d'un critérium s'impose pour limiter l'application d'im principe dont l'excessive exten- sion conduirait à des conséquences inadmissibles et ouvoirs souverains que la Cour de cassation re- connaît aux juges du fait dans sa fixation 1. Il suf- fit de parcourir les recueils de décisions judiciaires pour voir que c'est en général à cette solution que tendent les conclusions des parties demanderesses dans toutes instances mettant en jeu les abus de a Cass. tOjuill., 17 ocl. et 12 nov. 1900. S. 01 1-79. Cass. 4 janv. 1905. S. 05 1-136 Cass. 5 juil. 19 9. S 09-1- 576. - 83 — puissance maritale. On en trouve des exemples dans tous les ordres d'abus précédemment envi^sagés 1. Evidemment, la justice a fait intervenir là comme sanction une idée tout à fait étrangère aux princi- pes que nous avons reconnus à son action, i^es cau- ses de la séparation de corps ou du divorce sont tout autre chose que la responsabilité civile. Les juges se sont déterminés par des raisons de fait, la considération du but à atteindre et l'impossibilité normale de sanctionner autrement les limites qu'ils ont reconnues à l 'exercice de la puissance maritale. 11 serait d'ailleurs inexact de croire que, bien qu'empruntée pour des nécessités de fait à un au- tre ordre d'idées juridiques, cette sanction d'un genre particulier ne cadre pas avec son principe. M. Valéry, dans son ouvrage sur les Lettres Missi- ves 2 a émis l'idée très intéressante que u les faits propres à motiver une demande de divorce ou de séparation de corps ont toujours et nécessairement un caractère délictueux... » et que le jugement dp divorce ou de séparation présente un certain carac- tère pénal à l'égard de celui qu'il frappe ». Nous ne sommes pas portés à accepter dans toutes ses consé- quences cette idée, surtout à l'heure actuelle oii la masse de faits de toute nature que la jurisprudence catalogue sous l'étiquette injure grave ou faits in- jurieux, nous paraît peu propre à présenter indis- 1 Lyon 25 mars D. 74-5-445. Paris 13 juil. 1898. D. 99 1-359. Cass. Reg. 6 août 1907. D. 07-1 512. 2 Valéry. Des lettres missives n" 189. - 81 - tiiicteiiR'iit, dans tous les cas, Je caractère et les élé- iHCJits constitutifs du délit civil. Alais il faut retenir dans la théorie de M. Valéry une indication pré eieuse faisant nettement ressortir la parenté Juri- dicjue entre l'abus du droit envisagé comme prin- ci]e de l'action jurisprudentielle, et le divorce envi- sagé comme sa sanction. 08. L'intervention de la justice sous cette forme décisive du divorce ou de la séparation est énergi- juc. Comme celle du chirurgien on ne la sollicite ai'aît rationnellement fondée, en tout cas, mi effort vers un résultat désirable au point de vue soc'ial, mais qui eommenee à s'écarter des principes théoriques réprouvant rigoureuse- ment toute sé}aration de fait entre époux; on tend à admettre cette séparation lorsqu'il sera possible qu'autorisée temporairement elle soit un moyen de rétablir plus tard l'union conjugale sur des bases normales. Cette dérogation aux principes demeure d 'ailleurs limitée, et les arrêts ont bien soin de faire la distinction entre le cas ovi le refus de la femme de rejoindre le domicile conjugal se fonde sur une situation imputable à faute au mari ou qu'il dépend de lui de faire cesser et celui où il ne vise qu'à répu- dier les charges du mariage et à laisser le mari lutter seul contre les difficultés d'une situation de fortune embarrassée. C'est lorsque fe mari, après avoir déserté le domicile conjugal s'est retiré chez ses parents où il a reçu un asile purement précaire, qui le met dans l'impossibilité de loger convenable- ment sa femme et son enfant 1 ; c'est lorsqu'il n'a pas un logement convenable et conforme à sa situa- tion 2, lorsqu'il se refuse à remplir au préalable 1 Liège 20 janvier 1841, sous Dalloz. Rep v* Mariage, n' 750 Cette solution est critiquée par Vazeille II 25. 2 A contrario des motifs de Caen 14 août 1848. D. 50- 2-185 et Toulouse 24 août 1818. S. 21-2 249. Adde Cass. 9janv. 1826 S. 26 1-264. 7 - 98 - les conditions même de l'obligation dont il s'est armé contre sa femme 1, que celle-ci peut se refu- ser à le suivre. Mais elle ne pourrait alléguer les malheurs ou l'infortune de son mari, la mobilité de son liabitation, le [eu d'aisance ou même la pénu- rie pi 'elle craint d'y trouver pour se soustraire à ses devoirs 2.^ . . 46. Toutes ces solutions cadreait assez bien avec le texte de l'article 214 mais ne convient-il pas d'in- terpréter extensivement les termes de celui-ci pour en étendre l'application à des hypothèses analo- gues. Lorsque le législateur parle de recevoir la femme convenablement, selon ses facultés et son état, fait-il seulement allusion à la situation de l'ap- partement et à la richesse du mobilier? Ce n'est pas l'opinion admise en jurisprudence et les tribunaux, élargissant énormément les solutions précédemment dégagées, montrent actuellement une tendance très nette à dispenser la femme de l'obligation de rési- der avec son mari toutes les fois qu'elle fait valoir pour cela des motifs justes et sérieux. Un arrêt de la Cour de cassation est le premier à fixer nettement les bases de cette interprétation extensive en décla- rant que les expressions du législateur dans l'arti- cle 214, ne visent ]>as uniiueme7it les besoins maté- I Algor { février lH7i^. S. 80-2.}l8. x'i liriixolles l.*> août 1806 précilé Adcle. Bourges 17 mai 1808 sons Dalloz. Hép. v» Mariage n" 733. — 9y - riels de la vie, mais qu'il a entendu i^rotéger égale- ment la dignité et la sécurité de la femme » 1. i*ar application de ces principes, la jurisprudence a décidé que la fennne ne peut être tenue à réinté- grer le domicile conjugal lorsque le mari y entre- tient une concubine ou lorsque des i^ersonnes dont elle ne peut tolérer la présence y demeurent, ce qui vise iDrobalDJement la même situation 2. Un arrêt de la Cour de Bastia, en date du 20 mai 1902, pro- clame en termes formels le droit pour la femme de s'affranchir d'une cohabitation devenue intolérable lorsqu'elle est en butte aux mauvais traitements de son mari 3. Enfin, la Cour de Pau est allée plus loin encore et n'a pas craint de décider que le man ne saurait contraindre sa femme à habiter avec lui lorsqu'il tolère dans son domicile la présence de personnes étrangères ou même de parents dont les habitudes, le caractère et le langage sont de nature à la blesser dans sa dignité et a lui faire, dans le ménage, une position intolérable 4. La Cour de Douai adopte la même solution dans une espèce oii la mère du mari dirigeait le ménage et réduisait la femme à un rôle subalterne. L'arrêt autorise celle- ci à se retirer chez des parents 5. 1 Req. 20nov. 1860. S 01 1-965. 2; Req. 2 janv. 1877. S. 77-1 257. Pau 8 mai 1890. S. 91 2-3. Paris 21 mai 1897. S. 97-2-296. 3 Bastia 20 mai 1902. S. 03-2-104 En sens contraire Demolombe IV-97. 4 Pau 8 mars 1890. S. 91-2-3. 5j Douai 26 mai 1901 S. 02-2-309. La jurisprudence italienne semble aller plus loin encore. Un arrêt de la Cour — 100 — Les triliiiiianx out en, ] fois, à résoudre la nestioii de savoir si l'état de santé de la feumie pourrait être nue juste cause de refus de suivre son mari, soit ue le climat du pays oii il réside soit dé- favorable, soit que l 'état nerveux de la femme rende préférable l'isolement. Les solutions sont contra- dictoires. Le Tribunal de Libourne avait jugé pou- voir dispenser la femme de rejoindre le domicile conjugal, fondant eette décision sur le devoir qui incombe au mari de protéger en toutes circonstan- ces sa santé et à plus forte raison son existence. La C'our de Bordeaux réforma le jugement pour des motifs d'ordre purement juridique, décidant que l'article 214 devait, en toutes hypothèses, être ap- lliqué d'une façon rigoureuse 1. Vers la même époque, la Cour d'Alger se montrait moins affirma- tive et n'écartait ]as la possibilité théorique de dé- roger en pareil cas au devoir de cohabitation, mais rejetait, pour des raisons de fait décisives et bien analysées, les prétentions de la femme 2. Tl n'est intervenu, depuis longtemps, aucun arrêt sur la question. Dans les espèces de ce genre, les considé- rations de fait ont une très grande influence sur la décision à intervenir. Sous le bénéfice de cette ob- i'appel j fine et 1571 du Code Civil allemand, et les renseignements intéressants donnés par M. Roguin sur les législations Scandinaves, les lois anglaises, de 1886 et 1895 et la législation de certains états de l'Amérique du Nord. Droit civil comparé 1 p. 19 s. l Alger 3 février 1879 précité. {1 Req. -2 janv. 1877. S. 77-1-257. - 104 — ble nii i-ésiiltat fAclieux ;iu point de vue social. Le lut est assurément louable et l'cpiivi-e utile; mais les moyens n'ont de juridique que l'apparence et les arrêts ]ni déclarent faire application en de telles conjonctures de l'article 214 in fine du Code civil, n'ont guère d'une base légale que l'illusion. 48. Dans cet examen critique, l'autorité maritale est demeurée au second ]lan il est visible cepen- dant que les solutions jurisprudentielles sont des atteintes à son caractère absolu. Elles visent à în limJter moins dans son domaine qui est ici toujours identique, que dans les conditions de son applica- tion. On exige du mari qui veut faire acte d'auto-' rite qu'il ait au préalable rempli les obligations que la loi lui impose, que l'exercice de son droit con- serve un caractère normal, qui en exclue toute pos- sibilité d'action tyrannique, de contrainte imposant à la femme une situation intolérable. Les tribunaux ne reconnaissent que la femme est obligée d'obéir à son mari qui l'appelle auprès de lui que lorsque sa résistance ne peut être attribuée qu'à un caprice et ne se justifie par aucun motif légitime. Avec de telles restrictions, la pré}ondérance du mari dans le choix du domicile commun et son droit d'obliger la femme à le suivre, n'apparaissent plus que comme des solutions très acceptables, conséquences natu- relles du devoir de cohabitation et des ]iouvoirs du mari chef de l'organisation familiale. Ici encore l 'action du mari par voie d 'autorité est restreinte dans les limites au-delà desquelles elle atteindrait la dignité, la sécurité, les droits légitimes de la — 105 — femme. Un parallélisme certain existe entre le but et les sanctions de l'action jurisprudentielle à ce point le vue, et les solutions qui ont été examinées au cours du chapitre précédent. Dans bien des cas oh ne conçoit ias d'autre sanction aux abus de l'au- torité maritale que le divorce ou la séparation de corps, mais la tendance à éviter autant que possible cette solution extrême est très marquée dans la ju- risprudence actuelle. Comme elle s'est reconnu le droit de protéger les libertés essentielles de bi femme par des injonctions et des ordres, la justice a utilisé le palliatif de la dispense de résidence en commmi pour tacber de résoudre les conflits qui naissent de l'application de l'article 214. Ce second moyen, dont les effets peuvent se faire sentir d'une manière plus positive, a davantage d'efficacité et de jxjrtée jn-atique. Seulement, dans l 'imprécision des termes de l 'article la jurisprudence était à peu lrès libre de son interprétation. Il est moins cer- tain que ses décisions se soient maintenues en con- formité du texte et de l'esprit de l'article 214. 49. On considère généralement que le droit ui appartient au mari de contraindre sa femme à le suivre a pour corollaire celui d'être admis partout où elle est appelée à se trouver normalement. Ainsi formulée, cette règle n'a guère que la valeur d'une indication et rencontre des exceptions dans des motifs de bienséance ou même d'ordre juridique. Il est bien évident que, sauf les cas prévus par le Code pénal de séquestration ou d'adultère qui appellent le concours de la justice, le mari ne serait pas rece- - 106 — vable à prétendre s'introduire chez des tiers au do- micile desquels on refuse de le recevoir, sous pré- texte ue sa femme s'y trouve accidentellement. De même, si la femme est commerç^'ante et possède un domicile commercial séparé, il fera bien de se met- tre d'accord avec elle sur les conditions dans les- quelles il y aura accès; son action par voie d'auto- rité laissant supposer l'intention d'exercer sur les livres et la correspondance commerciale une sur- veillance qui ne serait pas licite. De tels problèmes ne peuvent guère être résolus qu'en considérant les circonstances de l'espèce. La Cour de Montpellier a eu à examiner le cas d'une actrice dans la loge de laquelle son mari prétendait avoir accès 1. Les motifs de son arrêt invoquent, pour rejeter la pré- tention du demandeur, la renonciation implicite du mari qui a autorisé sa femme à entrer au théâtre, à la suivre partout où l'appelle l'exercice de sa pro- fession. C'est là le motif de droit en fait de nom- breuses raisons s'opposaient à ce que la demande fût accueillie; la loge était commune à plusieurs ar- tistes, son accès eut exigé le passage par les coulis- ses, interdites au public. Il est permis de penser que, dans des circonstances moins spéciales, la ^our n'aurait pas hésité à reconnaître au mari d'une femme exerçant une profession qui l'appelle à pas- ser une partie de son temps chez des tiers domes- 1 Montpellier 7 nov. 190?. S. 03-2-101, avec les obser- vations de M. Perreau. Rev. cril. de lég. et jur. 1903, p. 214. - 107 - tique, employée de biirean, lo droit d'accès auprès d'elle qui lui serait arbitrairement refusé. Nous l'a- vons dit, ce sont là des questions de fait, mais, comme le remarque Demolombe, la loi n'en pose las moins le princi]e, pour qu'il soit maintenu en droit et ap]liqué en fait, autant jue les convenan- ces le permettent 1. Le.'i sanctions de l'article 21J 50. Le devoir de cohabitation, que le mariage im- pose aux deux époux également, devrait comporter de part et d'autre des sanctions identiques. Cette conclusion paraît tellement nécessaire qu'elle s'est imposée à la plupart des auteurs. Earement toute- fois la formulent-ils avec une absolue netteté, tant est grande en la matière l'influence des droits de ]uissance maritale. Quand même d'ailleurs on vou- drait théoriquement l'écarter, on y serait toujours ramené par la nature des choses. Comment se po- sera, neuf fois sur dix, dans la pratique, la question des sanctions du principe ifbsé par l'article 21-1? Ce sera la femme qui aura quitté le domicile conjugal pour se retirer chez ses parents, ou ui refusera de suivre son mari dans ses déplacements et que ce dernier voudra ramener auprès de lui ou contrain- dre à le suivre en vertu de son autorité. Le cas in- verse, supposant l'abandon par le mari du domicile commun, est éWdemment possible mais beaucoup 1 Demolombe IV-99. - 108 - plus rare. Quelle sera la situation dans cette hypo- thèse? La femme puise incontestablement dans l'ar- ticle 212 du Code civil le droit de demander à son mari une pension alimentaire 1. Le devoir de se- cours s'impose aux époux d'une manière générale, à plus forte raison lorsque la faute de l'un d'eux rend la continuation de la vie commune impossible. La femme pourrait également conclure au divorce ou à la séparation de corps, la jurisprudence consi- dérant comme injure grave l 'abandon volontaire et injustifié du mari 2. Mais nous ne iensons pas que l'article 214 doive comporter dans cette hypothèse d'autre sanction particulière. Quelques arrêts ont bien accordé à la femme le droit de requérir la force publique pour se faire ouvrir les portes du domi- cile de son mari 3, mais les tendances actuelles 1 Aix 17 fôvrier 1871. D. 72 2 64. Seine 20 avr. 1891 sous Dalioz, Supp. v" Mariage n" 422. Adde Les arrêts cités supra p. 95 note 2 et la note de M. Flaniol D. 11-2 349. 2. La jurisprudence nest pas absohiment unanime à reconnaître que l'abandon du domicile conjugal soit à lui seul une cause de divorce.» Klle tend à l'admettre lorsqu'il n'est pas justifié par des raisons sérieuses et, en tout cas, lorsque les circonstances qui l'accompagnent le rendent injurieux. En toute hypothèse, elle se réserve un droit entier d'appréciation. Voyez notamment Cass. 6 lev. 1860. S. 61 1-72. Paris 17aoûtl888 La Loi 2 mai 1888. Seine 7 décembre 1897. Gaz Trib. 2 février 1898 et 14 août 1891. La Lo/9janv 1892. 3 Voyez notamment Cass 20 janv. 1830 S. 30-1-99. Paris 7 janv. 1903. D. 03-1 16. Demolombe IV 110 Aubry el Rau VII §471 Contra Baiidry Lacanlinerie etHouques- Fourcade. Personnes IV-2173. Laurent 111 94. Colin et Capitanl. 1 p. 614 — 109 — le la jurisprudence coiidamnent ce moyen énergi- que, qui ne saurait guère, en l'état de nos mœurs, constituer autre chose qu'une manifestation bruyante et quelque peu ridicule. La possibilité d'une condamnation à des dommages-intérêts est admise tliéoriquement par quelques auteurs, mais il n'y a pas à notre connaissance de décision qui en fasse application ou qui condamne le mari à repren- dre sa femme sous la menace d'une astreinte. En outre, une jurisprudence constante fait une applica- tion très juridique des principes en décidant que le mari ne peut, quelles c^ue soient les circonstances, être contraint de rejoindre sa femme à l'endroit où elle se trouve et désirerait demeurer, fut-ce même au domicile qui était celui des époux avant leur sé- paration 1. 51. La question se pose-t-elle exactement de même lorsque le principe d'autorité maritale intervient pour donner au devoir de cohabitation un aspect particulier! La formule de la loi a La femme est obligée de suivre son mari », se réduit-elle à l'énoncé d'un i^rincipe consacrant \a prépondérance du chef de famille dans la fixation du domicile commun, ou bien son application est-elle assurée par des sanc- tions et des voies d 'exécution particulières. Ses pré- rogatives légales imposent-elles la reconnaissance au mari de moyens d'action plus énergiques et plus l Douai 2 juin 1852. S. Ouimper 15 mars 1905. S. 05-2-252. Rappr. Req. 6 mai 1835. S. 35-1-415. — 110 - directs que ceux qui sont reconnus à la femme aban- donnée ? 52. Posée sur le terrain théorique, la uestion a fait couler des flots d'encre. Dans le silence du lé- gislateur, les systèmes et les interprétations étaient libres les travaux préparatoires du Code civil ne fournissent que des indications insignifiantes et n'ayant guère que la valeur d'opinions personnel- les 1. Aussi les solutions de la doctrine, influen- cées par la contrariété des principes directeurs aux- quels ,on peut se rattacher, ne x>i'ésentent-elles au- cun caractère d'unité. L'idée que le législateur n'a pu vouloir laisser dépourvu de sanction un principe aussi formellement énoncé que celui de l'article 214 s'inqjose avec une assez grande force à l'esprit des juristes. Mais dès que l'on groupe et compare les voies d'exécution possibles on se heurte à des élé- ments de doute, les maximes nulla pœna sine lege, nemo potest praecise cogi ad factum, dont l'esprit, sinon la lettre, est latent dans notre législation. Des questions d'ordre moral et social viennent compli- quer la difficulté une action coercitive est-elle bien utile et bien souhaitable, peut-elle avoir de durables résultats alors que l'union conjugale est évidem- ment atteinte dans son principe et qu'il n'en sub- siste guère qu'une façade ? Les sanctions pro- posées sont-elles toutes acceptables en l'état de nos mœurs ; n 'en est-il aucune qui soit de nature à heur- ter l 'opinion publique et peu conforme à notre con- 1 Fenet T. IX, p. 72 et suiv. - m - ception actuelle du mariage? Envisagées individuel- lement, les sanctions ]ossibles soulèvent toutes de graves questions juridiques. Le refus du mari de tout secours alimentaire sur ses biens propres et ceux de la femme dont il a l'administration, moyen dont la légitimité semble s'imposer et qui réunit les suffrages de presque toute la doctrine, paraît au premier abord ne soulever aucune objection. Il en est différemment si l'on réfléchit qu'il implique cette corrélation entre l'obligation alimentaire et le devoir de cohabitation que nous avons déjà criti- qué. L'octroi de dommages-intérêts sur la base de l'article 1147 du ^ode civil met en jeu la question de l'assimilation des obligations légales dérivant de l'organisation familiale avec les obligations con- tractuelles ordinaires, et nous entraîne sur le ter- rain périlleux et mouvant de la réparation et de l 'évaluation pécuniaire des dommages moraux. Ces difficultés et bien d'autres expliquent les discus- sions et les opinions divergentes de la doctrine 1. ] Il n'y a guère accord que sur la question de la léga- lité du refus de pension alimentaire. Demolombe 1\ -104. Baudry et Houques Fourcade 111-2168. Aubry et Rau Vil, §471. Planiol 1 875. La saisie et le séquestre des revenus des biens propres de la femme, admise par Demolombe IV-104 et Aubry et Rau CVII § 471 est critiquée par Laurent 111-91 et Baudry et Houques Fourcade loc. cit. L'emploi de la force publique, que M. Planiol admettrait à la rigueur avec Aubry et Rau et Demolombe, est écartée par les mêmes auteurs qui critiquent la saisie. Les dom- mages intérêts et astreintes, admis par Planiol 1-895 sont rejetés par Aubry el Rau, Laurent, Baudry et Houques Fourcade. — 112 - dolat est d'ailleurs loin d'être elos. On aura une idée des problèmes qu'il soulève en parcourant les articles écrits, à l'occasion d'une espèce jugée en Belgique, par MM, Procès et Douxclianips, avocats à la Cour de Bruxelles, articles dont les conclusions touchant la légitimité des sanctions qu'on ]ro]>ose d'assig-ner à l'article 214 sont diamétralement op- posées 1. 53. Ces indications rapides et à bâtons rompus indiquent que l'examen de ces questions sort du cadre de notre étude. Elles ne visent qu'à expliquer quelles ont pu être les fluctuations de l'action juris- prudentielle, jjlacée en face des mêmes problèmes que la doctrine et influencée par ses interprétations. Incertitude et contradiction dans les principes se traduisent fidèlement en des ajDplications divergen- tes et contradictoires. Aussi ne sont ce point des solutions qu'on peut demander au chaos des déci- sions de justice, tout au plus l'indication de tendan- ces et la reconnaissance^ 'idées directrices. Seul, un examen minutieux et quasi chronologique des monuments de jurisprudence, sériant les questions importantes et négligeant les divergences insigni- fiantes et les questions de détail peut aboutir, dans cet ordre d'idées, à quelques résultats. Il importe d'abord de faire ressortir les très lar- ges pouvoirs d'appréciation que se reconnaît la ju- risprudence. Elle pose en principe d'une manière 2 Pasicrisie belge. Année 1897. Comp. Liège 16 juin 1897. S. 98-4-15. générale que les presoriptions de l'article 214 doi- vent comporter une sanction, et que celle-ci doit être celle qui paraîtra le ilus a}proi>riée aux faits et circonstances de la cause, "est ainsi que la Cour de cassation a déclaré que les juges sont libres de recourir en l'occurrence aux moyens de contrainte qui leur paraissent les plus efficaces ou les mieux appropriés à la sitnation » 1 et que les motifs d'un Jugement du Tribunal de Quimper 2, refusant au mari le concours de la force publique pour ramener sa femme auprès de lui, laissent néanmoins suppo- ser que l'emploi de ce moyen est à la discrétion du juge, libre d'en user ou non selon les circonstances. Cette manière d'interpréter les pouvoirs de la jus- tice implique que, dans bien des cas, les décisions qui inter\ seront des solutions d'espèce plutôt que de principe. Il n'est pas néanmoins im- possible de découvrir une orientation générale de l 'action jurisprudentielle. 04. Depuis le ,'ode civil, les tribunaux ont été ap- i>elés à statuer sur tous les genres de sanction attri- bués par la doctrine à l'article 214. Ecartant dès l'abord la déchéance des avantages matrimoniaux, admise par notre ancien droit contre la femme qui refusait de réintégrer le domicile conjugal 3, mais que les auteurs et les rares décisions de justice qui 1 Cass. 26 juin 1878. S. 79-1-176. Adde. Bruxelles, 1 avril 1824 sous Dalloz. Rép. \" Mariage n" 759. Toulouse •24 août 1818. S. 21-2 249. etc. 2 Ouimper 15 mars 1905. S. 05-2-25. 3 Pothier. Du Douaire n" 267. 8 — H4 -^ ojit on à l'envisager rejettent unanimement 1, nous pouvons distinguer quatre moyens de con- trainte susceptibles de ramener la femme à l'obser- vation de ses devoirs 1" Le refus de toute jjension alimentaire *rise soit sur les biens de son mari, soit sur les siens pro- pres dont le mari aurait l'administration, en vertu de la loi ou du contrat de mariage. Comme cette sanction serait inefficace au cas oii la femme aurait gardé l 'administration de ses biens propres, on en 1 approche généralement la saisie et le séquestre des revenus dont elle a la disposition. 2" La contrainte par la force publique, aboutis- sant à faire ramener la femme au domicile conjugal vioun militari. 3" Les dommages-intérêts pour préjudice causé lar l'inexécution d'une obligation légale. Il faut en rapprocher la solution admise par certains arrêts ordonnant la dévolution au mari d 'mie part des re- venus saisis excédant la part contributoire de la femme séparée de biens aux charges du ménage. Pareille dévolution ne peut en droit être considérée que comme équivalant à l'allocation de dommages- intérêts. 4" L'astreinte, condamnation à payer une somme fixe par chaque jour de retard dans l'exécution de l'obligation, moyen que la jurisprudence ne distin- gue ]as du ]récédent. fl Voyez nolammtMil l^s auteurs cités supra page 111 note l et Colmar4 janv. 1817. S. 18-2-33. — 115 — 55. Le premier moyen, Je refus d'aliments avec saisie des revenus de la femme mis sous séquestre ou attribués au mari jusqu 'à îoncurrence de sa part êontributoire aux charges communes, a joui d'une incontestable faveui* en jurisprudence pendant très longtemps. Reconnu légitime par la presque unani- mité de la doctrine, il est admis par des arrêts du 22 prairial an XIII et du 11 juin 1806 1. Les considé- rants très fortement motivés de deux décisions pos- térieures, tendent à le déclarer seul légal, à l 'exclu- sion de tous autres dont l'application est re jetée après un examen particulier consacré à chacune. Considérant que par la saisie des revenus... la femme ne pourra plus se soustraire aux devoirs que la loi et l'arrêt de la Cour lui imposent... il ne tien- dra qu'à elle de reprendre la jouissance de ses reve- nus du moment où elle reviendra auprès de son époux... Cette mesure nô présente aucun caractère de rigueur contre la femme et c'est aussi celle que la Oour doit adopter » 2. Dès lors on i^eut dire que la jurisprudence est fixée, des décisions nombreu- ses et concordantes vont reconnaître légitime et ap- pliquer cette sanction 3. Les plus récentes éma- 1 Paris, 22 prairial an XIII el Nimes 11 juin 1806 sous Dalloz Répertoire v° Mariage n" 758. 2 Toulouse 24 août 1818. S. 21-2-249, Comparez Col- mar lOjuil. 1833. S. 34 2-127. 3 Bourges 15 juill. 1811. Sous Dalloz. Rép. v° Mariage n" 761. Paris 14 mars 1834. S. 34-2-159. Paris 27 janv. 1855. D. 55-2-208. Nimes 20 février 1862. D. 63-2-193. Lyon 19 mars 1870. D. 71 5-258. Bordeaux 3 janv. 1882. S. 82- 2-126. — 116 — iieut de la Cour de J^yon, 19 mars 1870, et de la Cour de Bordeaux, 3 janvier 1882. On n'en rencon- tie plus guère par la suite ce n'est pas que les tri- luniaux condamnent le principe admis depuis si longtemps, c'est qu'ils commencent à appliquer un moyen de coercition plus souple et plus énergique, l'attribution de dommages-intérêts, soit sous la forme normale, soit sous la forme d'astreintes. A côté de cette voie d'exécution rapide et sûre, le sé- questre des revenus ne représente plus qu'un moyen long et compliqué dont les conclusions des parties ne tarderont pas à se détourner. Il est à peine besoin d'ajouter que la jurispru- dence n'a jamais vu dans cette voie d'exécution qu'une contrainte pécuniaire la saisie des vête- ments et objets à l'usage personnel de la femme, dont Demolombe avait admis la possibilité, a été écartée avec juste raison, comme une voie de ri- gueur trop pénible, capable de blesser la décence et les égards 1. A l'heure actuelle, personne n'ose- rait conclure à l'admission d'un moyen aussi éloi- gné de l 'état de nos mœurs. 56. L'autorisation de faire appel à la force publi- que a donné lieu à une évolution juris]-»rudentielle intéressante. Les tribunaux l 'ont admise dès le dé- but 2, mais non sans quelque hésitation, leurs dé- 1 Toulouse '24 août 1818 précité. ? Paris 21 mai 1808. S. 08-2-199. Pau 10 avril 1810. S. 10-2-241. Colinar 4 janv. 1817. S. Nancy 11 avril 1826. S. 26-2 200. Cass. 9 aoùl 1826. S. 27-1-88. Aix 29 mars 1831. S. 33-2 92. -. 117 — cisions ne savent pas distinguer ce moyen de \a con- trainte par corps et cette idée fausse influence la discussion au ]oint de vue juridiriue. En outre, et dès l'alord,,une tendance nettement contraire s*af- firnie, déclarant [ue cette voie de contrainte outre qu'elle n'est autorisée par aucun texte, n'opérerait que momentanément et ne pourrait atteindre son l»ut que par la séquestration et la mise en charte privée, atteinte à la liberté individuelle » 1. On relève ici un double argument, juridique et prati- que les raisons de sentiment qui s'y ajoutent vont apparaître dans les motifs d'un arrêt de la Cour de Nimes. Cette mesure était trop sévère, cet acte de rigueur ne pou\ait qu'irriter une femme et éloigner d'elle les sentiments propres à la ramener à ses de- voirs d'épouse. Xous vivons aujourd'hui sous une législation plus douce, plus conforme à nos mœurs et cette mesure rigoureuse ne peut et ne doit point être adoptée... » 2. Malgré la force de ces argu- ments, l'opinion qu'ils appuient ]erd chaque jour du terrain et le recours à la force publique tend de plus en ]lus à être admis "par les tribunaux 3. Mais, vers la fin du xix^ siècle et sous l 'influence pro- bable du développement des tendances à l'émanci- 1 Colmar lOjnil. 1833 précité. * 2 Nimes 11 juin 1806 sous Hépert. v» Mariage n° 758, Adde. Bourges 15 juillet 1811 et Toulouse 24 août 1818 précités. 3 Dijon 23 juillet 1840. S. 40 2-29^ Pari? 27 janv. 1855. D. 55-2-208 et 31 mars 55. S. 55-2-494. Basiia 21 mai 1856. D. 57-2-15. Nimes 10 juin 1862. D. Pau 11 mars 1863. S. 63-2-97. Paris 7 janv. 1903. D. 03-1-16. - 118 - pation de la femme, la ,JL]risinilenc'e va de nouveau proscrire eette voie d'exécution rigoureuse. L'ar-^ rêt de la Cour d'Aix du 22 mars 1884 observe que, pour trouver cette mesure légitime, il faut se repor- ter à d'autres temps et A d'autres mœurs. Tout en n'étant pas aussi affirmatif sui* la question de prin- cipe, le jugement du Tribunal de Quimper, du 15 mars 1905, s'analyse en une critique très poussée d'une voie d'exécution anoimale » et quelque peu choquante ». Sans ]réjuger de sa légalité, ce moj'^en apparaît comme de moins en moins con- forme à nos idées et à notre conception du mariage et des devoirs qu'il fait naître 1. 57. Pendant une longue période de temps, les deux voies de contrainte qui viennent d'être exami- nées ont été les seules dont la jurisprudence ait fait application. Un arrêt de la Cour de Bourges, du 17 mai 1908 2, effleure bien l'idée des dommages-in- térêts sanction de l'inexécution, pressentant l'ex- tension de l'article 1144 aux obligations légales du droit de famille, mais cette initiative est timide et isolée. Les décisions que l'on cite comme opérant dévolution au profit du mari des revenus propres de la femme qu'il a été autorisé à saisir ne sont pas exemptes d'équivoque 3. Elles ne sont pas expli- cites, parlent de biens ou de sommes d'argent dont 1^ Aix, 22 mars 1884. S. 84-2-93. Ouiinper, 15 mars 1905. S. 05-2-252. 2 Sous Dalloz. Rép. v" Mariage, n" 753. 3 Voyez notamment Riom, 13 août 1810. Rép. V Mariage n' 759. - H9 - le mari est autorisé à 'disposer, mais ne traïK'hent ]ias la question de savoir s'il s'aidt d'assurer sim- plement la contribution légale de h» femme aux charges du mariage, ou de réparer, sous forme de dommages intérêts, le préjudice moral causé au mari par l'abandon du domicile conjugal. Tl n'est même pas sûr que les tribunaux qui ont statué aient eu la notion bien nette de cette distinction essen- tielle au point de vue juridique. Par ailleurs, les cri- tiques adressées à tous les autres moyens de con- trainte par les arrêts qui admettent que le refus d'aliments et la saisie sont les seules voies légales, s'étendent à l'allocation de dommages-intérêts, con- sidérée comme étant pour le marî un moyen odieux et immoral de s'enrichir en spéculant sur l'abandon dont il est l'objet 1. Ainsi, jusque vers 1860, la jurisprudence n'a pas envisagé l'application de l'article 1144 comme pou- vant ser^âr de sanction à l'article 214. Tl faut ce- pendant excepter un arrêt de la Cour de Bruxelles, particulièrement intéressant car il est sans aucun doute le premier en date à faire application d'une astreinte dans la matière des droits de famille. Considérant que les circonstances offrent dans la présente cause, comme moyen coercitif le plus effi- cace, la fixation d'une somme d'argent par chaque jour de retard que l'appelante mettra à exécuter l'obligation susdite 2. T'est là un précédent cu- i Tonlonse. 24 août 1818 'et Colmar 10 juillet 1883. précités. 7 Bruxelles, 1" avril 18?4. précité. — 120 — rieux aux tendances actuelles, mais pii demeure isolé. Un arrêt de la Cour de Nimes, du l'O février 1862, va reprendre son principe, pour déclarer que toute obligation de faire se résout eu dommages- intérêts et condamner l'appelante à iayer une somme de fi-ancs pai- an à titre de réparation lu >réjudice moral causé iar son abandon, et ce jusqu'à ce qu'elle ait consenti à i-entrer au doinicilc conjugal. *ette solution, bien que le ]^rincipe en ail été condamné presque aussitôt par la Cour de Pau 1, non d'ailleurs sans quelque hésitation, ne va pas tarder à s'imposer. 58. Les décisions récentes en font une application constante, mais non pas sans la détourner de son principe. Le développement jurisprudentiel dans toutes Ifes catégories d'obligations du système des astreintes, déjà appliqué par la *our de Bruxelles, et d'usage courant dans les pestions analogues de refus de rendre les enfants après un jugement de divorce ou séparation 2, devait fatalement s'éten-» dre à notre matière. Fournissant un moyen simple, pratique et-énergique de contrainte, l'astreinte était aipelée à se substituer à toutes les autres sanctions possibles de l'article 214. C'est à peu près le seul moyen auquel concluent à l 'heure actuelle les par- fl Nimes. 20 fév. 1862 et Pau 11 mars 1863, précités. ?; Angers. 13 fév. '1856. D. 57 i-213. Cass. 8 nov, 1864. D. 65 l 389. Cass. 18 mars 1878. D. 78-1 201. - 121 — ties intéressées et les tribunaux en usent dans pres- que toutes les espèces 1. 50. Mais il faut remarquer qu'ils ne prennent pas la ieine de la distinguer des doniinages-intérêts, et cette observation est la mesure de l'utilitarisme de l'action jurisprudentielle. Ayant entre les mains une voie de contrainte susceptible de s'adapter aisé ment à des situations variées, et de donner rapide- ment et efficacement des résultats, ils en ont usé sans beaucoup se préoccuper de sa justification. L'effort doctrinal, tendant à analyser l'astreinte, à la rattacher à la théorie générale de l'exécution sur les biens, à montrer qu'il n'est pas scientifiquement possible d'en faire une simple dépendance de l'ar- ticle 1147 du Code ci\dl, mais qu'il faut y reconnaî- tre un moyen de contrainte d'une nature particu- lière analogue à une peine et procédant des pou- voirs propres du juge, demeure étranger à la pra- tique. Des formules de style comme celle qui assi- mile l'astreinte à la réparation du préjudice sous forme de dommages-intérêts masquent la pression des nécessités pratiques conduisant à l'adoption du- moyen le plus adéquat. Ainsi nous est fournie l'oc- casion d'observer une évolution particulière d'idées juridiques, la jurisprudence étant amenée par les circonstances à des applications dont les bases I Paris. 2 mars 1877. S. 77-?-243 et Req. Rej. 26 juin 1878. S. 79-1-176. Req 27 mai 1878. D. 79 1 80. Liège, 16 juin 1897. S. 98 4 15. Lyon, 24 février 1909. S. 09-2-183. Trib. Seine, 6 mars 1911. D. 1911. 5-28. - IÎ2 - scientifiques sont illusoires, mais que la doctrine s'efforce ensuite de justifier et de rattacher aux l>rincipes en raison des ]récieux l'ésultats prati- ques obtenus. [1 y a bi ]uelque clioso connue une force créatrice du fait dans le droit. Assurément ici la justification n'est ias facile, et malgré les efforts de MM. Planiol et Esniein 1, la majorité de la doc- trine reste nettement liostile à une voie de con- trainte qui, spécialement dans notre matière, porte ime grave atteinte à ces droits de libre disposition de la personne que l'on tend de plus en plus à l'heure actuelle à reconnaître et à affirmer. , Cette idée de la recherche d'un moyen pratique et efficace domine l'aspect général de l'évolution de la jurisprudence. Posant en principe que le devoir de la femme de suivre son mari ne peut être dé- pourvu de sanction, elle a voulu réaliser cette idée. Ses hésitations, assurément influencées par les in- certitudes doctrinales, l 'ont été aussi par des diffi- cultés pratiques, des considérations d'espèces, l'im- possibilité de reconnaître à l'un quelconque des moyens proposés une efficacité générale, de bien adapter chacun aux circonstances. Dès que l'évo- lution juridique générale a conduit à appliquer à notre matière le système des astreintes, ses qualités pratiques et son efficacité devaient l'imposer. As- surément cela n 'enlève rien à la valeur des critiques doctrinales dirigées contre ce moyen, particulière- l Planiol. Droit civil II. 207. Esraein. L'origine et la logique des astreintes. Rtv. trim. de droit civil, 1903. - \rs - meut contre son enijjloi dans les relations familia- les. Mais c'est lUi t'ait la jurisirudence voulait un résultat i>ositif, elle a pris les moyens pratiques de l'obtenir. T^a sanction ainsi attribuée au principe de l'article 214 est un résultat bien acquis à l'heure actuelle dans la jurisprudence et conforme à l'as- ]ect g'énéral de ses tendances. 00. Est-ce là le dernier terme de l'évolution. 11 est difficile de le dire. Le contact de la pratique fait ap[>araître combien on peut être sceptique sur l 'ef- ficacité réelle de la contrainte en pareille matière. Ce lourd mécanisme juridique de sanctions doit agir bien souvent clans le vide et la rupture légale peut être considérée comme la seule issue vraiment nor- male de ces situations particulières. Le Tribunal de Quimper a vu les choses avec un sens très net des réalités lorsqu'il a fait entrer dans ses motifs le fait que la déterminatiori de la femme de ne pas rentrer au domicile conjugal paraissait irréductible. La femme qu'une poursuite judiciaire peut seule ramener au respect de ses devoirs n'agit pas par caprice passager, et tout fait croire que si la. contrainte physique ou la crainte de la ruine la ramènent auprès de son mari, elle n'aura plus que l'idée de s'affranchir légalement de cette obligation contre laquelle elle a protesté par tous les moyens. Les procès sur les questions d'astreintes sont inter- minables, le règlement définitif du litige et les voies d'exécution nécessitent des procédures longues et coûteuses, et peuvent même aboutir à ce résultat -^ 124 - extraordinaire acquis dans l'affaire Beauffremont, les eufants communs trouvant dans la succession de leur père une créance de somme d'argent ]rovenant d'une condanmation contre leur mère qui s'était re- fusée à se séparer d'eux. Dans la ilupart des cas, il est permis d'avoir des doutes sur la nécessité des moyens coercitifs. Sur le terrain juridique pur, l'in- terprète est très libre on est ]articulièrement tenté dans ces questions touchant au droit de famille, où la réglementation positive est fragmentaire et né- gligée, de faire appel aux principes d 'interprétation posés par M. Gény. Seules les dispositions formu- lées dans un texte jouissent de l'autorité formelle attachée à la loi, les principes obtenus par la compa- raison des textes et les déductions qu'on en tire sont de simples hypothèses qui ne doivent être ad- mises que si leurs résultats concordent avec ceux de la libre recherche scientifique. Dans l'ordre de la famille et des devoirs moraux, celle-ci conduit à s'inspirer des nécessités sociales, seules suscepti- bles de justifier ou de proscrire les solutions liti- gieuses. Il n'est pas sûr que la solution uniforme de la jurisprudence corresponde à autre chose qu'à i;n examen superficiel de ces nécessités. Si l'on va plus au fond des choses, on peut, en réservant le pouvoir d'appréciation de la justice, pour lui perniettre d'intervenir dans les cas assez exceptionnels oîi la contrainte répondre h une utilité sociale, admettre cette absence normale de sanctions parti- cul'èies à l'obli^atii n le la femme que MM Colin - 125 — et Capitant su^roiv^iil dans If^ui- Traité ;in ''hnil civil 1. 1 Colin et ^apilanl. I. p. 6l0 el s. Au cours des travaux préparatoires du Code civil, comme on parlait des sanc- tions possibles, Regnault de Saint Jean d'Angél} , indiqua en réponse à une question de Real, que le mari ferait une sommation de le suivre à la femme, ainsi que l'usage la consacré, et que si elle persistait à sv refuser elle serait réputée lavoir abandonné. Boulay ajouta que ces roblème. 62. Les solutions de princix^e posées par le Code civil ne laissent pas i^lace au doute sur le point de savoir si le choix d'une profession doit être subor- donné pour la femme à l'autorisation maritale. Il s'agit là d'un acte entraînant les conséquences ma- térielles et juridiques les plus graves. Cette néces- - [1\ — site exprimée par l'article 4 du Code de commerce lour la femme marchande publique, doit être éten- grande notoriété. Par la suite, il crut devoir revenir sur sa décision et signifia aux directeurs des théâ- tres sur lesquels sa femme avait coutume de paraî tre, la défense de signer avec elle aucun nouvel en- gagement. Les directeurs ayant passé outre, plu- sieurs arrêts intervenus presque simultanément, les déclarèrent tenus de dommages-intérêts envers M. Le Docte, sur la base de la faute qu'ils avaient com mise en se rendant complices d'une violation des droits d'autorité maritale 1. 1 Seine, 17 juillet 1901. D. 62-2 109, et Paris 4 mars 1903. D. 03-2 144. Toulouse, 14 déc. 1901. Gaz. Trii. 02. 1. 2-173. Niraes, 8 août 1901. Gaz Frib 01. II. 2-434. Ces décisions ne sont qu'une extension du principe admis en jurisprudence que le complice d'une infraction aux obli- 9 — 180 — Bien avant la loi du 13 juillet 1907, la jurispru- dence avait, d'accord avec la doctrine, fait une ap ]li cation des plus intéressantes du principe de la iiissance du mari en notre matière. Les articles 2'20 du Code civil et ;> du Code de commerce disposent l. Ambroir^e Colin oints de vue d'ordre extra- patrimonial. 64. La question de cette interprétation large et libre de la loi aurait pu être soulevée devant la ju- risjjrudence. Il ne paraît pas qu'elle l'ait été. L'ap- précdation des conséquences lointaines de la loi du 13 juillet 1907 est demeurée œuvre de doctrine. Sans doute, il n'est pas impossible que les avocats des parties aient quelquefois appuyé leur argumen- tation des tendances que la loi consacre partielle- ment il n'en est résulté aucune orientation nouvelle de la jurisprudence pouvant intéresser par exem- ple l'autorisation du mari, sa révocation, l'exten- sion de la dispense d'autorisation spéciale aux ins- tances judiciaires. Les décisions intervenues sur l 'application de la loi de 1907 se bornent à des solu- tions d'espèces touchant le texte même de la loi et son adaptation aux faits de la cause; les litiges les plus fréquents concernent l 'application de l 'article 2, al. 1, donnant au mari le droit de faire prononcer le retrait des pouvoirs de la femme par la justice, et surtout la saisie-arrêt des produits du travail de la femme art. 7 et suivants 1. Il n'est pas sûr d'ailleurs que même si la ques- {\ Voyez nolammeut Ca>s. r' fév. 1909. D. I99. i-85 et la note He M. Lalou. S. 1909 I 209 note de M. Tissier. Trib. Paix. Saint-Gilles, mai 1908. D. 1908. 5-59. Trib. Paix. Brest, 8 oct. 1909. D. 1910. 'J-^Sl. etc - 134 — tion de l'étendue de la rrtonne ppérée pai- la loi eût été posée aux trihnnaiix, ils eussent adopté une in- tôrprétation extensive. La juris]rndence est aussi traditionnaliste sui- les questions de principe tou- chant l'autorité maritale qu'elle se montre large sur les questions d'application. A plus forte raison à l'heure actuelle, où la doctrine est nettement hos- tile à toute interprétation de la loi de 1907 qui ten- drait à restreindre les droits du mari sur la per- sonne de la femme. Cette tendance ressort de pres- que tous les travaux toucliant à la question, et par- ticulièrement en ce qui concerne la femme commer- çante des études approfondies de MM. Bernard et Bonnecase et Margat 1. Leur argumentation ap- ]orte un appui solide à l 'idée que la loi ne doit pas étendre sa portée au-delà des questions patrimo- niales. M. Pichon, qui lors de l'apparition de la loi lui a consacré un long examen dans la Revue criti- que de législation et de jurisprudence, fait cepen- dant au système adverse une importante conces- sion. Il admet que, dans la mesure oii elle n'use que de capitaux provenant de ses gains personnels, la femme peut se iasser d'autorisation. C'est résou- dre par ]rétérition la question de dépendance per- sonnelle de la femme; les arguments invoqués ne sont pas autres que ceux ]ar lesquels on voudrait justifier une interprétation. extensive de la loi, rai- 1 Bernard el Bonnecase. La femme mariée commer- çante cl'aprènr que la dispense d'autorisation spéciale leur soit étendue; ils touchent aux droits conférés h la femme i»ar la loi nouvelle. Les mêmes argu- ments peuvent justifier, en dehors de l'exercice du conmierce, une interprétation large de cet article tendant à comprendre dans ses dispositions, toutes les contestations d'ordre professionnel. 67. Il est logiiue de résoudre par un raisonne- ment analogue les difficultés que soulève l'entrée de la femme dans une société commerciale. Si la femme n'expose par son initiative que des biens ré- servés, il faudra admettre qu'elle est libre de ses décisions toutes les fois que sou engagement ne met en jeu que des intérêts pécuniaires. Si, au contraire, l 'autorité du mari sur sa personne est mise en jeu, s'il ne s'agit plus d'un concours purement financier, mais d'une collaboration personnelle, il faudra, d'a- ]rès l'opinion généralement admise, une autorisa- tion spéciale. On voit aisément que la base de la dis- tinction va être la qualité que la femme veut pren- dre dans la société. S'agit-il d'entrer comme action- naire dans une société anonyme ou une commandite ar actions? il n'y a là qu'une opération financière comparable à un placement de capitaux. Veut-elle, au contraire, former une société en nom collectif, participer à la gestion d'une commandite, il a'agit d'un apport d'activité personnelle, d'une abdica- - t38 - tion de son indépendaïu'e, de l'acceptation d'un rôle nouveau imili]unnt peut-être des capacités spécia- les. Ces sociétés, dit-on, se créent intuitu persouœ, 1^ moralité, l'honnêteté, l'honorabilité commerciale des associés sont à prendre en considération. Au- tant de motifs qui ont porté la doctrine et la juris- prudence à exiger que l'initiative de la femme soit soumise à l'appréciation de son mari. La loi de 1907 ne retranche rien à la valeur de ces motifs, mais elle agit dans son domaine propre, sur le ter- rain patrimonial, pour donner à la femme la possi- bilité plus fréquente de faire librement ces oiéra- tions purement pécuniaires dont il vient d'être uestion. Ainsi chaque principe, celui de la libre dis- lOsition des biens réservés, celui de la prépondé- rance du chef de famille a^it dans sa sphère, l'un et l 'autre ne se limitent ni ne se contrarient, car leurs conséquences et leurs sanctions sont distinctes 1. y^. Si l'on envisage la faculté qu'a le mari de ré- voquer son autorisation, nous croyons contraire- ment à l 'opinion suggérée par M. Valéry et avec la 1 Ces solutions n'ont que la valeur d'indications mon- trant comment la question se pose sur le terrain de lau- torité maritale. Elles ne sauraient évidemment rendre compte des dilHcultés dordre juridique que soulève l'en- Iréedela femme mariée dans une société commerciale. Sur ces points qui sont en relations étroites avec les questions de régimes matrimoniaux. Voyez Margat. op. cit. p. 125. Bichon. Revue crit 1908, p. 130. Comp. Lyon, Gaen et Renault. Traité I, 254- - 139 - pliil»art des auteurs 1, jue ce droit n'est pas tou- ché par les dis]>ositions de' la loi nouvelle. L'arti- • •le J exige, il est vrai, l'intervention de la justice pour retirer à la femme ses droits sur les biens ré- servés, mais ici encore la distinction déjà faite pré- cédemment s'impose. C'onmie l'autorisation d'exer- cer une profession diffère des }ouvoirs conférés de plein droit à la femme sur les produits de son tra- vail, la révocation de la première est tout autre chose que le retrait judiciaire des seconds. L'appro- bation du mari exigée pour le choix d'une profes- sion se continue par un droit de surveillance sur son exercice, dont la sanction est le retrait d'autori- sation, qui, bien entendu, ne saurait empêclier que la femme ne dispose toujours librement des gains déjà réalisés, conformément à la loi de 1907. Et la justice, appelée à se prononcer, comme elle s'en reconnaît le droit, sur la légitimité de cette révo- cation, pourrait le cas échéant, s'inspirer de la liberté accordée à la femme dans la gestion des biens réservés pour décider que, ceux-ci étant seuls exposés dans l'exercice de la profession et le mari n'ayant pas à faire valoir de raisons d'intérêt mo- ral ou familial pour justifier sa décision, le retrait d'autorisation est mal fondé. ' Oî>. Le lecteur ne s'étonnera pas de la rapidité 1 Bernard et Bonnecase. loc. cit. Margat. op. cit. p 89. Thaller. Traité élémentaire n° 159 et 172 bis. Colin et Capitanl 1 p. 624. Contra Valéry, loc. cit. La position prise par M. Pichon sur la question de nécessité de l'au- torisation maritale implique la même solution, , _ 140 — avec laquelle nous j^assons sur ces questions qui sont as été touché par la législation nou- velle. Ainsi la réforme réalisée ]ar la loi du 13 juil- let 1907, quelque utiles et désirables qu'aient été ses résultats, ne dojme qu'une demi-satisfaction aux as- pi rations, féministes. Elle demeure en quelque sorte boiteuse, accordant à la femme une large indépen- dance juridique, mais sans consacrer dans toute son ampleur le principe dont elle est une application, la liberté absolue dans le droit au travail. La critique des auteurs s'attache à ce résultat partiel, à ce pro- grès inachevé. Mais il faut voir que le jour où l'ave- nir complétera la réforme, un coiii^ mortel sera porté à l'autorité maritale, l'incapacité juridique et la dépendance personnelle de la femme mises à la fois en échec dans une branche d'activité aussi im- portante que l'exercice d'une profession, signifie- ront que le principe n'a plus que la valeur d'une formule traditionnelle à peu près vide de sens et que l'unité et l'harmonie dans la législation appel- lent à disparaître. C'est ce résultat gros de consé- quences que le législateur de 1907 s.'est refusé à amorcer en donnant à la femme droit entier et libre au travail. 70. Le droit qui appartient au mari d'autoriser - \\\ - et de surveiller l'activité professionnelle de sa femme étant établi sans contestation, il reste à re- chercher comment il va pouvoir s'appliquer et si - nécessités de fait et d'équité ne conduisent pas à en restreindre le libre exercice et à reconnaît i-e qu'en certains cas la libre appréciation du lief de famille peut être contrôlée par la justice. On ne peut dire que la jurisprudence fasse jamais échec au principe d'autorité maritale d'une manière directe; la femme qui veut entreprendre un métier est tou- jours tenue d 'en demander l 'autorisation, qui peut théoriquement lui être retirée à toute époque. Mais, dans l'application apparaît une tendance très nette des tribunaux à écarter les conséquences rigoureu- ses ou injustes qui pourraient résulter d'une consé- cration trop stricte des principes. L'action judi- ciaire n'est pas systématique, mais comme toujours dans ces sortes de questions conserve un caractère nettement utilitaire. Si certaines de ses hésitations sont influencées par les incertitudes et les contro- verses doctrinales; l'aspect peu cohérent de ses so- lutions tient surtout à ce qu'elles sont dominées largement par des considérations de fait et à ce qu'il n'est pas aisé d'y séparer les questions per- sonnelles des questions pécuniaires. L'effort pour aboutir dans chaque espèce au résultat que l'équité conseille est visible dans les décisions de la prati- lue-; il se réalise par une formule très large d 'inter- }>rétation et quelquefois par l'usage d'artifices juri- diques qui s'appliquent plus ou moins bien à la si- tuation. Ici encore les tendances générales de la — i4â — jurisprudence vont à cantonner l'intervention du mari dans son expression normale. Elle doit s'ins- pirer de considérations de haute moralité ou des intérêts généraux de la famille; le refus injustifié l'autorisation ne doit pas pouvoir priver la femme d'un gagne-pain qui est peut-être sa seule res- source. Si un cas de force majeure la met dans l 'im- possibilité de requérir l'agrément de son mari, il faut qu'il puisse j être suppléé. Lorsque l'attitude du mari, la séparation entre époux, rendent sus- pecte la décision intervenue, lorsque l'autorisation est révoquée sans motifs ou intempestivement, la justice doit pouvoir apprécier la légitimité d'une action qui semble détournée de son but social et rationnel. L'examen des solutions jurisprudentiel- les donne l 'impression d 'un effort très net vers ces applications équitables, un peu gêné d'ailleurs par quelques hésitations et contradictions; l'angle sous lequel les circonstances de fait présentent les pro- blèmes influe sur la décision plus que les principes théoriques. 71. Le droit d'appréciation du mari doit-il être considéré comme souverain et sans appel? Lorsque Tâbsence, la folie, l'interdiction rendent impossible qu'il s'exerce, y a-t-il obstacle absolu à ce que la femme gagne sa vie, ou peut-elle recourir à l 'auto- risation de justice? Sans doute, lés articles 219 et 222 règlent la question lorsqu'il s'agit d'un acte juridique. Mais le choix d'une profession est tout autre chose, c'est l'acquisition par la femme dans un large èhàmp d'activité, de l'indépendance avec — 143 - toutes ses conséquences morales et matérielles; ne faut'-il pas croire que le mari a seul qualité pour apprécier s'il convient de donner ou de refuser l'au- torisation ? Il semble beaucoup plus apte que le juge à décider en connaissance de cause. Cette question nous fournit un premier exemple d'hypothèse où les solutions de la jurisprudence sont plus larges que celles de l'interprétation doctrinale. Les opinions des auteurs tranchent eu général la question en fa- veur du principe d'autorité maritale plus ou moins strictement entendu. Négligeant celles qui posent la question sur le terrain du régime matrimonial, étranger à cette étude, nous devons reconnaître que presque toutes tendent à faire de l'autorisation une prérogative exclusivement réservée au mari 1. Certaines seulement admettent que la justice peut suppléer celui-ci lorsqu'il ne s'agit pas de refus mais que les circonstances empêchent qu'il soit con- sulté 2. l En ce qui touche la femme commerçante, voyez notamment Lyon. Caen et Renault. Précis I, i85. Margat op. cil. p. 83. Comparez A. Boullanger, note sous Paris. 3 janvier 1868. S. 68-2-6o. M Thaller Précis n' lOl, 162 pose la rquestion uniquement sur le terrain pécuniaire, sans lexaminer au point de vue de l'autorité maritale . Adde. Bédarride. Des commerçants n" 107- Alauzet. Com - mentaire du Code de commerce 1-301. Aubry et Rau V, 15 472. etc. En matière d'engagement théâtral. Constant. Code des Théâtres, p. 64. G. Bureau. Le Théâtre et sa législation, p. 313. Lacan et Paulmier Traité des théâtres, 1-258. our se faire céder une part des produits de son tra- vail. *e sera possible si l'on admet avec nous que le letrait judiciaire du droit de disposition orga- nisé ]>ar la loi reste distinct du retrait de l'autori- — 149 - sation proprement dit. Dans de semblables hypo- thèses, l'intervention des tribunaux s'imposerait et les tendances actuelles de la jurisirudence affir ment qu'elle ne manquerait pas de réprimer de tels abus de l'autorité maritale. La pratique nous four- nit des exemples de retrait d'autorisation en ma- tière d'engagement théâtral; à notre connaissance, la justice n'a pas été appelée à les contrôler. Son intervention devrait d'ailleurs § 'exercer de maiiière discrète et judicieuse en raison des questions de moralité et de situation sociale de la famille soule- vées en pareil cas. Les décisions qui ont sanctionné par l'allocation de dommages-intérêts le retrait d'autorisation dans les affaires Le Docte- Jape Me- rey, montrent que le contrôle des tribunaux ne vise qu'à maintenir l'autorité maritale dans les limites d'une action juste et rationnelle, sans faire échec au principe. 73. En parcourant dans tous ces ordres d'idées les décisions jurisprudentielles, on trouve partout des indices révélateurs de cette tendance à assou- plir le mécanisme de l'intervention du mari dans la vie professionnelle de la femme, à l'adapter aux nécessités des circonstances, à le suppléer le cas échéant. Il est malaisé de présenter cette idée d'une manière systématique, mais on acquiert en feuille- tant les recueils d'arrêts l'impression très nette de cet effort vers l'élarg^issement d'une construction juridique trop étroite pour laisser une place suffi- sante à l'équité. C'est ainsi que l'on tend à étendre de plus en plus la notion d'autorisation tacitç. Au- — 150 ciiH écrit, nnciiiie formalité n'est nécessaire pour que la femme soit habilitée à l'exercice d'une pro- fession, il suffit que le mari soit au courant des cho- ses et ne fasse entendre aucune protestation. Lors- qu'il s'agit de la profession commerciale, cette solu- tion n'est que la stricte interirétation de l'article 4 ortance à Rencontre de l'autorité maritale de cet élaigisscnteht de la notion d'autorisation. Une intervention du mari n'est i»lus nécessaire, sa simile tolérance créera un droit ac- quis ]our la femme, auquel il ne iOurra être fait échec que par une déclaration de volonté expresse éfiuivalant pratiquement à une révocation. L'iiomme qui épouse une commerçante, une artiste connue, est ainsi engagé beaucoup plus que si un consente- ment exprès avait dû être requis de lui ; s'il n'a pas soin d'interdire aussitôt à sa femme la continuation de sa profession, il ne pourra plus par la suite que révoquer un consentement implicite, ce que le con- trôle des tribunaux n'acceptera que pour des motifs graves et plausibles. La simple inaction du mari arrive ainsi à consacrer l'acquisition de l'indépen- dance matérielle et juridique de la femme dans l 'exercice de son métier. 74. Les apjilications les plus intéressantes faites par la jurisprudence de cette idée aboutissent à dis- penser la femme abandonnée ou séparée en fait de son mari de tonte autorisation pour entreprendre de gagner sa vie. ation au principe de spécialité. La jurisprudence a toujours eu une tendance marquée à généraliser cette solution et à rétendre en dehors de la profession commerciale, li a été jugé que la femme mariée autorisée à exer cer la profession de maîtresse de chant, peut, sans autorisation spéciale, s'engager à donner un con- cert avec d'autres artistes 2. Moins général dans sa portée, mais néanmoins significatif est l 'arrêt de la Cour de Paris du 22 juillet 1908 proclamant que l'autorisation donnée à la femme de céder à une maison d'édition ses œuvres musicales en est suffisamment spéciale en ce qu'elle désigrio la maison et qu'elle spécialise la faculté accordée, à savoir de céder ses œuvres 3. 76. Plus délicate est la question lorsqu 'il s 'agit de la profession théâtrale. Les engagements peu- vent comporter des obligations variables, exiger des déplacements, parfois à l'étranger; le mari qui 1 Un jurêl de la Cour de Bordeaux du 12 nov. 1873 S. 74-2-193 a cependant déclaré nulle l'aulorisalion don- née à la femme d'exercer tous commerces, industries et entreprises et faire toutes opérations à ce sujet. Mais cette décision, d'ailleurs isolée, est l'objet de vives critiques. Lyon, Caen el Renault. Précis. I. 180. Dalioz, Suppl. au Rép V" Commerçant n" 82. il Paris, 3 juillet 1857, sous Dalioz. Rép. v» Acte de commerce n" 343. 3 Paris, 22 juillet 1908 S. 1910. 2-378. - 157 — a autorisé sa femme à paraître sur tel tliéâtre peut très bien ne pas avoir eu l'intention de la voir figu- rer sur tel autre, à plus forte raison au music-hall. Il y a là des jnestions d'appréciation délicates, et, d'autre part, chaque contrat ayant une certaine du- rée, il n'était pas exorbitant d'admettre que le mari fut appelé à en apprécier l'opportunité. La question ne pouvait manquer de se poser devant les tribu- naux, qui l'ont tranchée d'abord par la négative. D'accord avec une grande partie de la doctrine, un jugement du Tribunal de la Seine a décidé que la femme est astreinte à solliciter ime autorisation nouvelle chaque fois qu'elle contracte un engage- ment 1. Mais les tendances de la jurisprudence n'allaient pas tarder à s'orienter dans un sens plus favorable à l'indépendance de la femme. Abandon- nant les principes qui l'avaient guidé dans sa pre- mière décision, le Tribunal de la Seine avait, le 26 août 1842, autorisé la femme à contracter les enga- gements qu'elle jugerait les plus avantageux, à Pa- ris ou en province, mais seulement dans les .rôles d'opéra-comique 2. Cette solution n'était pas com- l>atible avec la première, la justice qui se substitue 1 Seine 7 janvier 1832, Gaz. Trib. 16 et 17 janvier 1832. Dans le même sens, Lacan et Paulmier. Législation et jurisprudence des théâtres, I. 235-262. Le Senne, Code du Théâtre v» femme mariée, p. 191. GuicHard. Législation du théâtre n" 96. Contra, AgneU Code manuel des artistes dramatiques n" 76. Vivien et Blanc Traité de la législation des théâtres n" 215. 2 Seine, 26 août 1842. Gaz. Trib. 31 août 1842. — \m — au mari ne peut avoir plus de di-oits que lui. Elle a été confirmée par lés motifs d'un arrêt de la Coût de Paris déclarant valable rautoiisation de si.^ner tous engagements que la femme 0urrait ti'ouver à contracter en France ou à l'étranger, autorisation qui devait être interprétée comme celle d'exercer la profession d'artiste dramatique en général 1. L'arrêt base ses considérants sur l'article 223 du Code civil qui déroge à l'exigence de spécialité lors- qu'il s'agit d'autoriser des actes d'administration. Il n'y a là qu'un argument d'analogie assez faible, nulle similitude n'existe entre l'engagement théâ- tral et l'acte d'administration et la considération du résultat à obtenir a dû iiifluencer la Cour plus que la force des motifs invoqués. Dans une affaire assez récente, la question s'est posée à nouveau sous des espèces retentissantes. M, Porel, directeur de rOdéon, et mari de Mme Eéjane, prétendait faire annuler un engagement contracté par sa femme comme n'ayant pas été spécialement autorisé par lui. L'existence de l'autorisation générale d'exercer la profession d'artiste n'était pas douteuse, elle avait même été donnée expressément, mais M. Porel disait l'avoir révoquée en. ce qui touchait spéciale- ment l'engagement en litige. La Chambre des re- quêtes 2. rejeta cette prétention décidant simple- 1 Paris 36 octobre 1885, Pand fr. 1886, 2-12. Adde, Lyon, 15 mars 1846. Le Droit, 21 mars 1846. 2 Req. 11 nov. 1907. D. 1908, 1-25 et la note de M. A. Colin, S. 1908. 1-225 et la note de M. Gharmont. Observa- tion de M. Perreau. Rev. cril. législ et jur. 1908, p. 580. — lo9 — mont que l'autorisation de suivre la carrière matique n'a pas le caractère de généralité prohibé par la loi. C'est là une déclaration de principes qui n'est pas motivée, mais ses conséquences sont ap- prouvées par M. A. Colin et par ^I. Charmoiit, dcjuT la magistrale note du Sirey dégage les i-aisons de' décider u L'analogie est frappante avec ia situa- tion de la femme commerçante. S'il est vrai que l'argument d'analogie ajoute toujours que! p-e chose à la loi, il est légitime lorsque justifié ]>récèdent montrent que cette indépendance est personnelle aussi bien que juridique; autorisée à s'obliger, la femme doit subir les suites matérielles des obliga- tions contractées par elle. Ouvrière, l'usine l'éloi- gnera chaque jour de la maison ; artiste célèbre, elle ira se faire entendre à l 'étranger sans que son mari puisse s'y opposer. Par son autorisation, il a abdi- qué partie de ses pouvoirs d 'autorité ; s 'il décide de la retirer, cette révocation ne vaudra que pour l 'a- venir et devra respecter les conséquences des enga- gements antérieurs. Sans doute, il pourra y avoir des difficultés dans la délimitation de ce domaine interdit au mari, les tribunaux seront appelés à ju- ger si tel acte doit ou non être considéré comme de nature professionnelle. Mais ces questions d'appli- cation ne touchent pas à la portée des solutions ju- risprudentielles groupées autour des articles 220 du C*ode civil, 4 et suivants du Code de commerce. Combinées avec la loi du 13 juillet 1907, elles assu- rent à l'activité laborieuse de la femme un vaste et libre domaine. Il est vrai que l 'appréciation du mari est toujours requise et son autorisation exigée pour mars 1884. La Loi 1884 p 517], l'adjonction d'une clause de dédit à l'engagement [Paris, 30 oct. 1885 précité, et Paris 8 juillet 1882. S. 85-2-1061 Celte dernière solution est contredite par un jugement du Tribunal de la Seine, du 13 février 1902. [Gaz. Pal. i902 1-768, mais voyez la critique de M. Perreau. Rev. cril. lég. Jur. 1903, p. 218. — 101 - en ouvi'ii' l'accès, iiiai> la justice ]eiit y siipjjléo' en cas Tiucapaeité ou d'absence, infirmer un refus qui ne serait y^as justifié. Lorsqu'il ne s'agit plus du choix mais de l'exercice de la profession, le con- trôle du mari se traduit iiuiuement ]»Mr îa faculté de rév^oquer l'autorisation, et les liibiuiaiix exer- cent leur surveillance sur cette faculté de la même manière et suivant les mêmes ]rincipes que sur les autres prérogatives de l'autorité maritale. Ils ne ! 'admettent à s'exercer que justifiée iar des i-aisons graves et impérieuses touchant l'honneur ou l'inté- rêt de la famille. 162 - APPENDICE L'AUTORITÉ MARlTALh SL']{ LA PERSONNE DE LA FEMME ET LA SÉPARATION DE CORPS 78, Comme presque toutes les conséquences direc- tes ou lointaines de l'autorité maritale, les pouvoirs du mari sur la personne de la femme ne sauraient survivre à la dissolution du mariage. Mais la ques- tion devient beaucoup plus délicate lorsqu'il n'y a pas rupture mais simple relâchement du lien conju- jiorts personnels des époux. Le devoir d'obéissance ne peut-il être considéré comme faisant par^^^ie de ces éléments essentiels du mariage qui ne sont i»as atteints par cette demi-rupture qu'est la séparation judiciaire. Que la femme doive être soumise à l'homme qui est tenu de la protéger, a dit M. Paul Gide, c'est là un principe de morale consacré par le consentement de tous les peuples un de ces axiomes primordiaux qui sont au-dessus de toute attaque. Mais que la femme ne puisse faire un acte juridi- ciue sans l'autorisation formelle du mari, ce n'est }lus là qu'un règlement de droit positif » 1. 79. S 'inspirant de ces idées, M. Cabouat, dans deux études sur la loi du 6 février 1898 et le projet de loi qui lui a donné naissance, n'hésite pas à affir- mer que la dépendance personnelle de la femme sur- vit à la séparation de corps 2. Bien que la question 1 P. Gide Condition privée de la femme, p 468 [2 Rev crit. de legisl. et jiirisp. 1889. p. 707, s. 1890 p 206, s. Lois nouvelles 1893 Ire pari, p 309 - 164 — soit délicate, nous jie sommes pas ]orté à nous ral- lier à sou opinion. Sans doute, ]our maintenir une différence traditionnelle entre le divorce et la sépa- ration de corps^ le législateur a laissé subsister mal- .£ré la seconde certaines obligations dérivant du mariage. Mais il ne peut s'agir que de devoirs qui s'imposent individuellement à chacun sans impli- juer de relations personnelles, de contrôle des actes de l 'un par l 'autre. Le devoir d 'obéissance n 'est pas compatiljle avec l 'esprit de l 'institution de la sépa- ration de corps tel qu'il se dégage de la loi de 1893. Cette loi a évidemment pour but de rendre à la femme la liberté de ses actes dans son existence journalière comme dans sa vie juridique. Cette li- berté jDeut être conciliable avec le maintien du de- voir de fidélité; elle ne l'est pas avec la possibilité d'une surveillance constante du mari sur les faits et gestes de sa femme et sa correspondance, rendue suspecte par la mésintelligence des époux et l'exis- tence de la séparation. Si les interprètes n'ont ias cru devoir poser la question en termes précis, c'est qu'ils jugeaient qu'elle se résolvait d'elle-m^Siie, et que la législation nouvelle ne devait pas laisser place à la distinction entre la liberté personnelle et l'indépendance juridique. Sans que ses idées à ce point de vue soient exprimées de façon décisive, M. Bufnoir, dans son examen doctrinal de la loi de 1898, paraît bien se poser en adversaire de l'opinion de M. Cabouat 1. 1 Annuaire de législation française, 1893 p. 56. Comparez également Massol. Traité de la séparation Si à — 165 - 80. La question a d'ailleurs plus d'importance en théorie que dans ses ap]li.'ations ]»ratiques. Inter- prétée d'après les tendances actuelles de la jui'is- ],rudence, on voit de reste ce que pourrait être l'au- torité'maritale survivant à une séparation de corps. A priori, il est impossible d'admettre un contrôle personnel du mari sur les faits et i»estes de sa femme et les visites qu'elle reçoit dans un domicile dont l'accès lui est interdit. Provoquer des injonc- tions des tribunaux interdisant à la fermne de voir certaines personnes, serait une mesure illusoire, et à laquelle la justice serait certainement peu dis- ]osée à se prêter, d'autant plus que les motifs qui leuvent iouider l'intervention du mari en pareille circonstance sont toujours suspects. La question de cohabitation ne peut se poser, elle est résolue d'a- vance par le jugement de séparation ui assigne aux époux un domicile distinct. La liberté dans le choix et l'exercice d'une profession est admise par tous les auteurs ; malgré le caractère im peu s]écial que nous avons reconnu à cette faculté, personne n'hésite à lui appliquer l'art. 311 du Code ci\Tl qui dispense du recours à l'autorisation du mari ou de justice la femme séparée judiciairement de son mari. de corp'ï, p. 266. La séparation de corps laisse subsister intacts les liens du mariage et. par conséquent les obhgations du mariag-^. sauf celles qui se rattachent à la vie commune. » Au nombre rie ces dernières. M Massol. place le devoir d'assistance personnelle dont on pput aisé ment rapprocher le devoir d'obéissance. — 166 -. Il ne reste donc plus que In lucstiou du contrôle de la correspondance. M. Cabouat estime jue les droits du mari en cette matière survivent à la sépa- ration, mais seulement pour la recherche des preu- ves de l'adultère 1. Voilà une restriction de nature à soulever bien des difficultés. Pratiquement, d'ail- leurs, le mari séparé n'ayant pas accès au domicile de la femme, il lui faudra un jugement pour se faire remettre son courrier à l'arrivée ou le saisir à la poste au départ. Connaissant les tendances juris- prudentielles, il est permis de penser que la justice n'entrerait dans cette voie que dans des cas extra- ordinaires et pour des motifs d'une gravité excey- tionnelle. Elle inclinerait plutôt vers le système con- traire admettant la pleine indé]iendance de la femme. Un jugement du Tribunal de Sainte-Mene- hould a proclamé que, même peu ri oui la clurée r7.? l'instance en dirorce on en séparation, la femm; possède toute liberté dans ses relations et sa cor- respondance 2. Cette décision est l'objet de criti- ues assez vives 8, elle n'est pas absolument con- forme aux tendances de la jurisprudence actuelle, qui n'impliquent pas que tout acte d'autorité mari- tale intervenant pendant l'instance doive être né- cessairement considéré comme illégitime, iinis seu- 1 En sens contraire. Colin et Gapitanl, I. p. 613. Gény. Lettres missives. II p. 218. 2 Trib. civ. Sainte-Menehould, 22 mars 1905 D. 07-2 H 3. 3 Note sous ce jugement dans D. 07-2-113. Gény. II p. 218 note 3. - 167 - lement qu'il appartient aux trilunaux d' n ap[ré- cier le caractère. Il y a dans ce jugement restrictif des droits d'autorité maritale, l'indication de ten- dances diamétralement opj^osées à celles qui vou- draient faire survivre à la séparation de corps la dépendance personnelle de la femme. — 168 CONCLUSION Il n'y a, disait Portalis, dans son exposé des nu tifs du titre du mariage au Corps législatif, aucun pouvoir particulier qui ne soit soumis à la puissance publique et le magistrat peut intervenir pour l'épi'i- mer les refus du mari et rétablir toutes choses dans leur état légitime 1. A cette idée, qui, dans l' de son auteur, ne visait que l'incapacité juridique de la femme mariée, la jurisprudence a donné des effets plus larges en l'appliquant à toutes les nuin'- festations de l 'autorité maritale. Le droit de con- trôle que se reconnaît la justice ne souffre pas de restrictions, dans tous les domaines et sous toutes les formes il intervient pour limiter les droits du mari sur la personne de la femme et en régulariser l'exercice. Il est aisé de relever dans les œuvres ré- centes de certains juristes l'expression d'une ten- dance à placer l'action judiciaire sur le terrain de la libre interprétation, réduisant la loi à n'être pour le juge presque qu'une suggestion, qu'il utilisera suivant ses vues personnelles dans la mesure où l'examen des circonstances de la cause l'v inci 1 Fend. T. IX p. 179. - 169 - fera 1. re pareilles théories sont dangereuses dé- formant et exagérant jusqu'à l'outrance les direc- tions fécondes qu'a données M. Gény ]our arracher l'interprétation à cette servilité qui tue la vie du droit, elles détruisent toute discipline juridique et font de la garantie des droits individuels une sim- ple question de psychologie judiciaire. ^Mais sous ces exagérations reste une part de vérité. Dans les ma- tières où l'évolution juridique ne peut se séparer du mouvement social, comme le droit de famille, la fixité des formules ne peut empêcher le droit de s'a dapter aux besoins et aux idées de la société qu'il régit. Le législateur paraît s'en être rendu comite, bornant son intervention à des indications de ]n'in- ci]e, sans entî'or dans le détail d'une réglementation impuissante à cadrer avec les modifications de sou objet. La liberté ainsi reconnue implicitement à l'in- tei-prète s'est traduite dans la pratique par la re- cherche du but que l'utilité sociale devait assigner à l'exercice des pouvoirs d'autorité maritale. Ce but n'est autre que la sauvegarde des intérêts généraux de la famille ; il n 'est pas compatible avec une action arbitraire ou tyrannique. Ainsi l'effort de jurispru- dence pour limiter ces pouvoirs dont la loi pose le principe se définit et s'exprime par une tendance à maintenir en toutes circonstances ses solutions d'ac- cord avec l'équité. L'intervention de la théorie de l'abus du droit dans la hiérarchie des droits de fa- \ Voyez, notamment Van der Eycken Méthode posi- tive de l'interprétation juridique. - 170 — mille est caractéristique de cette tendance, qu'il faut d'ailleurs considérer comme une des idées directri- ces les plus marquantes de l'action jurispruden- tielle à l'heure présente. On pourrait en donner des preuves nombreuses ; il nous suffira de citer la con- fusion qui va de plus en plus s 'accentuant entre la notion d'obligation naturelle et celle de devoir mo- ral 1. Une des preuves les plus palpables de cette attraction des besoins sociaux sur l'interprétation de la loi se dégage du manque de rigueur systémati- que des applications, du peu de souci qu'ont les tri- bunaux de bien rattacher leurs décisions aux prin cipes généraux du droit, d'en justifier la conformité avec les constructions juridiques sur lesquelles elles peuvent être basées. Sans doute, l'action jurispru dentielle ne se pique pas toujours d'un excessif ri- gorisme scientifique, qui souvent cadrerait mal avec son rôle d'adaptation de la loi aux faits; mais ce défaut de systématisation est particulièrement \'i- sible dans ces questions de rapports familiaux, oii la rareté des textes et le laconisme de l'interprétation doctrinale le favorisent. Dans cette liberté de déduc- tions, ce recours à des artifices juridiques, ces dé- clarations solennelles de principes qu'aucune dé- monstration n'appuie, que nous avons pu relever dans nombre de jugements et arrêts, on sent la préoccupation du résultat et l'indifférence des I Planiol Assimilation progressive de l'obligation naturelle et du devoir moral. Rer. crit. lég. Jur. I9l3, Perreau. Les obligations de conscience devant les tribu- naux. Rev. trim. de droit civil 1913 - iTi - moyens employés pour y parvenir. La solution que l 'équité conseille em]orte le suffraèce de tutelle qu'est l'autorité maritale telle que la conçoit le législateur. n n'en est plus de même à l'heure actuelle, le rôle de la femme, sa participation aux diverses formes de l'activité nationale se développent de plus en plus elle reçoit une instruction absolument compa- rable à celle de l'homme, sinon au point de vue tech- nique du moins quant au développement qu'elle peut api^orter à l'intelligence. Sans doute, l'esprit — 172 - féminin et l'esprit masculin demeurent profondé- ment différents dans leurs tendances et leur forma- tion, mais l'idée que cette différence s'analyse eii une inégalité devient de jour en jour moins con- forme à l'évolution des faits. Cette dernière domine la jurisprudence et la dirige. La fidélité des ti-ilU- naux aux principes du Code civil n'est qu'une a]]a- rence masquant un changement profond dans les idées. On doit tenir pour assuré qu'il n'y a rien de commun entre l'autorité maritale sur la personne de la femme telle que pouvaient la concevoir les ré- dacteurs de notre loi et telle qu'elle est définie par la jurisprudence actuelle. La comparaison s'impose entre l'incapacité ju- ridique de la femme mariée et sa dépendance ]ersonnelle. La première, objet de modifications iiuortantes ]ar voie législative qui ont eu sur- tout ]our Imt de diminuer son domaine, n'a cependnnl ]as varié d'une manière essentielle dans son aspect général et son caractère. La théorie du mandat tacite, par laquelle la femme recouvre une iart de ce rôle d'associée dans la vie commune pii lui appartient légitimement, n'est pas une créa- tion juris]rudentielle mais une tradition léguée par notre ancien droit. Les tendances manifestes de l'in- terprétation judiciaire à reconnaître à la femme le maximum d'indépendance possible ne peuvent, en présence de textes précis, aboutir à des résultats d'une grande portée. Une loi nouvelle qui viendrait établir l'égalité entre époux aurait, bien qu'un pre mier pas dans cette voie ait été réalisé par la Un du — \n - V.\ juillet 1ÎK7, le caractère d'une innovation essen tielle dans notre droit des personnes. Peut-on dire qu'il en serait de même d'une dispo- sition qui affranchirait la femme de sa dépendance personnelle. Oui, en principe, l'autorité du mari subsiste théoriquement telle que l'a organisée le Code civil et peut être défendue sur le terrain de la nécessité de donner un chef au groupement fami- lial. Mais, en fait, l'innovation ne serait pas aussi grave qu'elle le paraît. Sans doute, le devoir de la femme est de se soumettre et elle le sait, mais il est certain qu'avec les restrictions nombreuses et es sentielles que la justice impose à l'exercice des pou- voirs du mari, cette soumission ne saurait être effective que si elle est acceptée dans un esprit de conciliation et de respect des intérêts de la famillp. Dès qu'un conflit s'élève, la femme sait parfaite- ment que l'action judiciaire ne prendra la forme d'une contrainte pour la ramener à l'observation de ses devoirs, que si sa révolte est un simple ca- price. Si elle peut la justifier, ses droits seront au contraire défendus, l'intervention de son mari ana- lysée dans son principe et dans sa forme et, le cas échéant, déclarée illégitime. On ne doit jamais per dre de vue cette idée que les difficultés qui ne se résolvent pas à l'amiable et nécessitent l'interven tion de la justice mettent en jeu, neuf fois sur dix, non pas l'obéissance de la femme, mais le sort du mariage. Tout ceci nous amène à penser que l'éta- blissement de l'égalité entre les époux, qui demeu- rerait une grave innovation sur le terrain théori- — 174 — que, ne se présenterait pas dans l'application sous un aspect aussi révolutionnaire. Cette acceptation de ses devoirs légaux qu'on attend de la femme, n'est-il pas admissible qu'elle se transforme en une collaboration des époux sur la base d'une saine et juste compréhension des nécessités de fait et des intérêts généraux de la famille. La force des choses créerait bien vite un modus vivendi donnant une prépondérance de fait à celui des deux que son édu- cation, ses capacités, sa tournure d'esprit rendrait plus apte à prendre la direction des affaires en gé- néral ou à résoudre une difficulté donnée. Telle que la jurisprudence la comprend, l'autorité maritale doit nécessairement être maintenue dans les limites de l'utilité sociale et de l'équité, sous le contrôle de la justice en cas de conflit. Sous le régime de l'in- dépendance réciproque, les tribunaux intervien- draient de même pour apporter une solution néces- saire dans les cas où l'accord ne serait pas i30ssi- ble ; seulement ils la dégageraient des principes et l'appliqueraient directement, au lieu de se conten- ter de reconnaître légitime l'action du mari tendant à imposer sa volonté. La différence touche plus à la forme qu'au fond des choses et l'on peut affirmer que la jurisprudence, dans son effort vers l'équité, ménage une transition insensible vers cette colla- boration du mari et de la femme sur le pied d 'éga- lité, pour laquelle notre parti-pris d'impartialité dans la discussion des questions de droit, n'a pas sans doute toujours dissimulé une préférence phi- losophique. 175 — B1BL10GR\PHIE Tous les traités généraux de droit civil et commercial el une foule d'ouvrages spéciaux traitent de questions louchant à laulorilé maritale. On ne trouvcaici que ceux qui sont indispensables à lintelligence du sujet, tel que nous l'avons délimité el dans son aspect actuel. Aftalion. — La femme mariée, ses droits, ses inté rets pécuniaires. Thèse Paris, 1899. AuBRY et Eau. — Cours de droit civil français. 5' édition, 9 vol., 1895-1916. I3asset. — Du rôle de la femme mariée dans la ges- tion des intérêts pécuniaires de l'associa- tion conjugale. Thèse Paris, 1896. B.\udiîy-Lacantixerie. — Traité de droit civil, spé- cialement t. III Des personnes », par Baudry-Lacantinerie et Houques Four- cade, 3*= édition, 1908. Beautviaxoir. — Les coutumes de Beauvoisis, édi- tion Beugnot, 2 vol., Paris, 1842. Bernard et Bonnecase, — La femme mariée com merçante et la loi du 13 juillet 1907, dan'^ Rev. trim. de droit civil, 1910. — 17 - Berryer. — Des astreintes. Thèse, Paris, 1903. BixET. — La feiuine dans le ménage. Thèse, Nancy. . 1904. Bosc J.. — Les éléments constitutifs du délit ci\àl. Thèse, Montpellier, 1901. .Bridel. — Les droits des femmes et le mariage-, études critiques de législation comparée. Paris, 1893. BuFNoiR. — La loi du 6 février 1893. Examen doc triûal, dans Annuaire de législation fran- çaise, 1893. / *AHouAT J.. — Etudes sur le prejet de loi et la loi du 6 février 1893. Rev. crit. lég. jur., 1889 et 1890 ; Lois Nouvelles, 1893. Carpentier et Frèrejouan du Saint. — Répertoire de droit français; v. mariage, lettre mis- sive. Charmont. — De l'abus, du droit, dans Rev. trim. droit civil, 1902. C^HÉRON. — Etude sur l'adage uxor non est proprie socia sed speratur fore. Thèse Paris, 1901. C*OLiN et Capitant. — Cours élémentaire de droit civil français, 3 vol., Paris, 1914-16. Crevoisier. — Le libre salaire de la femme mariée. Paris, 1907. CuRTi-FoRRER. — Commentaire du Code civil suisse. Trad. Porret, Paris, 1912. Dalloz. — Jurisprudence générale. Répertoire et supplément, v. Mariage, commerçant, let tre missive. - 177 - Damez. — Le libre salaire de la femme mariée et le féminisme. Paris, 1905. Demolombe, — Cours de Code Napoléon, Paris, 1854, spécialement t. III et IV, u Du ^la- riage ». DuBRULLE. — Les droits du mari sur la personne de la femme. Paris, 1879. EsMEix. — La jurisprudence et la doctrine, dans Rev. trim. droit civil, 1902. — L'origine et la logique des astreintes dans Rev. trim. droit civil, 1903. Gastambide M.. — L'enfant devant la famille et l'Etat. Thèse Paris, 1903. GÉNY. — Des droits sur les lettres missives. 2 vol., Paris, 1911. • — Méthode d'interprétation et sources en droit positif. Paris, 1899. Gide P.. — Etude sur la condition privée de la femme. 2^ éd., Paris, 1885. GuYox. — La femme mariée commerçante sous le régime de la loi du 13 juillet 1907. Thèse Paris, 1910. IIanssens. — Du secret des lettres. Bruxelles, 1892. Hue. — Commentaire théorique et pratique du Code civil, Paris, 1892, spécialement t. 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Objet et divi- sion de ce chapitre. Section — La personnalité de la femme de- vant l'autorité maritale ^^ 4. Le principe des limitations apportées a l'autorité maritale. — 5. Laconisme de l'interprétation doctri- nale. — 6. Classification des solutions jurispruden- tielles. — 7. Droit de la femme au respect de sa li- berté personnelle. — 8. Liberté dans ses relations avec ses proches parents. — 9. Contrôle du mari sur ses relations avec des tiers. — 10. La question de la liberté de conscience. — 11. Conséquences de l'indé- pendance de la femme en matière religieuse. — 12. Le droit d'écrire et de publier ses opinions. — 13. La femme dans ses rapports avec ses enfants. — 14. Ac- tion réciproque sur ce point des principes de puis- sance paternelle et d'autorité maritale. Section H. — Les droits du mari sur la correspon- dance de sa femme ^>- 15. Principe du droit de contrôle du rnari. — 16. Evo- lution des idées dans la doctrine. — 17. Cette évolu- tion s'étend aussi à la pratique. — 18. Droits recon- 182 Pages 68 niis au mari par la jurisprudence. — 19. Limitation de ces droits résultant des arrêts. — 20. Limitations résultant des principes généraux. — Propriété de la correspondance. — 2t. Question du secret profes- sionneL 22. Le droit à la production des lettres missives en jus- tice.— 23. Comment la question se pose sur le terrain de l'autorité maritale. —24. Premier aspect de la juris- prudence égalité de droits des époux. — 25. Pou- voirs considérables reconnus au mari par la suite. — 26. Les tribunaux reviennent daus une large mesure h leur première interprétation, les droits du mari sont défmis et étroitement limités. — 27. Portée de l'action jurisprudentielle. — 28. Son extension pos- sible. Section III.— Fondement et sanctions de l'action juris- prudentielle 29. Larges pouvoirs que se reconnaît la jurisprudence. — 30. Intervention de la notion d'abus du droit. — 31. Son aspect dans la matière des droits de famille. — 32. Nécessité de son application à la délimitation des droits hiérarchisés. — 33. Caractère des solu- " tions jurisprudentielles. — 34. Elles confondent les di- vers critères de lahus du droit. — 35. Sanctions appli- cables aux abus d'autorité maritale, leurs caractères généraux. — 36. Intervention du juge par voie d'in- jonctions. — 37. Son insuffisance, le divorce et la séparation de corpsi sanctions normales — 38. L'ac- tion de la justice ne pourrait-elle se manifester sous d'autres formes. — 39. Importance particulière de la notion d'abus du droit dans cette matière. CHAPITRE II. — La QUESTION DU DOMICILK COMMUN 87 Position de la question sur le terrain de l'autorité 7na- ritale. — 40. Devoir de cohabitation et devoir dobéis sance. — 41. Prépondéiacce du mari dans le choix du domicile commun. — 42. Opinions doctrinales. — 43. La jurisprudence confirme les droits du mari à ce point de \'Tie. — 44. Elle y admet néanaioins uue restriction basée sur l'art. 214. 2' du Code Civil. — 45. Cette restriction est logique.— 46. Elle est étendue démesurément par les tribunaux qui l'appliquent à tous les cas où le refus de la femme de suivre son — 183 - mari semble justifié. — 47. Critique de celte juris- prudeme. - 48. Sa portée à rencontre du principe d'autorité maritale. — 49. Conséquences secondaires reconnues aux droits du mari. Les sanctions de l'article 214. — 50. Ces sanctions sont- elles les mêmes au regard des époux ? Cis du mari qui abandonne le domicile conjufjal. — 51. In- lluence du principe d'autorité maritale. — 52. Ditli- cullés de la question et interprétation doctrinale. — 53. L'action jurisprudentielle. — 54. Diverses sanc- tions possibles. - 55. Le refus d'aliments et la sai- sie des revenus. — 56. L'appel à la force publique. — 57. Domma,'es-intérêts et astreintes. — 58. Ces voies d'exécution tendent à se substituer à toutes autres. — .^9. Leur utilité pratique a guidé la juris- prudence dans leur application. — 60. L'idée que le devoir de cohabitation doit comporter des sanctions spéciales ne s'impose pas. CHAPITRE m. — La mesurk de la dépendance de la FEMME MARIÉE DANS LE CHOIX ET l'EXERCICE d'uNE PRO FESSION... 61. Dépendance juridique et soumission personnelle de la femme. — 62. La femme doit être autorisée pour entreprendre une profession. — 63. La loi du 13 juillet 1907 a- 1 elle fait disparaître cette nécessité? Non si on l'interprète rationnellement. — 64. La question ne s'est jamais posée en jurisprudence. — 65. Les principes du Gode Civil et les dispositions de la loi de 1907 conservent leur sphère d'application distincte. — 66. Conséquences de cette indépendance. — Autorisation du mari. — 67. Entrée de la femme dans une société commerciale. — 68. Révocation de l'autorisation — 69. La portée limitée de la réforme accomplie par la loi du 13 juilUt 1907 a été voulue par le législateur. — 70. Restrictions apportées par la jurisprudence aux droits du mari. — 71. La justice peut suppléer son intervention en cas d'incapacité ou de refus injustifié. — 72. Elle contrôle la légiti- mité de la révocation d'autorisation.— 73. Elle étend la notion d'autorisation tacite. — 74 Elle l'applique aux cas où une séparation de fait existe entre les époux. — 75. L'intervention du mari dans l'activité professionnelle de sa femme ne peut se traduire que Pag$ 126 — 184 — Page par le refus ou la révocation d'autorisation. — 76. Uifficuités en ce qui concerne l'engagement théâtral, la jurisprudence les résout dans le même sens. — 77. Vue d'ensembleLescaractéristiques du surf et le timing de la marée sont calculés pour La Tranche sur Mer. Une nouvelle prévision est émise toutes les 6 heures à www.surf-forecast.com. Voir infos détaillées et graphiques des marées. Le vent de terre à La Tranche sur Mer souffle du NW. Weather. La marée est en train de monter à La Terriere. Comme vous pouvez le voir dans la courbe des marées la marée la plus haute de 46m est à 1207 et la marée la plus basse de 2m était à 0604. Horaires Et Table Des Marees Pour La Tranche Sur Mer Nombre sans dimension calculé daprès le marnage qui caractèrise la grandeur de la marée sur une échelle de 20 à 120. . Date Heure Hauteur Coeff. Nos données dheure de marée sont fiables et mises à jour chaque jour. Office de Tourisme. 00h36 06h26 12h41 18h28. Horaires Marées La Trinité-sur-Mer. Horaires des marées à La Tranche en Vendéeheure de la marée des 14 prochains jours. La marée est en train de monter à La Tranche-sur-Mer. Marée haute marée basse pour le port de La Tranche Sur Mer. 147m 476m 153m 492m 70 70. Meilleur periode pêche à La Tranche-sur-Mer hoje Journée très favorable pour la pêche. Consulter Gratuitement les Horaires des Marées pour La-Tranche-sur-Mer - Météo Marine à 15 jours pour les Ports les Zones Côtières le Large et les Plans deau en France en Europe et en Méditerranée - Toute lActualité et les Alertes Météo avec METEO CONSULT - Lassistance Météo en Direct - Prévisions Météo Marine gratuites et Abonnements Météo Marine. Comme vous pouvez le voir dans la courbe des marées la marée la plus haute de 54m est à 2146 et la marée la plus basse de 11m était à 0322. Consulter Gratuitement les Horaires des Marées pour La-Tranche-sur-Mer - Météo Marine à 15 jours pour les Ports les Zones Côtières le Large et les Plans deau en France en Europe et en Méditerranée - Toute lActualité et les Alertes Météo avec METEO CONSULT - Lassistance Météo en Direct - Prévisions Météo Marine gratuites et Abonnements Météo Marine. Cliquez ici pour voir les horaires de marée de La Terriere pour la semaine. Sur cette page vous trouverez les horaires de marée. Consulter Gratuitement les Horaires des Marées pour Jard-sur-Mer - Météo Marine à 15 jours pour les Ports les Zones Côtières le Large et les Plans deau en France en Europe et en Méditerranée - Toute lActualité et les Alertes Météo avec METEO CONSULT - Lassistance Météo en Direct - Prévisions Météo Marine gratuites et Abonnements Météo Marine. Voici la fiche concernant les horaires de marées sur la ville de La Tranche-sur-Mer dans le département Vendée. 42 rows La Tranche-sur-Mer - Localisation. Les prévisions de marée de La Tranche-sur-Mer heure marée horaire pleine-mer basse-mer hauteur deau coefficient contenues sur ce site sont fournies avec un risque derreurs et dinexactitudes. Permanence téléphonique laprès-midi le samedi de 9h à 12h. Aujourdhui Du lundi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h. 33 02 51 97 19 20 Nous contacter. Horaires des marées à La Tranche-sur-Mer aujourdhui Dimanche 19 juin 2022 1822 CEST GMT 0200. Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas les documents officiels. Horaire de marée. Océan surf report vous propose le calendrier des marées La Tranche Sur Mer. 01h13 06h59 13h17 19h01. Tableau horaire - marée haute - marée basse. Horaires de marées pour le port de La Torche. 02 51 30 33 96. Comme vous pouvez le voir dans la courbe des marées la marée la plus haute de 5m était à 0134 et la marée la plus basse de 17m était à 0806. La marée est en train de descendre à La Tranche-sur-Mer. Il est primordial de sinformer concernant les heures de haute mer et basse mer de La Trinité-sur-Mer si vous êtes amené à pratiquer des activités nautiques en mer ou sur la côte. Horaire Marée pêche à La Tranche-sur-Mer cette semaine. Il est très important de sinformer concernant les horaires de marée haute ou marée basse de La Tranche-sur-Mer si vous êtes amené à pratiquer des activités en mer ou au bord de leau en mer ou en bord de mer. Mairie de La Faute sur Mer 9 Avenue de lOcéan 85460 LA FAUTE-SUR-MER Tél. Consulter Gratuitement les Horaires des Marées pour La-Tranche-sur-Mer - Météo Marine à 15 jours pour les Ports les Zones Côtières le Large et les Plans deau en France en Europe et en Méditerranée - Toute lActualité et les Alertes Météo avec METEO CONSULT - Lassistance Météo en Direct - Prévisions Météo Marine gratuites et Abonnements Météo Marine. Marée haute marée basse pour le port de La Torche. Afficher le calendrier des marées pour La Trinite-sur-Mer Rechercher une date un coefficient de marée Aujourdhui. Horaires des marées à La Tranche-sur-Mer cette semaine Mercredi 8 juin 2022 0738 CEST GMT 0200. Les grandes marées à La Tranche-sur-Mer sont. Océan surf report vous propose le calendrier des marées La Torche. Consulter Gratuitement les Horaires des Marées pour La Trinité-sur-Mer - Météo Marine à 15 jours pour les Ports les Zones Côtières le Large et les Plans deau en France en Europe et en Méditerranée - Toute lActualité et les Alertes Météo avec METEO CONSULT - Lassistance Météo en Direct - Prévisions Météo Marine gratuites et Abonnements Météo Marine. Jeudi 30 juin 2022. 145m 474m 155m. Les prédictions des marées pour les ports en Atlantique Manche et Mer du Nord. Rue Jules Ferry 85360 La Tranche-sur-Mer. Horaires douverture Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h30. Retrouvez sur cette page les horaires des prochaines marées à La Tranche en Vendée. Fermée le jeudi et samedi après-midi et le dimanche toute la journée. Heure hauteur coef et graphique interactif pour le calcul de seuil. Meilleures heures pour la pêche De 1128 à 1328 Opposé au transit lunaire Lune basse De 1416 à 1616. Voila la fiche qui informe des horaires de marées de la ville de La Trinité-sur-Mer dans le département Morbihan. Calendrier Des Marees 2022 Pays De La Loire Bleu Pastel Longeurs Com Horaires De Marees Pour La Tranche Sur Mer Heures Et Coefficients Guide Marees Marees Office De Tourisme De La Tranche Sur Mer Maree A La Tranche Horaires Complets Des Marees Sur 14 Jours Horaires Des Marees A La Tranche Sur Mer Maree Haute Et Basse Coefficient De Maree Meilleur Periode De Peche Et Meteo Vendee Pays De La Loire France 2022 Tideschart Com
Informationssur la hauteur de la marée : Hauteur Hauteur d'eau au dessus du zéro des cartes. Marnage Différence de hauteur entre la basse (ou pleine) mer et la pleine (ou basse) mer suivante. (Ne pas confondre avecINFOAu début du mois de mars 2020, on évalue le nombre à personnes infectées dans le monde dont 80% dans une infection Coronavirus caractérisée mineure par les autorités sanitaires. En France, le gouvernement vient de décréter le niveau 2 de l'épidémie. L'action des mesures est de lutter contre la circulation du virus sur le territoire national avec le confinement des personnes infectées. En conséquence, les rassemblements de + personnes sont interdites jusqu'à nouvel ordre sur l'ensemble du territoire. Devant la progression virale sur l'ensemble des territoires européens, les autorités locales et nationales sont confrontées au dilemme de maintenir une manifestation culturelle pour favoriser l'activité économique ou favoriser l'action sanitaire préventive avec des mesures contraignantes fermeture partielle, port d'un masque .... La réussite du plan sanitaire pour contenir l'expansion de l'infection repose sur les mesures collectives décidées par les autorités, mais aussi sur l'action individuelle des familles. Chaque famille doit s'informer et agir en fonction des circonstances sanitaires dans la définition de ses projets culturels. En Suisse, les autorités helvétiques ont pris la décision d'interdir jusqu'au 15 mars 2020 les évènements où il y a la réunion de + personnes pour éviter la propagation du virus du Coronavirus. En conséquence, le salon International de l'Automobile est annulé sur la période prévue. Actuellement, l'évolution sanitaire pour le 1er semestre est incertaine. En conséquence, l'organisation des manifestations culturelles est aléatoire. La décision d'une annulation des autorités ou de l'organisation de l'évènement peut être prise au dernier moment. En France, le personnel du Musée du Louvre et de la Tour Eiffel a mis en avant le principe du droit de retrait pour garantir leur santé. En conséquence, le Louvre a été fermé depuis le dimanche 1er mars, la Tour Eiffel depuis le lundi 2 mars. LE VOYAGE CULTUREL Il est une aspiration à vivre demandée de plus en plus par les touristes du monde entier. Cependant avant de partir à la découverte de merveilles, il est conseillé de suivre des cours culturels soit à travers une école comme l'Ecole du Louvre soit s'informer sur l'Histoire du lieu sur le Web. En France, au niveau des visites guidées, la réglementation du tourisme du 22 juillet 2009 impose la carte professionnelle de guide conférencier pour les visites intérieures des musées, châteaux et monuments. Le guide conférencier peut exercer son métier comme salarié ou comme travailleur indépendant. Des initiatives de Bénévoles ont permis de donner naissance au mouvement associatif des Greeters. Aux Etats-Unis, le greeter se développe pour faire découvrir un lieu, un patrimoine culturel. Le Greeter est un habitant passionné par la transmission de son savoir sur la culture de son lieu. Son intervention est gratuite. En France, cette idée a été reprise ici et là comme dans le Pas de Calais et dans l'Aisne. Actuellement, il est proposé des structures dans les principales villes de France. L'année 2020 va être impactée par l'épidémie du Coronavirus. La psychose du Coronavirus COVID-19 est une réalité que les pouvoirs publics de chaque pays ont dû prendre en compte pour définir ses mesures de protection sanitaire. Actuellement, les principaux dirigeants politiques des pays développés suivent avec une grande vigilance la propagation du virus Coronavirus COVID-19. Certains ont procédé à la fermeture de leur frontière avec les ressortissants de la Chine puis des ressortissants des pays contaminés .... Les mesures gouvernementales prises sont guidées par l'urgence sanitaire pour protéger les populations. Aux Etats-Unis, l'état d'urgence a été décrété avec pour conséquence, la fermeture des frontières aux touristes étrangers ayant séjourné récemment en Chine. Certains pays ont mis en place une nouvelle procédure où le touriste étranger doit fournir un certificat médical de - 3 jours avant d'entrer sur le territoire. En Europe, la propagation récente de l'épidémie en Italie du Nord a eu pour conséquence, l'annulation de certaines festivités et manifestations en France mais aussi en Espagne, ... Depuis, l'infection s'est développée sur le territoire français vers la fin du mois de février 2020. L'évolution sanitaire dans le monde est incertaine pour le 1er semestre . En conséquence, l'organisation des manifestations culturelles est aléatoire. La décision d'une annulation des autorités ou de l'organisation de l'évènement peut être prise au dernier moment. En Suisse, il est interdit le rassemblement de + personnes dans un lieu fermé. En France, une décision analogue vient d'être entérinée avec un seuil à personnes. La psychose a conduit une partie du personnel du plus grand musée du monde, Le Louvre, a exercer son droit de retrait pour se protéger. En conséquence, le musée est resté fermé le dimanche 1 mars 2020 au public. Les voyages culturels En France, il existe plusieurs structures qui organisent des séjours culturels à travers le monde comme CLIO. Elle organise des voyages culturels dans + 80 pays. En moyenne, elle fait découvrir à personnes par an les beautés d'un patrimoine historique. Cette structure existe depuis 1976. Certains séjours culturels & historiques sont animés par des conférenciers. Les voyages à thèmes sont animés par des conférenciers compétents. Par exemple, un séjour de 5 jours à Florence Italie sur le thème "Florence Art et Histoire" avec la conférencière Charlotte de Malet est proposé à € au départ de Paris. ARTS ET VIE organise des voyages culturels à travers le monde. Par exemple, le Forum civilisation, architecture et art à Munich, un séjour de 7 jours où des conférenciers et des historiens d'Art vont vous conter les trésors de la ville à partir de €. Il existe une rubrique "Formules" où il est proposé des séjours adaptés à la Famille en fonction des aspirations culturelles organise + 500 séjours culturels dans plusieurs pays. Un nouveau partenariat permet l'élargir la gamme des séjours culturels vers les sentiers de l'Art. Voici un exemple d'un voyage culturel en Russie à Saint Pétersbourg d'une durée de 7 jours à partir de €. TERRE ENTIERE existe depuis 1976, elle proposait de nombreux séjours culturels. En 2015, l'activité des séjours culturels a été confiée à la structure "Intermèdes". Terre Entière se consacre exclusivement sur l'organisation des séjours de pèlerinage. MONDES PLURIELS est une agence marseillaise qui existe depuis + 25 ans, elle propose d'organiser sur mesure votre séjour culturel en France ou à l'étranger. Il faut découvrir l'offre sur la Provence à travers les villes et les paysages représentatifs de cette belle région. L'idée de départ est de proposer de mettre en contact le futur voyageur un voyage sur mesure avec une agence locale pour répondre au mieux aux attentes sur le terrain au meilleur coût. TRACEDIRECTE a développé un réseau de contacts locaux pour accompagner cette démarche. Le coût du transport pour arriver sur le lieu de séjour n'est jamais compris. Le futur voyageur doit se charger de dénicher le meilleur prix sur le web. OCEANIDES est un Tour Opérator spécialiste du voyage culturel pour des groupes. Depuis les sociétés Océanides et Terra Nobilis se sont associées pour organiser des voyages culturels. Ils organisent des voyages de groupe sur mesure pour vous faire partir à la découverte des trésors du Patrimoine Mondial. Voyages à thèmes circuits archéologiques, Villes d'Art, Peinture, Architecture, Expositions. Certains circuits culturels et archéologiques sont ouverts aux individuels. Atalante Trek est une société lyonnaise qui propose des séjours de randonnée découverte pour s'imprégner de la culture agence est implantée à Paris 18 rue Séguier 75006 Paris Tél 00 E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. La société lyonnaise 66° Nord propose des voyages dans les régions froides de la planète en petit groupe. L'encadrement de chaque voyage est réalisé par un professionnel qui connaît le terrain. L'hébergement au cours du séjour peut être constitué d'auberges, de refuges, de cabanes de trappeur, de chalets en bois, de tentes, gîtes chez l’habitant. En 1975, l'Association Nomade Expéditions a été créée pour répondre au besoin de voyager différemment. En 1992, Nomade Aventure est devenue une agence de voyages spécialisée dans l'Aventure. Lors de notre dernier test du 2 mars 2020, elle proposait 185 voyages d'aventure dans plusieurs pays. Terre Voyages s'inscrit dans le mouvement d’un tourisme solidaire, équitable et durable. Elle propose des voyages culturels où les échanges entre les locaux et les touristes sont fréquents. L'idée est d’immerger le visiteur le temps de son séjour dans une vie partagée avec la population locale. La cité de Florence est l'une des plus belles villes au monde. Le site About Florence est une piste intéressante à découvrir. Les principaux musées sont référencés avec quelques adresses pour une visite guidée. L'Association milanaise Centro Guide Milano CGM se propose de vous faire un programme de visite à la carte avec des Historiens, .... et de vous faire découvrir la Pinacothèque de Bréra. L'Office Italien du Tourisme est aussi une piste à utiliser afin de réunir le maxi d'infos pour réussir votre séjour. L'Italie est le seul pays au monde où est concentré presque 50 % des monuments du patrimoine mondial. L'Italie a + musées sur tout son territoire. L'Agence Nationale Italienne pour le Tourisme est une source d'infos utile à consulter afin d'obtenir renseignements précis sur tel ou tel musée. La Communauté de Communes de Lauragais, de Revel et de Sorèzois propose une découverte de leur patrimoine. Une terre empreinte de l'histoire du Catharisme, en Pays de Cocagne, que l'on appelait aussi triangle d'or du pastel, au cœur du système d'alimentation du Canal du Midi, sur les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, aux portes du Parc Régional du Haut-Languedoc. La Cathédrale de Paris est un monument incontournable à visiter lors d'un séjour dans la capitale française. Ce site présente toutes les infos pour votre visite. Cependant, l'incendie du 15 avril 2019 a fortement endommagé la Cathédrale. En conséquence, elle est fermée au public pour plusieurs années. Chaque année, la Cathédrale de Paris attirait + 13 millions de visiteurs et croyants du monde entier. En moyenne, chaque jour, visiteurs pénétraient dans la Cathédrale. Antonio MENDES DA PAULA Le domaine du Château La Coste a été racheté en 2002 par l'homme d'affaires irlandais Paddy McKillen avec un projet de développement de tourisme culturel autour de l'Art & le Vin, En 2006, le vigneron Mathieu Cosse est recruté pour faire progresser la qualité gustative des vins du domaine d'une superficie de 123 hectares 103 hectares cépages rouges & 20 hectares en cépages blancs. Le travail entrepris dans les vignes a permis de vinifier des vins appréciés des Amateurs. L'objectif œnologique était de faire exprimer le terroir dans chaque vin produit. Actuellement, la production est répartie à 45 % sur le vin rosé, 35 % sur le vin rouge et 20 % sur le vin blanc. En 2009, le vignoble obtient le label "Bio" car il est conduit par les principes de la biodynamie. En 2017, le vigneron Mathieu Cosse a arrêté sa collaboration avec ce domaine. Au niveau de l'Art, l'aventure commence avec la construction d'un nouveau chai en 2006. Le projet architectural est réalisé par Jean Nouvel. A l'entrée de la propriété, on se dirige en voiture vers un bâtiment du centre d'Art de l'architecte japonais Tadao Ando. Il a été construit en 2011. On aperçoit une araignée géante d'environ 3 mètres de hauteur de la sculpteuse Louise Bourgeois. On stationne le véhicule dans le parking au sous-sol. On se dirige vers la billetterie dans le bâtiment central pour régler le coût de la visite. On décide de découvrir l'espace autour du bâtiment central, on aperçoit l'espace de restauration avec sa terrasse. On constate par grand vent, l'envolée de quelques parasols dans le bassin. On aperçoit l’œuvre "Mathématical model" du japonais Hiroshi Sugimoto dans le bassin. Cette forme conique qui s'élève vers le ciel se contemple rapidement. Le mobile présenté est d'Alexander Calder. On s'attarde pas sur cette œuvre. On aperçoit une maison de maître provençale dans un espace privé. La bâtisse est imposante entourée d'un mur pour éviter les regards des visiteurs. Le visiteur peut se désaltérer dans ce nouveau espace de restauration et se diriger vers l'espace réservé à la vente le "Wine Shop". On peut déguster les principaux vins du domaine en vin rouge, rosé et blanc. En continuant le chemin, il y a quelques espaces réservés à des expositions temporaires où le visiteur peut venir se confronter à travers des expérimentations à une autre vision du temps et de l'espace. De manière ludique, l'individu joue avec les jeux des miroirs pour obtenir différentes représentations de sa silhouette. Un atelier propose sous la direction d'un animateur de s'exercer à la peinture d'une manière originale. Dans un espace, on est surpris d'apercevoir un cube placé au milieu de cette surface. On s'interroge sur la composition artistique .... et au final, si la personne s'en hardie, elle s'assoie dessus. En réalité, l'animation commence à cet instant. Une fumée épaisse se dégage pour plonger la personne dans le brouillard pour lui changer sa perception de l'espace. Après avoir visiter l'espace central, il est temps pour le visiteur de parcourir de domaine de 250 hectares. Le plan distribué à la billetterie est très utile pour se repérer sur le terrain. En se promenant, il faut compter environ 3 heures pour parcourir l'essentiel du parcours où sont disposées les œuvres. Le circuit pédestre au milieu de la colline arborée et des vignes est plaisant sans difficulté. On remarque les importants travaux de génie civil pour façonner la nature dans un projet global d'implantation. L'Homme façonne la Nature à son image. Au niveau du circuit culturel, le public est plus tôt réservé sur certaines œuvres exposées. Lors de notre visite le vendredi 27 octobre 2017, il y avait plusieurs accès fermés au public. Au loin, on aperçoit les oliviers et les chênes truffiers mais ce qui impressionne le plus le visiteur, c'est la vision de la plantation de milliers de plants de vigne. A côté des anciennes vignes, il y a un programme viticole important pour replanter les vignes du domaine. On décide d’empreinter le petit pont, on est impressionné par les travaux réalisés pour construire les murets pour canaliser le ruisseau en devenir. On découvre au bord du sentier l’œuvre de Sean Scully, un rectangle constitué de pierres de plusieurs couleurs avec différentes dimensions. L'assemblage permet de constituer des alignements verticaux et horizontaux à la fois par le sens de la construction mais aussi par le graphisme taillé dans chaque pierre. Au niveau technique, l'ensemble pèse tonnes, au niveau des dimensions longueur 20 m, largeur 8 m et hauteur 4 m. Le sentier monte dans la colline vers une place où le plasticien Tunga a créé une série de trois sculptures composées potences de bois sur lesquelles sont pendues des objets. Au loin, l'ensemble n'apparaît pas comme imposant mais au fur et à mesure de notre avancée, on voit les dimensions imposantes de l’œuvre. Heureusement, les panneaux sont implantés à proximité de chaque œuvre pour s'informer de la pensée de l'artiste et des caractéristiques de l’œuvre exposée. Cette sculpture attire le public. Malgré l'interdiction de toucher, le public ne peut pas résister à comprendre l'assemblage de cette partie du pilier. Nous sommes en présence d'un métal ferreux aimanté. Le bloc de cristal suspendu demande l'assistance du soleil pour "briller", les rayons sont concentrés pour faire apparaître une ligne. Au détour d'un sentier, parfois une œuvre apparaît. Il faut reconnaître qu'il n'y a pas que des œuvres majeures dans ce parc. L'oeuvre "Origami Benches" de Tadao ANDO inspire peu le public. Au loin, on distingue une sorte de tôle métallique posée de manière verticale. On s'interroge sur le côté artistique. On empreinte un sentier qui grimpe sur la colline. Cette œuvre mérite une attention particulière, elle repose sur l'équilibre par rapport au centre de gravité. L'ensemble monté repose sur des plots mais la structure est désaxée. Au final, le calcul de la structure doit être parfait. Situé en lisière d'un ensemble boisé, l’œuvre d'Andy Goldswor "Oak Room" est constituée d'un mur où il y a une entrée en pierre de taille. On pénètre dans le lieu par un petit escalier. L'intérieur est une pièce ronde recouverte de troncs et de branchages de chêne enchevêtrés. L'idée de l'artiste est de réaliser un nid inversé avec les matériaux locaux. L'artiste coréen Lee Ufan expose à travers son œuvre "House of Air" sa conception du monde. La grosse pierre est placée devant l'entrée de la maisonnette. Le jour de notre visite la porte était fermée !!! L'artiste architecte chinois Ai Weiwei a travaillé deux ans sur son projet "Ruyi Path". L'idée inspirée de sa culture chinoise est la représentation visuelle d'un sceptre. Ce chemin est constitué d'anciennes pierres. Lorsqu'on parcourt ce chemin, on est en admiration sur le travail colossal qu'exige la construction de cette œuvre. Sans doute l'une des œuvres les plus remarquables des œuvres exposées. Lorsqu'on arrive en bas, on aperçoit une petite place où l’œuvre "Faux pas" de Franz West est exposée. On constate que les familles avec des enfants sont choquées par la présence de cette œuvre sujet à controverse. On découvre une enceinte de mur brut où une chapelle revisitée par l'architecte Tadao Ando avec l'ajout de panneaux de verre extérieurs pour constituer un péristyle invisible et une croix rouge œuvre de Jean Michel Othoniel sont implantées. Le public ne s'arrête pas très longtemps dans ce lieu. Il manque une âme. La mise en scène kitsch est due au sculpteur Michael Stipe avec ses sept renards en bronze. Cet espace ludique est à réserver aux enfants. Sur un sentier escarpé et étroit, on aperçoit un pont de bois qui enjambe la colline sans mener sur une autre rive. Le pont est étroit, il permet le passage d'une personne à la fois. Chaque visiteur se pose cette question est-il utile d'aller contempler ce tonneau ? L’œuvre de Tracey Emin, propose aux visiteurs de marcher vers un tonneau en pénétrant avec une certaine hauteur dans la nature. Au final pour les plus téméraires et les plus patients, on aperçoit à travers quelques orifices la sculpture d'un petit chat. L’œuvre de Liam Gillick "Multiplied Resistance Screened" surprend au loin par l'apparence d'une cage multicolore. Au pied de l’œuvre, on s'interroge sur le sens du message. Après le temps de la réflexion, il y a l'aspect ludique. On repère que chaque panneau métallique est monté sur un système pour favoriser son déplacement, alors chacun peut déplacer à loisir les panneaux pour constituer son œuvre. En fin de promenade, le public est plus sélectif dans le choix des œuvres à découvrir. L’œuvre de Tadao Ando le Pavillon "Four cubes to contemplate our environment" n'inspire pas une rencontre. Il est situé en contrebas, en conséquence, il faut encore descendre des marches ..... Une fois l'entrée dénichée, on entre dans un lieu sombre où il y a quatre cubes qui symbolisent l'Environnement. L’œuvre est très intéressante, elle mérite une visite pour découvrir cet univers féérique. Vers la fin du parcours, on retrouve les grandes lames d’acier de Richard Serra. Le public s'interroge sur la signification de la disposition de ces lames d'acier. Au niveau technique ces tôles d'acier sont légèrement cintrées dans le sens de la longueur. Chacune mesure plusieurs mètres de longueur. On remarque sans doute une fabrication par laminage pour obtenir cette couleur brut de fabrication. L'artiste américain Tom Shannon, a voulu proposer à travers l’œuvre baptisée "Drop" une réflexion sur sa conception de l'environnement. La goutte condense l'eau nécessaire à la nature. Dans notre périple, nous sommes en fin d'après-midi, un peu fatigué de notre marche, alors cette œuvre nous attire pas particulièrement. Cependant, on s'est attardait sur la forme et sur l'état de surface poli. On croirait un OVNI des années 60 dans les séries américaines. Les rayons du soleil sur les vignes sont un super spectacle naturel. Les couleurs automnales vont du jaune à l'or avec des pointes de rouge. La course du soleil se termine à l'horizon, il est temps de quitter les lieux. On termine cette excursion par le "pavillon de musique" de l'architecte canadien Frank Owen Gehry. Cet architecte conçoit ses œuvres comme des architectures-sculptures. Ses créations sont des marqueurs de société. Chaque projet architectural contribue à dynamiser l'image de l'institution ou de la cité. En résumé, le circuit pédestre agrémenté d'un circuit d'art contemporain où l'on découvre 26 oeuvres inégales permet de parcourir la nature provençale. L'idée d'associer un circuit pédestre et un circuit d'art existe au Québec depuis les années 2000 donc l'idée n'est pas révolutionnaire. Château La Coste 2750, route de la Cride 13610 Le Puy-Sainte-Réparade Tél. e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires Période estivale 1er mars – 31 octobreTous les jours de 10h00 à 19h00Période hivernale 2 novembre – 29 févrierDu lundi au vendredi 10h00 à 17h00, samedi et dimanche jusqu’à 19h00. Tarifs adulte 15 €, adolescent 12 € Antonio MENDES DA PAULA Le débarquement de Normandie des troupes alliées Anglaises, Américaines, Canadiennes, Belges, Australiennes, Polonaises, Norvégiennes, ... et Françaises a été l'un des tournants majeurs de la Second Guerre Mondiale contre le Reich Allemand. Le front de Normandie va mobiliser + hommes, + navires dont + navires de guerre et + avions du côté des Alliés. Le 5 juin 1944, Eisenhower communique le message suivant aux troupes d'assauts " Soldats, Marins et Aviateurs des Forces Expéditionnaires Alliées !Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d'armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples d'Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre. Votre tâche ne sera pas facile. Votre ennemi est bien entraîné, bien équipé et dur au combat. Il luttera sauvagement. Mais nous sommes en 1944 ! Beaucoup de choses ont changé depuis le triomphe nazi des années 1940-41. Les Nations unies ont infligé de grandes défaites aux Allemands, dans des combats d'homme à homme. Notre offensive aérienne a sérieusement diminué leur capacité à faire la guerre sur terre et dans les airs. Notre effort de guerre nous a donné une supériorité écrasante en armes et munitions, et a mis à notre disposition d'importantes réserves d'hommes bien entraînés. La fortune de la bataille a tourné ! Les hommes libres du monde marchent ensemble vers la Victoire ! J'ai totalement confiance en votre courage, votre dévouement et votre compétence dans la bataille. Nous n'accepterons que la Victoire totale ! Bonne chance ! Implorons la bénédiction du Tout-Puissant sur cette grande et noble entreprise. Dwight D. Eisenhower" Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les opérations aéroportées sont engagées et les navires traversent la Manche en direction des plages de Lion sur Mer, Arromanches, Omaha Beach, Utah Beach, .... Le 6 juin, les cuirassés, les croiseurs et les destroyers pilonnent les batteries allemandes pour permettre le débarquement des troupes et des véhicules chars d'assauts, camions et jeeps. Les combats sont rudes et acharnés. Il est vital pour les troupes allemandes de contenir l'assaut et de repousser les Alliés à la mer. Cependant, les troupes allemandes stationnées dans le Pas de Calais et en particulier la XVe armée avec sa division blindée de Panzer ne vont pas faire mouvement vers ce nouveau front malgré la demande urgente des généraux sur le front. Les Alliés établissent une percée en terre normande et ils installent deux ports artificiels pour faire débarquer le gros du matériel militaire. Il était important de réussir à établir une bonne logistique pour approvisionner les armées sur les différents fronts ouverts pour pénétrer vers l'intérieur de la Port en Bessin, on installe un terminal pétrolier pour permettre l'acheminement du carburant nécessaire aux véhicules de l'offensive militaire. Ce terminal ne pouvait pas fournir la quantité journalière estimée, en conséquence, les barils étaient aussi débarqués sur les plages normandes. Un oléoduc a été construit pour permettre le ravitaillement des principales bases militaires alliées. Le Maréchal Erwin Rommel est nommé commandant pour défendre le Nord-Ouest de l'Europe. Il fait immédiatement renforcer les défenses côtières avec la construction de + ouvrages d'art. Un important travail est réalisé pour renforcer les défenses des ports. Les allemands s'appuient sur l'expérience du débarquement des canadiens à Dieppe en 1942. Les canadiens ont été rejetés à la mer par les allemands. Les Alliés ont compris la leçon, il était impossible de s'emparer d'un grand port sans s'exposer à une vive résistance militaire. Le choix des plages normandes était un moyen de limité les pertes humaines et de percer vers l'intérieur des terres et de se diriger vers le port de Cherbourg en contournant le système défensif du mur. Aujourd'hui, il reste quelques vestiges du mur de l'Atlantique, des bunkers, des canons de batteries d'artillerie côtières ici et là pour rappeler que des violents combats ont été menés pour défendre la Liberté en Europe face à l'Europe Nazi. Ces lieux de mémoire sont des lieux de pèlerinage pour les Vétérans mais aussi pour les jeunes générations. La visite des plages du débarquement c'est le rappel du courage des soldats pour défendre une idée de la Liberté des peuples. Le début des Vacances c'est d'abord la liberté. Au cours de l'année, l'organisation de notre temps est dictée par notre rythme de travail, de vie familiale et de nos obligations sociales. Au moment des Vacances on redécouvre notre rythme naturel. Les Vacances doivent apporter à chacun en fonction de son âge, sa pleine récupération physique et psychologique. La durée de la récupération nécessaire dépend de l'exercice d'une fonction dans un contexte donné niveau du stress au travail, niveau du stress de la vie citadine, niveau du stress dans sa vie de couple, .... En effet, une personne subit toutes ces agressions dans la vie courante. Son psychique traite et évacue une bonne partie de la charge nerveuse mais il faut penser à "recharger ses batteries". Les motivations du touriste sont guidées par son besoin de faire la fête, de se défouler et de se reposer. Depuis quelques temps, le besoin de se cultiver à travers les visites culturelles patrimoine, gastronomie, vins, informatique, artisanat, vie rurale, ... se développe en particulier lors des séjours courts. Au niveau mondial, la fréquentation touristique internationale est en hausse. En 2015, environ 1,2 milliard de touristes ont voyagé par découvrir le monde. Actuellement, l'Asie, le Pacifique et l'Amérique Nord & Sud ont la plus forte croissance. En 2016, les experts de l'OMT Organisation Mondiale du Tourisme prévoient une hausse d'environ 4 % en fonction des zones géographiques et du niveau de la sécurité assuré par les pays visités. M. Taleb Rifai, Secrétaire général de l'OMT explique " Le développement du tourisme dépend dans une large mesure de notre capacité collective à promouvoir des voyages fluides dans des conditions de sûreté et de sécurité. À cet égard, l’OMT invite les gouvernements à inclure les administrations du tourisme dans leurs dispositifs de planification, leurs structures et leurs procédures de sécurité à l’échelon national, non seulement pour faire en sorte de réduire à un minimum l’exposition du secteur aux menaces, mais aussi de maximiser la contribution qu’il peut apporter à la sécurité et la facilitation". Au niveau financier, le développement du tourisme mondial crée des emplois dans les pays d'accueil. En 2014, On estime les dépenses des touristes chinois à 165 milliards $, les touristes américains à 112 milliards $, les touristes allemands à 92 milliards $, les touristes de la Grande Bretagne à 58 milliards $ et les touristes de la Fédération de Russie à 50 milliards $. En Europe, 609 millions de touristes sont venus découvrir les pays comme les Pays-Bas, le Danemark. La destination à la mode a été de découvrir le Groenland avant la fonte des glaces. Environ 1,5 millions de touristes ont parcouru l'immensité de ce territoire. Les dernières enquêtes sur les motivations et les destinations des européens en 2016 font apparaître une baisse d'environ 7 % des départs en vacances pour cet été. La récession économique est toujours très présente dans les ménages européens. Le besoin de sécurité est évoqué chez les touristes européens. Les espagnols, les italiens et les français vont favoriser leurs vacances dans leur pays. Des études récentes indique que les européens utilisent de plus en plus internet pour s'informer et préparer leur séjour de vacances. Notre Spécial HS ETE répond à ce besoin de s'informer sur les différentes destinations & possibilités en France. a+ Les Caves de Byrrh ont marqué l'histoire de la région. A l'origine, les Frères Pallade et Simon Violet sont des drapiers ambulants. Il décident de s'installer à Thuir. Ils ouvrent une boutique pour vendre les draps, ... L'un des frères travaille à mettre au point un médicament à base de vins de quinquina, ... avec des épices. En 1866, Il commence à le vendre à la clientèle de la boutique. Le breuvage commence à être connu et les ventes commencent à augmenter. Les pharmaciens se mobilisent et l'Ordre des pharmaciens de Montpellier engage un procès. Les Frères doivent abandonner leur breuvage. Après cette échec dans le domaine de la pharmacie, l'idée est de reprendre la formulation en réduisant la quantité de quinquina pour lancer un apéritif. Cette idée géniale va faire la fortune de la famille Violet. Le lancement commercial de cet apéritif demandait de mettre un nom commercial. Au final après plusieurs noms, il est décidé de prendre le nom de Byrrh. Celui-ci est apparu à partir des lettres utilisées dans un nuancier d'étoffes. L'apéritif Byrrh commence sa commercialisation et les ventes progressent chaque année. Au début, la production de l'apéritif est artisanal. Il est décidé de conserver l'activité de la vente des draps pour assurer les revenus financiers de la famille. Les ventes commencent à décoller. Il faut un outil industriel pour répondre à la demande. A partir de 1903, les frères Pallade et Simon ainsi que Lambert, le fils de Simon décident de faire des campagnes de publicité dans toute la France. Il est fait appel à des artistes connus pour réaliser les affiches. Des concours sont organisés pour sélectionner l'affiche à mettre en avant. Les campagnes publicitaires organisées dans la presse, sur les murs des habitations, sur les bus, ... vont permettre une forte notoriété du nom Byrrh. Les ventes se développent en France et à l'international. En 1910, le site industriel de Thuir emploie + 700 salariés et il produit + 30 millions de litres de Byrrh par an. Il est ouvert plusieurs succursales en France. Toute la région produisait du vin pour alimenter le besoin croissant de la production. En 1977, la société Cusenier rachète l'entreprise. Aujourd'hui, ce site industriel est dans l'empire du groupe Pernod Ricard. Ce groupe est l'un des leaders mondiaux dans le secteur de vins et de spiritueux. En 2015, le site industriel de Thuir est toujours en activité cependant, ses capacités de stockage ont été fortement réduites. Il est ouvert à la visite. Il est conseillé d'éviter le centre-ville et de prendre le Bd Violet par l'extérieur de la ville. Il y a des aires de stationnement à proximité. A l'accueil, vous êtes conseillé pour la visite guidée du site. Après une introduction sur le rappel historique de la saga familiale des Violet, on se dirige vers les cuves de stockage. Au passage, on nous explique l'utilité de la grande cheminée dans les années 1910. On pénètre dans un bâtiment où il y a une exposition des affiches publicitaires. On nous explique que régulièrement il était organisé un concours où les grands noms des artistes de l'époque proposaient leurs affiches. Les premières de la Belle époque sont présentées. Il y a des explications sur des panneaux pour retracer les grands moments de l'empire Violet. On pénètre dans les chais où les foudres en chêne sont alignées. On nous précise que la charpente métallique des bâtiments a été réalisée par l'entreprise Gustave Eiffel dans ses ateliers. On arrive à un lieu pédagogique où il est exposé des sacs de café, de cacao, de quinquina, ... le visiteur peut toucher et sentir chaque ingrédient de la formule du Byrrh. La cuverie est équipée de la plus grande foudre de chêne au monde. Ce travail a demandé plusieurs années pour concevoir et fabriquer la foudre. Au niveau de son poids, elle pèse à vide 110 tonnes. Elle a une hauteur de 10 m et un diamètre de 12,46 m. Sa capacité est de litres. Un espace est réservé à l'outillage ancestral. On peut visualiser les équipements utilisés au début de la fabrication du Byrrh par le personnel de l'usine. On apprend que le service de Maintenance était chargé de développer les nouveaux équipements pour répondre aux besoins de la production. Lors de notre passage dans la cuverie, on peut apercevoir sur les fondres le nom de chaque apéritif qui est stocké sur le site comme l'Ambassadeur, le Cinzano, .... Vers le caveau de dégustation, il y a un endroit où l'on aperçoit les bustes des fondateurs de l'empire Violet. La visite se termine avec la dégustation de quelques centilitres de Byrrh. On peut acheter les bouteilles d'apéritif du groupe mais aussi les affiches publicitaires. A proximité, il faut visiter le village médiéval de Castelnou. CAVES BYRRH Bd Violet 25 66301 THUIR Tél 04 68 53 45 86 Site web Mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Le village de Castelnou est classé parmi les plus beaux villages de France. Il est situé à proximité de la cité de Thuir sur les contreforts des Aspres à proximité de la frontière Espagnole. L'histoire de ce petit village est remarquable par le fait que ce village était en ruine. La volonté du Vicomte de Satgé à restaurer une partie du château a permis la mobilisation autour de la restauration du village. A partir des années 1970, ce lieu a attiré les touristes et les artisans d'art se sont installés. La vie du village a pu reprendre. Les amoureux des belles pierres se sont investis à conserver le patrimoine architectural dans son "jus". Les ruelles sont pavées. Le panorama est grandiose. On aperçoit le village avec son château vicomtal, la tour de guet, l'église et les contreforts orientaux du massif du Canigou. Sur la route, il y a une aire de stationnement à proximité pour admirer le paysage. A l'arrivée au village, il y a une aire de stationnement payante. Le touriste doit impérativement garer son véhicule pour visiter à pied le village. Attention, il y a des rondes pour vérifier si les automobilistes ont bien réglé le stationnement. Le Village Le Château L'église Vue artistique Le Village En montant vers le village, on passe devant un petit enclos où il y a échoppes. L'été, il y a l'ouverture des "mardis d'été" où les artisans locaux vendent leur production en direct. Il est recommandé de découvrir ce lieu en début de matinée pour éviter la foule dans les ruelles. Ce village compte environ 350 habitants. On apprécie de déambuler entre les deux rues principales et les ruelles en escaliers. Le bâti a conservé une certaine unité architecturale. Les façades en pierre du pays permettent des jeux de lumière avec le soleil. On remarque que les descentes des gouttières sont en céramique. Vers 10h, le village s'anime. Les artisans et les commerçants s'activent avant la venue des touristes. La communication dans le village est rapide. Les échanges entre les habitants permettent une certaine réactivité pour améliorer les services à la clientèle. On note un esprit d'entraide entre les villageois. Le Château On situe vers le Xe siècle, les prémices des fortifications du château. La position stratégique de l'enceinte fortifiée permet un contrôle sur les échanges commerciaux entre la Catalogne et l'Aragon à travers les Pyrénées. Au XIe siècle, les Vicomtes de Castelnou fortifient le château afin de sécuriser le lieu. Ils s'installent et le village est construit au pied du château. Les seigneurs de cette maison sont devenus contrôlent un territoire entre la frontière avec la France dans les Corbières et une partie de la Catalogne. Les différents vont les opposer au Roi du royaume de Majorque avec la prise du château en 1286. Celui-ci ordonne la destruction du château. Le château sera reconstruit et un nouveau différent entraînera le Gouverneur du Roussillon en 1473 à assiéger et prendre la place forte de Castelnou. Le vicomté est transformé en baronnerie ce qui limite l'influence de la maison des De Castelnou. A la Révolution française, le château est vendu comme bien national. Au XVIIIe siècle, le château est en ruine. En 1875, le Vicomte de Satgé, un enfant du pays se lance à racheter la ruine de château. Après plusieurs dizaines années d'effort, la forteresse revit. En 1981, un incendie détruit le bâtiment principal. En 1987, SCI rachète le lieu et elle entreprend les travaux nécessaires pour développer une prestation de restauration et développer un vignoble. Lorsqu'on pénètre par la porte du château, on longe une ancienne muraille et on découvre un petit parc boisé avec des essences diverses. Il y a un sentier botanique pour découvrir certaines variétés. On peut amener son déjeuner pour faire un pique-nique. Au-dessus de la porte d'entrée du Château, on aperçoit le blason de la famille Castelnou et des épouses. Le château n'est pas impressionnant mais sa restauration est de qualité. On apprécie le souci d'illustrer la vie au château au Moyen-Age. Il y a des scènes reconstituées qui participent à faire partager cet univers. La visite du château est assez rapide. Cependant, lorsqu'il y a la foule, il faut nettement plus de temps pour faire le même parcours. Le parc est un endroit à découvrir. Attention à ne pas glisser sur les cailloux. L'église L'église Sainte Marie du Mercadal a été bâti au XIIIe siècle en dehors du village. Son architecture est de style roman. Un cadran solaire est présent au-dessus de la porte d'entrée. On peut lire la date de 1828. La porte est magnifique. Elle est ouvragée. Vue artistique Voici une vision plus artistique de ce beau village. A proximité, vous pouvez visiter les Caves de Byrrh à Thuir. Office de Tourisme Entrée du Village 66300 Castelnou Tél 04 68 28 32 38 Horaires d'ouverture Horaire de Juin à Septembre Du lundi au dimanche de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 19h00 Horaire d'octobre Du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00 Barcelone est la capitale de la Catalogne. Elle est la 2e ville d'Espagne. Elle a été fondée par les Romains pour être une petite cité de garnison. Au Moyen-Age, en 985, les arabes de Cordoue pillent et ils brulent la cité de Barcelone. Le Comte Borrell II demande à la France de l'aider en vertu du droit féodal, celui-ci refuse. A partir de cet instant, la future Catalogne va s'unifier pour résister à l'invasion arabes et développer une certaine autonomie politique et économique. A cette époque, la Cour de Cordoue est connue pour être le plus grand centre intellectuel d'Europe. Les "savants" disposent de la grande bibliothèque du Calif Al- Hakam II cependant les persécutions des sarrasins au Sud de l'Espagne envers les espagnols et les juifs vont entrainer un exode vers la Catalogne. Cette poussée de la démographie et des connaissances acquises auprès du califat de Cordoue vont développer l'activité économique mais aussi organiser les moyens militaires pour se défendre. Le développement des abbayes va permettre la traduction des principaux textes arabes en latin. La création des pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle va permettre une certaine diffusion des savoirs en Occident à partir des traductions réalisées par les moines des abbayes de la région de Barcelone. Le moine Gerbert d'Aurillac est envoyé en catalogne au monastère de Ripoll afin d'étudier les sciences. Il remarque le système des chiffres arabes plus pratique que le système arithmétique romain. Il va élaborer le fameux abaque Gerbert pour réaliser les opérations de division et de multiplication. Barcelone devient un important port de commerce sur le bassin méditerranéen. La République de Catalogne L'Histoire de la Catalogne est jalonnée de moments de proclamation de la République et d'évènements politiques majeurs qui ont rattaché cette entité à la France et à l'Espagne comme en 1641, où la République de Catalogue est proclamée avec le soutien de la France qui l’intègre dans son territoire. La ville s'est développée au bord de la mer Méditerranée. De nombreuses plages longent le bord. Elles sont organisées pour former des petites plages. Il y a les équipements nécessaires pour profiter d'une belle journée à la plage. Il est prévu le stationnement des véhicules à proximité. En 1888, Barcelone organise la 1ère Exposition Universelle en Espagne. Les industriels barcelonais voulaient mettre en avant leur région à l'international. La construction des pavillons sur le parc de la Ciutadella et d'un arc de triomphe sont des opportunités pour développer les affaires. Au niveau des infrastructures, il était important de moderniser la ville pour accueillir + visiteurs de l'Europe entière. Ce vaste chantier va mobiliser des milliers de travailleurs pendant quelques années au moment où il y a une faible activité industrielle. L'éclairage électrique va faire son apparition sur quelques places et sur le site de l'Exposition. En 1929, une nouvelle Exposition Universelle a lieu sur la colline de Montjuïc. Un important programme d'urbanisation est entrepris pour adapter Barcelone à l'essor démographique de la cité. La ville a augmenté sa population d'environ habitants entre 1887 et 1930. Parc de la Ciudadella Antoni Gaudi La Sagrada Familia Vieux Barcelone - Barri Gotic La Boqueria Fondation Joan Miro Parc de la Ciudadella Le Parc de la Ciudadella est l'un des plus importants de Barcelone. Il s'étend sur environ 60 hectares. La porte du château des 3 dragons se situe dans l'axe de l'Arc de Triomphe. Le château des trois dragons du parc de la Ciutadella, un ancien restaurant de l'Exposition Universelle de 1888. Au sein du jardin des plantes, on trouve le zoo de Barcelone, un musée de géologie, le Parlement Catalan, ... Antoni Gaudi L'Arc de Triomphe construite par l'architecte Josep Vilaseca i Casanovas pour l'Exposition Universelle de 1888 se situe au Passeig de Lluis Companys. On découvre ici et là des anciennes constructions magnifiques. L’architecture de la ville a évolué en fonction des courants artistiques néogothique, moderniste, Art déco, .. et de l'urbanisation rapide de la périphérie de la cité industrielle. Le courant moderniste est apparu vers 1904 avec comme leader l'architecte Antoni Gaudi. Le courant néogothique était représenté par l'architecte Paula de Villar en Catalogne. L'architecture mauresque est découvert à travers des illustrations à l'Université de Barcelone et dans les livres des riches industriels catalans. Aujourd'hui, en se promenant dans Barcelone, on peut découvrir une partie de ce patrimoine architectural comme la Casa Batllo, la Casa Milà, Casa Vicens, le Palacio Güell, ... de chez Antoni Gaudi. Une partie des oeuvres de Gaudi sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Par exemple, la Casa Batllo est visitée par + visiteurs par an. On vous recommande d'utiliser les Bus touristiques qui font 2 parcours pour découvrir le riche patrimoine de la ville. La Sagrada Familia La Sagrada Familia En 1886, Antoni Gaudi est un jeune architecte catalan de 31 ans qui commence à se faire remarquer par sa conception originale de l'architecture. Il s'inspire de la nature pour intégrer des éléments dans le bâti. On lui propose la direction des travaux de le futur Temple Expiatori de la Sagrada Familia à Barcelone qui sera financée sur le principe exclusif d'aumônes et de dons. En 2015, la basilique mineure est toujours en construction. Lors de notre deuxième venue, nous avons axé notre visite sur la Sagrada Familia et en particulier, on voulait prendre l’ascenseur pour découvrir les toits de la Basilique, le centre historique de la cité et la Fondation Joan Miro. Comme le stationnement à Barcelone est compliqué, on vous recommande de vous garer le long de la Place Léonardo da Vinci à proximité du Musée des Sciences Naturelles de Barcelone, le Musée Blau. Les architectes Herzog & Meuron ont dessiné un bâtiment contemporain en forme de triangle. L'exposition permanente s'appelle "Planeta Vida". Elle présente les collections du Musée suivant cette thématique la biographie de la Terre, la Terre aujourd'hui et les îles des Sciences. Attention, la langue française n'est pas utilisée pour informer les visiteurs !!! A Barcelone, il faut utiliser les transports en commun pour circuler. Nous avons décidé d'utiliser le métro. Dans les stations, il y a peu de personnel, les titres sont distribués par des distributeurs. Cependant, à Barcelone, le prix est fonction des zones de circulation. Nous avons eu du mal à dénicher l'info pour comprendre que nous avions besoin que d'une zone. Après, il faut comprendre la formule à utiliser pour circuler toute la journée avec le même type de transport ..... La formule Multi-Pass T10 permet d'effectuer 10 trajets sur la zone 1 par plusieurs personnes. On peut utiliser le titre sur les lignes de métro et de bus. Lors d'un compostage, on a 75 mn pour se déplacer sur toutes les lignes avant d'utiliser un nouveau compostage. Coût 10 € dans la journée. Le réseau est assez ancien, les voitures ne sont pas très confortables mais il y a la climatisation en été. Il arrive que le pass ne passe pas au niveau de l'automate, alors il faut trouver une solution pour contourner le problème !!! La station de métro sélectionnée sur notre ligne permet d'arriver à proximité de la Sagrada Familia. Nous avions acheté nos billets pour la visite par l'ascenseur sur internet sur un site espagnol. Sur les sites français, la visite à la date et à l'heure choisie n'étaient plus disponibles !!! On vous recommande de prendre votre réservation dès l'ouverture du site vers 9h15. Il est conseillé de se présenter à l'ascenseur environ 10 mn avant l'heure indiquée sur votre réservation. Les sacs doivent être mis dans des casiers à proximité. La montée se fait assez rapidement, après vous empruntez un escalier étroit pour redescendre. Il y a peu de points de vue pour étudier les différentes décorations installées sur les toitures. Parfois, on a la chance de pouvoir avoir une petite fenêtre qui permet de visualiser Barcelone. La vue est magnifique. Nous terminons notre visite, il est environ 11h. Nous empruntons le métro pour nous rendre vers le Musée de l'Histoire de Barcelone MUHBA situé sur la Plaça del Rei. Vieux Barcelone - Barri Gotic La température extérieure commence à approcher les 30 °. Les ruelles permettent une certaine fraicheur dans nos déplacements. On flâne ici et là, et on découvre un patrimoine architectural intéressant. Le patrimoine est le reflet de la richesse de la capitale de la Catalogne. On remarque qu'une partie du patrimoine est préservé mais qu'il y a des ruelles où le bâti est en très mauvais état. On se dirige vers le marché Saint Joseph de La Boqueria en empruntant la Rambla l'artère principale de la ville. Une foule assez compacte circule sur cette large voie piétonne. Le pas des barcelonais est assez rapide. Il faut s'engager d'un pas décidé pour arriver à tracer son chemin. La Boqueria On arrive devant l'entrée du marché couvert. Il faut vaincre la foule pour y pénétrer dans ce lieu très de ce marché a commencé en 1217, il se tient un petit marché orienté vers la boucherie. Il faudra attendre 1826 pour que les autorités de la ville reconnaissent l’existence de ce marché. Il est aussi décidé d'élargir les échoppes aux poissonniers. En 1846, il est construit une halle. Aujourd'hui, ce lieu est devenu incontournable à Barcelone. Il faut se frayer un chemin dans les différentes allées. On est saisi par les senteurs et la diversité des produits proposés à la vente. Les personnes achètent des produits frais comme les préparations à base de fruits. Chaque étale est présentée pour mettre les produits à l'honneur. On retrouve les bouchers, les poissonniers mais il y a des points de restauration et des primeurs. Si vous voulez vous une petite table pour déjeuner, c'est presque mission impossible vers 13h. Les habitués sont déjà présents pour un déjeuner rapide. Il faudra patienter vers 14h. Après cette découverte des saveurs, on prend la direction du Musée de l'Histoire de la Ville de Barcelone. On traverse des places où il y a des monuments pour honorer des personnages catalans. Nous arrivons sur la Place du Roi où le Musée d'Histoire de Barcelone est implanté MUHBA dans le quartier de Barri Gotic. Ce site est le principal mais il y a dans Barcelone 12 antennes comme le MUHBA du Parc Güell, le MUHBA de Sainte Catherine. Le musée a ouvert ses portes en 1943 et depuis il s'est développé pour informer la population catalane de l'évolution historique de la cité de Barcino. Les fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour les vestiges de la ville romaine dans le sous-sol du site. L'exposition permet aux visiteurs de suivre à travers l'échelle chronologique du temps, les différentes périodes comme le Moyen-Age. Aujourd'hui, la période contemporaine est abordée pour démontrer aux habitants l'évolution lente mais réelle d'une grande cité. La Basilique Cathédrale Saint Croix de Barcelone est dédiée à la Sainte Croix et à la patronne de la ville Sainte Eulalie. La construction de cet édifice religieux a commencé en 1298 dans un style gothique sous le règne du roi Jacques II d'Aragon et il évolura vers un style Néogothique. Le roi Charles de Habsbourg appelé Charles Quint décida d'installer un chapitre de son Ordre de la Toison d'Or dans la cathédrale de Barcelone. Pour cette cérémonie, le chœur doit être décoré des 51 titres et armoiries des différents Chevaliers de l'Ordre. Fondation Joan Miro On se dirige vers Fondation Joan Miro situé dans le Parc de Montjuïc. Il faut emprunter le funiculaire pour atteindre les hauteurs du parc. L'entrée de la Fondation est à 15 mn à pied du funiculaire. Le titre de transport du métro est valable pour ce parcours. L'ensemble architectural dessiné par Josep Lluis Sert n'est pas impressionnant. Les bâtiments de la Fondation privée est construite en 1975 sur un terrain offert par la ville de Barcelone. L'artiste Joan Miro donnera une grande partie de ses œuvres pour constituer le fonds artistique de sa Fondation. Les artistes comme Marcel Duchamp, Marx Ernst, Fernand Léger, .... ont donné des œuvres pour présenter le courant artistique A l'entrée, il y a cette sculpture où les visiteurs apprécient de se faire photographier. La visite de cette Fondation se fait tranquillement. Le parcours permet d'apprécier le cheminement artistique de Miro confronté aux évènements comme la guerre civile espagnole. On voit la traduction de sa pensée sur ses œuvres. La représentation de la Femme Joan Miro a cherché comme Pablo Picasso à exprimer sa sensibilité artistique sur différents supports parfois avec l'aide d'artisans d'art. La sculpture, la céramique, la tapisserie, .. sont explorées pour modéliser ses créations. L'artiste a fait l'effort d'apprendre certains savoir-faire pour exprimer son génie artistique. La représentation de l'Homme. Une tapisserie réalisée en collaboration avec un artisan d'art. Il est intéressant d'observer les attitudes des visiteurs sur les œuvres présentées. Chacun essaye de comprendre la motivation et le sens donnés par l'artiste à chaque œuvre. Au-delà du premier ressenti, quel est le message véhiculé ? Les expositions temporaires permettent de présenter des nouveaux artistes à travers quelques œuvres exposées. Fondation Joan Miro Parc de Montjuïc 08038 Barcelone Tél station de métro On Montjuïc mountain Horaires Mardi à Samedi 10 h à 19h , dimanche 10 h à 14h30 Coût adulte 10 € Gérone est une ville espagnole d'environ habitants. Elle est située en Catalogne. A l'origine les Ibères s'implantent dans la région. Les Romains s'établissent en créant un oppidum sur la future voie Augusta et ils créent Gerunda. Les rois de France ont plusieurs fois envahi la terre des rois d'Aragon. L'empereur Napoléon 1er s'empare de la ville en 1809 et rattache la Catalogne à l'empire français jusqu'en 1814. Le Vieux quartier est situé au niveau géographique à l'emplacement historique de l'ancienne cité où été dressé l'enceinte et les bastions. Un important programme de restauration du patrimoine et du quartier juif a été réalisé pour valoriser le Vieux quartier . Le touriste visite en priorité ce quartier avec la place de l'Indépendance. Lorsqu'on arrive par la route, il y a des grands parkings à proximité pour stationner son il arrive que toutes les places soient occupées alors la galère commence pour dénicher une place pour stationner son véhicule. On vous conseille de longer le grand parc et de tenter sa chance dans les petites rues à proximité. On se dirige vers l'église Sant Feliu, et le fleuve l'Onyar. De chaque côté du fleuve, il y a un ensemble immobilier où les couleurs vives sont mélangées. Il se dégage de ce tableau le sentiment d'un tableau d'un autre âge. On observe ici et là du linge aux fenêtres, des rénovations au milieu de logements vétustes. L'alignement de ces grandes maisons dégage une atmosphère très particulière. La place de l'Indépendance est située à proximité du fleuve dans le centre-ville dans le quartier de Barri del Mercadal. Ce lieu est très fréquenté par les catalans et les touristes. Le nom de cette place fait référence à la guerre d'indépendance espagnole contre la France lors de l'épopée napoléonienne qui se termine en 1814 par la reconquête de la Catalogne espagnole par les troupes anglaises, portugaises et espagnoles. Cette place est bordée d'un ensemble immobilier de qualité. Il y a une unité architecturale remarquable à visiter. Lors de notre reportage, après avoir découvert ce lieu, nous sommes retournés vers le fleuve pour utiliser une passerelle pour partir à la découverte de la vieille cité. On remarque un nombre important de cadenas d'amour attachés aux barreaux. Les amoureux ont voulu immortaliser leur rencontre amoureuse. Eglise Saint Felius Cathédrale Sainte Marie Gérone Eglise Saint Felius On grimpe une petite montée pour arriver vers l'église Sant Felius. Sous le soleil, elle est resplendissante. On continue notre marche vers le monastère de San Père de Galligants. La vieille cité est remarquablement restaurée. On parcourt les quelques rues vers les anciens murs de l'enceinte fortifiée. Nous avons un bâti du Moyen-Age. On s'engage vers un petit parc qui longe un mur du rempart. Cet endroit est idéal pour observer l'horizon de la vieille cité. On peut aussi se reposer à l'ombre lors des grandes chaleurs de l'été. On est privilégié d'observer ce patrimoine dans ce lieu paisible. L'église Sant Feliu a été bâtie au XIIe siècle sur les fondations de l'église primaire. Le martyr Sant Feliu a été persécuté pour sa foi chrétienne au temps de l'Empereur Dioclétien. Après sa mort, une petite église paléochrétienne est construite la tombe de Saint Félix l'Africain. En 2011, le Pape Benoît XVI a élevé cette église au rang de basilique mineure. Au niveau du style architectural, sa construction s'est étalée dans le temps. Ainsi, il y a du style Roman, Gothique et Baroque. Les anciennes peintures ne sont pas restaurées pour conserver l'authenticité de l'époque. On remarque quelques sarcophages romains et le tombeau de Saint Narcisse à l'intérieur. Au IVe siècle, l'Evêque Narcisse est tué en martyr pour défendre la foi chrétienne à Gérone. Au niveau architectural, on remarque une nef gothique d'une portée exceptionnelle d'environ 23 m de largeur. Cet élément de construction est remarquable, car il est le deuxième au monde après la basilique de Saint Pierre de Rome en Italie. L'Université de Gérone est rattachée à l'Université Autonome de Barcelone depuis sa réouverture en 1992. En 1717 le Roi Philippe V ferme l'Université de Gérone. Il y a un campus universitaire installé dans la vieille cité. L'ancien couvent Sant Domenec a été restauré pour servir de lieu d'accueil à l'Université de Gérone. A l'intérieur, il y a des décoration de style baroque. Sur la place les habitations sont de style Renaissance. Cathédrale Sainte Marie La cathédrale Sainte Marie fut construite sur les ruines d'une église qui fut un temps une mosquée au cours de la période islamique de l'Espagne. En 1015, l'Evêque décide de vendre le monastère Saint Daniel pour obtenir les fonds pour financer le projet d'une nouvelle église avec son cloître. Au niveau architectural, le style est roman. Le projet se termine vers 1064 et le clocher en 1117. Vers 1400, il est entrepris des importants travaux architecturaux pour agrandir l'édifice religieux avec une grande nef de style gothique. Son élévation est de 35 mètres et sa largeur est d'environ 23 m ce qui en fait la 2eme plus large au monde après la Basilique Saint Pierre de Rome. La cathédrale est bâtie sur la partie haute de la ville. Le fidèle doit emprunter un escalier monumental de 93 marches qui débouche sur l'esplanade de la place de la cathédrale. La façade de style baroque est impressionnante. Elle est composée d'un retable symétrique avec de chaque côté de la porte la sculpture de Saint Pierre et de Saint Paul. Au 1er étage, Saint Joseph, Saint Jaume et la Vierge au centre, au 2e étage, Saint Jean et Saint Narcis et au centre le Saint patron de la cité. L'ensemble architectural est de grande qualité, il y a une unité des éléments de construction sur la place des apôtres. En général, en Espagne on doit payer un droit d'entrée pour visiter une église. Après cette formalité, on pénètre dans l'enceinte religieuse qui permet d'accéder à la cathédrale mais aussi au croître et au musée du Trésor. L'édifice est sobre, il y a plusieurs chapelles et le célèbre siège épiscopal de marbre blanc de Pyrénées, appelé la chaise de Charlemagne. Il est placé derrière la maître-autel. Le cloître roman est très conservé. On remarque une riche décoration sur les chapiteaux et sur les murs. Les scènes sculptées représentent des moments forts de l'Ancien et du Nouveau Testament. La richesse de la décoration dépendait de l'ordre religieux. Ici nous sommes dans un ordre où l'illustration des scènes des évangiles est favorisée. Ce cloître est un lieu reposant. Il permet la méditation à l'abri de l'agitation du monde extérieur. On aperçoit la Tour Charlemagne qui est en réalité l'une des anciennes tours de la cathédrale romaine. Le musée du Trésor de la cathédrale de Gérone est constitué de la Tapisserie de la création de XIIe siècle, cette pièce médiévale est très rare. L'auteur a représenté la création comme un cercle où le Christ est au centre et les différentes scènes de la Genèse sont illustrées et de plusieurs pièces de valeur comme les manuscrits enluminés inspirés de l'époque carolingienne. Horaires Avril à Octobre de 10h à 20h Novembre à Mars de 10h à 19h La visite comprend la cathédrale & le Cloître & le Trésor Tarifs adulte 7 €, enfant de 7 à 16 ans 1,20 € Gérone En descendant vers le fleuve, on se dirige vers l'ancien quartier juif où la communauté juive s'était implantée. En 1492, un décret d'expulsion des juifs d'Espagne est édité. Ce quartier est resté médiéval. Il est l'un des plus importants d'Europe. On est revenu vers le centre-ville en utilisant une passerelle. A Gérone, il y a une institution de la gastronomie mondiale comme à Lyon avec le chef Paul Bocuse. Les trois frères Roca Joan le Chef, Josep et Jordi ont créé le restaurant "El Cellier de Can Roca" en 1986. Celui-ci a depuis 2009 3 étoiles au Guide Rouge de Michelin et la distinction d'être nommé le meilleur restaurant au monde en 2013 et 2015 par le magazine anglais "Restaurant" lors du classement des "50 Best". La renommée de cet établissement a attiré tous les Amateurs du monde entier. En conséquence, il faut réserver presque 1 an à l'avance pour avoir une table. Les trois frères ont ouvert deux autres établissements Can Roca carretera de Taialà et Rocambolesc Gelateria Santa Clara. Ouvert du mardi au samedi et fermé du 1 août au 14 septembre En Catalogne espagnole, la Costa Brava est un lieu très prisé des touristes européens. Elle s'étend de la frontière française de Portbou sur 160 kilomètres le long de la mer Méditerranée. Il reste quelques villages côtiers qui ont conserver leur patrimoine comme Cadaqués où Salvador Dali a milité pour préserver ce joyau espagnol sur le cap de Creus. Salvador Dali habitait à proximité de Cadaqués à Portlligat où sa maison se visite. Le peintre aimait se promener le long des sentiers vers la pointe pour observer la mer et les pêcheurs. l Cadaqués Les montagnes environnantes de Cadaqués ont isolé ce petit port situé sur la côte du Cap de Creus. Ce fait a permis à ce port de pêche de préserver son patrimoine architectural. Aujourd'hui, le tourisme s'est développé dans ce village pittoresque. Il est l'un des plus visités du nord de la Costa Brava. Le problème de ce village est le stationnement de la voiture. Il y a un parking payant à l'entrée du centre-ville. Sa capacité n'est pas énorme mais les tarifs élevés limitent la durée des visiteurs sur place. Le personnel n'est pas aimable. Une fois le véhicule stationné, on se dirige vers l'église. On grimpe dans les ruelles et l'on découvre le charme de ce village. Centre-ville Les ruelles sont pavés de manière grossière. Il faut faire attention à sa marche. En déambulant vers l'église Santa Maria de Cadaqués, on découvre des alignements de maisons blanches très fleuries à travers un dédale de ruelles. Parfois, il faut faire un petit effort physique pour grimper les marches. En début de matinée, les ruelles sont assez désertes. Le touriste a le temps de profiter de cette ambiance espagnole dans son cadre de vie. Il y a la ruelle aux chats. Les chats sont chez eux, ils paressent au soleil sur le rebord d'une fenêtre. Dans une ruelle, on remarque un certain effort artistique pour décorer les boîtes aux lettres. Elle sont peintent. M Eglise Santa Maria Sur le petit parvis de l'église, on a une vue panoramique très intéressante sur la baie et l'ancien village. L'église Santa Maria de Cadaqués est un vrai joyau à découvrir. Son retable est dédié à Notre Dame de l'Espérance, il est de style baroque XVII e siècle. L'édifie religieux a été bâti entre le XVIe et le XVIIe siècle. Les chapelles latérales sont plus récentes, elles sont du XVIIIe et XIXe siècle. La thématique religieuse est développée entre le retable et les chapelles avec un ensemble de sculptures et de dorures. L'ensemble invite à la méditation. Un homme espagnol âgé tentait d'expliquer aux touristes l'utilité de mettre quelques euros pour illuminer le retable. Effectivement le spectacle est grandiose. Port-Plages Après la visite de l'église, on se dirige vers le port. On arrive sur la rue qui borde la baie. On aperçoit des petites plages ici et là, on remarque que l'eau est limpide. On voit des oursins auprès du rivage. La vie est animée avec les touristes de passage et les vacanciers. On peut louer des embarcations pour quelques heures ou pour la journée. Il faut compter de 350 € à 550 € pour une petite sortie en mer. Il y a plusieurs plages réparties le long de la baie. Entre la "maison bleue" et la statue du peintre Dali il y a des accès pour des petites plages très prisées. Le port de plaisance n'accueille pas de bateaux de gros tonnage. Il est proposé aux touristes des visites de la baie et ainsi découvrir ce lieu de la mer. j La Casa Serinyana La Casa Serinyana ou "la Maison bleue" a été construite lors du retour de la famille Serinyana vers 1910 de Cuba. Elle s'était enrichie en Amérique Centrale. La construction est confiée à Salvador Sallés i Baro. Elle est batie entre 1913 et 1915. Les immigrés revenus au pays après avoir fait fortune ont bâti leurs résidences le long de la promenade maritime. Le style architecturale est d'inspiration cubaine. On peut observer le choix des couleurs vives et le souci d'utiliser la céramique, le fer, la fonte, ... de manière très travaillée. Le dessous du balcon est carrelé, .... Il y a une passerelle qui relie la maison à la terrasse. La résidence est composée d'une maison de 3 étages et d'un grenier. La céramique utilisée est de tonalité bleue. Les Catalans l'ont surnommé la Casa Blaua. m M Vue Artistique Les peintres comme Salvador Dali, Pablo Picasso, René Magritte, Marcel Duchamp, .... ont séjourné à Cadaqués. La lumière de la Costa Brava est unique à Cadaqués. Le patrimoine préservé avec cette lumière permet de faire ressentir des émotions. Les peintres sont très sensibles à cette atmosphère de ce village. Il n'est pas rare de voire un peintre esquisser un tableau au bord de la promenade maritime. m m m m l l l l l La Côte Vendéenne est appelée "la Côte de Lumière" pour son ensoleillement. Il est comparable à la côte basque française. On vient aux Sables d'Olonne pour la qualité de ses plages immenses et un ensoleillement certain sur la période du mois de mai à septembre. Depuis presque 20 ans, les acteurs économiques, politiques et l'Etat oeuvrent à développer un tourisme culturel et environnemental afin de proposer une alternative aux estivants si les conditions météorologiques sont moroses. La mise en valeur de l'Histoire de la Vendée est illustrée par l'initiative des Bénévoles du Puy du Fou. Les efforts des uns et des autres ont permis aujourd'hui de proposer différentes activités liées à la nature plages, découvertes des milieux naturels. , mais aussi culturel. Cependant, l'Histoire et l'Avenir de ce territoire sont tournés vers l'Océan. Cette illustration est incarnée à travers la mythique course "le Vendée Globe" qui a lieu tous les 4 ans en novembre. Chaque année environ 3 millions de touristes viennent en Vendée. La douceur de son climat attire les touristes français, mais aussi anglais et européens. En période estivale, en matinée il fait environ 13° et en après-midi, nous avons 25°. Le vent de l'Océan Atlantique peut être assez présent en fonction des années. La côte vendéenne s'étend sur 250 km avec des plages en sable fin sur plus de la moitié du littoral. Pour les amoureux de la randonnée pédestre, il y a le long du littoral le GR8. Celui-ci s'étend sur 126 km entre Bouin et Les Sables-d'Olonne. Le tracé de ce parcours permet de découvrir à son rythme la nature, mais aussi les activités liées à la pêche, à l'huître... En Vendée, il y a trois marais Le Marais Breton au Nord, à l'Ouest, le Marais l'Olonne et au Sud - Est, le Marais Poitevin. Le Marais Poitevin accueille chaque année environ visiteurs. Le village de Coulon, appelé "la Venise verte" est devenu un lieu incontournable des tours opérateurs. Ainsi, les cars déposent les touristes pour une rapide visite du lieu. On est loin de la découverte d'un sanctuaire naturel. Il est impératif d'éviter la cohue des hordes de touristes pour apprécier ces lieux. Aux heures de pointe, il y a des embarcations qui se suivent à la queue leu - leu. On est loin de la découverte d'un milieu naturel avec une certaine intimité pour éviter de bouleverser les habitudes de la faune locale. Il est important d'avoir un guide local dans l'embarcation, c'est lui qui va vous faire vivre la réalité de ce milieu. Au gré de vos rencontres, il saura vous prévenir ici et là et vous commentez les habitudes de la faune spécifique aux Marais. Un bref rappel historique, la Vendée a toujours été le théâtre de velléité entre le pouvoir central incarné par le Roi de France puis à la République par la Constituante avec la confiscation des biens du clergé. César avec ses légions avait un pacte avec les Pictons avant la défaite à Alésia de Vercingétorix, ... Louis XIII vient combattre le prince Rohan Soubise à la bataille de l'île de Rié, à la Révolution, le soulèvement populaire va créer le fameux mouvement de la Vendée militaire. Une armée catholique et royale va combattre et embrasser cette région. Des massacres ont lieu de chaque côté, la République met fin à la révolte en 1796. Le nouveau Consul de France, Bonaparte, va désigner La Roche sur Yon comme le nouveau Chef-lieu de cette région. Il va détacher des régiments sur place pour assurer l'ordre public. En 1978, Philippe De Villiers aidé par Jean Saint Bris, spécialiste des spectacles son et lumière, vont mobiliser des Bénévoles pour monter un 1er spectacle. L'idée est de parcourir la période du Moyen Âge à la Seconde Guerre Mondiale où l'on va monter au public l'unité identitaire d'une région par rapport aux évènements historiques européens. Devant le succès populaire et les attentes du public, il a été décidé d'ouvrir un parc de loisirs en 1989. Depuis, l'aventure continue, le Grand Parc s'étend sur 50 hectares. La difficulté d'un parc de loisirs est l'obligation de maintenir et développer sa fréquentation. Ce résultat est obtenu si les principales animations sont renouvelées régulièrement. Le Grand Parc s'est engagé dans cette voie en médiatisant la sortie des nouvelles attractions. En 2014, la nouveauté est apportée par le thème de la Renaissance. Le grand spectacle de son et lumière mobilise plusieurs milliers de Bénévoles pour jouer, confectionner, encadrer... sur plusieurs mois de l'année. Il y a les répétitions des nouvelles scènes... le spectacle a lieu sur une superficie de 23 hectares. La tribune panoramique a une capacité de places. Chaque année, il est représenté 28 représentations d'une durée 1h40 au cours de la période de juin à septembre ouverture le samedi 7 juin, samedi 14 juin puis vendredi & samedi jusqu'au we de fermeture du 12&13 septembre. Au niveau des horaires, le spectacle commence à 22h30 en juin & juillet et 22h00 en août & septembre. Il est vivement recommandé d'arriver 1h avant pour s’asseoir à sa place. Au niveau des précautions, il est recommandé de prévoir des vêtements chauds et des couvertures... lorsque la nuit est tombée, la température baisse vraiment. Dans ce genre de spectacle à ciel ouvert, la hantise des organisateurs c'est la pluie, elle rebute les touristes à venir. La Rochelle est connue dans l'Histoire de France par le siège du Cardinal Richelieu. Après la reddition de la cité, l'ordre a été donné de raser l'enceinte médiévale, aujourd'hui, il reste quelques vestiges comme la Tour Saint-Nicolas, celle de la Chaîne et de la Lanterne. Aujourd'hui, ce port maritime a relancé le secteur de la pêche et des lignes maritimes. Depuis les années 70, l'environnement et la qualité du cadre de vie sont intégrés dans le développement urbain de la ville. Sur le port, on peut apercevoir la Porte de la Grosse Horloge. En 1985, Jean Louis Foulquier lance la 1ère édition de son festival avec l'idée de développer la chanson francophone et l'usage du français dans le monde de la musique. Aujourd'hui, cette idée s'est amplifiée et elle a conquis un public de plus en plus nombreux + personnes. Ce festival s'est exporté au Québec, en Belgique, en Amérique du Sud et en septembre 2014, en Afrique. En France, en 2014, le Festival des Francofolies a lieu du 10 au 14 juillet. L'Aquarium de La Rochelle a été créé en 1988, il est situé à proximité du Vieux Port. Aujourd'hui sa superficie est d'environ m², il présente 600 espèces différentes du monde aquatique dans 75 aquariums. Sa fréquentation de + visiteurs par an fait de cet aquarium, le plus visité de France. Depuis plusieurs décennies, les îles sont à la mode. Le besoin de se retrouver dans un espace limité où l'on retrouve les gestes ancestraux comme se déplacer à vélo, ... où la nécessité de prendre sa voiture est absente, de vivre à un rythme en phase avec la nature, .... L'île de Ré répond à ces critères avec en plus un climat tempéré grâce au passage du courant marin du Guf Stream. Son succès est grandissant ce qui a conduit à la relier à la côte par un pont en l'automobiliste règle une écotaxe en fonction de la période de l'année de 8 € à 40 €. L'immobilier local est possédé à + 50 % par des propriétaires français en grande majorité par des Franciliens. Depuis 2013, il ne peut plus se construire de nouvelle installation de tourisme sur l'île. La fréquentation de l'île est assurée par propriétaires des résidences secondaires et par les touristes français. Le mode d'hébergement le plus utilisé est la chambre d'hôtes pratiquée par 70 structures dont Clévacances et Gîtes de France. Le mois de mai est très prisé. A+ Les Sables d'Olonne Ile de Noirmoutier Le Marais Poitevin La Rochelle L'Aquarium La Roche sur Yon Le Limousin Les Sables d'Olonne La cité des Sables d'Olonne est située au bord de l'Océan Atlantique. Il existe une certaine activité de pêche artisanale et en saison estivale, le port de plaisance est très fréquenté. La mythique course nautique " le Vendée Globe" est lancée au large de la ville. La 9e édition sera lancée le dimanche 8 novembre 2020 à 13h si les conditions météorologiques le permettent. Cette course en solitaire sans escale et sans assistance du tour du monde à la voile reste un exploit personnel du marin, mais la préparation du bateau de course a exigé un budget important et une équipe solidaire. A chaque édition, il y a des navigateurs qui ne peuvent pas s'embarquer dans cette aventure humaine faute d'avoir obtenu le financement du projet global. Cette édition 2020-2021 va aligner 34 concurrents engagés dans ce challenge sur une période d'environ 3 mois en mer afin de parcourir les milles soit + km par tous les temps. Les abandons sont nombreux au cours de ce périple. L'exploit est peut-être au bout avec un record avec - 80 jours. La direction course a limité à 163 jours le délai pour terminer la course. L'évènement attire + visiteurs sur le village du Vendée Globe et sur les pontons. Les murs peints ont été lancés à Lyon dans les années 1980 avec le mur des canuts à la Croix rousse. Cette pratique s'est exportée en France et à l'international. Aux Sables d'Olonne, il y a un petit clin d’œil au fameux sketch de Coluche le Schmilblick. En 2014, les tempêtes ont dévasté une grande partie du littoral de l'Océan Atlantique. Les communes se sont mobilisées avec des gros moyens pour présenter aux touristes un paysage agréable de détente. Ce reportage a été réalisé au cours de la semaine 31 où le soleil a été présent, en moyenne la température était de 26 ° l'après-midi avec un beau soleil. L'accès aux plages des Sables-d'Olonne est recommandé en prenant le contournement pour éviter les embouteillages du centre-ville. Au Sud, vous avec des plages de sable fin, au Nord, vous avez une côte avec des falaises et des petites criques. Si vous voulez bronzer sur la plage, il est important de s'informer sur les horaires des marées basses. Le long du littoral, il y a une alternance entre des petites plages et des endroits rocheux. La signalétique rappelle aux personnes le risque de chute sur une côte fragilisée par les intempéries. Le long du littoral vendéen, il y a le sentier du GR8 qui s'étend sur 221 km. On peut se promener à pied ou à vélo. Il y a des aménagements prévus pour stationner les vélos à proximité de certaines plages. Des espaces de nature sont protégés pour permettre à la végétation de se développer dans son environnement naturel. Vers la Baie de Cayola, il y a un endroit charmant où l'on traverse une petite pinède pour accéder à un parcours qui vous conduit à la Baie. On découvre une végétation adaptée au lieu. On arrive à la Baie de Cayola où l'on voit au loin des villas. L'endroit est assez désertique. Au Nord des Sables-d'Olonne, vous avez une forêt jusqu'à Brem sur Mer. Puis jusqu'à Saint Hilaire de Riez , le paysage côtier est composé de falaises et de petites criques. À marée basse, des plages de sable apparaissent. Le sentier permet de longer la côte. Ainsi, on peut admirer les différents paysages offerts par cet itinéraire de randonnée. A la tombée de la nuit, il y a des magnifiques instants de coucher de soleil à admirer. Devant immensité de l'Océan, les reliefs du soleil sur les vagues sont un tableau vivant en recomposition permanente. Ce tableau éphémère qu'offre la Nature mérite le détour. A+ Ile de Noirmoutier Ile de Noirmoutier est reliée à un pont gratuit depuis 1971. Au niveau de ses dimensions, "Ile aux Mimosas" fait environ 18 km de longueur avec une largeur la plus étroite de 500 mètres. Sa position géographique lui permet de profiter des douceurs du Gulf stream. La traversée du Gois est une voie ancestrale qui relie le continent à l'île depuis le XVIIIe siècle. Elle a la particularité d'être une route submersible. En fonction de la marée, la traversée est possible ou impossible. Il est impératif de s'informer de l'heure de la marée basse pour s'aventurer sur le passage. En général, il est conseillé de prendre la route de 4,2 km entre 1h30 avant et 1h30 après l'heure de la basse mer. Sur l'île, il y a des petits coins de paradis à découvrir comme ses petites plages où l'on peut contempler sur l'océan les différentes manœuvres nautiques des voiliers. Au mois de mai, la végétation est en fleur. On peut apprécier les beaux "tableaux" offerts par dame Nature. L'activité ancestrale remonte aux moines Bénédictins installés vers le V siècle sur l'île. Ces moines ont réalisé les travaux nécessaires pour organiser le drainage des marais. Aujourd’hui, cette activité emploie environ 100 sauniers à l'extraction des tonnes/an du sel. Les amoureux de la Nature devront se diriger vers le Polder de Sébastopol à l'entrée de l'île à Barbâtre où il y a la Réserve Naturelle Régionale de 132 hectares. Les milliers d'oiseaux avec les 210 espèces comme les mouettes et goélands, les sternes, ... et la flore spécifique avec des espèces adaptées au milieu salant a su se développer. L'île aux Papillons est un lieu où l'on s'émerveille devant le spectacle de plusieurs milliers de papillons dans la grande serre tropicale maintenue à 26 °. Un univers a été reconstitué pour offrir aux papillons les conditions naturelles de leurs milieux d'origine Guyane, Kenya, Madagascar, Costa Rica, .... Le visiteur découvre la plus grande serre à papillons de France. Le milieu exotique contribue au bien-être des papillons. La diversité des espèces de papillons présente dans ce lieu permet d'observer l'évolution de ses insectes et les particularités par rapport à nos papillons de nos jardins. L'espace dédié à la "nurserie" contribue à observer le cycle naturel de la reproduction. La chrysalide est l'étape qui précède l'apparition du papillon. Les enfants et les adultes sont émerveillés lors de l'apparition des papillons. Ici et là, il y a des endroits où les papillons peuvent venir manger. Si l'on est patient, le visiteur peut faire de superbes photographies. Île aux Papillons Zone d’activités des Mandeliers 5, rue de la Fassonnière 85680 La Guérinière île de Noirmoutier Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires avril & mai du Lundi au vendredi de 14h à 19h, week-end & jours fériés de 10h30 à 19h; juin & juillet & août tous les jours de 10h à 19h30; septembre tous les jours de 14h à 19h Tarifs adulte 8,90 €, jeune de 3 à 11 ans 6,60 €, enfant - 3 ans gratuit Le Marais Poitevin Au Moyen Âge, des travaux d'assèchements sont entrepris par les différentes abbayes de Maillezais, Saint Maixent, Saint Michel en l'Herm, ... et le monastère de Luçon pour exploiter les terres données par les seigneurs. Les premiers endiguements de marais desséchés sont réalisés entre le Xe et le XIe siècle. En 1200, le canal du Clain est percé. En 1217, le canal des Cinq Abbés est réalisé pour assécher des nouvelles terres situées dans les marais de Langon et de Vouillé. Ce type de travaux va continuer sur plusieurs siècles pour organiser une surface comprise entre la côte atlantique vers La Tranche sur Mer et Niort, soit environ hectares. Aujourd'hui, le Marais Poitevin est quadrillé par un ensemble de canaux de différentes largeurs entre les terres asséchées marais desséché qui ne sont pas inondables et les terres inondables marais mouillé. Cette construction humaine est basée sur le principe du polder. Entre 1979 et 1996, il a existé le Parc naturel régional du Marais Poitevin , du Val de Sèvre et de Vendée. Cependant, au cours de cette période l'exploitation agricole de cet espace a nui à l'écosystème. En conséquence, le label a été retiré. Après plusieurs années à négocier une nouvelle charte d'engagement pour préserver ce milieu naturel, en mai 2014, le label parc naturel régional a été décerné. La deuxième zone humide de France après la Camargue propose plus de kilomètres de voies d'eau. La médiatisation du Marais Poitevin a développé une forte activité touristique du marais à travers les balades en barque pour découvrir ce milieu humide. Au niveau de la circulation sur les canaux, il y a des panneaux indicateurs où sont indiqués les noms des canaux. Si vous avez une carte géographique avec les noms des canaux, vous pouvez naviguer en vous orientant dans les marais. Notre visite a eu lieu le 31 juillet 2014 sous une belle journée ensoleillée. Nous avons choisi le village de Magné situé à proximité de Coulon. A la sortie du village, il y a l'Embarcadère Cardinaud qui affiche le label "Embarcadère Qualité Marais Poitevin". Cette information nous guide pour sélectionner cette entreprise pour découvrir ce milieu. On nous propose plusieurs formules la promenade classique une barque collective, la promenade tradition une visite individualisée avec un guide, la visite liberté location d'une barque avec une carte, .... et le passeport découverte une promenade guidée d'une durée de 1h30 et une autre activité. On choisit la formule du passeport découverte pour enchaîner sur la visite du Parc Ornithologique situé à quelques kilomètres. On s'informe de l'heure des prochains départs, on doit embarquer à 13h45. Après une petite balade le long d'un canal à la découverte de cet environnement, on revient pique-niquer en cherchant de l'ombre. Après notre déjeuner, on guette les départs pour s'installer dans les premiers dans la barque. Notre guide nous fait installer dans la barque collective. Nous sommes environ 10 personnes. Les premiers coups de "pigouille" nous éloignent de la berge. On commence à découvrir la végétation propre à ce milieu. Notre guide nous indique que les différentes sociétés d'embarcadère ont chacun une zone précise de navigation. Ce partage évite les accidents de navigation et les attentes pour naviguer sur les petits canaux et passer les ponts. Notre guide est peu loquace malgré une grosse attente des personnes embarquées. Il faut toujours le questionner pour obtenir des informations. Au départ, il a indiqué des informations basiques sur ce milieu sur la présence des peupliers dans les marais mouillés ainsi que le taillage des frênes en têtard. Il nous précise que sur certaines parcelles il y a des vaches, ... et il évoque la présence du ragondin et de ses ravages sur les berges. Il indique aussi que la hauteur d'inondation est grimpée jusqu'à 1,20 ce qui est inhabituel dans le marais poitevin. Tout le monde est à l'affût pour découvrir la faune du Marais Poitevin. On a la chance de voir un vol et une personne indique au groupe la présence d'un ragondin. Le guide n'a pas ralenti et il n'a pas voulu revenir un peu en arrière pour observer ce castor des marais !!! On aperçoit des aménagements pour les sociétés d'embarcadère qui proposent des formules avec le pique-nique au milieu du marais. Sur le retour, on passe au coeur du village où il y a la Maison du Marais Poitevin. On est impressionné par le nombre de barques vides. En résumé, nous sommes déçus par le commentaire de la visite guidée. Au niveau de la faune, nous avons assisté à un vol et nous sommes passés à côté du ragondin, heureusement, il y a la végétation du marais aux bords des canaux qui parfois propose des vrais moments d'émotion. Si on devait recommencer la visite, on opterait pour la visite liberté sans guide !!! Embarcadère Cardinaud av. de la Repentie 79460 Magné Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires ouvert toute l'année Tarifs barque collective durée 1h30 adulte 12,50 € enfant de 5 à 11 ans 9,50 € Par contre, la visite du Parc Ornithologique "Les oiseaux du Marais Poitevin" à Saint-Hilaire la Palud a été une belle découverte. Les spécialistes peuvent observer + 250 espèces d'oiseaux dans les Marais lors des migrations. Le parc privé de 8 hectares présente environ 70 espèces qui vivent dans les Marais avec une reconstitution des milieux humides. On commence la visite par le poulailler .... On se promène dans le parc en suivant les sentiers. On découvre ici et là des oiseaux, mais aussi des plantes, des arbres. Il y a des fiches d'information pour expliquer de manière pédagogique chaque espèce d'oiseaux et quelques plantes. Il y a quelques abris d'observation pour mieux apercevoir et étudier les espèces d'oiseaux présentés. On apprécie une certaine alternance entre la présentation des oiseaux et de la végétation du marais poitevin. En résumé, cette promenade dure environ 1h30. Elle a le mérite de présenter la migration des différentes espèces d'oiseaux dans les zones humides du Marais Poitevin et de redécouvrir certaines plantes. Le Parc Ornithologique Les Oiseaux du Marais Poitevin Le Petit Buisson 79210 Saint Hilaire La Palud tél Horaires Pâques au 15 septembre de 10 h à 19h30; au-delà de cette période de 14h30 à 19h Tarifs adulte 9 €, enfant 3 à 11 ans 6 €, Famille 2 adultes + 2 enfants 28 € Visite du parc + ballade en barque d'une durée 1h30 .. à partir de 24 €/per. sur la base de 2 adultes En Charente-Maritime, il a été créé 14 Pôles Nature dans des sites naturels protégés comme le Pôle Nature du Marais Poitevin à Tangon. Antonio MENDES DA PAULA La Rochelle Dans les anciens manuels d'histoire de France, le tableau du siège de La Rochelle par le Cardinal Richelieu en 1628 est connu de tous les écoliers. On découvre une ville portuaire protégée de l'Océan Atlantique par l'Île de Ré et l'ïle d'Oléron. Au XVIe siècle, la ville est devenue un haut lieu du protestantisme en France. Le siège du cardinal Richelieu avec la construction d'une digue de 1,5 km pour éviter à la flotte anglaise de débarquer sur le sol français, a été le moyen efficace pour soumettre la ville à l'autorité royale de Louis XIII. Au niveau architectural, la ville a conservé une partie des bâtiments défensifs édifiés au Moyen Âge pour protéger la cité. Cependant, lors de la soumission au Roi Louis XIII, le cardinal Richelieu fit raser l'enceinte médiévale du XIVe siècle. Aujourd'hui, on découvre à l'entrée du vieux port la Tour de la Chaîne et la Tour Saint-Nicolas. Cet ensemble permettait d'interdire l'accès au port. L'activité portuaire vers le Canada et la Louisiane a assuré à la ville une certaine prospérité économique. Au loin, on aperçoit la Tour de la Lanterne construite à partir de 1209. Elle est située dans le chenal d'entrée au vieux port. Le Vieux-Port est vraiment un lieu de vie. Toute l'année, il y a une activité autour du bassin. Les restaurants, les échoppes.... attirent les touristes et les Rochelais. La Porte de la Grosse Horloge permet de se diriger vers un quartier commerçant actif où l'on trouve un supermarché, des boutiques .... On peut flâner dans les petites rues en direction du Marché et de l'Hôtel de Ville. On découvre une certaine unité architecturale qui donne une âme à cette ville. L'Hôtel de Ville a été classé monument historique en 1861. À la fin du mois de juillet 2013, il a brûlé. Aujourd'hui, il y a de gros travaux de rénovation pour lui rendre son aspect d'origine. Le Marché des Halles est l'un des lieux de vie du centre-ville. Le mercredi & le samedi sont les jours du "grand marché". Les marchands débordent sur toutes les rues avoisinantes pour étaler leurs marchandises. On se dirige vers le Musée des Beaux Arts. On demande à plusieurs Rochelais notre chemin, on doit reconnaître que peu de personnes connaissaient son emplacement vers la place de Verdun, rue Gargoulleau. Le Musée des Beaux Arts 28 rue Gargoulleau tél est situé dans l'ancien évêché au 2e étage de l'Hôtel de Crussol d'Uzès. Les personnes à l'accueil nous renseignement pour découvrir les différentes expositions. Lors de notre passage, il y avait une exposition sur le sujet "l'éternel féminin vu par les peintres". En 2019, le Musée est en travaux, en conséquence, l'exposition permanente est fermée au public, l'expo temporaire est visible jusqu'au 17 septembre. On découvre des oeuvres intéressantes, la visite complète avec les expositions temporaires dure environ 1h. On regrette l'attitude d'une " famille rochelaise" qui laissait faire ses enfants jouer dans les salles au mépris de l'intérêt du lieu et de la gêne occasionnée pour les visiteurs. l Musée des Beaux Arts 28 rue Gargoulleau 17000 La Rochelle Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires Musée fermé. Seule l'exposition temporaire " l'Algérie de Gustave Guillaumet" est visible jusqu'au 17 septembre. Tarifsadulte 6 € jeune -18 ans gratuit Le Musée du Nouveau Monde rappelle à notre mémoire collective la présence française en Amérique du Nord et en particulier au Québec. Les documents présentés sont des correspondances entre les armateurs et les aventuriers français au cours des différentes expéditions. Musée du Nouveau Monde 10 rue Fleuriau 17000 La Rochelle Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires du 16 septembre au 14 juin lun. mer. jeu. ven. 9h30-12h30 13h30-17h Sam. dim. et jours fériés 14h-18h du 15 juin au 15 septembre lun. mer. jeu. ven. 10h-12h30 13h30-18h30 Tarifs adulte 6 € jeune -18 ans gratuit Au centre-ville, il y a une petite place de stationnement autorisée située à proximité de la Tour Saint Nicolas. La ville de La Rochelle a été l'une des villes pionnières en matière d'environnement. En 1971, un périmètre de circulation piétionnière est lancé. En 1974, il est implanté un système de libre-service de vélo. Les initiatives comme la journée sans voiture, la mise en service de voitures électriques... ont contribué à développer au centre-ville la marche et le vélo comme moyen de transport. Il est proposé des embarquements vers l'île de Ré, l'île d'Aix et l'île d'Oléron. On peut ainsi embarquer à La Rochelle en fonction des marées à 8h15 et repartir à 20h15 à Saint-Martin sur l'île de Ré. L'embarquement permet d'éviter de prendre le pont de l'île de Ré. Conseil si vous êtes matinal, les premières navettes sont presque vides. On peut aussi faire une promenade en mer commentée de Fort Boyard. Au niveau des transports en commun, Yélo est le service publique opérationnel à La Rochelle. Elle gère aussi les bus des mers. En période estivale, un départ du Vieux port a lieu tous les jours de 8h30 à 23h30 avec un départ tous les 30 minutes tarif 3 € Au cours des Francofolies de la Rochelle est l'un des évènements phares de la saison estivale en France. L'édition 2019 a lieu du 10 au 14 juillet, le centre-ville est interdit à la circulation. La précédente édition avait attiré + spectateurs avec une programmation de + 140 heures de concerts avec 550 artistes et musiciens. Les services techniques de la ville font les préparatifs et le démontage des installations de la commune. En conséquence, il faut prévoir des arrêtés municipaux pour interdire certaines voies à la circulation. Les fortifications sont toujours très présentes sur le port. La perspective de cet ensemble patrimonial est exceptionnelle. En fonction de l'heure, la pierre n'a pas la même couleur. On ne se lasse pas de ce spectacle naturel, quelle que soit l'heure de la journée. Le Musée Maritime propose à la visite 3 navires France 1 navire météorologique, Angoumois et Manuel Joël chalutiers rochelais sur la flotte composée de 8 navires. Au cours de l'été, il est organisé les "Mercredis" pour les enfants. Quai Sénac de Meihan Bassin des Chalutiers La Rochelle Tél e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Au large, les installations du port Atlantique de La Rochelle qui s'étendent sur + 500 hectares. Lorsqu'on rentre par l'Océan, les marins apprécient de voir au loin se rapprocher la Tour de la Lanterne. Si vous voulez rejoindre l'île de Ré par la route, il faut empreinter le pont et régler pour une voiture 16 € pour un A/R. Les sommes collectées vont permettre le financement de travaux sur l'île de Ré. Le survol de cette région en hélicoptère pour découvrir La Rochelle et ses îles doit être un beau spectacle. La guerre spirituelle a été tumultueuse à La Rochelle au Moyen Age. Les conflits entre les catholiques et les protestants ont abouti à faire raser les églises. La royauté a réussi à imposer la religion catholique à l'époque du Cardinal Richelieu. La cathédrale Saint Louis a été édifiée à la demande du clergé cependant, le projet architectural de l'architecte du roi Jacques Gabriel n'a jamais été terminé à cause du problème du financement. L'ex Musée d'Orbigny Bernon était situé 2 rue St Côme à La Rochelle. Actuellement, ce musée est fermé depuis 2012. Ces collections ont été transférées au Musée des Beaux Arts. Le bâti est constitué d'un hôtel particulier du XIXe siècle de style Néo-Renaissance avec un jardin botanique. Vers le parc Charruyer, il y a des bâtis Charentais qui devraient bénéficier de travaux de rénovation pour mettre ce patrimoine en valeur. Au niveau du stationnement, sur la route " le Chemin du rempart", il y a des places de parking gratuites et payantes. m m L'Aquarium L'Aquarium est situé sur le Quai Louis Prunier 17002 La Rochelle tél en face du Musée Maritime, bordé par le Bassin des Chalutiers. Il y a un grand parking pour stationner, il est billet d'entrée permet d'obtenir une petite remise. Il est conseillé de réserver ses billets par internet pour éviter l'attente aux caisses. Sinon, il vaut mieux arriver tôt pour éviter une attente assez longue. L'Aquarium privé a ouvert en 1988, aujourd'hui, il est le plus visité de France avec une fréquentation d'environ visiteurs/an. Son bâtiment permet une surface d'environ m² d'exposition. Les 600 espèces sont montrées au public dans 83 aquariums de toutes les tailles. En 2016, la Galerie des Lumières a été créée pour permettre aux visiteurs d'observer le monde marin à travers une animation de plus réaliste. Cet Aquarium est à taille humaine, il est beaucoup moins grand que celui de Brest. On fait le parcours complet en 2h s’il n'y a pas une importante affluence. On commence la visite par le niveau 0 en traversant le tunnel des méduses. Après on débouche dans la zone Atlantique, puis Méditerranée et enfin Océanique. On peut prendre des photos à condition de ne pas utiliser son flash. Le spectacle des aquariums est toujours un enchantement. On découvre des espèces inconnues, on redécouvre des poissons connus.... On apprécie le souci de partager la connaissance des milieux aquatiques à travers un parcours pédagogique où des écrans informent sur telle ou telle espèce. Le public est conquis par la diversité des couleurs qui apparaît dans un grand nombre d'aquariums. Cette recomposition du cadre naturel est un vrai succès populaire. Les gens s'attardent pour étudier les moindres détails. Les régions chaudes comme les Caraïbes et l'Indo-Pacifique ont permis de découvrir des fonds marins d'une rare beauté. Le ballet des Hippocampes était très gracieux. On ressent la fragilité de ce milieu. Vers 10h, la foule commence à envahir le niveau 0 et 1. On doit commencer à patienter pour accéder à chaque aquarium. On termine la visite par l'espace de la serre tropicale. En résumé, cet aquarium est une belle découverte, il vaut mieux arriver à l'heure d'ouverture pour profiter pleinement de la beauté du spectacle. Chaque année, environ 1 million de visiteurs viennent découvrir ce lieu. Horaires; il est ouvert toute l'année, d'avril à juin 09h - 20h; de juillet & août 09h - 23h; de septembre 09h - 20h; d'octobre à mars 10h - 20h Tarifs adulte 19 €, enfant 3 à 17 ans 14 € Conseil évitez le restaurant de l'Aquarium La Roche sur Yon Après les guerres de Vendée sous la Révolution française, la ville de La Roche sur Yon est presque détruite. Le 1er Consul de la République, Bonaparte, édite le décret qui nomme La Roche sur Yon comme la nouvelle préfecture de la Vendée. Sous Napoléon, des importants travaux sont entrepris pour rebâtir la cité. À partir des années 2010, le Maire Pierre Regnault et son Conseil municipal veulent rénover la place Napoléon, la rue Clémenceau et la place de la Vendée. Ce lieu commerçant est le coeur de la cité. En 2012, les travaux sont entrepris pour aménager cet espace. Le projet est de relier les deux places par une zone piétonnière. Les places de parking sont situées autour de la place Napoléon. En juillet 2014, les travaux sont presques terminés, les commerçants du centre-ville et les vendeurs du marché ont perdu une partie de leur clientèle. En 2018, l'aménagement urbain est terminé sur la place centrale, cependant la ville est en travaux. On aperçoit l'église Saint Louis et la Statue de Napoléon. Le projet était d'aménager la place Napoléon avec de vastes espaces d'eau où il y aurait des animaux mécaniques. Le projet a bien été réalisé. On constate dans les bassins la présence des animaux mécaniques. En début de matinée, des techniciens viennent mettre en service chaque poste de commande pour permettre aux personnes de s'amuser gratuitement à les faire fonctionner. Les animaux mécaniques ont été réalisés par François Delarozière. Pour l'instant, il n'y a pas foule pour s'amuser à prendre les commandes. Voici l'un des postes de commande. Il y a plusieurs manettes qui commandent des mouvements possibles de l'animal mécanique. L'aménagement a créé un espace ludique de détente au coeur de la cité, mais il a réduit les possibilités de stationnement pour aller faire ses courses. Il y a aussi des inquiétudes sur le coût de la maintenance des animaux mécaniques. Les adultes apprécient le bain de soleil dans ce cadre de détente. A Nantes, en 2003, François Delaroziere et Pierre Orefice créent Les Machines de l’île sur le site industriel des anciens chantiers de construction navale Dubigeon dans le cadre d'un réaménagement urbain. Le site propose 3 prestations la visite de la Galerie des machines, un tour sur l'éléphant et le carrousel des mondes marins. Actuellement, ce savoir-faire est reconnu au niveau international. En France, plusieurs villes ont commandé des réalisations pour animer des parcs municipaux. La Roche sur Yon a été l'une des premières à solliciter cette entreprise pour créer son réaménagement urbain. En 2018, le Tour de France passe à la Roche sur Yon au cours de la 2eme étape "Mouilleron - Saint-Germain à La Roche-sur-Yon" soit une distance de 182,5 km. La grande boucle a été l'un des évènements phares de l'année. La mairie et les habitants se sont mobilisés pour décorer la ville et accueillir la caravane du Tour. L'Association du Chemin de Fer de la Vendée propose un voyage dans le temps. La restauration de vieilles locomotives à vapeur ou diesel et de wagons par des Bénévoles a permis de réaliser un parcours entre Mortagne sur Sèvre et les Herbiers soit 2h30 avec le passage de trois viaducs et 30 minutes d'arrêt aux Herbiers afin de faire les opérations de maintenance. Le parcours est constitué de paysage vallonné et bocager. Au cours du trajet, il est diffusé des commentaires sur l'histoire de la locomotive, du patrimoine ferroviaire et du patrimoine vendéen. En fonction de la météo, l'Association ne pas utiliser la locomotive à vapeur s'il pleut. Elle manque de puissance motrice sur les rails. Lorsque le parcours est réalisé par la locomotive à vapeur, il y a de la fumée et des poussières de charbon qui peuvent s'engouffrer dans les wagons si les fenêtres sont ouvertes. L'écoute des commentaires peut être perturbée parfois par le bruit de la locomotive. Au niveau du panorama, les talus bordent les voies de chemin de fer et une végétation parfois abondante limite la vision des paysages. Au retour, l'intérêt est moindre et parfois les touristes trouvent le temps long. Il est proposé un service de restauration dans le seul wagon derrière la locomotive. Ce service rappellera aux plus anciens l'Orient express. Les réservations sont complètes pour l'année 2019. La réservation est obligatoire pour l'année 2020. La réservation sera ouverte à partir du mercredi 16 octobre 2019 par téléphone et début du mois de novembre sur le site. Association Chemin de Fer de la Vendée 2 bis avenue de la Gare 85290 Mortagne sur Sèvre Tél Horaires du 02 juin au 29 septembre 2019 tous les dimanches; du 03 juillet au 30 août 2019 tous les mercredis et vendredis Tarifs adulte 18 €, enfant - 14 ans 11 €, Famille 2 adultes + 3 enfants 60 € Le Limousin Dans la Creuse, aux Monts de Guéret, le Labyrinthe est le résultat d'un projet Associatif pour créer des emplois aux personnes en difficulté d'insertion professionnelle. La création du Labyrinthe a germé en 1992 avec des communications sur les labyrinthes au Royaume Uni. Depuis, le projet est devenu une réalité après avoir fait face à des difficultés financières et des pertes de plants. Il est proposé diverses activités comme la découverte d'une ancienne tourbière pour observer le milieu naturel d'une zone humide. Les visiteurs peuvent se promener sur les 6 hectares du site touristique et en particulier découvrir le Labyrinthe géant où les petits et les grands doivent observer les allées pour dénicher le parcours le plus court vers la sortie. En général, il faut environ 1h ... Le Labyrinthe Géant de Guéret Route de Bourganeuf 23000 Guéret Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires tous les jours du 6 février 7 mars de 14h à 18h, du 10 mars au 9 avril les mercredi, samedi & dimanche de 14h à 18h; du 10 avril au 9 mai tous les jours de 14h à 20h; du 12 mai au 30 juin les mercredi, samedi & dimanche de 14h à 20h; du 1au 4 juillet tous les jours de 14h à 20h, du 5 au 31 août tous les jours de 10h à 20h, .... Tarifs adulte & jeune + 11 ans 7 €, enfant de 4 à 11 ans 5 € Antonio MENDES DA PAULA Plus... Cette région est très appréciée des français. La qualité de vie est reconnue. La proximité de la mer méditerranée, de la montagne avec les Pyrénées, la douceur du climat, le patrimoine culturel, ... sont les atouts qui conduisent un nombre croissant de jeunes retraités à adopter cette région. Actuellement, les prix du foncier grimpent à cause de la demande des parisiens et des de cette région va de la Camargue à l'Espagne. L'UNESCO a classé plusieurs sites la cité de Carcassonne, .... et le canal du Midi avec ses 200 km. Parmi les plus beaux villages de France, on peut citer la cité médiévale de Villefranche de Confluent, ..... La gastronomie est très présente. Cette région viticole est la plus importante de France. Elle produisait les vins de table. Aujourd'hui, un réel effort est réalisé pour produire des vins de qualité. Il ne faut oublier de mentionner les vins doux comme le Banyuls, le Byrrh, ... le muscat de Frontignan, la blanquette de Limoux. Il faut déguster les huîtres et les moules de Bouzigues, le célèbre cassoulet de Castelnaudary, ... les anchois salés de Collioure et le pélardon des Cévennes. Le passé historique est très riche. Le musée de Tautavel, centre européen de préhistoire, met en valeur les trésors du caune de l'Arago. Le 22 juillet 1971, la découverte de l'Homos erectus AV JC va marquer une étape importante dans la connaissance de l'espèce humaine. La conquête romaine conduit le général Domitius Ahenobarbus à pacifier cette région. En l'an 27, l'administration de ce territoire portera le nom de la Narbonnaise. Le développement du commerce et la logistique militaire conduisent les romains à créer deux voies principales la via Domitia et la voie d'Aquitaine. La Pax Romana ouvre une ère de prospérité à cette région. Carcassonne est la cité fortifiée qui domine l'Aude. C'est la plus grande forteresse d'Europe. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1997. Son état de conservation en fait un monument majeur à visiter si vous aimez le monde médiéval. Elle compte 52 tours et 2 enceintes concentriques sur 3 km. La nef et la voûte sont de style romane XIe et XIIe. On peut noter la présence de 22 statues gothiques et le tombeau de Pierre de Rochefort. La Basilique Saint Nazaire abrite des vitraux du XIIIe et du XIVe. On les considère comme les plus beaux du Midi de la France. En 1096, le Pape Urbain II bénie la cathédrale. En 1801, elle perd son statut de cathédrale et reçoit le titre de basilique. Il faut assister aux spectacles médiévaux au cours du mois d'août. Tous les jours au cours de la période estivale, il y a le Tournoi de Chevalerie au sein de l'enceinte. Au soir du 14 juillet à 22h30, il est tiré l'un des plus beaux feux d'artifice de France. Attention, on attend environ personnes pour cet évènement. Il faut visiter le port de plaisance sur le canal du Midi. A proximité, il y a le lac de la Cavayère où une base nautique est aménagée. Aujourd'hui, une partie des arbres sont coupés le long du Canal car il y a un ver qui se propage. La rivière La Vis a façonné au fil des millénaires le profil de la vallée dans les Causses. Le Cirque de Navacelles a été creusé dans la roche calcaire pour former une boucle. Au Moyen Age, l'Abbaye de Gellone avait entrepris des importants travaux pour mettre en culture une partie de la région. Aujourd'hui, le petit village est habité par une poignée de résistant qui a développé des activités touristiques et de restauration. Le site est classé dans le réseau des Grands sites de France. Aujourd'hui, le site est fréquenté par les marcheurs pour réaliser des randonnées pédestres et les cyclistes. Le lieu est favorable à la méditation. Collioure est village pittoresque qui est devenue l'une des stations d'été les plus prisées de la région. Sa situation géographique près de la frontière espagnole et au bord de la Méditerranée explique l'engouement . Il faut déguster l'anchois salé de Collioure. Sa méthode de salage n'a pas variée depuis plus d'un siècle. Vous trouverez cet anchois dans la cuisine catalane. La mer est très présente ..... au large, les bateaux mouillent pour partager les plaisirs nautiques avec les touristes ... En 1910, le peintre Matisse est séduit par la lumière de ce petit port catalan. Il fait partager cet engouement à Derain, Braque, Dufy, .... et Picasso. Aujourd'hui, vous pouvez visiter le chemin du Fauvisme. Il est très agréable de flâner à travers les rues du quartier du Mouré et de découvrir les vestiges d'un passé comme l'église fortifiée ou le château royal. Si vous aimez la peinture moderne, il faut visiter le village de Céret. Le musée d'Art moderne expose les oeuvres d'Henri Matisse, Joan Miro, Pablo Picasso, .... Perpignan est la capitale du Roussillon. Elle est fière de son appartenance à la Catalane. L'histoire entre le royaume de France et le royaume d'Aragon s'est écrit au gré des situations politiques et économiques. Le palais des rois de Majorque où l'ancienne cours des rois d'Aragon résidait, est le cadre des manifestations culturelles de la ville. Les vieilles rues sont très agréables avec des boutiques où l'on peut faire des affaires. Il y a une pharmacie où l'on déniche des produits de parapharmacie à des prix cassés, on peut citer aussi une boutique de vêtements féminins à prix très compétitifs. Depuis 8 ans, chaque jeudi du 11 juillet au 22 août les anciennes rues s'animent au gré des groupes musicaux et groupes de rues. Une petite anecdote vécue par notre équipe de rédaction. Lors de notre séjour à Perpignan, nous avons été le témoin d'une pratique pour le moins étonnante ...... une entreprise de travaux publics passe le dimanche soir très tardivement et installe quelques panneaux indiquant l'interdiction de stationner sans mentionner à quelle date ... le lundi à 8h00 ... le responsable du chantier avec l'appui d'un représentant de la force publique fait enlever les véhicules par la fourrière !!! En 1090, le village est fondé par Guillaume Raymond de Cerdagne. Après son rattachement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées, le roi mandate Vauban pour fortifier la ville. La vallée de la Têt a obtenu le label Pays d'Art et d'histoire. Vous ne regretterez pas de parcourir cette vallée qui s'enfonce dans les Pyrénées. L'enceinte fortifiée est dans un état parfait de conservation. Attention, le chemin de ronde est particulièrement long mais il est rafraîchissant par grosse chaleur. En revenant sur Perpignan, il faut découvrir les Orgues d'Ille sur Tet. Vous allez contempler l'érosion du temps sur la nature. Ce site remarquable illustre le travail de + 5 millions d'années sur la roche. L'esprit catalan est très présent dans cette région et en Espagne. Le col du Perthus est très visité par les touristes français et étrangers. Le sport favori est le shopping. La frontière espagnole est un lieu propice pour réaliser des affaires sur les alcools, le tabac, la parfumerie, ...... le carburant est moins cher, cependant, il faut rester vigilant sur les prix pratiqués. Il est indispensable de comparer des produits comparables pour mesurer le gain potentiel. Attention, les écarts entre les prix pratiqués de France et les prix pratiqués en Espagne sont en train de fortement diminués. La cité de Sète est située dans l'Hérault. La construction de son port commence sous le règne de Louis XIV. Aujourd'hui, Sète est un important port de pêche de la mer Miditerranée. A proximité, il y a aussi l'étang de Thau où il y a les célèbres huîtres et le Canal du Midi. La vue à partir du Mont Saint Clair permet de voir l'étendue de la ville et les nouvelles constructions du port. Au niveau touristique, les aménagements comme la voie verte, la corniche, .. sont des attraits pour profiter des loisirs de la mer. Pour lutter contre l'érosion de la plage lors des tempêtes, des travaux importants ont consisté à repenser l'aménagement du littoral entre Sète et Marseillan. L'ancienne route a été détruite et on a élargi la plage pour atteindre une largeur de 70 m. En bordure, il y a une piste cyclabe et piètionnière. Le stationnement des voitures et des camping- cars se fait après. Le port de pêche de Sète est le 1er de la mer Mediterranée. On voit dans port des importants bâteaux qui sortent tous les jours à la pêche au Thon rouge, à la Sardine, .... au Loup. On aperçoit les marins à l'ouvrage pour préparer la vente en directe de la pêche du jour. On peut acheter son poisson sous les halls. Le restaurant Perle d'Asie est connue pour réaliser une vraie cuisine asiatique. Le jardin des plantes permet de faire une pause dans un endroit botanique où il y a des pièces d'eau. A+ La Catalogne est l'une des destinations très prisées des européens. En Espagne, entre Barcelone, la Costa Brava .... et Valence, on parle d'environ 13 millions de touristes chaque année. On est dans la Catalogne "riche" qui s'étend jusqu'à Tarragone... la Catalogne "pauvre" est située en France sur le département des Pyrénées Orientales, on peut citer Perpignan comme la capitale économique et les petites citées comme Collioure .. très recherchées par les touristes. La Mer et le Soleil sont les richesses de la Catalogne. La Mer Méditerranée s'étend de Port Barcarès France à la Costa Daurad avec le port de la ville de Delta de l'Ebre Espagne. Le Soleil .... + 300 jours/an d'ensoleillement .... en résumé, le paradis pour le tourisme. Collioure, ce village pittoresque est l'une des stations d'été les plus prisées. Sa situation géographique près de la frontière espagnole et au bord de la Méditerranée explique l'engouement. La plage de Collioure Il est très agréable de flâner à travers les rues du quartier du Mouré et de découvrir les vestiges d'un passé comme l'église fortifiée ou le château royal. En 1910, le peintre Matisse est séduit par la lumière de ce petit port catalan. Il fait partager cet engouement à Derain, Braque, Dufy, .... et Picasso. Aujourd'hui, vous pouvez visiter le chemin du Fauvisme. Si vous aimez la peinture moderne, il faut visiter le village de Céret. Le musée d'Art moderne expose les toiles des grands maîtres. Les couleurs vives des maisons, les petites ruelles entrelacées .... on flâne au soleil catalan .... on se dirige vers les plages environnantes ... attention, ce n'est pas du sable fin mais des galets ... Perpignan, la capitale du Roussillon est fière de son appartenance à la catalane. L'histoire entre le royaume de France et le royaume d'Aragon s'est écrit au gré des situations politiques et économiques. Le palais des rois de Majorque où l'ancienne cours des rois d'Aragon résidait, est le cadre des manifestations culturelles de la ville. L'Ecole Internationale de Pâtisserie d'Olivier Bajard est ouverte aux Amateurs. Olivier BAJARD a obtenu le titre très convoité de "Meilleur Pâtissier de France", il a ouvert à Perpignan son école de Formation. Les ateliers durent 3h. Le programme 2012 est en ligne. Coût 85 €/ de 3h. Nous vous conseillons de "faire des caves" directement chez les vignerons de Rivesalte, de Maury et de Banyuls. Attention, parfois les prix sont prohibitifs !!! Si vous aimez l'Histoire, alors vous pouvez vous diriger vers Villefranche de Confluent. En 1090, le village est fondé par Guillaume Raymond de Cerdagne. Après son rattachement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées, le roi mandate Vauban pour fortifier la ville. La vallée de la Têt a obtenu le label Pays d'Art et d'histoire. Vous ne regretterez pas de parcourir cette vallée qui s'enfonce dans les Pyrénées. Sur la route, il faut découvrir les Orgues d'Ille sur Tet. La Nature a oeuvré, le paysage est magnifique .... on est sur une autre planète. Le port espagnol de La Selva nous fait aborder la Costa Brava. En été, les plages sont bondées mais sur la période avril-juin, on peut profiter des bienfaits du climat et des plaisirs de la mer. Au coeur de la Costa Brava, un grand chef de la cuisine mondiale officie à Rossas. Le Chef catalan, FERRA ADRIA, est l'un des Papes de la cuisine moléculaire mondiale. Son restaurant El Bulli a été élu le meilleur restaurant au monde. Il est situé dans l'ancienne colonie grecque de Rosas qui s'étend entre la mer et la montagne, au cœur de la Costa Brava. Depuis 2010, son restaurant est fermé. Le chef a un projet d'une nouvelle formule de restauration. Les calanques protégées par des falaises rocheuses permettent aux touristes de pratiquer les sports nautiques les plus variés. Le Parc naturel d'Aiguamolls de l´Empordá et celui du Cap de Creus. Barcelone est la ville phare des Catalans. Son patrimoine artistique est l'un des plus importants d'Espagne. Ses Musées et sa Cathédrale font venir les touristes du monde entier. L'architecte Antoni GAUDI va profondemment marquer Barcelone avec son célèbre chantier de la Sagrada Familia, l'art Baroque est à l'honneur et les techniques architecturales s'inspirent de la Nature. Chaque année, + 3 millions de visiteurs viennent découvrir cette cathédrale hors du commun. L'Art Catalan est exposé dans l´ancien Palais National, où une superbe collection d´art médiéval constituée de peintures et de fresques des églises des environs. Sept étapes retracent mille ans d'art catalan, depuis l´époque Romane, jusqu´à nos jours art roman, art gothique, Renaissance et Baroque, XIXéme et XXéme siècles, dessins et gravures, numismatique et photographie Palau Nacional Parque de Montjuïc Tel 00 34 93 622 03 76. Les Amateurs de la peinture contemporaine doivent aller à la Fondation Miro. Elle a été ouverte en 1976 dans le parc de Montjuic. Le Musée d'art contemporain de Barcelone MACBA a été créé en 1987 par l'architecte américain Richard MEIER. Au fil du temps, ses collections se sont enrichies, aujourd'hui, le MACBA est devenu une référence en Espagne. Il est indispensable de sortir le soir pour communier avec les catalans. Après les chaleurs de l'après-midi, il fait bon vivre en soirée. Les bars à Tapas sont le passage obligé pour découvrir l'ambiance chaleureuse avec sa musique, sa gastronomie, .... et ses rêves ... A Reus, la Casa Navàs est l’œuvre de l'architecte catalan Domènech i Montaner qui a répondu à la demande M. Joaquin Navàs i Padro de bâtir un logement pour deux personnes. L'architecte catalan a eu carte blanche pour étudier l'agencement des pièces ainsi que sa décoration. La richesse du décor est réalisée sur les vitraux, les mosaïques, la marqueterie, ... elle évoque une nature omniprésente magnifiée au salon à l'étage supérieur. Cette villa est le témoignage de l'appropriation l'Art Nouveau dans l'architecture moderniste catalane. Elle est remarquable, car l'ensemble de la Casa Navàs bâti & mobilier est l'un des derniers exemples de ce courant artistique catalan. Casa Navàs 5 - 7 Place Mercadal 43201 Reus Tarragona Horaires ouvert du lundi au samedi de11h à 14h & 16h à 19h et le dimanche de 11h à 14h Tarifs adulte 10 €, jeune de 8 à 14 ans 8 €, enfant - 8 ans gratuit Valence est la 3e ville d'Espagne. Elle est renommée pour ses fallas en castillan qui ont lieu du 16 au 19 mars. Au niveau de la gastronomie, on peut apprécier la Paella et l'Orchata. On vous recommande de flâner dans le jardin botanique de l'Université de Valence, il date de 1802 ... un beau moment à découvrir. Il y a l'un des plus grands aquariums d'Europe mais sur les blogs, les commentaires ne sont pas élogieux !!! Le CAC ou Cité des Arts et des Sciences est un immense complexe culturel qui s'articule désormais autour de six grandes constructions, un cinema IMAX, un musée des sciences, une promenade sur un jardin suspendu, un aquarium, un opéra et un agora. En 1929, l'Exposition Universelle donna naissance à la Plaza de Espana. Sa décoration a été réalisée en utilisant des azulejos pour représenter les provinces et villes d'Espagne. En 1992, Séville ouvre sa nouvelle Exposition Universelle sur l'Ile de la Cortujà. Sa superficie 25 hectares. Aujourd'hui, le Parc Thématique de l'Isla Màgica utilise les bâtiments pour faire rêver le touriste. Le thème "Voyager dans l'Espagne du XVIe siècle", vous êtes projeté dans l'Histoire avec la découverte du Nouveau Monde .... La ville éternelle, Paris est la 1ère destination touristique mondiale. Chaque année 29 millions de touristes viennent contempler ses richesses ...... elle s'est construite au fil du temps au gré des Hommes ... Le 31 décembre de chaque année, il y a presque personnes sur les Champs concentre les monuments qui attirent le monde entier à travers Notre Dame de Paris, la Basilique du Sacré Coeur, le Musée du Louvre, la Tour Effeil, le Centre Beaubourg. Un peu plus éloingné, Disneyland Paris et le Château de Versailles. Elle concentre aussi les hauts lieux de la culture à travers le plus grand musée du monde avec Le Louvre, mais aussi le Centre Georges Pompidou, les Galeries Nationales du Grand Palais, l'Institut du Monde Arabe, le musée d'Art moderne de la ville de Paris, le musée des Arts décoratifs, le musée d'Orsay, le musée du Quai Branly, le musée du Luxembourg, le Palais de Tokyo, le musée du Moyen Age, la Cité de la Céramique à Sèvres, le Muséum National d'Histoire Naturelle, Sciences de la Vie, de la Terre et de l'Homme, ...... et la cité des Sciences de la Villette. Heureusement, la ville de Paris est équipée d'un réseau important de transport collectif métro et bus qui permet un déplacement rapide sur Paris intra-muros. La meilleure période pour visiter Paris est le mois d'Août lorsque les parisiens sont en vacances et qui désertent la capitale. A l'intérieur de la Ville de Paris, le réseau des transports collectifs métro, bus, tram est géré par la RATP. Si vous devez vous déplacer vers la banlieue, le réseau ferroviaire est géré par la SNCF. La tarification se fait à partir des zones de circulation. Par exemple, Paris est la zone 1. Le forfait "toutes zones" couvre les 5 zones de circulation. La vie noctune à Paris est l'un des charmes de la capitale. Pour faciliter les déplacements le soir, il a été édité le "Plan des Noctiliens". Attention, circuler avec sa voiture à Paris et trouver des aires de stationnement sont devenus un véritable problème. Il faut privilégier le métro. Chaque jour, 5 millions de personnes utilisent ce moyen de transport collectif. La Ville de Paris a mis en place une obligation environnementale pour les véhicules qui rentre dans la capitale. Il faut avoir une certaine vignette du système "Crit'Air" pour rouler sinon le touriste-automobiliste est verbalisé. Les bus des tours opérateurs règlent aussi une contribution financière. La sécurité a été renforcée depuis les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, l'épicerie Casher Porte de Vincennes et récemment sur les Champs Elysées. L'insécurité a engendré une baisse de la fréquentation touristique d'environ 6 % en 2016. Chaque année, un plan de sécurité est activé pour communiquer les actions de prévention à réaliser par les touristes français et étrangers. Un accompagnement sur le terrain et dans les commissariats contribuent à aider les plaignants à réaliser les démarches administratives dans leurs langues pour répondre aux attentes des compagnies d'assurances. La préfecture de Police rappelle que " La police parisienne dispose de points d’accueil du public répartis dans l’ensemble de la capitale. Parmi eux, les 20 commissariats centraux d’arrondissement sont ouverts 7j/7, 24h/24, afin de prendre en charge les victimes et fournir aide et assistance. Les visiteurs étrangers peuvent s’adresser à des policiers bilingues. Ces derniers, placés à l’accueil des commissariats ou patrouillant dans la rue, sont, durant l’été, munis de badges indiquant, par un drapeau, la ou les langues qu’ils pratiquent." Un bref rappel historique La petite cité du peuple gaulois des Parisii est installée sur des marécages le long de la Seine. Les Romains appelaient cette cité Lutèce. Elle sera incendiée et pillée lors des invasions des "barbares". Elle résistera à Attila, le roi des Huns. Au Ve siècle Cloris décide que cette cité va devenir la capitale de son royaume des Francs. Ce choix géopolitique est renforcé par la suite avec les prochaines lignées des rois de France. Ce statut va contribuer à son essor. Vers 850, les Normands remontent la Seine et pillent les abbayes, les cités comme Rouen et Paris. En 885 après un siège d'un an, la rive gauche de Paris est complètement détruite. Le roi de France signe le traité de Saint Clair sur Epte pour accorder un territoire aux Normands. Au Xe siècle, elle est devenue l'une des principales villes de France. Au XIIe siècle, son rayonnement en fait l'une des premières cités en roi de France Philippe Auguste décide la construction d'une enceinte sur la rive droite en priorité pour protéger la cité d'une attaque du Nord Ouest du Duché de Normandie. La construction de l'enceinte totale va durer environ 20 ans. Vers XIIIe siècle sa population est d'environ habitants. La Guerre de Cent ans entre la France et l'Angleterre a apauvri Paris. Il faut attendre la Renaissance et le développement chaotique de l'urbanisme parisien pour que l'autorité royale en 1500 impose une ordonnance architecturale qui définit la construction du pont Notre Dame. Le roi François 1er va ordonner une série de construction comme la reconstruction du Louvre. Le roi Henri IV va relancer la construction à Paris après la guerre de religion entre les protestants et les catholiques. La démographie de Paris explose par l'immigration des ruraux vers la capitale. Le pouvoir royal a besoin de montrer sa puissance par rapport au pouvoir des parisiens. Il va montrer sa suprématie à travers l'urbanisme de la capitale. Par exemple, c'est Marie de Médicis qui décide en 1616 d'aménager à travers des champs et des marécages, une longue allée bordée d'arbres qui relie le Palais des Tuileries à son jardin. Cette allée est appelé le "Cours de la Reine". Il faut attendre le Roi Soleil, Louis XIV pour reprendre le tracé par André Le Notre pour définir une certaine perspective qui sera continué sous Louis XV avec la création de la place de la Concorde puis avec la Révolution Française et la période napoléonienne, l'Arc de Triomphe. En 1871, les insurgés de la Commune de Paris brûle le Palais des Tuileries. Aujourd'hui, les Champs Elysées sont devenue l'une des plus belles avenues au monde où se rassemblent les français lors de manifestations comme le Tour de France, le passage au Jour de l'An et le défilé militaire du 14 juillet. Voici un projet architectural de l'évolution de cette artère parisienne au sein de la capitale. Il y a un projet architectural de reconstruire le Palais des Tuileries en continuité du Louvre. La capitale Paris va se parer de la place royale, la place dauphine, les quais de l'arsenal, .... Les ministres influents comme RICHELIEU vont embellir la capitale avec le palais royal et le palais du Luxembourg. En 1635, l'Académie française est créée. Le roi Louis XIV va s'installer avec sa cour à Versailles. Son château est l'un des plus beaux d'Europe. Son ministre COLBERT va lancer des grands travaux avec les architectes comme F. Mansart, C. Perrault. On peut citer l'achèvement du château du Louvre, l'hôtel des Invalides, .... le jardin des tuileries. Napoléon 1er va embellir et améliorer l'hygiène de la ville. L'arc de Triomphe, la colonne Vendôme, .... et les équipements publics hôpitaux, ponts, halles au blé et au vin, réseaux d'égouts, ... vont marquer son passage. Napoléon III avec le Baron G. HAUSSMANN va transformer Paris en une ville moderne. Sous la IIIème république, les Expositions universelles vont permettre la construction oeuvres d'art comme la tour Eiffel en 1889. Au niveau des travaux contemporains, on peut citer le quartier d'affaires de la Défense, le centre national d'art et de culture Georges Pompidou, .... et la pyramide du Louvre. La Seine coule en plein centre de Paris. Elle fait partie de l'Histoire de la ville. La construction de la Tour Eiffel a fait couler beaucoup d'encre, ..... elle était provisoire .... mais aujourd'hui elle est devenue le symbole de Paris et de la France à l'étranger. La Tour Eiffel Ile de la Cité & Notre Dame de Paris Les Invalides Montmartre & Basilique du Sacré Coeur Les Passages Les Musées La Défense Le Luxe à la Française Les Spectacles Parcs & Jardins La Tour Eiffel Les Expositions Universelles sont le lieu où chaque pays affiche sa suprématie à travers ses réalisations techniques, sa gastronomie et sa culture. Après l'Exposition Universelle de 1889, il est décidé d'organiser à Paris en 1900 la plus grande Exposition Universelle sur le thème "Le bilan d'un siècle". Son implantation est décidée sur le Champs de Mars, l'Esplanade des Invalides et des bords de la Seine, et le Bois de Vincennes, au total, + 210 hectares au cœur de Paris. Le gouvernement français veut montrer au monde sa puissance industrielle et sa capacité à organiser un évènement major au niveau international. On espère accueillir + 50 millions de visiteurs soit plus que la population française. Il faut prévoir d'acheminer les touristes du monde entier à travers les transports collectifs comme le train. A Paris, il faut rénover les gares existantes de Lyon, de l'Est et de Montparnasse et ouvrir la nouvelle gare d'Orsay. Le métro va être mis en service au mois de juillet 1900. Il devait ouvrir à la date de l'ouverture de l'Exposition, soit le 15 avril mais des problèmes survenus sont à l'origine de ce report. Au total, l'Exposition Universelle de 1900 s'est tenue du 15 avril au 12 novembre, soit 212 jours. Il y avait + exposants dont + 50 % d'exposants étrangers. Le public a répondu présent malgré le tarif de 1 franc, + 50 millions de touristes ont visité l'évènement. Le train a été le moyen de transport le plus utilisé. Les organisateurs de l'exposition et le gouvernement voulaient marquer les esprits en utilisant une architecture d'exposition éphémère pour assurer le succès commercial de l'évènement mondial. Dans cet optique, le projet de la porte principale de René Binet et d'une tour par Gustave Eiffel en acier en utilisant la technique d'assemblage de la construction métallique sont novateurs. A cette époque, pour édifier un bâtiment d'une certaine hauteur, il fallait utiliser la pierre en matériau de construction. Le défi architectural et technique de construire de nouveaux bâtiments de plus en plus grands et de plus en plus hauts vont imposer la charpente métallique comme la nouvelle technique de construction. L'ingénieur Gustave Eiffel s'est spécialisé dans la construction des ponts en charpente métallique. A cette époque, dans tous les pays industrialisés, on pense à élever une construction de + 200 mètres. Le projet validé par Gustave Eiffel de 300 mètres est un défi pour cette époque. Le 1er projet présenté par le bureau d'études par Maurice Koechlin et le bureau des méthodes par Emile Nouguier n'est pas accepté en l'état. Il faut attendre le concours de l'architecte Stephen Sauvestre pour redéfinir les bases de la construction. Ce 2e projet est validé par l'entrepreneur Gustave Eiffel. Le gouvernement français lance le concours en 1886 pour "Elever sur le Champs de Mars une tour en fer à base carrée de 125 mètres de côté à la base et de 300 mètres de hauteur". Il a été reçu 107 dossiers dont celui de Jules Bourdais basé sur la construction d'un phare. Le projet de Gustave Eiffel est retenu. La Convention stipulait que l'Etat verserait 1,5 million de francs et que Gustave Eiffel prendrait à sa charge financière le reste du coût de la construction. Une compensation financière est accordée par le biais de l'exploitation du site pendant 20 ans. Le chantier de la construction a démarré le 28 janvier 1887 par la réalisation des travaux préparatoires à la réalisation des 4 pilliers des fondations. La proximité de la Seine a obligé des travaux spécifiques sur les piliers 1 et 4. A cette époque, le travail se fait sans avoir le recours aux équipements mécanisés. La force humaine est employée dans tous les corps de métiers bâtiment, métallerie, transport, .... L'évacuation et le transport des matériaux ont nécessité un aménagement du périmètre du chantier au coeur de Paris. Le 1er juillet 1887, les ouvriers charpentiers commencent l'assemblage des premiers pièces fabriquées dans les ateliers Eiffel à Levallois Perret. Le succès de ce chantier hors norme a reposé sur l'organisation "scientifique" du travail. A travers le repérage des pièces, les fiches de montage et des phases d'assemblages par rivetage et par vissage, la mise au point d'un système de levage des charges poutres, équipement, .. à une grande hauteur, le chantier a été réalisé en 26 mois. Le montage de la charpente métallique a employé 250 salariés. Le coût de la construction a été évalué à environ 7,80 millions de francs or de 1889. Au cours de l'Exposition Universelle de 1900, la Tour Eiffel a accueilli environ 2 millions de visiteurs. Au fin du temps, la fréquentation touristique a nettement baissé. L'exploitation du site est confiée à la Ville de Paris. Le développement de la TSF sur Paris demande de bénéficier d'un point haut, la Tour Eiffel devient l'installation pour déployer les technologies de la radiodiffusion et de la télévision. La 1ère opération de rénovation a été réalisée en 1980. Les moyens modernes de l'informatique ont permis d'établir les nouveaux calculs de force pour modéliser les efforts sur la structure de la Tour. Il est apparu qu'il était nécessaire d'alléger la masse de la structure sur les fondations sans mettre en péril l'édifice. Ainsi + tonnes sont retirés en supprimant les poutrelles inutiles. Au niveau de son organisation, le 1er étage est installé à 57 mètres, il y a 347 marches à gravir. Le 2e étage est situé à 115 mètres, soit 674 marches à gravir depuis le sol. Le 3e étage est installé à 276 mètres avec marches depuis le sol. On peut aussi utiliser l'ascenseur mais il faut prendre un billet avec l'utilisation de l'Ascenseur et définir soit le 2éme étage soit la montée au 3em étage. La vue panoralique sur Paris est exceptionnelle. Si le temps est dégagé, le champs de vision est impressionnant. On repère les célèbres monuments à partir de ce point de vue. La nuit apporte sa magie à ce lieu. L'endroit devient plus "romantique". L'éclairage de Paris met en lumière une certaine atmosphère, un bon moment à vivre à 276 mètres d'altitude. Attention au vent. Le Champs de Mars au pied de la Tour Eiffel est très prisé des parisiens. C'est très agréable de venir se balader dans cet espace. Depuis 2005, La Société d'exploitation de la Tour Eiffel où les actionnaires sont la Ville de Paris à 60 %, Eiffage à 8 %, LVMH à 8 %, EDF à 8 %, ..a développé les services comme la restauration à travers "Le Jules Verne" " 58 Tour Eiffel" "Buffets", ... et les boutiques. Le chiffre d'affaires est d'environ 80 millions € en 2016 avec une fréquentation de presque 6 millions de visiteurs avec une grande majorité de français. LA TOUR EIFFEL Champ de Mars, 5 Avenue Anatole France, 75007 Paris Tél e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires La Tour Eiffel est ouvert au public tous les jours de l'année sauf le 14 juillet en 2017 Tarifs Avec Ascenseur jusqu'au 2e étage Adulte 11 €, Jeune 12 à 24 ans 8,50 € ; avec Ascenseur jusqu'au sommet Adulte 17 €, Jeune 14,50 € Escaliers jusqu'au 2e étage Adulte 7 €, Jeune 5 € Ile de la Cité & Notre Dame de Paris La Seine est très présente dans la vie des parisiens et l'Ile de la Cité est un lieu très prisé par les touristes du monde entier. Autrefois, ce lieu symbolisait le lieu des pouvoirs de la citée à travers le Palais de justice, l'Hôtel Dieu, ... et la cathédrale Notre Dame de Paris. Au Moyen Age, l’évêché de Sens avait la cité de Paris dans son diocèse. L'Archevêque de Sens avait la charge de "Conseiller personnel" du Roi de France. De cette fonction, les obligations exigeaient des nombreux déplacements vers Paris. Afin de limiter les voyages, l'Archevêque disposait d'une demeure dans le quartier du Marais où résidait un grand nombre de communautés religieuses. A l'origine de l'emplacement de Notre Dame de Paris, il y avait une église qui deviendra en 857 la Cathédrale Saint Etienne de Paris au moment de la reconstruction de l'église brûlée par les Normands. Son architecture est imposante, elle est l'une des plus importantes d'Europe. En 1160, l'Evêque Maurice de Sully décide de construire un édifice religieux plus important pour accueillir les fidèles. La croissance démographique de la cité est très importante. En conséquence, il faut agrandir l'espace de prière. La cathédrale est démontée et les matériaux vont servir pour construire les fondations de la Cathédrale Notre Dame. La rivalité entre le pouvoir spirituel et le pouvoir royal s'exprime aussi à travers l'architecture. Il était important pour marquer les esprits de l'importance du rôle de l'église catholique. La cathédrale devait être le point le plus haut vers le ciel. La hauteur des tours est de 69 mètres et sa flèche culmine à 96 mètres. Cette hauteur permet de contempler Paris avec une superbe vue dégagée. Le projet de l'évèque Maurice de Sully de bâtir en 1163 un nouvelle ensemble de prière sera terminé en capacité d'accueil est estimée à fidèles. Au niveau des temps forts de Notre Dame de Paris, on peut citer le sacrement de Napoléon Ier Empereur avec le Pape Pie VII, l'enterrement de l'Abbé Pierre. En 2013, on a fêté ses 850 ans. Les fidèles et les parisiens sont venus très nombreux assistés aux premières pas des nouvelles clôches. Elles sont au nombre de 8 avec un nouveau bourdon. Chaque année, il est prévu une saison très riche au niveau musical avec la grandes orgue. Le diamètre des rosaces est de + 13 mètres et les vitraux sont parmi les plus beaux d'Europe médiévale. On comprend l'importance du positionnement de l'édifice religieux dans la religion catholique. Sa situation géographique permet d'étudier la pénétration de la lumière dans l'édifice; Cette lumière rappelle la lumière évoquée dans les évangiles. La vue panoramique est exceptionnelle. Elle permet d'embrasser l'ensemble du bâti sur l’ile de la Cité mais aussi vers le quartier du Marais. Au loin, on aperçoit la Tour Eiffel, la Basilique du Sacré Cœur, .... La visite des Tours et de la Crypte sont réalisés par le Centre des Monuments Nationaux et par le Musée Carnavalet. La visite des Tours se fait par l'entrée située rue du Cloître Notre Dame de Paris. Il y a 387 marches à gravir sans ascenseur Centre des Monuments Nationaux tél tarif adulte 10 €, jeunes - 26 ans gratuit. Il est précisé qu'il est recommandé de réserver sa place au moins 4 semaines avant la date prévue. Le lundi 15 avril 2019, la cathédrale a brûlé au cours des travaux de restauration de la flèche. Un élan international de solidarité s'est mobilisé pour financer les travaux de reconstruction. Pour l'instant, il est prématuré d'indiquer une date pour une reprise d'une visite pour le public. Cathédrale Notre Dame de Paris 6 Parvis Notre Dame Place Jean Paul II 75004 Paris Tél Tarifs la visite de la cathédrale était gratuite La Sainte Chapelle est bâtie à la demande du roi de France de Louis IX appelé "Saint Louis". Cette chapelle sera construite sur l'ïle de la Cité pour abriter la Couronne d'épines, un morceau de la vraie croix du Christ et des reliques. En 1238, le roi de France achète la Saint Couronne d'épines pour la somme astronomique de livres. Elle est déposée comme une relique à la cathédrale Notre Dame puis en 1248 à la Saint Chapelle. L'architecture de la chapelle est de style gothique rayonnant. Les travaux commencent en 1241 dans le Palais de la Cité où réside le roi de France. Le choix est judicieux car il établit double légitimité temporelle et spirituelle. Les travaux s'achève en 1248. Le roi Saint Louis s'est impliqué dans la construction de l'édifice religieux. Il a participé à bâtir un ensemble architectural où la lumière célestre devait être très présente. Régulièrement, il visitait le chantier. On estime le coût des travaux à environ livres. Les murs de lumière ont une superficie de + 600 m² de vitraux. Les thématiques développées devaient mettre en avant le pouvoir royal et le pouvoir ecclésiastique. L'Ancien testament est la base de la thématique religieuse à développer. On retrouve les différentes étapes mais parfois avec des niveaux différents de compréhension entre le clergé, les seigneurs et le personnel employés aux tâches quotidiennes du château. Sainte-Chapelle 8, boulevard du Palais 75001 Paris Tél Horaires Ouvert tous les jours sauf le 1 er Janvier, le 1er Mai et le 25 Décembre Du 2 janvier au 31 mars & du 1er octobre au 31 décembre 9h00 à 17h00; du 1er avril au 30 septembre 9h00 à 19h00 Tarifs adulte 10 €, jeune - 18 ans en Famille gratuit Le quartier du Marais est très prisé des parisiens et des touristes du monde entier. A l'origine, ce lieu est un marécage situé à proximité de l’ile de la Cité avec la Seine comme voie de circulation fluviale. A partir de XIIe siècle, les ordres religieux s'installent dans ce quartier. L’archevêché de Sens a le diocèse de Paris sous sa tutelle. En conséquence, il est important pour l'Archevêque de Sens de disposer à Paris d'un logement confortable correspondant à son rang social. A partir des évènements de 1358 où le Palais de la Cité est envahi par les parisiens en colère, le roi de France Charles V décide de s'installer dans le quartier du Marais. A la suite de cette décision royale, une partie des membres de la Cour vont faire construire des résidences dans ce lieu. Au cours du XVe siècle, les rois de France préfèrent résider dans les châteaux de la Loire et dans le Palais du Louvre. Ainsi, l'Archevêque Tristan de Salazar décide de détruire une partie de l'Hôtel Saint Pol dans le quartier du Marais pour faire construire le nouveau Hôtel des Archevêques de Sens. L'hôtel de Sens 1, rue du Figuier 75004 Paris La Place des Vosges est l'ancienne Place Royale, elle a été créée par le roi Henri IV. Cette décision va permette un nouveau plan d'aménagement urbain de la cité parisienne. Le roi s'est impliqué en imposant une certaine unité sur les façades qui bordent la place fait construire son pavillon sur cette place qui a été habité par son concierge. Au fil du temps, les hauts personnages de la société vont s'implanter autour de cette place en bâtissant des hôtels particuliers. Le quartier du Marais va devenir le lieu où les élites se rencontrent. L'étendue de la Place Royale en fait la plus importante à Paris. Elle est utilisée pour les cérémonies officielles comme le mariage du Roi Soleil avec Marie Thérèse d'Autriche. A la Révolution Française, le quartier est investi par le milieu des artisans et des ouvriers. La Place va être rebaptisée plusieurs fois et en 1800, elle prend son nom actuelle "Place des Vosges". Aujourd'hui, cette place est très fréquentée par les habitants de ce quartier Le Marais. Il est l'un des poumons verts de la capitale. Le quartier historique Le Marais a toujours attiré les écrivains, comme Mme de Sévigné, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Bossuet, Georges Simenon. Ce lieu dégage "l'âme parisienne" qui inspire les grands auteurs de la littérature française. Les ruelles contribuent au charme de ce quartier. On sent le "lourd passé" des vieilles pierres qui ont été sauvées de la destruction. La sauvegarde de ce patrimoine était une nécessité pour témoigner d'une page de l'Histoire de France. La Mairie de Paris propose la visite de la crypte et des Catacombes Le but de ces visites est de comprendre le développement de "Lutèce" puis de Paris à partir des fondations. La Crypte Notre Dame de Paris place Louis Lépine ; 1 quai aux fleurs 75004 Paris Horaires ouverts du mardi au dimanche de 10 h à 18h. Tarifs Adulte 8 €, Jeune - 18 ans gratuit Les Invalides Les Invalides sont construits sur l'ordre de Louis XIV en 1670, l'église du Dôme est inaugurée le 28 août 1706 par le Roi en personne. Les artistes comme Charles de la Fosse, Jouvenet, .... et Girardon qui travaillaient au Château de Versailles ont oeuvré aux Invalides. Les parisiens l'admirent de loin car elle culmine à 101 mètres. L'édit royal indique dans ces termes le but de ce projet "ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie ... passent le reste de leurs jours dans la tranquillité", L'architecte sélectionné pour la réalisation de ce projet de grande envergure est l'architecte du Roi Libéral Bruant. Il avait déjà bâti l'Hospice de la Salpêtrière en collaboration avec Louis Le Vau. La superficie du terrain alloué à ce projet est de 10 hectares. Il dessine les plans du projet en s'inspirant à la fois d'une réalisation espagnole d'un monastère en ménageant une esplanade importante pour permettre aux soldats des exercices. Le projet architectural de l'église royale est remanié par l'architecte du roi Jules Hardouin Mansart après l'intervention du Marquis de Louvois, François Michel Le Tellier, Ministre de Louis XIV. Au moment de la Révolution française, le peuple vient saisir l'armement entreposé. Il récupère + fusils et 27 canons. Le mouvement révolutionnaire de la Constituante nomme l'édifice "Hôtel National des Militaires Invalides". En 1800, le 1er Consul, Napoléon Bonaparte fête l'anniversaire de la Fondation de la République aux Invalides. En 1804, il organise la 1ère remise des décorations de la Légion d'Honneur aux officiers remarqués sur les champs de batailles mais aussi à des scientifiques, à des ecclésiastiques dans l'église des Invalides. L'Empereur Napoléon Ier modifie le lieu pour en faire le Panthéon des gloires militaires. Après un interminable débat pour rapatrier les cendres de Napoléon Ier, en 1840, il est décidé le financement du rapatriement et la construction d'un tombeau aux Invalides. Le Musée de l'Armée est présent dans ce lieu symbolique. Il est utilisé lors des grandes cérémonies nationales par le gouvernement pour marquer l'engagement de l'Etat français dans les commémorations liées à la Défense nationale et à la Sécurité intérieure. En 1989, le dôme a été redoré pour fêter le bicentenaire de la Révolution française. Ce travail a nécessité ..... feuilles d'or. Hôtel National des Invalides - Musée de l'Armée 129 Rue de Grenelle, 75007 Paris Tél Horaires Hôtel National des Invalides est ouvert tous les jours de 10 h à 18 h Musée de l'Armée est ouvert tous les jours sauf le 1er janvier, 1er mai et 25 décembre. Du 1er avril au 31 octobre de 10h à 18h Du 1er novembre au 31 mars de 10h à 17h Tarifs adulte 12 €, jeune -18 ans gratuit Aux Invalides, une saison musicale est organisée chaque année avec de la musique sacré. Montmartre & Basilique du Sacré Coeur La butte de Montmartre est devenue au cours des siècles un lieu de prière très fréquenté. Les premiers martyrs chrétiens de Paris sont à l'origine de la construction d'un chapelle pour vénérer Saint Denis. Le roi Louis VI crée l'Abbaye Royal des Dames de Montmarte avec des moniales Bénédictines pour développer la foi chrétienne dans ce lieu. Les pèlerinages vont se développer autour de l'ancienne crypte. Les puissants comme les humbles vont venir prier. A la Révolution française, l'Abbaye est fermée, et l'abbesse Marie Louise de Montmorency Laval est guillotinée en 1794. Lors de la guerre de 1870 entre la France et la Prusse, des personnalités françaises font le vœux de faire bâtir une église consacrée au Cœur du Christ. Ce projet spirituel sera approuvé par l'Archevêque de Paris, le Cardinal Guibert qui désigne la butte Montmartre comme le lieu où l'édifice doit être construit. En 1873, l'Assemblée Nationale vote une loi pour permettre la réalisation de ce projet spirituel. Le Sacré Cœur, cette basilique est construite à partir de 1875 à partir d'un vœux national collectif pour réunir les fonds financiers, elle sera terminée en 1912. Elle est longue de 100 mètres et surmontée d'un dôme ... sa hauteur 83 mètres. Son architecture intérieure et sa décoration en font un monument à découvrir dans ce lieux magique. Les parisiens apprécient de flâner sur la butte Montmartre. Attention, il faut monter les marches pour arriver à la petite place. Au niveau du stationnement, c'est l'enfer !!! Il existe le finiculaire pour accéder vers le parvis de la Basilique. Le projet architectural est d'édifier une Basilique. Le projet de l'architecte Paul Abadie séduit les décideurs par la modernité du projet par rapport à l'architecture Moyenâgeuse de la Cathédrale Notre Dame de Paris. Le style Romano-byzantin apporte une note contemporaine à la foi. Le choix de la pierre de "Château Landon" à la particularité de blanchir sous l'action de l'eau de pluie. Cette caractéristique permet à la Basilique de "briller" dans le ciel parisien malgré l'action de la pollution sur les pierres. Afin de préserver une certaine unité architecturale, le style intérieur est romano-byzantin. L'implantation est en forme de croix grecque avec 4 coupoles et au centre la coupole centrale. La Basilique est orientée vers Nord-Sud vers la Cathédrale Notre Dame de plafond de l'abside a été créé par Luc Olivier Merson et réalisé par l'atelier de mosaïque Guilbert Martin. La fresque est l'une des plus importantes de France. Les vitraux de la Basilique jouent avec la lumière pour transmettre le message de la chrétienté. On peut remarquer qu'on fait des références à la ville de Lyon et de Tourcoing pour les remercier de leur participation financière à l'édifice. La vue panoramique à partir du dôme est exceptionnelle. On peut visualiser à partir de la butte de Montmartre le cœur de Paris. La Basilique est très fréquentée. Chaque année, + 10 millions de visiteurs viennent grimper les marches pour se recueillir dans ce haut lieu religieux mais aussi pour admirer le paysage urbain de Paris. Basilique du Sacré Coeur de Montmartre Parvis de la Basilique 75018 Paris Horaires Tous les jours de 6h à 22h30 Tarif gratuit L'accès au Dôme se fait par l'extérieur par le côté gauche. Il y a 300 marches à gravir sans ascenseur. Horaires Tous les jours de 9h30 à 20 h sur la période de mai à septembre et le reste de l'année de 9h30 à 17h. Le quartier de Montmartre a attiré les artistes comme Georges Braque, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Henri de Toulouse Lautrec, Jacques Prévert, Boris Vian, Louis Ferdinand Céline, Claude Lelouch. Le côté bohème et l'esprit "village" ont conquis les parisiens et le monde entier. Aujourd'hui, le touriste aime venir respirer dans les petites ruelles "l'esprit" qui a animé ce haut lieu de la peinture mondiale. Les Passages La Révolution française va marquer de son empreinte la ville de Paris. La vente des biens du clergé va libérer de l'espace urbain pour créer les premiers passages couverts vers 1823. A l'initiative du Duc d'Orléans, les galeries du Palais Royal sont bâties en bois. A partir de 1839, une nouvelle vague de construction de galeries et de passages est mise en chantier afin de créer un nouvel espace urbain où les bourgeois vont se promener et consommer dans des espaces piétonniers à l'abri de la pluie. La lumière est transmise à l'intérieur par l'emploi de grande verrière. Le réseau constitué d'environ 60 passages et de galeries est un lieu très fréquenté, car il a été installé des boutiques, des restaurants, mais aussi des lieux de détente avec des cafés et des théâtres. Ce lieu de vie est à la mode au XIXe siècle. Sous le Second Empire, Napoléon III va charger le préfet de la Seine Georges Eugène Haussmann de revoir le plan d'urbanisme de Paris. Il est impératif de moderniser la cité pour adapter les voies de circulation, l'habitat à l'évolution démographique. A partir de 1853, les premiers travaux haussmanniens sont lancés. Les aménagements d'urbanisation vont conduire à supprimer une grande partie du réseau de passages et de galeries. Aujourd'hui, il reste une quinzaine de lieux sur la rive droite. La conservation de ce patrimoine nécessite des importants travaux de rénovation. Depuis quelque temps, les pouvoirs publics se mobilisent pour engager les travaux nécessaires sur le bâti, mais aussi pour maintenir une partie des activités ancestrales de ces lieux. Certains tours opérateurs ont inscrit à leur visite de Paris, la découverte de lieu magique au cœur de la capitale. Les Musées La Ville de Paris est dotée d'une concentration exceptionnelle de musées à la fois propriété de la Ville de Paris comme le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, le Musée Carnavalet le plus vieux musée de Paris ouvert en 1880, de l'Etat français comme le Louvre, le plus grand musée du monde, le Musée d'Orsay, le Grand Palais et d'institutions privées comme le Musée des Arts & Métiers, Musée Jacquemart André, le Musée Grévin, le Musée Edith Piaf, le Musée Baccarat. Cette richesse culturelle est moteur important du développement du tourisme culturel. Ce tourisme draine des millions de visiteurs toute la l'année dans la capitale française. Les Musées ont développé les expositions temporaires pour créer l'évènement culturel qui permet de dynamiser la fréquentation de chaque établissement. La Ville de Paris a institué la gratuité dans ses musées sur la visite des collections permanentes. En France et à l'International, les grands musées rivalisent pour organiser l'exposition temporaire qui va être l'évènement que tous les médias vont encenser. Cette fréquentation touristique évènementielle va contribuer au financement de l'établissement. De plus en plus, les grands musées font des achats de pièces lors de ventes aux enchères, ... pour enrichir leurs réserves. Parfois les sommes engagées atteignent des millions €. Il existe la formule du "Paris Museum Pass" qui permet une entrée dans 60 musées et monuments de Paris et d'ïle de France. Au niveau tarifaire, le coût pour 2 jours, 42 €; 4 jours 56 € et 6 jours à 69 €. Attention, il faut étudier la liste des établissements avec votre liste des musées à découvrir. Il faut aussi tenir compte de l'attente dans chaque musée pour calculer la rentabilité de cette formule. Le Louvre est une ancienne forteresse édifiée en 1204 par Philippe Auguste. Elle va connaître un destin hors du commun grâce au roi Charles V qui va la transformer en résidence royale. Le 6 mai 1791, un décret le transforme en le Muséum Central des Arts de la République. En 1793, il prend forme en abritant les collections de l'Antiquité orientale, égyptienne, grecque, romaine mais aussi la sculptures, ... et des objets d' Musée National du Louvre est le 1er musée de la France. Le Président François Miterrand confie à l'architecte Ieoh Ming Pei l'élaboration de la fameuse Pyramide avec un sous-sol sous la cour Napoléon. La Pyramide de verre fait 20 m de haut sur une base de 32 m. En 1989, lors de l'ouverture de la Pyramide au public, la fréquentation a été de 5, 5 millions de visiteurs. En 1996, le Louvre a été visité par 4,7 millions de visiteurs. En 2005, on dépasse les 7 millions de visiteurs .. un record mondial. En 2006, 8,3 millions ... un nouveau record ... le film Da Vinci Code tiré du livre a contribué à relancer l'intérêt de ce musée. Il est le plus grand du monde. La fréquentation du Louvre est assurée par + 70 % de touristes étrangers. Les attentats ont conduit les touristes étrangers à éviter les grands musées parisiens. Le Louvre a perdu environ 2 millions de visiteurs depuis 2015. Aujourd’hui, la fréquentation annuelle se situe à 7,3 millions d'entrées. On recense marches sur les m² du Musée ... et ses 15 km de galeries. Au total, le Musée du Louvre offre m² de superficies pour les expositions permanentes. Il emploie salariés afin d'entretenir, surveiller et gérer Le Louvre. Le public peut contempler en moyenne à travers les 200 salles ouvertes à la visite, tableaux dont la célèbre JOCONDE de la période de la Renaissance italienne sur le fonds de plus de tableaux et plus de objets sur les du Musée. Il faut prévoir un certain temps d'attente pour contempler le tableau de la Joconde. Les touristes se pressent sur cette toile mythique. Après avoir parcouru les principales salles d'expositions, on est bien fatigué physiquement mais on a le cerveau en ébullition devant tant de merveilles. Le Musée du Louvre 75058 Paris - France Tél Horaires Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi Nocturnes jusqu'à 21h45 le mercredi et le vendredi. Fermetures Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre Tarifs adulte 15 € enfant gratuit jusqu'à 18 ans Chaque 1er dimanche des mois d'octobre à mars et le 14 juillet, l'entrée du Musée du Louvre est gratuite pour tous les visiteurs. Il existe une tradition bien française, les grands chantiers à Paris et en région parisienne du monarque ou du président de la République. Ce désir de laisser une trace aux futures générations a contribué à dessiner la ville et à concentrer sur Paris les plus grands musées de la France. Le Centre Beaubourg était le projet du Président Georges Pompidou. Il devait être la galerie de l'Art Contemporain de France. CENTRE GEORGES POMPIDOU Place Georges Pompidou 75004 Paris Tel Métro Hôtel de ville / Châtelet Ouverture Tous les jours, sauf mardi, de 11h à 21h et le jeudi nocturne à 23h Tarifs gratuit le 1er dimanche de chaque mois, adulte 14 € enfant gratuit 18 ans - 26 ans. Le billet permet l'accès à tous les espaces d'exposition du musée et à l'espace réservé à la vue panoramique de Paris. Le Musée National Pablo Picasso est situé dans l'Hôtel Salé dans le quartier du Marais à Paris. Ce bâtiment a été bâti en 1656 pour Pierre Aubert de Fontenay, fermier des gabelles. A la mort du peintre Pablo PICASSO en 1973, l'état français a reçu en paiement des droits de succession des oeuvres majeures du peintre. En 1990, après la mort de la veuve du célèbre peintre, des oeuvres supplémentaires sont venues complèter la collection du musée. Elle comprend + 250 peintures, 160 sculptures, 1500 dessins, la totalité de l'oeuvre gravée, des céramiques mais aussi sa collection personnelle avec des oeuvres d'art africain et océanien, oeuvres de peintres célèbres comme Cézanne, Matisse, Renoir, Braque, Miro ...et plus de 100 000 pièces d'archives lettres, photos etc.... Le peintre a été très prolifique, on estime à + le nombre de ses oeuvres. La visite du musée permet de suivre l'évolution de l'artiste tout au long de sa carrière de 1894 à 1972 . Musée National Pablo Picasso 5 rue de Thorigny 75003 Paris Tél 01 85 56 00 36 E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires Tous les jours sauf les lundis, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai. Du mardi au vendredi 10h30 – 18hSamedis, dimanches et Jours fériés sauf les lundis 9h30 -18h00. Tarifs adulte 12,50 €, enfant - 18 ans gratuit Le Musée Carnavalet est fermé pour sa rénovation jusqu'en 2019. Cependant, sur le site internet, les réseaux sociaux, ... le musée continue à présenter une partie de ses sur l'évolution de la vie parisienne au fil du temps. Le musée est la propriété de la Ville de Paris. Il est situé dans le quartier prisé du Marais. Musée Carnavalet 16 rue des Francs Bourgeois 75003 Paris Tél Horaires fermé à la visite jusqu'en 2019 pour rénovation Le musée d'Orsay est implanté dans l'ancienne gare d'Orsay en plein Paris à deux pas des Jardins des Tuileries. La compagnie de chemins de fer Paris - Orléans va acheter le terrain de l'ancienne Cour des comptes ou Palais d'Orsay pour y construire sa gare parisienne. Le projet architectural de la gare doit s'intégrer parfaitement à son environnement prestigieux Le Louvre et le Jardin des Tuileries. La contrainte du délai d'exécution fixe la réalisation sur un délais de 2 ans. Le nouvel édifice doit être prêt pour l'ouverture de l'Exposition Universelle de 1900 de Paris. On sélection l'architecte Victor LALOUX pour sa maîtrise de la charpente métallique . Elle est réalisée en 2 ans. La gare et l'hôtel sont terminés le 14 juillet 1900 pour l'ouverture de l'Exposition Universelle. Le grand Hall mesure 138 mètres de long et 40 mètres de large avec une hauteur de 32 mètres. La structure de la charpente métallique de cette nouvelle gare est une prouesse technique comme la Tour Eiffel. Elle doit montrer aux visiteurs le savoir-faire de l'industrie française. La Gare d'Orsay s'inscrit dans l'architecture du quartier. Son activité ferroviaire est importante jusqu'en 1939. L'arrivée de l'électricité condamne cette gare. Son bâtiment se dégrade lentement, ..... En 1973, on classe l'ensemble architectural à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Une décision politique permet la création du Musée d'Orsay sur le site de l'ancienne gare. Des importants travaux sont entrepris pour abriter des importantes collections françaises. Le 9 décembre 1986, ouverture au public du Musée d'Orsay. Au total, la surface est de m² qui permet de mettre à la disposition du public 80 salles ou galeries spécialisées. En 2008, + 3 millions de visiteurs sont venus contempler les expos. Les attentats ont limité la fréquentation touristique du lieu depuis 2015. Aujourd'hui, le musée d'Orsay accueille chaque année 3 millions de visiteurs. Ce musée axé sur le mouvement de l'Impressionnisme a prévu d'organiser des nouvelles expositions thématiques qui devraient relancer sa fréquentation. MUSEE D'ORSAY62, rue de Lille 75343 Paris Cedex 07 Tél 01 40 49 48 14 Horaires Ouverture de 9h30 à 18h mardi, mercredi, vendredi, samedi & dimanchede 9h30 à 21h45 le jeudi Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre Tarifs adulte 12 €, enfant - 18 ans gratuit, adolescent 18 à - 26 ans 9 € et gratuit le 1er dimanche de chaque mois m La Défense Le quartier de la Défense est le quartier d'affaires de la région parisienne. Sa superficie est d'environ 160 hectares sur les villes de Courbevoie, Puteaux et Nanterre. Au niveau géographique, il est situé dans l'axe de l'Avenue des Champs Elysées et de l'Arc de Triomphe. L'idée de départ est un projet présidentielle pour prolonger la plus célèbre avenue du monde. Il faudrait imaginer un prolongement de cet axe. Plusieurs présidents vont avoir ce projet mais c'est le président François Mitterrand qui va le réaliser avec son projet de la Grande Arche de la Défense. En 1983, le projet de l'architecte Johan Otto Von Spreckelsen est sélectionné. Les travaux sont réalisés par le groupe Bouygues. L'édifice est ouvert au public le 26 août 1989. Au niveau architectural, il y a des nouveaux projets immobiliers pour construire des nouvelles tours d'une hauteur égale à la Tour Eiffel. Actuellement, au niveau de l'urbanisme sur la Ville de Paris et de sa proche banlieue, la Tour Eiffel doit rester le point le plus haut de la capitale. Depuis 2015, un nouveau plan d'urbanisme permet la mise en chantier de surface de bureaux pour atteindre environ 4 millions de m², soit le plus important quartier d'affaires d'Europe. Le Luxe à la Française On trouve des écrits qui atteste déjà du souci de paraître à la Cour de Bourgogne au cours de la 1ère moitié du XVème siècle. Le luxe et les toilettes sont des apparats nécessaires pour impressionner les "visiteurs". En France, à partir de 1879, la silhouette féminine va évoluer avec la tournure. La femme va connaître une période où les jupes vont perdre leur traîne. A partir des années 1930, les revues de mode comme Vogue, Mode chic, Marie Claire vont participer à la vulgarisation de l'évolution de la Mode parisienne. Cette époque est marquée par la robe habillée que l'on porte l'après-midi pour une mondanité. Vers 1930, le quartier de Montparnasse devient le centre du monde pour les artistes comme Louis Aragon, Jean Cocteau, André Breton ou un certain Pablo Picasso. Vers les années 60, le quartier de Saint Germain des Prés symbolise la nouvelle vague intellectuelle avec les écrivains comme Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, .... Les couturiers comme Yves Saint Laurent vont participer à l'évolution culturelle française. La ville de Paris est l'une des métropoles phare de la mode internationale. Elle est le symbole du luxe à travers les noms prestigieux comme CARTIER, HERMES, VUITTON, CHANEL, LANVIN, SAINT LAURENT, DIOR, LACROIX, MONTANA, GAULTIER, ..... Les défilés de mode organisés par les grandes maisons de la haute couture, attirent les plus grosses fortunes mondiales. La tendance est partagée entre la tenue spectacle et la tenue adaptée à l'évolution des modes de vie de la société qui est incarnée par CHANEL. Le couturier Paul POIRET va imaginer cette robe du soir avec les matières nobles de l'époque. Il excelle dans la création des tenues extraordinaires. Le Studio Mainbocher a dessiné la robe en 1935 qui est très tendance à l'époque. Le choix des matières, des coloris et des formes marquent un tournant décisif vers une libération de la femme. Il apparaît des tenues pour le ski. L'époque est propice à la création artistique des couturiers. Le couturier Christian DIOR innove en créant le Tailleur en mondialisation a éclaté les centres de la création de la mode internationale. Londres, New York, .... Tokyo, Milan .... sont devenues des capitales incontournables par une effervescence artistique. Paris reste le symbole du luxe. Les défilés de la Haute couture font venir la presse internationale pour couvrir l'évènement. Les touristes envahissement le bd Haussmann pour faire leurs emplettes aux Galeries Lafayette, .... Printemps, .Sur 2000 m2, au 1er étage face à la somptueuse Coupole Néo-Bysantine du XIXe siècle les Galeries Lafayette proposent 23 signatures incontournables du prêt à porter et des accessoires de Luxe. Les grandes maisons de la Haute couture françaises sont intégrées à des groupes internationaux du Luxe afin de proposer à la clientèle un vaste choix de produits de luxe comme la maroquinerie, les parfums, l'habillement, .... A Paris, la place Vendôme est connu à travers ses joailliers. En 1893, la maison VAN CLEEEF & ARPELS s’installe sur la place. Cette emplacement à un ensemble architectural dessiné par l'architecte Jules Hardouin Mansart vers 1700 à la demande du roi Louis XIV. Aujourd'hui cette place est située dans le 1er arrondissement de Paris à proximité de l'Opéra Garnier, des Jardins des Tuileries et de la rue de La Paix. Les hôtels particuliers ont une unité architecturale de la façade vers la place. Les grandes maisons de la bijouterie et du luxe vont s'installer autour de cette place. On peut citer la maison Boucheron, Cartier, Chaumet, Chanel, Dior, .... La Colonne Vendôme est installée en 1810 pour célébrer la victoire militaire de l'empereur Napoléon 1er à la bataille d'Austerlitz. Elle est haute de 44 m et son diamètre extérieur est de m. Les Spectacles Le Moulin Rouge est créé en 1889, le Quadrille est devenu le célèbre French Cancan avec la Goulue immortalisé par le peintre Henri de Toulouse Lautrec. Sa revue fait venir des touristes de tous les pays. Le célèbre cabaret des Champs Elysées est lancé en 1946. Le Lido est l'un des grands cabarets parisiens. A travers ses revues, il conçoit un spectacle qui émerveille son public. a+ La "ville des Lumières" a plusieurs facettes touristiques. Il y a les grands lieux culturels, mais il ne faut pas oublier de flâner ici et là. Souvent on est surprit par la beauté d'un lieu sous un nouvel éclairage. Paris intra-muros est plutôt constitué d'une mosaïque de villages avec des cultures, des odeurs, des modes vie différents. Il y a le quartier chinois à chinatown dans le XIIIe arrondissement, le quartier Nord africain à barbès dans le XVIIIe, ..... on est loin du quartier cossu du XVIe et du mythe du TiTi parisien incarné par Maurice Chevalier. La Seine a été l'épine dorsale de la cité. Il faut redécouvrir ses berges à pied ou en bâteau. Au loin, on voit s'agiter les voitures, les parisiens, .... mais au-delà, on sent respirer cette ville. Les passionnés d'informatique peuvent découvrir à proximité de la gare de Lyon, vers l'avenue Daumesnil un quartier où les boutiques d'assembleurs sont légions avec la présence de Surcouf, la plus grande surface européenne dans ce domaine. Si vous avez un temps limité pour découvrir Paris, on vous conseille de vous concentrer sur l'ïle de la Cité, le Marais, Saint Germain des Près, le Faubourg Saint Germain et le quatier Latin. Dans ce périmètre, vous avez accès à un patrimoine culturel et d'architecture de 1ère importance. Le Jardin du Luxembourg est un espace de verdure entre le quartier de Saint Germain des Près et le quartier Latin. A l'autre extrémité du quartier Latin, il y a le Jardin des Plantes de Paris. En plein Paris, à Saint-Germain des Près, on est étonné de découvrir un tissu de ruelle où la circulation urbaine est relativement absente .... il y a un calme, une atmosphère... on sent une vie de village .... Depuis le XVIIe siècle, il existe une activité artistique et culturelle. Les peintres comme Delacroix, Ingres .... Manet avaient leur atelier dans ce quartier. Les écrivains comme Georges Sand, Balzac, .... habitaient ici. Le XXe siècle consacre les trois grands cafés Le Flore, Les Deux Magots et la Brasserie Lip qui sont fréquentés par Picasso, Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir, .... Ces cafés sont situés à proximité de l'église de Saint Germain des Près. Le tombeau du philpsophe, mathématicien et physicien René Descartes est présent dans ce haut lieu religieux. Cette église est la plus ancienne de Paris. Ce foyer culturel a permis le lancement de courant comme l'existentialisme. Boris Vian, écrivain et musicien, a joué du jazz amateur dans ce quartier. Dans les années 1960, le mouvement de "La Nouvelle Vague" révolutionne les techniques cinématographiques. Les jeunes cinéastes se rencontrent dans les cafés comme François Truffaut,..., Claude Chabrol et Jean-Luc Godard. On vient du monde entier dans ce quartier à la rencontre de ce passé. La réalité d'aujourd'hui, c'est que cet "esprit" hante plus ce lieu. Il faut découvrir l'ïle de la Cité, elle est à l'origine de la ville. La cathédrale Notre Dame est située en bordure de la Seine. Elle est le principal attrait touristique de la capitale. + 13 millions de visiteurs chaque année. L'architecture est de style gothique du Moyen Age. On vous conseille de visiter la crypte archéologique située sous le parvis de la cathédrale. Les plus gourmands vont continuer vers l'île Saint Louis, il y a la maison du glacier Berthillon 31 rue Saint Louis en l'ïle tél il y a une impressionnante file d'attente .... On traverse la seine vers Le Louvre et les Tuileries. Le cadre architectural est magnifique. On sent la puissance des rois de France à travers ces bâtiments. Au début, Le Louvre est une forteresse qui sera reconvertie en résidence royale. C'est Louis XIV qui décidera de quitter ce lieu vers son château de Versailles. Après les derniers travaux, sa superfie d'exposition des oeuvres a atteint environ m². Le plus grand musée du monde présente environ oeuvres à travers toutes ses salles. Les pièces maîtresses sont La Joconde, le Radeau de la Méduse, .... Il faut être très patient ou arriver de très bonne heure le matin. Parcs & Jardins Le Jardin des Tuileries s'étend sur une superficie d'environ 25 hectares. Le jardinier André LE NOTRE a recomposé son implantation actuelle. Il est l'un des poumons verts de la capitale. On doit le commencement de ce jardin à Catherine De Médicis, reine de France vers 1570 avec la construction du palais des Tuileries. Sa situation géographique est exceptionnelle. En bordure de la Seine, il relie le Palais du Louvre, la place de la Concorde, la rue de Rivoli, .... Il y a des expositions temporaires et des sculptures contemporaines. On peut apercevoir les cavaliers de la garde républicaine au passage de la garde montée entre 14h30 et 16h30. A+ llllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Aquitaine est une région composée des départements de la Gironde, de la Dordogne, du Lot et Garonne, des Landes et des Pyrénées Atlantiques. Sa capitale est Bordeaux. La région Aquitaine est mondialement connue grâce à sa Haute Gastronomie, ses Stations de ski 172 km de pistes et ses plages 300 km. Le massif forestier de pins des landes est le plus grand massif européen. On compte plus de ha de forêts en Aquitaine. C'est le poumon de l'Europe. Aujourd'hui encore, le vin est le principal pilier de la ville de Bordeaux. Ne rater pas la visite de la maison du vin, le Vinorama, ainsi que les expositions de la cité mondiale du vin et chaque année Vin'Expo au Parc des Expositions à Bordeaux Lac. Depuis + 10 ans, les efforts sont réalisés pour restaurer le patrimoine architectural, rénover les quais de la cité et améliorer les transports en commun pour créer une ville où il fait "bon vivre". Le grand évènement à Bordeaux se déroule tous les ans "BORDEAUX FETE LE VIN. Cette manifestation permet de découvrir la grande diversité des appellations bordelaises. La Gironde dans son ensemble est très riche en vieilles bâtisses mais à ne pas manquer le village médiéval de Saint-Emilion niché au creux des vignobles. ....... et Sauternes ... Cette manifestation se déroule soit à la fin du mois de juin soit au début du mois de juillet. La Dordogne La Gironde Les Landes Les Pyrénées Atlantiques La Dordogne A une soixante de kilomètres à l'est de Bordeaux après Saint-Emilion,le pays de Montaigne et Gurson ouvre la porte du Périgord par les deux grandes vallées de l'Isle et de la Dordogne. Dans un paysage très vallonné vous pouvez rêver dans un monde de pierres du 10e au 15e siècle et imaginer voir Edouard 1er d'Angleterre à Villefranche de Lonchat. Parcourir la ville de Sarlat puis direction le musée de la préhistoire à Eyzies ainsi que la grotte du Grand Roc puis vous remonterez dans le Périgord blanc comme les falaises calcaires de Saint-Astier, comme la pierraille de son causse. Ne pas manquer la citée de Périgueux qui mérite le détour, enfin le Périgord vert ainsi qualifié par Jules Vernes au cours de ses voyages. Ici, du plus profond de l'histoire, l'homme a gravé ses sensations, son vécu sur la pierre, construit des forteresses pour mieux veiller sur cette terre. Visiteur ici tu seras bien accueilli, nos maisons te sont ouvertes si tu as le respect de cette terre et de ses habitants. Mais revenons sur la vallée de la Vézère, c'est un lieu à visiter si vous aimez l'histoire, en l'occurrence la préhistoire, la période des chasseurs-cueilleurs de à ans av. JC. Il faut commencer votre pèlerinage par le village Les Eyzies de Tayac. Le Musée National de Préhistoire est agencé de manière didactique. Les 4 salles salle n°1 l'industrie lithique, salle n°2 activités techniques et artistiques du paléolithique supérieur, salle n°3 les nouvelles pièces du Musée, salle n°4 l'anthropologie et les rites funéraires du paléolithique moyen et supérieur présentent un concentré des pièces principales. On peut citer un rhinocéros recomposé à partir d'un moulage d'excellente qualité. On peut aussi admirer l'ancêtre de notre boeuf. Il faut prévoir une durée d'environ 1h15' pour faire le tour des pièces de collection. Pour terminer, faites un petit tour sur la passerelle pour admirer le paysage. Musée national de Préhistoire 1, rue du musée 24620 Les Eyzies-de-Tayac Tél En juin et en septembreTous les jours, sauf le mardi, sans interruption de 9h30 à 18h, En juillet et en août Ouvert 7 jours sur 7 sans interruption, de 9h30 à 18h30. Après nous avons choisi de ne pas faire la Grotte de Lascaux II. Elle est la fidèle reproduction de la grotte originale située à 200 m. Notre choix est guidé par la durée de la réservation en période estivale. En pleine saison, il faut compter attendre plusieurs jours. Au niveau des tarifs, il y a plusieurs formules proposées, la visite de la grotte Lascaux II coûtait 9 €/adulte et 6 €/enfant; Toute la grotte de Lascaux 12,50 €/adulte €/enfant. Il était aussi proposé une initiation aux techniques de l'Art pariétal au tir au propulseur au Thor à 3 €. En conséquence, nous avons opté par les Grottes de Rouffignac D 47 à partir de Les Eyzies de Tayac. Elles sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Vous garez votre véhicule sur le petit parking gratuit. L'accueil n'est pas très organisé. Attention, cela peut vous coûter votre place et il vous faudra attendre le prochain départ, soit environ 20'. Une fois votre billet en poche, on vous fait accéder à une petite salle où un train électrique va cheminer à travers les galeries. La visite est commentée par des guides passionnés. On découvre plus de 260 figures du Mammouth, Rhinocéros laineux, .... Bouquetin, Chevaux ...il y a des frises de Mammouth. Un moment passionnant à vivre. Cette grotte est le vrai lieu où il y a environ ans av. JC, nos ancêtres ont célébré des rites religieux. L'Art des grottes exprime le caractère du sacré à travers ce moyen d'expression. Coût €/adulte et 4 €/enfant, en été les horaires de visite sont de 9h à 11h30 - 14h à 18h En revenant vers les Eyzies de Tayac, la Grotte du Grand Roc est à faire. Le travail du temps a façonné dans la roche calcaire des cristallisations et des concrétions excentriques. Si vous avec la carte du pass, vous bénéficiez de la visite gratuite de la Laugerie Basse habitats préhistoriques. Le parking est gratuit. Au niveau de la visite de la grotte, elle manque de professionnalisme !!! nous avons constaté les guides en train de discuter entre eux pendant un certain temps alors que les visiteurs nombreux en salle attendent. Après cette attente, ces guides constituent des nouveaux groupes en annonçant au milieu d'un groupe constitué qu'il faudrait attendre encore 15' pour faire partie du prochain groupe !!! A par cet incident, la visite va vous charmer. Vous pénétrez au "centre de la terre". On est ébloui par les diverses constructions naturelles des eaux sur cette roche. Les jeux de lumière mettent en relief les œuvres de Dame Nature. La visite dure 40'. Depuis 2016, le Centre International de l’Art pariétal de Montignac Lascaux IV est ouvert au public. Ce site est une fidèle reproduction sur 900 m² de la grotte d'origine en respectant la topologie du lieu. Les hommes de la préhistoire ont peint sur des volumes 3D avec certaines représentations au plafond. En 2020, la pandémie du Covid-19 a entraîné des mesures sanitaires en France avec les fermetures des principaux musées et des principales grottes où l'art pariétal s'était exprimé. Au début du mois de septembre, les grottes comme Lascaux IV et la Grotte Chauvet II ont pu rouvrir au public. Le plan permet de s'orienter dans le Centre International de l’Art pariétal. La grotte 6 étant le but de la visite pour observer les œuvres pariétales. Le travail de la reproduction a mobilisé pendant 3 ans une équipe composée de chercheurs afin de déterminer les technicités utilisées à la préhistoire sur plusieurs millénaires et une équipe chargée de la réalisation avec des peintres, des sculpteurs, des spécialistes de la décoration .... et des informaticiens et des infographistes. Le public peut contempler le résultat. La visite guidée est indispensable pour saisir l'évolution de l'art pariétal avec les différents moyens et techniques utilisés pour peindre. Centre International de l’Art pariétal de Montignac Lascaux IV Avenue de Lascaux 24290 Montignac Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires 27 Juin au 1 Juillet de 10h à 18h; 4 au 19 Juillet de 9h à 20h; 20 Juillet au 31 Août de 8h00 à 20h dernier départ à 17h30; 1er au 30 septembre de 9h à 18h; 1er octobre - 2 novembre de 09h30 à 18h Tarifs Lascaux IV adulte à partir de 13 ans 20 €, enfant de 5 à 12 ans 12,90 € Jeune enfant - 5 ans gratuit Billet jumelé Lascaux IV & II adulte 26 €, enfant de 5 à 12 ans 17 € parfois il existe des opérations commerciales pour obtenir des tarifs remisés. Les amateurs de grottes peuvent découvrir la Grotte de Villars où un parcours de + 1 km dans les entrailles de la Terre est proposé à la visite. Cette grotte n'a pas de grande salle à découvrir, mais elle intéressante par sa visite guidée où l'on conte son histoire datée d'environ ans avec quelques dessins et peintures rupestres. Le parc du Jardin préhistorique a été conçu et aménagé afin de proposer aux familles un lieu de détente autour du thème de la Préhistoire. Les enfants adorent découvrir les scènes selon un parcours balisé au rythme de chaque famille. La Grotte de Villars Le Cluzeau 24530 Villars Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires Ouvert tous les jours du 1er avril à la fin des vacances de ToussaintAvril / mai / juin / septembre 10h à 12h et de 14h à 19hJuillet / août 10h à 19hOctobre / novembre 14h à 18h Tarifs adulte 10,50 €, jeune 12 à 17 ans & étudiant - 25 ans 8,50 € La ville d'Art de Sarlat doit être vue. Le coeur de cette cité rassemble le plus grand nombre de bâtiments inscrits ou classés en Europe au km². Il faut se promener à travers les rues piétonnes où l'on voit ici et là des boutiques de créateurs. Les galeries d'Art sont nombreuses et au coin des rues, vous pouvez assister à des animations estivales. Au hasard des rues, on découvre des maisons travaillées comme des oeuvres d'Art. Il est dommage qu'au milieu d'une place centrale, l'édifice d'une tribune gâche l'environnement urbain . En plus la circulation n'est pas des plus aisées. Un conseil, il faut stationner votre véhicule sur les parcs gratuits en haut de la cité ou vers l'église, mais c'est payant place de la Grande Rigaudie. A proximité du village de Tursac, il y a la Maison Forte de Reignac, un site historique à visiter à la fois par son implantation à flanc de la falaise qui domine la Vézère et par l'Histoire racontée par ce lieu hors du temps. Ce château falaise est classé aux monuments historiques, il est le dernier exemplaire de ce type de construction au Moyen Age en France. Ce lieu était le siège de la seigneurie des Reignac. Dans ce haut lieu de la préhistoire, la vallée de la Vézère a été habitée par les hommes. L'homme a exploité les grottes naturelles sur les falaises pour développer un habitat troglodyte. Cet habitat a été fréquenté de manière épisodique lors des déplacements de l'homme de Cro-Magnon, puis une sédentarisation s'est instaurée avec une occupation sédentaire de l'habitat troglodyte. Au début du Moyen Age, l'habitat n'avait pas beaucoup évolué, mais au XIVe siècle, le seigneur de Reignac va améliorer son logis en bâtissant une extension à flanc de falaise avec une façade en pierre. L'extension permet une nette amélioration de la vie de la cour seigneuriale. Au fil des siècles, les châteaux fortifiés sont abandonnés par les seigneurs pour des résidences plus confortables. Ainsi, le seigneur de Reinac a déménagé dans son nouveau château bâti sur l'autre rive de la Vézère. Sur les terrasses supérieures, le visiteur peut contempler un magnifique paysage où l'homme est venu il y a + ans. Un réel effort a été réalisé au niveau de l'information afin de faire partager au public la vie dans ce lieu troglodyte. La mise en scène des objets et des mannequins contribue à plonger le visiteur dans l'Histoire au pays de la Dordogne noire. L'habitat troglodyte est lieu tempéré. La roche de la falaise permet une régulation de température. En hiver, la chaleur se répand dans les cavités et l'été le ruissellement des infiltrations de l'eau de pluie dans la roche apporte une fraîcheur naturelle. Une salle est consacrée aux objets de torture pour rappeler aux visiteurs qu'au Moyen Age, un seigneur a le pouvoir de rendre la basse justice sur ses terres. Le visiteur peut parcourir les différentes salles en fonction de ses centres d'intérêt. Il est abordé la préhistoire, le Moyen Age ... On peut s'interroger à la vue des scènes présentées sur l'évolution du mode de vie des habitants de cette contrée. Maison Forte Reinac 24620 Tursac Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires ouvert du mois de février à la fin du mois de novembre tous les jours. En février, mars,octobre & novembre de 10h à 18h; avril, mai, juin & septembre de 10h à 19h juillet & août de 10h à 20h Tarifs adulte 9 €, étudiant 6,50 € enfant 5 à 13 ans 4,50 € Le terroir de Nontron est propice à la coutellerie depuis le XVe siècle. Traditionnellement, le manche est confectionné à partie du buis. La marque déposée sur chaque couteau permet d'identifier son origine. Actuellement, il existe encore quelques ateliers comme la Coutellerie du Périgord installée au Moulin de Lapeyre. Dans ce lieu, il y a des démonstrations de forge, de coutellerie, d'huilerie ... La Coutellerie Le Périgord Le Moulin de Lapeyre 24360 Saint Estèphe Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Boutique 47 rue de la République 24200 Sarlat Tél Horaires ouverture en mai 2020 Tarifs adulte 7 €, enfant 4 à 12 ans 2,50 € Vous pouvez continuer votre route vers Les Jardins d'Eyrignac. Une halte reposante dans cet espace de verdure où l'on peut être émerveillé si vous avez l'âme jardinier. Le prix de l'entrée est assez élevé adulte 10,50 €, adolescent €, enfant € mais avec la formule Pass Famille, on règle 30 € 2 adulte + 3 enfants ou adolescents. Le parking est gratuit. On peut pique niquer dans un espace aménagé. Horaires Les Jardins sont ouverts tous les jours de l'année sans exception. Du 1er mai au 30 septembre de 9h30 à 19h sans interruption Les Jardins d'Eyrignac Le Manoir d'Eyrignac 24590 Salignac Eyrignac tél e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Les amateurs de vieilles pierres et d'architecture médiévale doivent découvrir le village de Saint Genies sur la D61. Ce village a conservé ses toits en lauze qui est la matière utilisée par les couvreurs depuis la nuit des temps. Ce témoignage devient de plus en plus rare dans le Périgord noir. Sur les ruines d'un ancien château fort, au XVIe siècle un nouveau château est édifié à proximité de l'église Notre Dame de l'Assomption datée du XIIe siècle. Ici et là, on peut observer des éléments architecturaux médiévaux sur les maisons du village. La lauze était la matière extraite des carrière situées à proximité. Une toiture en lauze impose une charpente robuste car il faut supporter le poids de 800kg/m². Une toiture en lauze dure plusieurs siècles. En fonction des conditions météorologiques, la lumière naturelle apporte une touche romantique à ce lieu hors du temps. On peut visiter la Chapelle du Cheylard de style gothique sur la colline qui surplombe la vallée de la Chironde demander à la Mairie Tél L Village de Saint Genies D61 24590 St Genies Au Moyen Age, on exploitait les carrières de Travassac pour fournir localement les ardoises pour l'habitat. A partir de l'an 1757, les ardoises extraites du sol vont s'exporter vers les différentes régions françaises. La Cathédrale de Limoges a sa couverture en ardoise de Travassac. A la veille de la 1ère Guerre mondiale, les différentes carrières emploient 200 ouvriers. Depuis, il reste une seule carrière en activité. Elle a produit les m² nécessaires pour l'Abbaye du Mont Saint Michel. Son exploitation a été prolongée pour une durée de 25 ans.. Le site des Pans de Travassac se visite depuis 1997. Cette visite permet aux visiteurs de découvrir le travail de l'Homme pour façonner au fil des siècles le paysage. Au cours de la visite guidée d'une durée 1h30, le public assiste à des démonstrations du métier d'ardoisier Les Pans de Travassac D25, La Rue Haute 19270 Donzenac Tél E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires de Mai, Juin, Septembre & Octobre tous les dimanches et les jours de fêtes avec des visites guidées à partir de 14h30 - 15h00 - 15h30 - 16h00 - 16h30 - 17h00 et 17h30 de Juillet & Août tous les jours de 10h30 - 11h00 - 11h30 - 14h30 - 15h00 - 15h30 - 16h00 - 16h30 - 17h00 et 17h30 Tarifs adulte 8,20 €, étudiant 8 à 18 ans 5,20 €, enfant - 8 ans gratuit Sur la Dordogne, la cité médiévale de Beynac et Cazenac vous ne pouvez pas louper le château qui domine. Il est gardien historique de cette contrée. Sur les berges, nous vous conseillons de découvrir les châteaux à partir de la Dordogne . Une excursion en Gabarre bateau local d'une durée de 50 mn va vous enchanter. Idéal pour prendre des photos et pour les amoureux Les guides commentent très bien en mentionnant l'écosystème de ce fleuve. En cité haute, les maisons moyenâgeuses adossées au château vous font revivre le passé prestigieux de cette région. Sur la D660 en longeant la Dordogne, vous allez découvrir la citée de Bergerac. Elle est la 2ème ville du Périgord. Nous vous conseillons de visiter la vieille ville. Entre la Dordogne jusqu'au cloître des Récollets, vous parcourez les ruelles ombragées. Assistez à l'une des brocantes chaque 1er dimanche matin du mois dans la vieille ville. L'ambiance bon enfant et parfois vous allez "craquer "pour l'objet qui va enrichir votre intérieur. Un coin sympathique pour un pique nique, vous allez sur la berge de la Dordogne. Il y a un espace aménagé au bord de l'eau. A 6 km au sud de Bergerac sur l a D13, vous allez découvrir le château de Monbazillac du XVI siècle. Cette visite permet de satisfaire votre curiosité sur le passé historique de nos régions françaises et votre palais avec le vin de Monbazillac. Au niveau du patrimoine, l'intérieur des pièces sont orné de tapisseries et du mobilier du XVII siècle. Au niveau oenologique , au pavillon d'accueil vous pouvez déguster la gamme des vins de la propriété. Nous avons remarqué les Monbazillac et le château de Monbazillac 15 euros/bs et le Pécharmant rouge. La cité médiévale de Gourdon D704 est vraiment un lieu chargé d'histoire. L'église gothique est magnifique . Au fond de l'hôtel vous pouvez admirer des icônes de grande qualité. Au grès des ruelles, on découvre des bâtiments historiques mais aussi des expositions culturelles. Découvrez le jeudi matin le marché des producteurs locaux Foie gras, saucisson au canard,..... Sur la D703, vous pouvez admirer le jardin exotique de la Roque-Gageac. Si vous aimez faire du canoë, l'endroit est idéal. La particularité de ce lieu est d'être adossé à une falaise. A Saint Julien aux Bois, un village médiéval a été reconstitué par Pierre Gire pour faire partager aux visiteurs les conditions de vie des paysans au Moyen Age. Les Fermes du Moyen Age Le Puy d'Arrel 19220 Saint-Julien aux Bois Tél - E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Horaires des vacances de Pâques au 30 juin 14h-18h fermé le samedi; du 1er juillet au 31 août 10h-19h tous les jours; du 1er septembre aux vacances de Toussaint 14h-18h fermé le samedi Tarifs adulte 7 € adolescent 6 à 12 ans 5 € enfant - 6 ans gratuit Au niveau de la gastronomie, nous avons testé au cours de notre périple en Dordogne et en Gironde, les restaurants sélectionnés d'après le Guide du Routard, du Michelin et de Gault Millau. Voici les établissements visités - La Vieille Treille route du Gouffre de Proumeyssac Le Bourg 24260 Audrix tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Nous choisissons le menu à 15 €. Nous avons opté pour la salade de gésier, le confit de canard ou le tournedos de faux filet à la sauce aux truffes, le gâteau de noix à la crème anglaise ou un parfait à la châtaigne à la crème anglaise. Le décors est un peu décevant pour les personnes qui se focalisent sur le terme de l'Auberge Médiévale. Notre équipe s'est rendue lors de notre tournée en Périgord dans ce restaurant. En cette belle journée, nous avons été accueilli avec sourire et convivialité. Le menu à 15 € proposait des spécialités périgourdines. Nous avons été tenté. Nous avons noté que le gâteau de noix est correct. On peut signaler que le prix des vins est raisonnable. Vous avez la possibilité de commander des vins de Bergerac, rouge, rosé et blanc au prix unique de 2,5 euros/verre. Lors de notre passage, le vin de Bergerac rouge était bouchonné !!! En résumé, cette table est satisfaisante dans cette région gastronomique, le service est rapide et la note approche les 23€/personne. Office de Tourisme BP 114 Place de la liberté 24200 Sarlat France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Grotte de Rouffignac 24580 Rouffignac France tél 33 Grotte du Grand Roc 24620 Les Eyzies en Périgord France tél 33 Office de Tourisme 97 rue Neuve d'Argenson 24100 Bergerac France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Château de Monbazillac route de Mont de Marsan 24240 Monbazillac France tél 33 internet Ferme des Places 46300 Anglars-Nozac France tél France foie gras d'oie et de canard, confit, ... visite gratuite de l'élevage Ferme Jacquin Emboly 46350 La Mothe Fenelon France tél 33 foie gras primé visite gratuite de la ferme La Gironde Hormis sa route du vin, vous pourrez y découvrir des Châteaux et de nombreux monuments églises, tours,....... ainsi que des grottes notamment celle d'Artigues qui est une réplique de celle de Lourdes. Pour les amoureux de la navigation, l'estuaire de la Gironde contient plusieurs ports de plaisance et de pêches vous pourrez même louer un carrelet médocain cabanes de pêches où vous découvrirez la pêche traditionnelle. De nombreux circuits pour les randonnées possibilité de louer des VTT vous seront aussi proposés. Attention, la pollution du Golfe de Gascogne limite les activités estivales ..... Le bassin d'Arcachon Les plages océanes pour ceux qui veulent surfer à Lège-Grand-Crohot où a lieu chaque année une manche du championnat du monde longer les plages jusqu'au Cap Ferret, prendre le petit train puis rejoindre le bassin avec tous ses petits ports ostréicoles, son île aux oiseaux, ses cabanes tchanquées, ses pinasses......... Ici la ville s'organise au rythme des marées. Avec sa dune du Pylat, la ville d'Arcachon, le domaine de Certes à Audenge, le phare du Cap Ferret, le vieux village de pêcheurs....., le bassin offre de multiples activités culturelles. La presqu'île du Cap Ferret est un lieu à la mode. Les vedettes de la télévision, du cinéma et de la chanson aiment passer quelques jours dans cette station balnéaire. Ses plages s'étendent sur environ 25 km avec la réserve naturelle des prés salés d'Arès et de Lège-Cap Ferret. L'activité d'ostréiculture est très présente sur le bassin. Notre reportage commence par la capitale bordelaise. En cette fin du mois de juillet, la température est étouffante mais les bordelais vont à la Basilique Saint Michel découvrir les bonnes affaires sur le parvis. Le marché aux puces est de bonne qualité, on découvre ici et là des affaires correctes. Nous nous déplaçons vers la Porte de Bourgogne. La Garonne est très présente dans cette ville. Au hasard des rues, on découvre des maisons travaillées comme des œuvres d'Art. Il faut absolument visiter la Grosse Cloche, l'un des rares vestiges de l'époque médiévale de la citée. La place de la Bourse a été récemment restaurée avec des jeux de lumières à apprécier à la nuit tombée. Le Grand Théâtre, le Musée des Beaux Arts, ... et la cathédrale Saint André sont des lieux incontournables à découvrir. Il faut faire une petite halte pour déguster le célèbre Cannelé. Cette pâtisserie est la spécialité préférée des bordelais. Ils le dégustent avec un café ... Après ce petit bonheur, on reprend notre visite. Le Musée d'Aquitaine vous évoquera l'histoire prestigieuse de cette citée. Après ce périple, il fallait se restaurer, nous avons choisi le célèbre CHAPON FIN que tous les bordelais connaissent. Le nom évocateur de Bordeaux nous conduit naturellement vers la Maison du Vin de Bordeaux 1 cours du XXX Juillet 33000 Bordeaux Tél. 05 56 00 22 66. On peut y déguster ce délicieux nectar gratuitement. On peut aussi suivre une formation d'initiation à la dégustation payant. En 2007, l'UNESCO classait presque 50 % du territoire de la ville sur la liste du patrimoine mondial. Cette décision historique est le fruit des travaux entrepris pour réhabiliter la ville. Les façades du centre-ville ont été ravalées, les quais sont en cours de réhabilitation, ... et le tram a fait son apparition. Le 1er juin 2016, la nouvelle Cité des Civilisations du Vin a été inaugurée par le Président de la République Française. Ce nouvel espace dédié aux vins doit permettre aux visiteurs du monde entier de découvrir l'univers du vin à travers plusieurs lieux aménagés dans ce bâtiment. Le pont levant Jacques Chaban Delmas est une belle réussite architecturale. Il s'inscrit dans le renouveau de l'aménagement des quais de la cité bordelaise. L'architecte Charles Lavigne est connu pour avoir œuvrer sur le Pont de Normandie. Un aménagement pour les transports doux a été implanté. Il est prévu à l'origine pour réaliser une soixantaine de levées par an pour laisser les bâteaux naviguer sur la Garonne. Cependant, les efforts de communication de la ville de Bordeaux depuis le classement au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO pour attirer les touristes du monde entier ont contribué à imposer une escale à Bordeaux par les croisiéristes. La découverte des vignobles du Médoc le long de l'estuaire de la Gironde est un vrai plaisir pour les amateurs avertis des célèbres vins médocains Margaux, Pauillac, Saint Estèphe, Saint Julien - Beychevelle, ..... Il faut parfois plus d'une semaine pour pouvoir réserver afin d' assister à une visite et une dégustation d'un très grand château. Notre équipe a été surpris de l'accueil du Château MAUCAILLOU. Le Musée de la Vigne et du Vin mérite un détour mais le jour de notre reportage, l'accueil des touristes était vraiment très indigne de sa renommée. L'Océan est à 50 km. Nous partons à Lacanau Océan goûter aux joies de la baignades et de la bronzette sur la plage. Les vagues font des rouleaux avant de venir s'écraser sur le sable de la plage. Nous apprécions ce délicieux moment. Attention aux niveau de l'anecdote, par un bel après-midi d'été, un gros orage a éclaté sur la plage, ...... la plage bondée s'est vidée en un temps record. Nous reprenons notre périple vers le Bassin d'Arcachon. Nous longeons le Bassin d'Arès à Audenge où nous arrêtons pour découvrir le joli port et son patrimoine naturel. Nous dégustons directement des huîtres dans les cabanes ... vraiment un plaisir de gastronome. Après notre halte, nous repartons vers la Dune du Pilat et Arcachon. Il vaut mieux arriver de bonne heure pour ne pas être dans la cohue qui part à l'assaut du sommet. On accède au 1er sommet en gravissant un escalier de bois où le sable est omniprésent. Le vent souffle et sculpte les différentes formes de la partie haute des sommets. La vue est magnifique lorsque le temps est dégagé. A Arcachon, nous embarquons pour l'un des canots à moteur pour la découverte de l'Ile aux Oiseaux. La vue est magnifique, on découvre la vie maritime et le passé .... un instant qui reste gravé dans nos mémoires. Les amoureux de la Nature devront se rendre à la Réserve Ornithologique du Teich afin d'observer la migration des milliers d'oiseaux dans cette zone humide. Un parcours le long d'un sentier de 6 km permet une observation dans l'une des 20 cabanes et des 4 vues panoramiques. La Réserve Ornithologique du Teich rue du Port 33470 Le Teich Tél Horaires ouvert tous les jours du 1er janvier au 14 avril de 10h à 18h; du 15 avril au 30 juin de 10h à 19h; du 1er juillet au 31 août de 10h à 20h; du 1er au 15 septembre de 10h à 19h et du 16 septembre au 31 décembre de 10h à 18h. Fermé le 25 décembre. Tarifs adulte 9,60 €, enfant 7,40 € Famille nombreuse + 2 enfants adulte 8,60 € & enfant 6,80 € La ville de Saint Emilion est classée au patrimoine mondial de l'Humanité de l'UNESCO. Elle est située à proximité de Libourne et de Pomerol. Une voie rapide relie cette région à Bordeaux à environ 40 km. L'architecture médiévale a été conservée. Il reste des vestiges de son passé, la Tour du roi construite en 1237 par Henri III, roi d'Angleterre et Duc d'Aquitaine. L'Aquitaine a été une terre possédée par la duchesse Aliénor d'Aquitaine qui s'est marié au roi de France Louis VII, puis avec le futur roir d'Angleterre Henri II. Par ce mariage, l'Aquitaine devient donc une possession anglaise pour quelques siècles. Le commerce des vins de Bordeaux vers l'Angleterre va enrichir l'Aquitaine. Attention, Saint Emilion et ses environs attirent des touristes du monde entier. En été, il est conseillé de venir le matin de bonne heure, après il y a une foule importante dans les rues de la ville. Si vous pouvez visiter cette cité au moment des vendanges, vous allez être conquis ..... Vers les années 1970, une grande partie des châteaux recevaient directement à la propriété et gratuitement. Aujourd'hui, on doit pratiquer comme dans le Médoc. Il existe la Maison du vin de Saint Emilion qui nous a pas convaincu Maison du Vin de Saint-Emilion place Pierre Meyrat 33330 Saint Emilion Tél 05 57 55 50 55. Il est présenté + 400 vins de + 250 châteaux des appellations Saint Emilion, Lussac St Emilion et Puisseguin St Emilion. Cependant, il n'y a pas le coté convivial de la rencontre entre un vigneron et un Amateur de Bordeaux. Au niveau du prix de vente de la bouteille, le prix vendu est le même prix qu'en vente directe au château bordelais. L'Ecole du Vin de St Emilion propose des cours d'initiation, de découverte et d'assemblage pour créer son propre vin !!! Au niveau de la gastronomie, nous avons testé au cours de notre périple en Dordogne et en Gironde, les restaurants sélectionnés d'après le Guide du Routard, du Michelin et de Gault Millau. Voici les établissements visités - L'Auberge le Savoie 1 place de Trémoille 34460 Margaux tél plusieurs menus mais notre équipe prend le premier menu à 13 €.Le cadre est assez prestigieux, l'entrée est très réussie . En cette période estivale, la chaleur est assez étouffante. Il fait 25° à 20h30 !!!! Les repas sont servis dans une terrasse intérieure. L'agencement et l'éclairage mette en valeur cet espace. L'accueil est impeccable nous avons pris soin de réserver par téléphone. En ce jour de lundi, il n'y a pas beaucoup de client, alors il a été décidé de ne plus servir après 21 heures. Au niveau du repas, on apprécie la belle vaisselle et le cadre dans ce lieu mythique Margaux. Menu 14,50 € assiette de crudités avec écrevisse, Assiette de charcuterie avec foie gras, boeuf bourguignon ou filet de Merlan et en dessert île flottante La cuisine est inventive on peut noter une recherche au niveau des saveurs, chaque plat est conçu pour créer une harmonie. Un vrai plaisir de gastronome. Une table à recommander, le service est assez rapide. Une adresse à découvrir si vous faites la routes des vins le long de la Gironde à Margaux. - Le Chapon Fin 5 rue Montesquieu 33000 Bordeaux France tél 33 Notre équipe prend le menu à 27 €. La table est magnifique et le cadre est imaginatif une rocaille avec un jeu de lumière. Le service est impeccable et les mets sont cuisinés dans les règles de l'art. En 2017, les prix ont augmenté. Au dîner, le menu "Découverte" à 69 € permet d'apprécier une cuisine inventive et de qualité. Son ancien Chef, Nicolas FRION, a marqué déjà les papilles ...... des habitués de cette institution bordelaise. En 2014, Nicolas Nguyen Van Hai, second en cuisine prend la direction de la brigade. En sortant de ce restaurant, si vous aimez les fromages alors il faut traverser la rue pour vous rendre chez Jean d'ALOS .... l'un des meilleurs fromagers de France. Office de Tourisme 12 cours du XXX Juillet 33080 Bordeaux France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Maison du Vin de Bordeaux 3 cours du XXX Juillet 33075 Bordeaux cedex France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Domaine Les Sapins 33480 Moulis en Médoc France Tél Chambre et Table d'Hôtes Restaurant du Musée des Arts Décoratifs 39 rue Bouffard 33000 Bordeaux France tél 33 Château de Roques 33570 Puisseguin France tél La Maison du Lierre 57 rue Huguerie 33000 Bordeaux France tél e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. CAPC Musée 7 rue Ferrère 33000 Bordeaux France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. VINORAMA 12 cours du Médoc 33000 Bordeaux France tél 33 Les Hôtes du Médoc 8 route des Ormes de Pez 33180 Saint Estèphe France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Union des Bateliers Arcachonnais 76 bd de la Plage 33120 Arcachon France tél 33 e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. internet Les Landes A l'intérieur des terres, nous trouvons d'immenses forêts de pins qui couvrent environ 70% de la surface nord du département. Pour les randonnées, plusieurs aménagements ont été réalisés avec des relais gastronomiques et ces différents sites ou vous pourrez découvrir le dur travail des résiniers. Toute la côte du département est bordé par l'océan atlantique de Biscarosse jusqu'à Tarnos près de Bayonne ce n'est qu'une longue bande de plage de sable fin. Les tempêtes de 1999 et de janvier 2009 ont ravagé la forêt landaise. Les vents ont couché au sol + 40 % des arbres. Aujourd'hui, la filière du bois est en péril. Il faudra une génération pour les fameux pins des landes. Au XVIIIe siècle, il est décidé de stopper l'érosion de la côte des Landes et d'assécher les zônes humides. Il est entrepris un immense chantier de plantation de pin maritime par Brémontier, au total, une superficie d'environ 1 million d'hectares est plantée. La forêt des Landes est une forêt "industrielle". Les propriétaires vendent les pins aux scieries. Les landes ont développé une diversité de la flore spécifique à ce climat océanique. Le parc naturel régional des Landes de Gascogne préserve la richesse de cet écosystème fragile. Attention, si vous circulez à l'intérieur de l'immense forêt des Landes, vous risquez de vous perdre. L'aide du GPS va vous être très utile pour vous orienter. Les Pyrénées Atlantiques Le "pays basque attire les touristes européens et les français pour sa culture, ses plages et ses paysages. Le Golfe de Gascogne est marqué par l'action d'érosion de l'Océan Atlantique. Les surfeurs apprécient cette cote où les vagues et les courants sont forts. L'identité culturelle basque est très présente dans les rues. On voit des groupes se former et "chanter" des airs et des chansons du folklore basque. La Fête du Jambon de Bayonne est un évènement attendu par tous les basques. Elle existe depuis l'an 1462. L'édition 2019 s'est déroulée du 18 au 21 avril. Le très attendu "Concours du meilleur jambon de Bayonne" mobilise tous les producteurs artisanaux. Les touristes peuvent apprécier le cochon basque dans diverses préparations. Le spectacle est assuré avec une ambiance très festive. Depuis le Moyen Age, le port de Biarritz était un petit port où l'on pêchait la baleine pour son huile. Aujourd'hui, la pêche est orientée vers la sardine et le thon. Il existe fréquemment des conflits lors des campagnes de pêche entre les pêcheurs "basques espagnoles" et "basques français". Le développement touristique de Biarritz a bénéficié de la mode des bains de mer pour la haute société européenne. Le facteur initiateur est l'Impératrice Eugénie qui va y séjourner 2 mois en 1854. Par la suite, l'Empereur Napoléon III va lui faire construire un palais. A partir de cette époque, le couple impériale va séjourner régulièrement dans ce palais. La cour va suivre le mouvement. Le thermalisme se développe et la "bonne société" construit des maisons bourgeoises pour séjourner. Les projets architecturaux les plus fous vont construire le futur Biarritz d'aujourd'hui. m m m m m m Bidart m m m m La Plancha 2 av. du Lac Plage d'Ibarritz 64210 Bidart Tél E-mail La Plancha D'Ilbarritz LaPlanchaDIlbarritz Hasparen m m Le pays basque c'est les fêtes dans les villages. Les courses de vaches, les tournois de pelote basque, ..... et la bonne gastronomie locale. m Rhune mm m m m m m m On vous recommande de visiter la ferme aquacole située dans la vallée des Aldudes à Banca Ferme de la Truite de Banka 64430 Banca tél Elle est spécialisée dans l'élevage de la truite Arc en Ciel. Vous allez découvrir le parcours d'élevage de la truite de l'alevin à la pièce de 4 kg en 5 ans. La visite est gratuite pour les particuliers. Il y a une boutique sur place où vous pouvez acheter les produits de la ferme. Top
MeteoPlage des Conches - Bud Bud Longeville-sur-Mer (85560) ☼ Longitude : -1.49 Latitude : 46.39 ☀ La France, officiellement République française, est un pays d'une superficie de 672 369 km2, il est ainsi classé 41ème pays par sa taille. Sa La marée est en train de descendre à Jard-sur-Mer. Comme vous pouvez le voir dans la courbe des marées, la marée la plus haute de était à 449 pm et la marée la plus basse de est à 1118 pm . Le soleil s'est levé à 718 am et le soleil se couchera à 859 pm. Aujourd'hui on aura 13 heures et 41 minutes de soleil une temperature moyenne de 23°C. La temperature de l'eau est 18°C maintenant. et la temperature moyenne de l'eau est 18°C aujourd'hui. Prochaine marée haute 509 AM Prochaine marée basse 1118 PM Horaires des marées pour Jard-sur-Mer pour la semaine prochaine Horaire marées Jard-sur-Mer JOUR 1ère MARÉE 2ème MARÉE 3ème MARÉE 4ème MARÉE Soleil 25 Thu0434 h▲ m1055 h▼ m1649 h▲ m2318 h▼ m▲ 0718 h▼ 2059 h 26 Fri0509 h▲ m1131 h▼ m1723 h▲ m2353 h▼ m▲ 0719 h▼ 2057 h 27 Sat0541 h▲ m1205 h▼ m1755 h▲ m▲ 0720 h▼ 2055 h 28 Sun0026 h▼ 1 m0613 h▲ m1237 h▼ 1 m1827 h▲ m▲ 0721 h▼ 2053 h 29 Mon0058 h▼ m0644 h▲ m1310 h▼ m1859 h▲ 5 m▲ 0723 h▼ 2051 h 30 Tue0131 h▼ m0715 h▲ m1343 h▼ m1931 h▲ m▲ 0724 h▼ 2049 h 31 Wed0205 h▼ m0748 h▲ m1419 h▼ 1 m2005 h▲ m▲ 0725 h▼ 2047 h Maree peche pour Jard-sur-Mer - Journée très favorable pour la pêche Meilleures heures pour la pêche TRES HAUTE ACTIVITE De 1232 am à 232 am Maree peche pour lune basse TRES HAUTE ACTIVITE De 1244 pm à 244 pm Transit lunaire lune haute Mauvaises heures pour la pêche De 448 am à 548 am Lever de la lune De 841 pm à 941 pm Coucher de la lune Coucher du soleil 859 pm Coucher de la lune 841 pm Temperature 24°C Météo Passages nuageux Humidité 68% Vent 42 km/h La météo aujourd'hui pour Jard-sur-Mer Météo pour Jard-sur-Mer aujourd'hui 0 3 6 9 12 15 18 21 24 21°C23°C23°C23°C24°C24°C23°C20°C17°C Lieux proches de Jard-sur-Mer Copyright © 2021. All Rights Reserved by - View our Privacy Policy Emploi: Garde à domicile à La Tranche-sur-Mer, Vendée • Recherche parmi 911.000+ offres d'emploi en cours • Rapide & Gratuit • Temps plein, temporaire et à temps partiel • Meilleurs employeurs à La Tranche-sur-Mer, Vendée • Emploi: Garde à domicile - facile à trouver ! Il m'a souri, je me suis approchée... Aujourd'hui, il a plu toute la journée comme vache qui pisse ou à boire debout comme on dit au Québec, le ciel était plombé, certains disent à la blague que c'est le mois d'octobre le plus moche que l'on ait eu depuis longtemps. Pourtant, nous sommes bien le 29 juin. Alors, pour tenter de vous remonter le moral si besoin était, je vais vous raconter une petite histoire. Cette histoire, c'est celle d'une femme, hum disons mature », un peu beaucoup en mal d'amour, et un peu beaucoup submergée ces derniers temps par des émotions de toutes sortes, des plus belles aux moins chouettes. Ceux et celles qui connaissent d'assez près la protagoniste de l'histoire - ah oui, j'ai oublié de mentionner que c'est moi - doivent commencer à se prendre la tête entre les mains en appréhendant légèrement ce que je vais raconter. Car, ils le savent bien, j'ai tendance à m'attirer bien involontairement des ennuis quand il s'agit de trouver des remèdes miracles qui feront du bien au moral... Vous vous souviendrez peut-être de ma mésaventure capillaire qui a eu pour origine cette idée de poser des rallonges sur ma tête garnie de cheveux extrêmement fins et assez peu nombreux, merci. D'ailleurs, si j'y pense bien, le temps était également certainement moche à l'époque puisqu'on était au mois de janvier. J'avoue, avant de commencer, que je fais partie de celles et de ceux qui peuvent faire des folies suivies d'un sursaut d'intelligence qui leur fait regretter leurs dérives ». Dans mon cas, je me sens alors comme une poule pas de tête. Vous l'avouer ne m'excuse pas certes, mais ne dit on pas qu'une faute avouée est à moitié pardonnée ? Bon, là, je sens que vous vous impatientez; vous voulez savoir ce qui m'est arrivé, hein ? En premier lieu, cette semaine j'ai de nouveau acheté des rallonges. NON!!!!!!! ceux et celles qui avaient déjà la tête entre les mains se sont écroulés de dépit. Pour les autres, je continue. Ah, mais attention, rien à voir cette fois-ci avec ma mésaventure capillaire voir plus haut, je ne suis pas restée en salon huit heures pour coller des bandes de cheveux pour les décoller le lendemain à chaud pendant sept autres heures. Pas folle, la madame. Cette fois-ci, il s'agit de bandes de cheveux que je peux clipper aux endroits que je veux uniquement sur la tête.... Pas cher, facile et assez cool. Ah oui, j'ai oublié de vous préciser que j'avais décidé quelques jours auparavant de couper moi-même les pointes abîmées de mes cheveux déjà pas très longs. Vous savez ce que c'est, on coupe par-ci, on coupe par-là pour finalement se retrouver avec une coiffure sans queue ni tête. Vous comprendrez donc qu'il fallait bien que je trouve une solution. Rassurés, maintenant ? Petite note à Christian du salon Icône, mon cher coiffeur surtout ne vous découragez pas si vous lisez ces lignes, ce n'est quand même pas si pire. Disons seulement que je vais attendre quelques mois avant de venir vous voir.... Je continue ma petite histoire car ce n'est hélas pas fini. Aujourd'hui vendredi, j'avais rendez-vous dans le centre-ville. Allez savoir pourquoi, j'ai fait un petit détour par les boutiques en souterrain. Au détour d'un des nombreux kiosques de produits, je vois au loin un jeune homme pas trop mal de sa personne. Nos yeux se croisent un eye contact comme on dit en français. D'habitude, je passe mon chemin comme si je n'avais rien vu. Mais là, on dirait qu'il y avait une sorte d'amant, oups d'aimant. Il m'a souri, je me suis approchée, et il m'a présenté ses produits pour la peau aux innnnncroyables effets miracles grâce à leurs éléments extraits directement de la mer Morte. Pas n'importe quoi quand même. J'étais piégée. Dans un mélange de français et d'anglais, il m'embobinait You have so beautiful eyes», I liked your smile as soon as I saw you ». Le coup de grâce I see the beginning of a relationship between us » alors que ma carte Visa commençait à avoir le tournis il parlait ici de relation de confiance entre un expert et une cliente régulière, faut-il préciser. Hypnotisée mais bien consciente de la situation, j'ai embarqué de plein gré dans ce petit jeu de séduction commerciale »; les petits mots doux de ce jeune homme et sa façon si douce d'étaler la crème sur ma main étaient mes petits cadeaux de la journée. Non mais, quelle conne je suis ! », voilà pourtant ce que je n'arrêtais pas de me dire alors que je m'éloignais avec un sac bien fourni certes il m'a quand même fait de beaux cadeaux et la bonne conscience complètement chamboulée. Le pire, c'est que lorsque je suis rentrée chez moi, je me suis aperçue que le dessous de mes yeux étaient jaune; je revenais d'un examen ophtalmologique. You have so beautiful eyes », mon oeil, oui... Promis, je vous tiens au courant sur les bienfaits de ce masque anti-âge, remodelant, rajeunissant, régénérateur, antioxydant, etc. En attendant, on garde cette histoire entre nous, ok ? C'est officiel la cuisine surpasse la culture dans les médias. Ça s'est passé lors de l'émission 125, Marie-Anne de Christiane Charette diffusée sur Télé-Québec le 26 avril dernier laquelle, à un certain moment, a regroupé autour de la table Gilbert Rozon, Geneviève St-Germain et Frédéric Martel, chercheur, écrivain et journaliste français. Cette réunion improbable avait pour sujet de discussion une expérience commune à tous les trois l'opportunité qu'ils avaient eu d'assister la veille à une conférence » entre 9 et 15 minutes de l'ex-président français Nicolas Sarkozy au Palais des congrès de Montréal. Quelles étaient donc leurs impressions ? Les réactions spontanées et les commentaires dithyrambiques de Gilbert Rozon et de Geneviève St-Germain m'ont véritablement frappée; nul doute, ils étaient véritablement impressionnés et emballés par le talent d'orateur du monsieur et par sa capacité à donner un avis tranché sur n'importe quel sujet, notamment économique ou géopolitique c'est son métier quand même. Des qualités qui en faisaient un homme extrêmement intelligent» selon les dires d'un monsieur Rozon complètement séduit. Jamais, lors de ce tour de table, il n'a été question des thèmes que monsieur Sarkozy avait abordés. Cela aurait pourtant été intéressant alors qu'il s'agissait d'une conférence ultra privée et que les représentants de la presse n'avaient pas été conviés à la demande du principal intéressé. Non, c'est uniquement la verve de l'homme qui a primé. J'aurais espéré plus de la part de madame St-Germain qui n'a pourtant pas la langue dans sa poche et qui sait exposer des opinions tranchées. En même temps, la nature de la discussion ne m'a pas complètement étonnée car elle est représentative de ce phénomène encore ancré au Québec, ce fameux complexe d'infériorité quant à nos formes et nos forces d'expression. Or, posons-nous la question suivante que faut-il pour bien s'exprimer ou pour s'engager dans une conversation au sens large du terme ? À mon humble avis, il est nécessaire d'avoir une bonne culture générale, un sens aigu de la curiosité, et une ouverture d'esprit sur le monde qui nous entoure. Avec ce bagage, il me semble qu'on l'on peut se frotter aux opinions des autres. Attention, je ne parle pas ici de niveau de langue ou d'intellect mot à proscrire au risque de se faire catégoriser en tant que prétentieux. Mais comment peut-on acquérir ce bagage de connaissances ? Par les livres, par les voyages, par des conférences, par des rencontres, par les médias, etc. La palette de choix est grande. En ce qui me concerne, ma source préférée, ce sont les médias en tous genres. J'en suis une passionnée. Est-on bien servis au Québec ? Ça dépend. Pour ce qui est de l'information locale et du showbizs, très certainement, pour l'actualité internationale, moins. Pour ma part, je dois dire que je me sens un peu affamée. Je ne rentre pas ici dans les fameux débats sur la différence des médias traditionnels et des nouveaux médias ou sur le rôle des journalistes et des chroniqueurs. Je suis affamée car j'ai cette désagréable impression que l'on me sert un grand flux de nouvelles certes, mais pas toujours les bonnes ou pas toujours suffisamment étoffées pour me faire une opinion. À moins que ce soit le temps qui me manque pour le faire. L'information est à peine livrée que l'on passe déjà à autre chose. Cette façon de faire n'est pas l'apanage du Québec je le sais bien, alors que ce phénomène de multiplication des nouvelles touche tous les pays du monde. Mais au Québec, société distincte de vocation, en est une également en termes d'information journalistique. Nos centres d'intérêt tendent principalement vers les faits divers, les sports plutôt le sport car il s'agit principalement du hockey et la météo. Il y a de quoi ressentir parfois un sentiment de vide... intellectuel, non ? Attention, je ne fais pas ce constat sur la seule base de ma propre perception, il y a des chiffres et des études qui démontrent la pauvreté de l'information médiatique au Québec. Si vous avez un petit moment devant vous, je vous invite à écouter la conférence ci-dessous présentée par Éric Montpetit professeur titulaire et directeur du Département de sciences politiques à l'Université de Montréal et Jean-François Dumas Influence Communication. Pas très reluisant. En termes de couverture de presse et de niveau d'intérêt, sachez que la cuisine a officiellement surpassé la culture, c'est tout dire et c'est une tendance qui ne semble pas faiblir. Quant aux nouvelles concernant le reste du Canada ou l'actualité mondiale, elles ne sont que survolées. Pas intéressant puisque ça ne se passe pas chez nous... Lors de la conférence ci-dessous, on appelle cela une information de proximité. Bien de chez nous. Une proximité émotive et géographique » précise monsieur Dumas. C'est aussi simple que cela. Mais alors, comment fait-on si on recherche des articles de fond ? Comment peut-on refaire le monde autour d'une bonne bouteille de vin si on a aucune connaissance de ce qui se trame ici et ailleurs ? Quelle est la responsabilité de nos entreprises de presse engagées dans des stratégies de convergence qui, par quête de profits, utilisent des contenus multiplateformes, sous-estiment le travail des journalistes et n'hésitent pas à mettre le couperet sur des émissions soi-disant trop chères à produire j'ai en tête l'arrêt brutal de l'extraordinaire émission Une heure sur terre ? Quel est notre rôle, en tant que consommateur de médias, dans la valorisation d'une information de qualité ? Nous donne-t-on finalement l'information que l'on veut recevoir et que l'on mérite ? Si je veux rester informée, je suis consciente que j'ai des devoirs à faire, mais je suis d'avis aussi je suis en droit d'avoir - notamment de la part de notre diffuseur public - des émissions d'affaires publiques de qualité qui ouvrent des pistes de réflexion. Des tribunes qui ne donnent pas toujours la parole aux mêmes intervenants ou vedettes du petit écran ou du micro, mais aussi à des quidams qui méritent d'être entendus ou à des sommités dans leur domaine je pense par exemple à monsieur Sami Aoun spécialiste et excellent vulgarisateur du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. En plus de jeux et de divertissements, j'ai besoin de débats et d'échanges d'opinions, quitte à ce que l'on monte le ton ou que l'on détone. Ça peut être tout aussi divertissant. Pour vous en convaincre, ré-écoutez l'entrevue Catherine Perrin et Claude Gingras Médium Large qui a eu lieu cette semaine. Quel personnage quand même, ce monsieur Gingras. Je vais vous faire un aveu. Savez-vous quelle est la chaîne de télévision qui m'interpelle avec certaines de ses émissions ? MAtv. Oui, oui, la chaîne câblée informative et citoyenne de Vidétron dont on aurait tout intérêt à reproduire certains de ses formats et thèmes d'émissions, cette fois autour de l'actualité nationale et internationale. Ah oui, j'allais oublier. Quand je parle de débats de société, je ne pense pas particulièrement aux combats de coqs comme celui qui a pris naissance il y a quelques jours entre Marc Cassivi, chroniqueur culturel du journal La Presse et Simon Jodoin, rédacteur en chef du Voir. Ou encore plus récemment le petit tollé autour de l'article sensationnaliste de Judith Lussier publié dans le journal Métro dans lequel celle-ci s'en prenait aux professionnels des relations publiques pour justifier le peu de crédibilité de la candidate à la mairie de Montréal, Mélanie Joly. Mal avisée, la journaliste n'a pas manqué de recevoir une volée de commentaires de ceux et celles qu'elle avait si facilement fustigés. Pendant ce temps, a-t-on véritablement parlé du néant qui caractérisait le discours et le programme de ladite candidate ? Ben non, on avait autre chose à faire avec cette petite chicane qui a mis le feu aux poudres et qui s'est éteinte comme un feu de paille... Ce père que je n'ai pas assez bien aimé... La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef. » Marguerite Yourcenar Sur la photo, elle apparaît frêle dans sa robe courte. Lui se tient à ses côtés, fier et beau. Dans cette petite ville du Nord de la France, ils se marient. Elle a dix-huit ans et lui dix-neuf. On ne voit pas encore le petit ventre arrondi de la mariée, la preuve de leur amour naissant mais aussi le point de bascule vers une vie d’adulte arrivée plus vite que prévu. Nous sommes en 1967, l’époque du yé-yé affole les hanches d’une jeunesse avide d’amusement. C’est lors d’un de ces bals populaires que ma mère, timide et rêveuse, a succombé au charme d’un chef de bande rebelle qui n’hésitait pas à sortir les poings au besoin. Je suis née de cette union peu ordinaire entre un papillon qui peine à voler et un bourdon qui impose sa loi. Cette loi, il l’imposera autant sur son lieu de travail chantiers de travaux routiers qu’à la maison. Même si je me souviens de moments de franche rigolade avec notre père, mon frère, ma sœur et moi connaissions les limites à ne pas déplacer. Issu d’une génération matée à coups de règle sur les doigts à l’école ou les punitions du bout des oreilles , celui-ci n'hésitait pas à user du martinet qui servait aussi pour le chien, ou même de la ceinture quand la faute était grave. Ah oui, je me souviens aussi du rituel des bulletins scolaires. Dans le cas de mauvaises notes ou de commentaires plus ou moins favorables d’un professeur, est-il nécessaire de vous dire que nous tremblions déjà de peur alors que nous entendions au loin la voiture de notre père se rapprocher de la maison dans laquelle il n'avait même pas encore mis les pieds…? Vous me direz que ce sont là des méthodes d’éducation un peu excessives certes, mais qu'une bonne discipline, ça forge des adultes accomplis et confiants. Peut-être. Toutefois, avant de devenir ces grandes personnes, il faut traverser une période plus ou moins mouvementée l’adolescence. Pour ma part, le véritable clash avec mon père s’est produit à cette période de ma vie. Il faut dire que j’étais une ado hyper sensible avec la larme facile. Pas évident alors d'affronter un fort en gueule. Plus tard, beaucoup plus tard, je comprendrai que si mon père avait été psychologiquement exigeant, et parfois même méchant, avec moi, c'était la seule façon qu'il avait trouvée pour me forger le caractère et arrêter de pleurer à tout bout de champ. Disons que je n'ai pas de souvenirs d'une adolescence saine et sereine. Jeune adulte, vous pensez bien que j’ai saisi la première occasion pour m’éloigner et m’arracher de cette emprise qui, plutôt que de me rendre en pleine possession de mes moyens, m’avait donné le sentiment de ne jamais être à la hauteur et, donc, de ne pas être la digne fille de son père. J’ai grandi, j’ai changé et je me suis éloignée de mes parents un peu, beaucoup, puis complètement lorsque j’ai quitté la France avec mon conjoint pour le Canada. Seul le téléphone nous permettait de partager nos nouvelles, ma mère parlant toujours au nom de mon père qui n’était jamais bien loin. Et c'est seulement à 7 000 km que mes relations avec lui se sont détendues. Je redécouvrais mon père tel qu'il avait pourtant toujours été, un homme dur avec un cœur tendre. Un homme qui avait un profond respect pour la personne que j’étais devenue et pour ce que j’avais entrepris. Pourquoi je vous raconte tout cela ? Ben oui, c’est la Fête des pères demain. Comme depuis de nombreuses années, je ne vais pas la souhaiter à mon père. Il est décédé à l’âge de 51 ans alors que j’attendais ma fille qu’il n’aura pas connue. Je parle très peu de lui, et je lui rends encore moins hommage. Ce soir, j'ai eu envie de le faire. Parce que même intraitable, strict ou insupportable, un père qui n'est plus là vient à nous manquer. Et il est trop tard pour rattraper le temps perdu dans des conneries. Aux funérailles de mon père, ses collègues de travail étaient venus lui rendre un dernier hommage. Chacun d’entre eux avait une anecdote de lui dans le cadre de son travail. Et savez-vous quoi ? Je ne connaissais aucun eux mais eux me connaissaient, oh que oui ! Chacun d’entre eux m’a dit à quel point mon père était fier de moi, sa fille aînée dont il leur parlait si souvent. Il ne me l'avait pourtant jamais dit... Citation... On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va. » Christophe Colomb Citation... C'est pour satisfaire les sens qu'on fait l'amour; et c'est pour l'essence qu'on fait la guerre. » Raymond Devos, humoriste français, célèbre pour ses jeux de mots Une fille, ça se commande comme une pizza... Beaucoup de personnes semblent être surprises et sous le choc après leur lecture de l'article percutant intitulé Adolescentes en péril », signé Isabelle Hachey et publié dans le journal La Presse du 6 juin dernier. J'en fais partie. Plusieurs phrases chocs ponctuent l'article dont les faits donnent en effet envie de vomir Une fille comme une pizza », Montréal est la Mecque de l'industrie du sexe en Amérique du Nord », Chaque année, au retour du Grand Prix de F1, de nombreuses adolescentes sont poussées à fuguer par leur proxénète afin de combler les besoins des touristes sexuels qui débarquent en grand nombre à Montréal ». Cela m'a fait penser à l'envers du décor d'un autre grand événement international qu'est le Festival de Cannes. Naïve que je suis, je suis réellement tombée en bas de ma chaise quand j'ai lu tout récemment que la prostitution de luxe fait véritablement fureur pendant toute la durée du festival du cinéma et ce, depuis plusieurs années. Ainsi, cent à deux cents escortes débarqueraient chaque année sur la croisette combler les désirs d'hommes richissimes dont certains, fort accueillants », peuvent recevoir dix filles sur leur yacht bling-bling amarré au large. Les soirées commencent dès 22 heures, les escortes attendent dans les halls des hôtels que les clients les repèrent et, quelques minutes plus tard, elles ont en mains le numéro de la chambre remis par leur patron où elles sont attendues. Elles peuvent être rémunérées jusqu'à 40 000 dollars pour une nuit. Leur salaire » leur est remis sous une enveloppe cachetée avec le mot cadeau » inscrit sur le dessus. Les directeurs d'hôtels, les restaurateurs, les concierges, les organisateurs du Festival, les policiers, feignent d'y prêter attention et sont, par conséquent, des complices indirects. Pourquoi en faire tout un plat puisque tout le monde est content, hein... ? Pour revenir à notre belle ville de Montréal, même si le problème est le même et se résume à un seul mot, prostitution, mon dégoût se fait encore plus grand. Et en même temps, je ne suis pas surprise par ce que j'ai lu dans l'article de madame Hachey. Il faut dire que j'ai, a priori, une aversion pour ces courses automobiles devenues révoltantes en ces temps de destruction massive de l'environnement et de pénuries de tous genres dans un nombre de plus en plus grand de pays, y compris occidentaux. Rôdent aux alentours toute une faune de personnages, hommes et femmes plus ou moins classes qui perpétuent cette relation nébuleuse entre la femme et la grosse voiture, trophées d'hommes qui ont un manque ou un excès de testostérone. Parenthèse, j'aimerais vraiment bien savoir, considérant les folles dépenses en tous genres un peu partout au centre-ville, quelles sont les retombées financières exactes pour Montréal et ses citoyens. Quelqu'un pourrait-il répondre à la question, à moins que ce soit pas trop facile parce que tout un chacun s'en met un peu dans les poches... ? Alors, pourquoi mon dégoût est-il plus grand pour les prostituées de F1 que pour celles de la croisette ? Peut-être parce la prostitution à Montréal ne se cache pas une fois par année dans le hall d'hôtels cinq étoiles ou sur des yachts de luxe. Entendons-nous bien, je ne cherche pas à mettre des degrés d'importance sur ce fléau qu'est l'exploitation sexuelle. Elle est aussi grave à Cannes, à Phuket ou à Montréal. Ce que je tente d'expliquer, c'est que si Montréal apparaît comme une destination majeure pour le tourisme sexuel dans un rapport sur la traite des personnes publié par le département d'État des États-Unis, c'est que l'exploitation sexuelle fait partie intégrante de notre paysage urbain depuis bien longtemps; tellement que nous n'y faisons plus attention et qu'elle entraîne des hommes et des femmes de plus en plus jeunes. Beaucoup trop jeunes. Ici, les salons de massage 200 à Montréal ou les bars de danseuses ont pignon sur rue tout comme l'ont un dépanneur ou un quincailler. Il y a rien là... Beaucoup de femmes et de plus en plus de mineures - souvent en détresse - sont manipulées et utilisées comme objets sexuels dans ce genre de lieux devenus véritables marques de commerce et dont les seuls gagnants sont les proxénètes. Pour revenir au Grand Prix qui a lieu ce weekend, une phrase m'a particulièrement choquée dans l'article de madame Hachey Les clients, ce sont des messieurs Tout-le-monde. Ils ne sont pas pédophiles, mais ils cherchent de très jeunes femmes. Parfois, ils ont des doutes sur l'âge de la fille, mais au lieu d'agir, d'aider, ils se contentent de satisfaire leurs besoins » selon Madame Philibert, à la tête du projet Mobilis, un centre qui vient en aide à des jeunes aux prises avec la problématique des gangs de rue. Des Berlusconi du pauvre. Il y a réellement péril en la demeure car l'enjeu de la prostitution à Montréal n'a rien de glamour; plutôt qu'une prostitution de luxe, on vit ici une prostitution de misère. Une autre conséquence du désoeuvrement et de la pauvreté d'une frange de plus en plus grande de la population. Il est grand temps aussi de cesser de jouer à l'autruche en tant que société, car l'hyper-sexualisation des jeunes femmes - de plus en plus jeunes - s'affichent dans toutes nos rues. Avez-vous remarqué qu'il y a de plus en plus de bandes de jeunes femmes qui arborent des tenues qui ne donnent aucun doute sur leur volonté de séduire et même plus lors de sorties en ville ? Fragiles sur leurs talons hauts, elles se donnent en pâture aux regards de certains hommes qui n'en demandaient peut-être pas tant. Mais comment pourrait-on leur en vouloir puisque c'est ce sont là des diktats de mode et de séduction qu'on vend à toutes les sauces. Difficile après de cultiver sa différence... Pour finir sur le sujet du fléau de la prostitution à Montréal, je me demande quand le pouvoir politique va mettre ses culottes pour faire un mauvais jeu de mots considérant le sujet de cet article. Alors qu'on est en train de frapper fort sur le terrain de la corruption, peut-être pourrait-on faire la même chose sur celui de la prostitution juvénile. Misons moins sur des commissions ou des comités d'études, et donnons un peu plus de moyens et de ressources à la fois aux policiers, aux organismes et aux centres de jeunesse pour permettre une surveillance accrue et une intervention rapide sur le terrain. Vite. Y a-t-il trop de Français à Montréal ? Question provocante que je me permets de poser alors que l'auteur de ces lignes est elle-même issue de l'immigration française depuis dix-huit ans. Une expatriation de coeur car je suivais mon homme attiré depuis toujours pour la culture nord-américaine comme je l'ai déjà raconté. À l'époque, ce grand départ s'est fait autour d'une grande fébrilité mais aussi d'une certaine angoisse face à l'inconnu. Je me souviens encore de mon conjoint qui me répétait sans cesse prends des photos dans ta tête ». Pourquoi faire ? J'ai totalement ignoré ses conseils, impatiente de quitter cette France forcément nulle et qui, en plus, avait choisi de passer à droite avec l'élection de Jacques Chirac en 1995. Imaginez si cela avait été en 2002 avec un Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles... Je l'ai déjà écrit plusieurs fois, quitter volontairement son pays d'origine, c'est facile au début. L'attrait de la nouveauté, les nombreux défis à relever, les nouveaux amis, etc. Puis, comme partout, la vie prend le dessus. On fait face éventuellement à des difficultés professionnelles, on doit payer ses impôts, on connaît des soucis financiers, une routine s'installe avec des périodes de joie ou de déprime, le plus grand fait des siennes, le plus petit fait ses dents, on vit des séparations ou des deuils. La vie quoi, qui prend les mêmes airs dans la plupart de nos pays occidentaux assez gâtés merci. Plus tard et même à intervalles réguliers, le manque du pays peut se faire sentir, manque de la famille pour ma part, cela fait dix ans que je n'ai pas vu la mienne, on a des doutes sur notre décision, on a envie de revivre ce grand saut et d'oser recommencer une nouvelle vie. Ailleurs. Comme une fuite en avant... Je vous raconte tout ça parce que j'ai lu un article dans le journal La Presse d'aujourd'hui, intitulé Cohue pour s'expatrier au Québec ». Ainsi, en raison de la situation économique catastrophique en France, un très grand nombre de Français voit en la province du Québec, une terre d'espoir et de promesses. Je peux les comprendre alors que le taux de chômage est de 10 % en constante augmentation depuis deux ans avec 4,79 millions de chômeurs et de gens sous-employés. Nombreux sont donc ceux qui envisagent de quitter l'Hexagone et de s'expatrier en Allemagne, en Australie, au Brésil ou au Québec. Mais le Québec, c'est petit... Et ne nous voilons pas la face, une grande partie des immigrants de n'importe quelle origine choisissent spontanément de s'installer dans les villes de Montréal ou de Québec. Pour ma part, je me souviendrai toujours de ce conseiller en immigration qui nous avait dit ceci en 1995 Le Québec, ce n'est pas l'eldorado ». Et il avait raison. Même s'il fait bon vivre au Québec, personne ne vous attend les bras ouverts, et il faut prendre le temps nécessaire pour y faire sa petite place. Certaines agences de placement me faisaient souvent la réflexion que certaines entreprises hésitaient à embaucher des Français car, en général, ils repartaient au bout de deux ans. À l'époque, il y avait donc déjà une certaine réputation... Or, ce qui m'inquiète un peu quand je lis de telles articles, c'est que ces Français désespérés qui désirent venir au Québec ne viendraient probablement pas pour les bonnes raisons. En attendant que le tout revienne à la normale dans leur pays, un grand nombre de ces réfugiés économiques » je ne dis pas tous viendraient uniquement chercher un répit de ce côté-ci de l'Atlantique. Un peu comme ces Mexicains qui viennent travailler sur nos champs pour nourrir leur famille ou ces Africains que l'on dénigre tant qui traversent la Méditerranée avec l'espoir de jours meilleurs. Mais à l'inverse des Africains qui vivent souvent une situation de non retour, la situation serait tout autre pour ces Français désespérés. Ainsi, je n'ai pas aimé lire le commentaire suivant de Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger C'est la même chose pour toute l'Europe. Pourquoi y voir quelque chose de négatif ? Quand le pays sera de nouveau en croissance, ils vont pouvoir revenir. ». Ben voyons, c'est si simple... Il y a déjà beaucoup d'accords d'échange de toutes sortes, notamment économiques, entre le Québec et la France. Je pense par exemple aux PVTs, ces permis vacance-travail d'une durée d'un an qui permettent à des Français âgés entre 18 et 35 ans de venir travailler au Canada sans trop d'embarras administratifs. Les premières années du lancement de ce permis, les quotas étaient faibles. Or, depuis quelques années le bouche à oreille a fait son oeuvre, c'est le boom et l'invasion avec des ribambelles de pvtistes qui débarquent dans la belle province. On les croise au détour de nos rues ou derrière les comptoirs de commerces - les boulangeries Pain Doré ou Première moisson les apprécient beaucoup. Ça peut ressembler parfois à des petites colonies de vacances qui s'amusent à faire des comparaisons avec les us et coutumes français. Énervant même pour une vieille » immigrante, alors imaginez pour une Québécoise de souche... Venir s'installer au Québec, ça doit être la finalité d'une décision mûrement réfléchie. C'est accepter de s'intégrer dans une société différente et non pas parente éloignée, d'adopter ses façons de faire et, surtout, de faire preuve d'ouverture, d'humilité et de patience. À travail égal compétences égales et même un peu plus pour les Québécois qui sont pour la plupart bilingues, ce qui n'est pas toujours le cas des Français. Tout n'est pas parfait et la société québécoise vit ses propres soubresauts face à l'économie. Même si le taux de chômage atteint seulement les 7,8 %, il y a beaucoup de jobines ou d'emplois précaires. Les domaines manufacturiers ou de services professionnels connaissent des baisses d'activités avec des pertes d'emplois en conséquence. Le secteur culturel crie famine et le domaine des médias est une chasse gardée. Bien sûr, il y a des domaines d'activités qui sont en manque de main-d'oeuvre qualifiée comme l'aéronautique, le domaine industriel et les technologies de l'information mais il s'agit là de pénuries de travailleurs spécialisés. Dans ce cas-là, je comprends que si les démarches de recrutement n'ont pas permis de trouver les perles rares chez nous, on puisse élargir les recherches à l'international. Dont en France. Bref, vous avez peut-être l'impression que j'encense un certain protectionnisme économique. Ce n'est pas du tout mon intention car je crois beaucoup à l'ouverture des frontières et à la mobilité internationale. Ce qui me préoccupe, c'est la chute brutale que peut représenter un espoir déçu. Ce qui se passe en Europe est dramatique et cela m'attriste. Toutefois, je ne pense pas que le Québec puisse se positionner comme un sauveur, et j'ose espérer que des organismes d'immigration comme Québec International qui a participé tout récemment à ce Forum Expat » qui a attiré 3 000 personnes plutôt qu'aux 500 ou 800 prévues, exposent aux intéressés une vision honnête et réaliste du Québec. Car c'est la seule base d'un choix rationnel et d'une intégration réussie. Notreavis sur la Plage du Phare. La plage du Phare de La Tranche sur Mer se situe à l’ouest par rapport au centre-ville. Cette grande plage de sable possède de hautes dunes, dans un environnement préservé. On trouve un poste de secours, ouvert en été, seulement pendant les heures de pleine mer. Les chiens sont autorisés sur cette plage en dehors des heures de Reminder of your requestDownloading format TextView 1 to 278 on 278Number of pages 278Full noticeTitle Revue d'Ardenne & d'Argonne scientifique, historique, littéraire et artistique / publiée par la Société d'études ardennaises "La Bruyère"Author Société d'études ardennaises Sedan, Ardennes. Auteur du textePublisher SedanPublication date 1900Relationship textType printed serialLanguage frenchLanguage FrenchFormat Nombre total de vues 10329Description 1900Description 1900 A8 Collection numérique Fonds régional Champagne-ArdenneDescription Collection numérique Bibliothèque Francophone NumériqueDescription Collection numérique Zone géographique EuropeDescription Collection numérique Thème Les échangesRights Consultable en ligneRights Public domainIdentifier ark/12148/bpt6k5652083qSource Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LC18-447Provenance Bibliothèque nationale de FranceOnline date 18/01/2011The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition OCR program. The estimated recognition rate for this document is 100%.REVUE D'ARDENNE & D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 1 NOVEMBRE 1900 SOMMAIRE Paul COLLINET Les inscriptions romaines du département des Ardennes. A. LACAILLE Quelques notes sur les Hautes-Rivières. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à 1680 à suivre. CHRONIQUE I. Une nouvelle Revue Le Souvenir Ardennais. II. Une impression sedanaise de Mathieu Hilaire. III. Manuscrit d'une histoire d'Ivois-Carignan L. G.. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Quelques vieux arbres de la contrée, par H. Jadart P. C..— Répertoire archéologique du canton de Beine, par Ch. Givelet, H. Jadart et L. Demaison. — Inventaire-sommaire des Archives dép. de la Marne, par L. Demaison P. COLLINET. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Universitéde Lille, Secrétaire du Comité, Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et I'ADMINIS TRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et formechaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les » Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE & D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES HUITIÈME ANNÉE 1900-1901 SEDAN IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 1901 LES INSCRIPTIONS ROMAINES DU DÉPARTEMENT DES ARDENNES Les savants se plaignent — à juste titre — de la pauvreté du département des Ardennes en ce qui louche les antiquités romaines. Cependant, les maigres vestiges de l'occupation galloromaine n'ont pas encore été relevés entièrement. Des tentatives de nomenclature plus ou moins sommaires et vagues ont été faites par les auteurs suivants [Chopin] 1, Département des Ardennes Nomenclature générale des Communes, in-4° oblong; Mézières, impr. de la Préfecture, s. d. après 1823. Dr Masson, Annales ardennaises ou Histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines, Mézières, Imprimerie Lelaurin, 1861, in-8°. Ch. Mialaret, Recherches archéologiques sur le dép. des Ardennes, mém. rédigé sur la demande de la Commission de la Topographie des Gaules, dans Rev. hist. des Ard., t. I 1864, pp. 145-195 avec planches et carte. Il importe d'ajouter aussi les Notices de Du Vivier, — encore inédites, — conservées, tant aux Archives départementales des Ardennes qu'à la Bibliothèque nationale F. Fr. N. A. 6598 et chez des collectionneurs ardennais. Nous nous bornerons, pour notre part, à l'épigraphie romaine. Les inscriptions romaines de notre département sont en très petit nombre ; mais on verra qu'elles présentent chacune leur intérêt. Nous avons même le plaisir d'en publier deux inédites, qui pourront enrichir le dernier volume t. XIII du Corpus inscriptionum latinarum, consacré à la Gaule en préparation. I. — Carignan. X DUX ROMANORUM Delahaut et L'Ecuy, Annales civiles et religieuses d'Yvois-Carignun, p. 9. L'ouvrage rapporte pp. 8-9 que cette inscription fut rencontrée vers 1710 dans la cave d'un bourgeois dont la maison, située dans l'enceinte de Carignan, répond pour l'alignement 1 Sur le nom do l'auteur, voy. Mialaret, dans Rev. hist. des Ard., 1864, p. 161 n. 1. REV. D'ARD. ET D'ARC. T. VIII, n° 1. au second bastion [de la ville actuelle] ». Il ajoute Il y a apparence que la pierre de taille, sur laquelle cette inscription était gravée, était la première pierre de quelque édifice construit par les Romains. Or, on ne voit point quel autre édifice les Romains auraient pu construire en cet endroit [Yvois] que le château... » II. — Hierges. Du Vivier a, parmi ses oeuvres manuscrites, une notice historique et archéologique sur Hierges Arch. dép. des Ardennes, pp. 11-16 du Recueil des notices archéol.; Bibl. nat., Fr. N. A. 6598, n° 7 du Recueil. Il signale qu'en avril 1823 une quantité de médailles et d'objets gallo-romains y ont été découverts, dont un anneau en argent portant l'inscription MIN. III. — Montcy-Saint-Pierre. Mercurio Deo, Attaedio, Litucci filius ex voto sus[c]epto votum solvit libens merito. Au Dieu Mercure, Attaedio, fils de Lituccus, en vertu d'un voeu promis, a exécuté volontairement ce voeu. H. Thédenat, dans le Bull, de la Soc. nat. des Antiq. de France, 5e série, t. VI, année 1885 séance du 11 mars, pp. 125-127, et observations de M. H. d'Arbois de Jubainville, p. 131 séance du 18 mars. " Cette inscription, — dit M. l'abbé Thédenat,— gravée sur un autel dont la partie inférieure est brisée, a été retrouvée dans une propriété appartenant à M. Létrange. Ce terrain, situé en amont du pont suspendu de Charleville, est bordé au midi par le chemin qui longe la Meuse, et à l'ouest par le chemin de MontcySaint-Pierre. » La découverte en avait déjà été signalée par Masson, op. cit., p. 204, sans qu'il indiquât que le piédestal de statue » comme il l'appelle portait une dédicace à Mercure. La pierre est aujourd'hui conservée chez M. Bougon, avocat à Charleville. La statue de Mercure qui couronnait cet autel a été retrouvée en 1835 par un chercheur de Montcy-St-Pierre, opérant pour le — 3 — compte de Du Vivier Voy. dans ses papiers la Notice sur une statuette bronze de Mercure trouvée au Mont-Olympe en 1835. Du moins, les proportions nous paraissent gardées entre la statuette de 0m 10 de haut et le socle brisé de 0m17 sur 0m20. Les noms sont barbares. Le mot Attaedio n'était pas encore connu. Lituccus est construit sur un thème gaulois litu- fête ». En 1893, a été trouvé à Montcy, localité féconde en reliques gallo-romaines, le seul cachet d'oculiste jusqu'à présent découvert dans notre département. Il a été publié par P. Laurent, Variétés historiques ardennaises, fasc. XII, p. 51-53. IV. — Mouzon. Divixtille, egregiae feminoe, Macrini legati filie, conjux faciendum curavit. A Divictilla, femme remarquable, fille du légat Macrin, son époux a pris soin de faire [ce monument]. A. Héron de Villefosse, Inscr. de Reims, de Stenay et de Mouzon, dans le Bull, épigr. de la Gaule, t. III 1883, pp. 125-126. Le commentaire de M. Héron de Villefosse nous dispense d'insister sur ce texte, qui nous révèle d'abord l'exemple unique du titre egregia femina et ensuite le nom d'un nouveau légat de Belgique, vers le commencement du IIIe siècle. Nous ajouterons seulement que la solution donnée par nous des abréviations des trois dernières lettres, qui n'avait pas été proposée par l'auteur, ne nous semble pas douteuse. Une seule mention du nom de Divixtilla, diminutif de Divictus, nom gaulois, avait été auparavant fournie par une inscription de Virieu-le-Grand 1. L'inscription de Mouzon fut trouvée, en 1883, pendant les travaux de restauration de l'église, dans une substruction voisine des piliers buttants de la face nord, à trois mètres au-dessous du sol actuel. 1 Creuly, t. III 1877, p. 166. V. — Warcq. Diis Manihus Senecionis Messici filii et suorum de suo fecit Reginus filius et heres. Aux Dieux Mânes de Senecion, fils de Messicus, et des siens, Reginus, son fils et son héritier, a élevé [ce tombeau] à ses frais. Inédite. — Du Vivier, Recueil ms. de notices archéologiques 1825, p. 36 Arch. des Ardennes. D'après Du Vivier, dont nous respectons la transcription évidemment maladroite, celte pierre fut trouvée en 1795 sous la chapelle St Hilaire, à Warcq. Celte chapelle, dont l'emplacement est aujourd'hui marqué par un petit édicule, à un kilom. S. du village, était l'ancienne église de la paroisse de Guilloy, disparue dès le moyen âge 1. Elle était située tout près d'une importante voie romaine de Reims à la Meuse, vers Cologne ? 2. Les noms de Senecio et Reginus sont fréquents dans les inscriptions. Le nom barbare de Messicus n'a été, à notre connaissance, signalé qu'une fois encore, à Saint-Michel dans le Noricum 3. VI. Xx, Nam. Dioc, Fragments historiques sur la Collégiale de Molhain, dans Annuaire de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes, édité par H. Matot, 36e année Reims, 1894, p. 193. Cette inscription fausse aurait existé au pignon d'une maison de Molhain, d'après les Fragments historiques cités. Mais nous 1 Dom A. Noël, Not. hist. sur le canton de Mézières, Reims, 1879, pp. 154-157. 2 Voy. la carte de Mialaret. 3 H. Thédenat, Rev. celt., t. VIII 1887, p. 385. — 5 — savons aujourd'hui que ces fragments sont apocryphes et que l'inscription ci-dessus y a été insérée en manière de plaisanterie. Elle reproduit les fautes de lecture commises par M. Hannedouche Dict. hist. des Communes de l'arr. de Sedan, Sedan, 1892, pp. 293-294 dans la transcription erronée qu'il donne des vers latins insérés sur le bras-reliquaire de Mairy. Nous avions déjà fait le rapprochement Rev. d'Ard. et d'Arg., t. I, p. 67 sans mettre assez en évidence la supercherie cf. id., p. 209. M. Héron de Villefosse a été tout à fait trompé sur l'authenticité du texte Bull, de la Soc. nat. des Antiqu. de France, 1894, pp. 227-228. Paul COLLINET. QUELQUES NOTES SUR LES HAUTES-RIVIÈRES En appendice à son article, Un quatorze juillet dans la vallée de la Semoy, M. H. Jadart nous communique ces quelques documents qu'il doit à l'obligeance de M. A. LACAILLE, instituteur à Linchamps. I. Sur l'ancienne cloche de Failloué. Failloué, aujourd'hui simple écart des Hautes-Rivières, était autrefois chef-lieu de la paroisse. Son église qui fut, dit-on, construite au IXe siècle et peut-être au-delà, subsista jusqu'au milieu du XVIIe siècle. En 1632, Trignes et Meslier ces deux anciens villages, réunis aujourd'hui, forment actuellement le village des Hautes-Rivières, chef-lieu communal, sans cesse pillés par des hordes de partisans espagnols, furent détruits de fond en comble par un parti de truands appartenant à l'une des trois armées envoyées de Madrid au secours de Maëstricht. Douze ans après, quelques maisons se relevèrent et formèrent le noyau du village actuel des Hautes-Rivières. Quatre ans plus tard, un groupe de soldats ennemis fut détruit par les habitants au passage du gué entre Sorendal et Failloué. Ces deux villages furent saccagés ; l'église de Failloué, la plus riche des pays environnants, subit sa part de ces désastres ; elle tomba pour ne se relever jamais. Le chef-lieu de la paroisse fut transporté à Trignes et l'église fut construite sur l'emplacement actuel. Cette église possède une cloche très ancienne provenant de — 6 — l'ancienne église de Failloué ; elle a été ramenée à Trignes après le sac de l'église dudit Failloué ; et, dit la tradition, le transport ne s'est pas effectué sans difficulté, car un nommé Morin, chargé de conduire la dite cloche de Failloué aux Rivières, eut un boeuf éventré par une foëne lancée par une femme de Failloué. II. Bénédiction des Chapelles de l'Eglise de Trigne. L'an 1725 et le 27 mai, à dix heures du matin, j'ai, Jean Hesdin, prestre, chanoine et curé de Braux, en vertu de la commission à moi envoyée par M. Noël, chanoine de l'église de Reims et vicaire général de S. A. Mgr le prince de Rohan, archevêque-duc de Reims, et premier père sic de France, en date du 18e septembre et 25 octobre 1723, et qui n'ont pas été révoquées, étant assisté de Me François Viot, prêtre résidant à HautesRivières, et de Me J. Errard, vicaire audit lieu, de la prévôté de Braux, fait la bénédiction de deux chapelles collatérales en l'église paroissiale dudit lieu des Hautes-Rivières appelé Trigne, ayant faite les prières et observées les cérémonies prescrites par le rituel du diocèse, lesquelles chappelles, ont été dédiées à Dieu, savoir celle du costé de l'Evangile, sous le nom et invocation de la T. S. V. Marie, mère de Dieu ; et l'autre costé de l'Epistre, aussi dédiée à Dieu, sous le nom et invocation du bienne heureux St Nicolas, pontife et confesseur. Lesquelles chapel ont été construite et baties avec la permission dudit sieur Noël, vicaire général de S. A ; et, immédiatement apprès, ayant fait la bénédiction de deux portions de terre pour aggrandir le cimattier, par permission portée au même décret que les chapelles par mondit sieur Noël, et y ait aussi observé et fait les prièrres et cérémonie prescrites par le rituel du diocèze ; et celle cérémonie desdites bénédiction tant desdites chappel et cimmattier a été faite en présence de tous les publiques quy a paru très édifié et très content de la cérémonie et spécialement des sieurs Thomas Viot, Guillaume Parizel, Nicolas Parizel, et Jean-Baptiste Brouet, les plus notables bourgeois de Trigne qui ont signé le présent acte avec moy délégué, et Mr François Viot et Jean Errard susdits, es jour, mois et an susdits. Me Henry Mézières, prestre, curé dudit lieu a signé ce présent procès-verbal quoiqu'il n'y ait pas été présent à cause d'infirmité, en sa qualité de curé de la paroisse. » III. Bénédiction de la chapelle des Forges Eglise actuelle de Linchamps. L'an 1778, le 25e mai, onze heures du matin, Nous PierreJoseph Perreau, évêque de Tricomie, administrant la confirmation dans les paroisses du diocèse de Reims, par une commission particulière de Mgr l'Archevêque-duc de Reims, avons été requis, M. l'abbé Du Bouzet, vicaire général du diocèse, nous accompagnant dans nos fonctions, de faire la bénédiction de la chapelle de tolérance du lieu dit des Forges, paroisse des Hautes-Rivières, sous l'invocation de Ste Anne, à laquelle bénédiction, visite faite par le dt M. Du Bouzet, des choses nécessaires à la célébration des saints Mystères, qu'il a trouvées en assez bon état, nous avons procédé dans ledit lieu des Forges, suivant le rit du Diocèse, en présence des habitants et ayant pour témoins Claude Antoine Joseph de Champferand, cler tonsuré, et Mr SimonToussaint Bauny, prêtre chanoine de St Symphorien, secrétre de l'Archevêché de Reims ; et ont lesdits témoins signé avec nous le présent procès-verbal dont copie laissée ès-mains de Mr le Curé des Hautes-Rivières pour être annexée aux Registres de sa paroisse. Aux Forges, les jour, mois et an que dessus. f P. J. évêque de Tricomie, L'Abbé Du BOUZET, vic. génal, L'Abbé DE CHAMFERRAND. E. BAUNY, chanoine. » IV. Administration et Cahiers des Très humbles et très respectueuses doléances, plainte et remontrance de la Communauté de Failloué, Hautes-Rivières, contiguë aux terres de Luxembourg étranger. Après avoir fait des remerciments à Sa Majesté d'avoir rétablie les nations dans ses droits de s'assemblée, elle sera supplié de fixée le retourt périodique des Etats généraux. 1. On demande que le gouvernement fixe la durée des procédures dans telle ou telle affaire. 2. Nous demandons que l'on tariffe les épices et émolument des avocat et des procureurs soient rédigée et que toutes les procédures dont la valleur n'excèdera pas deux mille livres seront jugées définitivement au baillage de Sedan, pour la prévôté de Château-Regnault. 3. Nous demandons que la maîtrise soit supprimée. 4. Nous demandons que les écorces soient vendue par devant - 8 — la municipalité au jour indiqué avec le fermier de Sa Majesté au-devant de la porte de l'église, sans frais, et la liberté de leur bois de réserve pour rétablir leurs petits bâtiments seulement et non pour construire en neuf et de faire visite des deffections desdits bâtiments et marquer les bois nécessaire pour les rétablir. 5. Nous demandons qu'après l'exploitation de leurs coupes ordinaire, de gazonnée pour produire un peu de grain aux pauvres habitants. 6. Nous demandons la liberté de pâturer dans les bois de Sa Majesté à l'âge indiqué par les ordonnances dans les territoires du ban d'Abrué et la heie de Linchamps et de coupé le sec sur le vert comme anciennement attendue que les habitants avaient droit de paturée sur le fief seigneur de Boham, Sa Majesté ayant cédé audit seigneur le droit et propriété du pâturage. 7. Nous demandons que toutes les administrations en général de toutes les communauté soit dirigés et apurée par la municipalitée. 8. On demande les états provinciaux et que l'on confirme en la municipalité le droit de jugée les contestations des particuliers jusqu'à une somme qu'il plaise à Sa Majesté et de juger les amendes champêtres, d'eménager leurs bois, et choisir les gardes et les réformée. 9. Les aides et gabelles et tous les droits y réunis supprimés. 10. Que le sel et tabac soit libre et marchand. 11. L'anéantissement de toutes les banalités des moulins et fours. 12. Que les corvées soient payée par tous les ordres sans distinction comme étant util à tous. 13. Nous demandons l'abolition de la milice au sort, qui soit payer par garçon depuis l'âge de 18 ans jusqu'à quarante à une somme médiocre. 14. La suppression des huissier priseur vendeur. 15. Le recullement des barrières à l'extrémité réelle des frontières du royaume pour que la nation ne soit plus étrangère à elle-même, et un tariffe uniforme. 16 N'existe pas sur l'original. 17. Les poids et mesures égal et uniforme par toute la France. 18. On demande aussi que le gouvernement s'occupe de faire bornée notre ban qui est contiguë aux terres de Luxembourg; tous les jours on empiètent sur notre terrain et nous ne pouvons obtenir la justice qu'il réclame. 15. Nous demandons la liberté d'entré du fert et de la houille - 9 - qui est utile à la clouterie qui est la seule ressource des pauvres habitants de la prévoté. 20. Les frais des contrats et ventes se montent à un prix exhorbilant sont cause que plusieurs fraude les droits royaux en faisant des actes sous-seing privés et ce qui occasionne des procédures continuellement. 21. L'on demande la suppression des inventaires faits parles officiers, attendu qu'une pauvre veuve qui reste quelquefois avec cinq et six enfants, à peine y a-t-il dans la succession pour payer lesdits officiers parce qu'ils exigent des frais considérables et que lesdits inventaires soient faits par la municipalité parce que les frais ne sont pas le quart de ceux des officiers. 22. Que les Curés n'exigent plus aucuns droits ; que de toutes les dîmes, et autres droits attachés auxdittes cures ou fasse une masse, et que le Curé, le Vicaire et le Maître d'école ait un sort fixé et assuré en raison des fatigues et du nombre des paroissiens. 23. Nous demandons que la sortie du grain ne soit jamais libre. 24. Nous demandons que les curés soient exclus de la municipalité. 25. Nous demandons d'être renvoyés de la demande de neuf livres et les frais d'un procès intenté par M. Pérard, prévôt de Château-Regnault, et existant au parlement de Metz, pour se faire recevoir bourgeois, dont il demande par chaque habitants neuf livres et que jamais on les a payée ni demandé que par cedit sieur Pérard. 26. La Communauté payait anciennement et suivant leurs titres de Madame la Princesse de Conti en date du.... août 1625, un septier d'avoine par chaque bourgeois au Roy ou à ses fermiers et aujourd'hui ils payent un septier de seigle par arrêt provisoirement du Parlement de Nancy, prononcé contre eux et nous demandons à Sa Majesté de nous accordés à payée un septier d'avoine comme notre titre le marque. 27. Nous désirons que les églises et maisons de cure soient à la charge des curés et des dessimateurs. Des remerciments au ministre des finances d'avoir prouvé à Sa Majesté combien le Tiers Etat opprimé par les deux autres ordres. Faittes en la chambre de la municipalité de Failloué, HautesRivières, le 11 mars 1789. Signé BROUET, sindic desputés ; GUILLET, députée ; BOURGUIGNON ; Pierre BROUET ; PILARDEAUX ; PÉRATÉ ; Jean PARIZEL ; STÉVENIN ; Jn-Bte MANQUILLET ; RENAULT, secrètre greffier. — 10 — V. Sur la bibliothèque de Jean de Louvain. Jean de Louvain, le fameux bandit, seigneur de Linchamps, possédait — dit-on — une bibliothèque assez curieuse pour l'époque. Failly en retira les livres de théologie et de liturgie qu'il donna au chanoine Blavier, vicaire général du cardinal de Lorraine. Quant aux historiens et aux orateurs, ils furent donnés à deux médecins qui professaient alors au collège de Reims. Linchamps, 29 septembre 1900. A. LACAILLE. LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. Le 11 août 1661, nouveau changement dans le haut personnel militaire. Daniel de Sahuguet, sieur de Termes I est nommé lieutenant de roi de la ville et souveraineté de Sedan. Dès que cette nouvelle est connue, sa femme, Gabrielle de Pouilly, reçoit les compliments du Corps de ville, qui lui présente des nonpareilles. Quant au cadeau offert au sieur de Termes, il se compose d'un bassin et d'une aiguière d'argent, du poids de 15 marcs, 2 gros soit 3 kilos 669 gr., et payés 530 livres 13 sols à Oudart 1 La charge était devenue vacante par la résignation de M. de Myon. Le P. Norbert donne à tort la date du 6 septembre 1660, puisque la nomination est daté du 11 août 1661 dans le Registre du greffe du Conseil souverain. La famille de Sahuguet, d'origine béarnaise, a sa généalogie dans le Nobiliaire de SAINTALLAIS, 1873, t. III, p. 369-376 ; elle portait de gueules à 2 épées d'or en pal, les pointes en bas, accompagnées en chef d'une coquille d'argent, et, en pointe, d'un croissant de même. Daniel de Sahuguet, dit de Termes, fut capitaine d'infanterie en 1645, puis de cavalerie dans le régiment de Fabert en 1651, avant de recevoir la lieutenance de roi de Sedan. Son épitaphe très détaillée, publiée par le Dr VINCENT, les Inscriptions anciennes de l'arrondissement de Vouziers, 1892, in-8°, p. 441, nous apprend qu'il mourut le 16 juillet 1686, à l'âge de 66 ans ; il y est qualifié seigneur de Termes, Voncq, Marcelot, Bois de Rein et Marqueny. — A la date du 5 janvier 1687, DANGEAU écrit dans son Journal, t. II, p. 3 Le roi a donné la lieutenance de roi de Sedan, vacante par la mort du vieux Termes, au major du régiment d'Anjou, nommé Hauterive [Jean-Louis de Raffin d'], très ancien officier. » M. de Termes épousa, le 7 mai 1661, Gabrielle de Pouilly, fille d'Aubertin de Pouilly, seigneur dudit lieu, Inor, Voncq et Luzy, et de Madeleine de Pouilly. Il en eut quatre enfants, dont 1° Abraham-Louis, dit le marquis de Termes, page de la grande Ecurie, capitaine de dragons au régiment de Fimarcon et grand-bailli de Mouzon, tué à la bataille de Steinkerque en 1692 ; il avait épousé, le 14 août 1682, Catherine-Elisabeth Arnolet de Lochefontaine et non Larochefontaine, dont postérité ; — 2° Anne, mariée le 21 février 1680 à Jules-Charles de Joyeuse, baron de Saint-Lambert, etc.; — 3° Innocente, mariée le 8 décembre 1687 à Guillaume-Henri de Montfort, seigneur de la vicomte de Villette. — 11 — Rondeau. En outre, la ville fait de nombreuses dépenses pour lui assurer un logement convenable ; ces dépenses s'élèvent à la somme de 1,537 livres, réparties en treize articles. Les Sedanais fêtent les vivants ; ils honorent également les morts. La ville fait dire un service funèbre pour le cardinal Mazarin, qui meurt en plein triomphe, le 9 mars 1661 le luminaire, vendu par Jean Maget, coûte 20 livres. Le maréchal de Fabert meurt aussi peu après 1, le 17 mai 1662. Il fut inhumé sans pompe 2, selon ses dernières volontés. Mais la ville tint à honneur de faire construire à ses frais un caveau pour son premier gouverneur royal, sous l'église des Capucins. Les pierres furent extraites des carrières renommées de Dom-leMesnil et de Luzy-sur-Meuse 3. Les pierres de Dom furent amenées par voie de terre et celles de Luzy par bateau, jusqu'au port et rivage de Sedan et, pour les transports, la ville paya à divers la somme de 802 livres 10 sols. La veuve Piette, chaufournier, fournit 253 livres 4 sols 4 deniers de chaux et le charpentier Jacques Roquart reçut 147 livres, tant pour ouvrages de son métier que pour les bois des cintres du caveau. Quant aux sommes dépensées pour la maçonnerie proprement dite, nous ne pouvons en donner le chiffre exact. Car le comptable a groupé en un seul article l'argent versé au cours de cette année à Jean Hiblot, commis sur les ouvriers de la ville, soit 4,363 livres 17 sols 11 deniers, pour les travaux faits tant au caveau de Fabert qu'au logis du lieutenant de roi. Notons une dernière dépense le sieur Collas, procureur syndic, reçoit la somme de 123 livres 9 sols 5 deniers, pour avoir donné à Madame de Termes deux tableaux de feu Monseigneur et Madame la Maréchale, avec les bordures. En face de tant de dépenses extraordinaires, une réflexion se présente naturellement sous la plume. Dans quelles conditions la ville a-t-elle clos son exercice financier de l'année 1661-1662? A première vue, son budget semble bien équilibré ; les recettes sont en effet de 25,392 livres 12 sols, tandis que les dépenses ne montent qu'à 23,648 livres 8 sols 10 deniers. Mais cet excédent ne doit pas faire illusion. Les trois quarts des rentes dues par la ville 1 Cf. la Muse historique de LORET, lettre du samedi 20 mai 1662, t. III, p. 503. 2 Cf. J. BOURELLY, Le maréchal de Fabert, t. II, p. 351. 3 Dom-le-Mesnil, Ardennes, arr. Mézières, cant. Flize ; Luzy-sur-Meuse, Meuse, arr. Montmédy, cant. Stenay. — 12 — n'ont pas été payés et il peut être curieux de faire observer que la mention renseigné se trouve le plus souvent placée, si l'on excepte le bureau des pauvres, en face des renies dues à des protestants, savoir en premier lieu à l'Académie, puis au pasteur Le Blanc de Beaulieu et à son frère, aux héritiers du grand Pierre du Moulin 1, etc. IV. Le maréchal de Fabert avait obtenu pour son fils aîné, Louis, la survivance de sa charge de gouverneur, par lettre du 19 octobre 1655. Mais, en 1662, Louis de Fabert avait environ onze ans et par suite ne pouvait en personne exercer le gouvernement. En conséquence, le 25 juillet, Louis XIV délivra une commission au comte de La Bourlie pour commander en sa place, pendant une période de 3 ans. Georges de Guiscard, comte de La Bourlie et de Neuvy-surLoire 2, né le 9 août 1606, appartenait à une famille ancienne du Quercy, qui possédait la terre de La Bourlie depuis le treizième siècle. Il avait déjà fourni une belle carrière militaire, quand il fut nommé conseiller d'Etat en 1649, puis maréchal de camp en 1651 ; il possédait en outre, depuis le dernier février 1658, la charge de sous-gouverneur du roi, qui avait appartenu au sieur de Saint-Estienne 3. Ce personnage était moins considérable que le maréchal de Fabert, mais l'était plus que le sieur de Termes. La ville de Sedan sut comprendre la nuance, en lui offrant un service d'argenterie, de la valeur de 1,041 livres 9 sols. Elle acheta pour cet effet au sieur de La Rivière 21 marcs, 6 onces et deux 1 Pierre du Moulin, l'un des plus célèbres ministres que les réformés de France aient jamais eus », dit P. Bayle, cette autre gloire de l'Académie sedanaise, n'a malheureusement pas son article dans le Dict. critique et c'est vraiment dommage. Car Bayle, qui connaissait intimement les petits enfants du vieux lutteur huguenot, nous aurait pu donner une série de renseignements détaillés, que l'on ne pourra guère retrouver. En attendant mieux, on peut consulter GÉDEON GORY, Pierre du Moulin; essai sur sa vie, sa controverse et sa polémique, 1888, 80 pages. P du Moulin louchait sur la ville une double rente de 525 livres, provenant d'un capital qu'il avait prêté au denier seize en 1621 et en 1626. 2 P. BAYLE a consacré un article très détaillé sur ce personnage, qu'il avait connu personnellement, dans son Dict. critique, 1740, t. II, p. 643 et s. Nous y renvoyons le lecteur. — Son fils aîné, le comte de Guiscard, obtint, le 10 décembre 1691, la survivance du gouvernement de Sedan, que le roi lui avait donné, après la mort du jeune marquis de Fabert, le 7 août 1671. Dangeau rapporte à ce propos que le gouvernement de Sedan valait entre 16 et livres de rente. Cf. le Journal de Dangeau. t. III, p. 440 et t. IV, p. 413. Le bonhomme » La Bourlie mourut le 9 décembre 1693. C'était un fort galant homme », au dire de Saint-Simon. 3 Sur ce personnage, voir plus haut. — 13 — flacons d'argent, à raison de 27 livres 10 sols le marc, plus 9 marcs, 6 onces, 7 grains et quatre flambeaux d'argent vermeil doré, à raison de 29 livres le marc. L'orfèvre Trouillart reçut 15 livres pour réparer, blanchir et polir ladite argenterie et pour y faire graver les armes du donataire, qui étaient d'argent à la bande de gueules. Le mandelier » 1 Ambroise Le Pure fournit, moyennant 17 livres, deux grands paniers en osiers fins, pour y placer le présent en question, qui fut offert, lors de son arrivée, à Madame la comtesse de La Bourlie. née Geneviève de Longueval, et dame de Fourdrinoy en Picardie, en même temps que les nonpareilles et les confitures d'usage. N'oublions pas non plus le vin en bouteilles. Pendant le cours de cette année 1662-1663, la ville en offrit pour 649 livres 15 sols 6 deniers, tant au comte de La Bourlie qu'à ses visiteurs de marque, parmi lesquels nous citerons le sieur d'Opdam 2, amiral de Hollande, l'intendant Jean-Baptiste Colbert 3, le maréchal de Schulemberg, comte de Mondejeu 4, les intendants Talon, de Choisy et Machault. Sera continué. Stéphen LEROY. 1 Le mandelier » est l'homme qui façonne ou qui vend des mandes ou mannes. — Mand, ou, en français, mande, lit-on dans le Dictionnaire universel de commerce de JACQUES SAVARY DES BRULONS 1742, in-fol., t. III, col. 1177, est le nom que les Hollandais et, à leur imitation, les Français donnent à une sorte do panier couvert, fait entièrement d'osier. Il s'en fait de différente forme et grandeur, fort utile en Hollande pour les voyageurs, etc., pour transporter toutes sortes de choses. On en fait un grand commerce dans les foires des Pays-Bas. Les mandes sont faites en façon d'un pot à fleurs étroites, rondes ou ovales dans le fond et vont toujours en s'élargissant par le haut jusqu'assez près de leur embouchure, qui se rétrécit un peu. Le couvercle est aussi d'osier, le tout fait proprement, et se ferme avec un cadenat. » 2 Jacques de Wassenaar, de la branche de Duvenvoorde, seigneur d'Opdam et de Henebrock, 1610 f 1665, amiral de Hollande et de West-Frise, fils de Jacques de W., qui avait les mêmes titres et qualités ; il fit sauter son navire, le 4 juillet 1665, pour ne pas tomber entre les mains des Anglais. Voir son article dans le Moréri, édit. 1759, t. X, p. 776. 3 Ce personnage et les quatre qui suivent étaient venus à Sedan, pour présider à l'installation du nouveau bailliage et siège présidial, créé au lieu et place de l'ancien Conseil souverain. Cf. la Coutume de Sedan, p. 302. 4 Voici l'article que lui consacre le P. ANSELME, Hist. Généal., t. VII, p. 589 Jean de Schulemberg, comte de Montdejeu, chevalier des Ordres du roi, gouverneur et bailly du Berry, capitaine du château de Madrid, était le fils aîné de Jean de Schulemberg, seigneur de Montdejeu et d'Anne d'Averboult. Il fut premièrement cornette du prince de Sedan et prit part au secours de la ville de Verceil, en Piémont, où il se jeta, n'ayant encore que seize ans. L'année suivante, il alla, avec une compagnie de chevau-Iégers dont il était capitaine, dans les troupes envoyées au secours du comte palatin en Bohême et n'en revint qu'après s'être trouvé, en 1620, à la bataille de Prague. Dans les guerres de la Religion, il fut aux sièges de SaintJean-d'Angely et de Montauban, commandant les régimens de Vaudémont et de Phalsbourg. Depuis, étant mestre-de-camp d'infanterie et gouverneur de Coblenz, il se signala par une incroyable résistance de quatorze mois et supporta, en 1637, toutes les fatigues du long siège d'Hermanstein, qui fut rendu sous sa participation. A son retour, on lui donna les gouvernemens de Rue et du Crotoy et le Roi le fit maréchal de camp au siège de Hesdin juin 1639. En 1649, il aida à forcer le passage de l'Escaut ; en 1650, il fut lieutenant-général des armées du roi en Flandre ; sur la fin de mars 1652, il fut pourvu du gouvernement de la ville — 14 — CHRONIQUE I. Une nouvelle Revue LE SOUVENIR ARDENNAIS Sous la direction de notre collaborateur, M. Henry Volney, paraît depuis le 20 octobre un nouveau périodique mensuel Le Souvenir ardennais. Nous souhaitons la bienvenue, longue vie et prospérité à cette revue indépendante, littéraire, satirique, artistique, sociale et mondaine, organe de l'Académie de la Jeunesse française, dont l'abonnement est seulement de 5 francs France et 6 francs étranger, et dont le numéro coûte 0 fr. 40 bureaux à SEDAN, 23, avenue Crussy. La Rédaction ardennaise » intéresse surtout nos lecteurs. Elle comprend dans le premier numéro les articles suivants Biographie de Jules Mazé La Rédaction, A mon Village J. Mazé, La Vie ardennaise Guy d'Ardenne. Les productions de la Rédaction française » et de la Rédaction étrangère », ainsi que les Varia » sont aussi dignes d'attention. II. Une impression sedanaise de Mathieu Hilaire. Le dernier catalogue de la librairie A. Glaudin Archives du bibliophile, n° 348 de la 9° série contient l'annonce de l'ouvrage suivant sous le n° 378. Impression de Sedan Explicatio controversiarum quae a nonnullis moventur de Henrici Borbonii regis in regnum Franciae constitutione a Tossano Bercheto lingonensi, e gallico in latinum conversus; Sedani, 1590, typis Matth. Hilarii in-8° cart, à la Brad. Prix 20 francs. Les impressions de Mathieu Hilaire, second imprimeur de Sedan, sont très rares. d'Arras, qu'il défendit valeureusement contre les forces espagnoles qui la vinrent assiéger en 1654. Ce service de la dernière importance fut un des principaux motifs, qui portèrent le Roi à l'honorer du bâton de maréchal de France, qu'il reçut au mois de juin 1658. Il fut ensuite lieutenant-général du pays d'Artois en 1661 et chevalier des ordres du roi, le 31 décembre de la même année. Il se démit du gouvernement de la ville d'Arras et du pays d'Artois pour celui do la province du Berry, après la mort du maréchal Clérembault, en 1665 et mourut en sa maison de Montdejeu, sur la fin du mois de mars 1671. Sa femme, Madeleine de Roure de Forceville, fille du seigneur de Basancourt, gouverneur de Doullens, mourut sans enfant en 1673. » — Ses armes étaient de sable, au chef cousu d'azur chargé de 4 épées d'argent, les gardes d'or. Nous avons déjà dit que Schulemberg fit très mauvais ménage avec sa femme. II avait pour maîtresse en 1665 une demoiselle de Souastre ; cf. DEPPING, Correspondance administrative sous Louis XIV, t. Il, p. 155 et 158. — 15 — m. Manuscrit d'une histoire d'Ivois-Carignan. Dans le Catalogue des livres anciens de la librairie Henri Leclerc, à Paris, 219, rue Saint-Honoré, du mois d'octobre 1900, nous remarquons l'article suivant, qu'il importe peut-être de signaler. Le prix de vente n'en est pas indiqué. L. G. 1055. ANNALES ECCLESIASTIQUES et civiles des ville, chatellenie et prévoté D'ivois, dit Carignan en Luxembourg françois, enrichies de notes dans lesquelles outre des éclaircissemens nécessaires et curieux on trouve la notice de plusieurs villes et autres lieux des environs qui ont rapport à l'histoire d'ivois, auxquelles est joint dans un mémoire à part le nobiliaire de cette ville et de sa dépendance. Manuscrit in-4 d'environ 600 pages, mar. rouge, larges dent. à petits fers. doublé de tabis, tr. dor. anc. rel. Manuscrit de dédicace aux armes du DUC DE PENTHIÈVRE. Superbe reliure avec larges dentelles à petits fers parmi lesquels des fleurs de lis et le lion de Luxembourg. Conservation parfaite. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Quelques vieux arbres de la contrée Marne, Aisne, Ardennes, par Henri JADART. — Reims, H. Matot, 1900, in-8°, 78 pp. extr. de l' Matot-Braine, 1900 ; tir. à 75 exempl.. Admirateur sincère de la nature, désireux de faire connaître et protéger les merveilles botaniques de la contrée, M. H. J. a publié dans l' Matot-Braine, puis dans un tirage à part plus complet la description de près de 150 vieux arbres des trois départements voisins. Nous ne pouvons que remercier notre érudit collaborateur de cet opuscule intéressant, et qu'engager nos lecteurs à augmenter par leurs communications à l'auteur ou à notre Revue la liste, pas encore close, des géants de nos villages. P. C. Département de la Marne. - Répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims, publié sous les auspices de l'Académie de Reims. — 10e fasc. Canton de Beine, par Ch. GIVELET, H. JADART et L. DEMAISON. — Reims, F. Michaud, 1900. Commencé en 1892, terminé seulement celte année, orné de planches et de plans, le Répertoire archéologique du Canton de Beine contient quelques noms ardennais de personnes famille d'EscannevelIe et de lieux Ardennes, pp. 31, 49, Arnicourt, Sorbon, p. 355, n. 1 et non p. 354, n. 2, comme dit la table; Bertoncourt, p. 227 n. 2; Merlan, Mézières, p. 257, Mont-Saint-Remy, Rethel, p. 239, 355 n. 1, Sedan, p. 93 n. 3, Vaux-Montreuil. — 16 — Inventaire-Sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, rédigé par M. L. DEMAISON, Archiviste. — Marne. Archives ecclésiastiques.—Série 6. Clergé Séculier. Tome I. — Reims, H. Matot, 1900, in-4°, xv— 380 pp. L'érudit archiviste de la ville de Reims, M. L. Demaison, est à la tête d'un dépôt considérable formé, non seulement des Archives de la Ville, mais surtout d'une partie des Archives départementales de la Marne transportée hors du chef-lieu. Le t. Ier de l'Inventaire, qui vient de paraître, comprend le dépouillement du fonds de l'Archevêché de Reims. Si, comme le remarque M. D. lui-même p. I, les archives de ce siège sont des plus pauvres pour le moyen âge et au regard de l'histoire politique, en revanche, pour les XVIIe et XVIIIe siècles, elles présentent un intérêt très grand, principalement au point de vue local. En ce qui touche la partie la plus grande d'ailleurs de notre département qui relevait de l'Archevêché de Reims, les renseignements sont d'une extrême abondance. Ils sont même trop abondants pour que je songe à indiquer —en ce compte-rendu fatalement réduit — autre chose que les sources les plus productives. D'abord une série de pièces concernant la châtellenie d'Attigny, dépendance de l'Archevêché ; puis dans la division Spirituel, des documents sur les Protestants à Braux ; dans les Provisions et insinuations ecclésiastiques, une masse de notes sur les prêtres de notre contrée et quantité de sceaux. Enfin et surtout la source, par excellence, est la série des procès-verbaux de visites des paroisses, depuis le milieu du XVe siècle, et des réponses aux divers questionnaires de l'Archevêque. Les détails historiques, archéologiques, économiques en sortent nombreux et précis accompagnés des renseignements les plus précieux sur le clergé, l'instruction très développée au XVIIIe siècle, le protestantisme avant et après la Révocation de l'Edit de Nantes. Ajoutons encore que les Cartulaires aussi contiennent des actes qui ne sont pas à négliger. Grâce au soin minutieux, au souci du détail que M. D. a mis dans son travail souvent ingrat d'archiviste, les historiens locaux sont renseignés d'une façon suffisante pour que ceux qui sont empêchés d'aller à Reims puissent néanmoins travailler sans se déranger. Mais nous espérons que les auteurs de monographies n'hésiteront pas à faire leur possible pour se procurer la substance des documents rémois, de façon à améliorer leurs oeuvres et à les rendre plus parfaites que la plupart des histoires locales précédentes. P. COLLINET. ERRATA du t. VII P. 52, 1. 21 FAITO lis. FATO P. 52, 1. 24 INDIVI lis. INVIDI P. 55, 1. 1 rélable lis. retable. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. ÉTUDES CAMPANAIRES I. — Inscription de la cloche de Liart 1. f JE SUIS BÉNITE PAR Mre MICHEL BOURGEOIS CURÉ DE LIARE NOMMÉE MICHELLE MARIE FRANÇOISE PAR LUI ET PAR MARIE FRANÇOISE BOURGEOIS SA SOEUR. PRÉSENS Mre JEAN DUPIN NOTAIRE ROYAL JEAN CONSÉ, JACQUE LOISON, THOMAT BAUDOUIN MAIRE CLAUDE SÉNÉCHAL LIEUTENANT DE MAIRE JEAN BAPTISCE BONNAIRE, JEAN BAPTISCE LOUETTE UA MOIS DAOUST 1767. CLAUDE GUILLEMIN MA FAIT LAN 1767. Le mot UA est une faute pour AU. Le fondeur Claude Guillemin appartenait sans doute à la même famille que Pierre Guillemin, dont il est question plus loin. II. — Cloches de l'abbaye de Bonnefontaine. On connaît deux cloches provenant de l'abbaye de Bonnefontaine, canton de Rumigny. L'une d'elles se trouve au Mout-Saint-Jean canton d'Aubenton et l'autre à Blanchefosse canton de Rumigny. CLOCHE DE BONNEFONTAINE, A MONT-SAINT-JEAN. Voici l'inscription que j'ai relevée jadis sur celle qui se trouve au Mont-Saint-Jeau ; elle est en caractères gothiques d'une lecture difficile. ANNE SUIS ET FACTE IN AN. 1559, N. LES RELIGIEULX ET BIEN FAICTEURS DE BONNE FONTAINE. JESU DOMINE SALVOS FAC SERVOS TUOS. CONSONA MELLIFLUAS NUNC PROFER IN AERA VOCES. FRATRUM PERPETUUS SIS BONIFONTIS HONOR. ANNA VOCOR RESONANS UT PRONI CANTIBUS ATQUE MENTE DEUM EXORENT ABSIT UT INDE MALUM. 1 Relevée en juillet 1895. — Publiée dans Rev. de Champagne et de Brie, 24e année, 1899, p. 854. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n° 2. — 18 - On peut traduire ainsi Seigneur Jésus protège tes serviteurs. Lance maintenant les sons harmonieux dans l'air sonore ; sois l'éternel honneur des frères de Bonnefontaine. Je m'appelle Aune, résonnant afin qu'agenouillés ils prient Dieu avec leurs chants et leurs coeurs pour que le mal s'éloigne de ces lieux 1. » CLOCHE DE BONNEFONTAINE, A BLANCHEFOSSE. M. JEHAN DE COUCY, ABBÉ DE N. D. DE BONNEFONTAINE DOYEN ET CHANOINE DE ROZOY f FRÈRE JACQUES LE CENSIER, PRIEUR AUDIT AN 1569, MA FAIT FAIRE ... Jean de Goucy, mourut en 1584 après avoir été doyen du chapitre de Rozoy pendant 34 ans. III. — Le fondeur Pierre Guillemin. En 1744, Pierre Guillemin, fondeur lorrain, originaire de Brevanne-sous-Choiseuil, proche Chaumont-en-Bassigny 2, fondit trois cloches pour Rumigny; elles existent encore ; nous avons publié l'inscription de l'une d'elles dans le Bulletin de la Société archéologique de Vervins " La Thièrache», t. XVII, année 18953. Elles portent la marque du fondeur Pierre Guillemin, qui consiste en une petite clochette en relief avec le nom autour et au-dessous Pierre Guillemin nous a fait nos 3 ». Sur la cloche, en face de chaque point cardinal, ou voit les armes du prince de Condé qui sont De France au bâton de gueules, péri en bandes ». On voit encore une Vierge mère avec sceptre à la main droite et Enfant Jésus de la main gauche façade ouest ; à l'est, Crucifixion avec la Vierge agenouillée et entourant le pied de la croix de ses bras et regardant le ciel. A Besmont canton d'Aubenton Aisne, l'unique cloche datant de la même année 1744 porte, dans un écusson PIERRE GUILLEMAIN 4. C'est une autre façon d'écrire son nom. 1 Publiée dans La Thièrache », par Riomet, t. XIII, année 1889. 2 C'est M. Jos. Berthelé, le savant archiviste de l'Hérault, qui nous a donné le lieu d'origine de Pierre Guillemin. 3 Voy. aussi l'art, de Ch. Mathieu, dans Rev. d'Ard. et d'Arg., t. V, pp. 83-90. 41 Publiée dans La Thièrache », t. XVII, année 1895. - 19 - IV. — Notes complémentaires sur les cloches de Rumigny de Lamirault de Cerny, leur parrain, et Suzanne de Lancry, leur marraine. Jean-Baptiste de Lamirault deuxième du nom de Cerny, qui nomma les trois cloches de Rumigny en 1744, naquit au château d'Etréaupont le 26 août 1707; il était fils de Jean-Baptiste de Lamirault, chevalier de Lalande, gouverneur d'Aubenton, seigneur d'Etréaupont, etc., et de Anne-Louise de Préseau, il se maria au château de Pronleroy 1 eu 1737 avec ElisabethSuzanne de Lancry 2 ; le contrat a été passé aussi au château de Pronleroy devant François Le Clerc, notaire à Cuignières-enBeauvoisis, le 25 avril 1736. Elisabeth-Suzanne de Lancry était fille de Louis de Lancry, seigneur de Pronleroy, et d'Elisabeth Le Serrurier. Jean-Bapliste de Lamirault de Cerny, mourut dans son château d'Etréaupont le 3 août 1781, et fut inhumé le 5 dans la chapelle de ses ancêtres située du costé de l'Evangile du maître-autel » de l'église d'Etréaupont. Sur sa pierre tombale, burinée à la Révolution, on lisaif Ci gist Messire Lamirault, seigneur d'Estréaupont, Froidestrez, Cerny, gouverneur d'Aubenton, commandeur de l'ordre de St Lazare, décédé le 3 aoust 1781, âgé de 73 ans, onze mois, 27 jours. Bon père, tendre époux, seigneur généreux Soutien de l'innocent, appui du malheureux De la religion observateur fidèle Il fut pour ses vassaux l'édifiant modèle D'une constante piété Son corps repose icy, que son âme immortelle Jouisse au sein de la divinité Pour prix de ses vertus d'une gloire éternelle. Cette épitaphe, ainsi que la suivante, fut composée, dit-on, par Josias Lamirault de Noircourt, son fils, décédé curé de Bosmont Aisne, le 4 décembre 1809. 1 Oise, arrondissement de Clermont. 2 Les cloches portent Lancery, faute du fondeur. — 20 — Elisabeth-Suzanne de Lancry mourut à Laon, le 17 mars 1785 ; elle fut inhumée aux côtés de son mari le 19 du même mois. On lisait sur sa pierre tombale Ci-gît Dame Elisabeth-Susanne de Lancry, âgée de soixante neuf ans, douairière de feu Messire J. B. Lamirault, commandeur de l'ordre de St Lazare, seigneur d'Etréaupont, Cerny et autres lieux, ladite dame décédée à Laon le 17 mars et inhumée dans sa chapelle dudit Etréauponl le 19 mars 1785. De son sexe l'honneur — Femme pieuse et sage Elle fut des erreurs sans tache — Un esprit bienfaisant De l'amour maternel le plus pur sentiment Des plus rares vertus son nom a esté l'image Vous pauvres de vos pleurs — Arrosez cette terre La mort en vous l'arrachant vous ravit votre mère. Elisabeth-Suzanne de Lancry fut marraine de la grosse cloche d'Etréaupont, le 18 août 1782, avec son fils Lamirault de Noircourt, comme parrain. L'acte de baptême inédit, tiré des registres paroissiaux d'Etréaupont, est ainsi conçu L'an mil sept cent quatre-vingt-deux, le dimanche dix-huitième jour du mois d'aoust, à l'issue de la messe paroissiale de cette église, par moy prestre, curé de cette paroisse, ont été béniles la grosse et la moyenne cloche de celte église, avec les cérémonies d'usage et prescrites par les règlements du diocèse, et notre mère la sainte église ; la communauté représentée par ses principaux habitants, duement convoqués et priée de désigner les personnes qu'ils avaient choisies pour désigner sous l'invocation desquels saints ou saintes ils désiraient que les deux susdites cloches fussent bénites, le sr Jean-Pierre Potel, un des dits principaux habitants et parlant au nom de ladite communauté, à haute et intelligible voix, et en présence d'ycelle, a dit que les désirs des dits habitants étaient que la grosse cloche fut nommée par Messire Lamirault de Noircourt, seigneur dudit Estréaupont, ancien capitaine du régiment de Condé. chevalier de l'ordre royal et militaire de St Louis, et dame Elisabeth-Suzanne de Lancry, veuve de Messire Lamirault de Cerny, seigneur dudit Estré au pont et autres lieux, commandeur de l'ordre de St Lazare, qui ont imposé a ladite cloche le nom de Jeanne-Elisabeth la deuxième - 21 — cloche, aux désirs et à la prière des dits habitans, a été nommée Charlotte-Thérèze, par Messire Charles de Lancry 1, seigneur de Rimberlieu, lieutenant du Roy, de Compiègne, chevalier de l'ordre royal et militaire de St Louis, et dame Charlotte-MarieThéreze de Lancry 2, femme de Mre Lamirault de Noircourt 3, seig. d'Estré au pont et autres lieux, qui tous ont signé avec moy le présent acte les jours, mois et an susdits. Signé LAMIRAULT DE NOIRCOURT. — DESFOSSEZ. — LANCRY. — LANCRY DE NOIRCOURT. — LANCRY DE RIMBERLIEU. — CLARIS, curé d'Estré au pont, chanoine de Rozoy-sur-Serre, seigneur de Bussy-les-Pierrepont, chapelain de Sissonne. Dans l'église d'Etréaupont, sur un panneau de bois noir, dans la chapelle de la Vierge, on lit A la mémoire De Messire DE LADIMIRAULT DE NOIRCOURT, dernier seigneur d'Estréaupont, décédé en exil à Creveld Allemagne, en avril 1793, âgé de 55 ans; De Charlotte-Marie-Thérèse DE LANCRY DE RIMBERLIEU, son épouse, décédée à Compiègne, le 16 février 1836, âgée de 84 ans ; Et de très pieuse et très charitable dame MarieThérèse-Suzanne DE LADMIRAULT DE NOIRCOURT, leur fille, bienfaitrice de celte église, décédée comtesse douairière de Bréda, le 23 octobre 1855, au château de PlessisBrion, dans sa 76me année. de Lamirault et Josias, son frère, furent les derniers seigneurs de Noircourt.—Les Lamirault, originaires de Touraine, s'établirent dans la Thiérache, par l'acquisition qu'ils firent de la terre d'Etréaupont au marquis Victor-Amédée de Choiseul, en 1698. La famille de Lamirault de Cerny n'est pas éteinte ; l'arrière1 l'arrière1 de Lancry, seigneur de Rimberlieu, était lieutenant pour le roi des ville et château de Compiègne. 2 Marie-Charlotte-Thérèze de Lancry était la fille du précédent, et de Marie-Suzanne des Fossés, née à Compiègne, le 8 décembre 1751, et morte le 16 février 1836, âgée de 84 ans, à Compiègne 3 Jean-Baptiste de Lamirault de Noircourt, troisième de nom, était fils de Jean-Baptiste de Lamirault, deuxième de nom, et de Elisabeth-Suzanne de Lancry; il naquit au château de Parpe-en-Thiérache, dépendance de La Capelle, le 6 octobre 1738; son contrat do mariage fut reçu le 10 février 1779, par un notaire de Paris. Il émigra en 1791, fit les campagnes de 1792-1793, et mourut à Crefeld Prusse, en avril 1793, âgé de 55 ans. - 22 — petit-fils de Jean-Baptiste, le comte Charles Raimond de Lamirault, conservateur des forêts en retraite, habite à LaySaint-Christophe LaySaint-Christophe ; il a plusieurs filles dont deux sont religieuses, et deux fils ; l'aîné, Charles, est capitaine aide de camp du général de Longuemar; le second, André, est capitaine de l'état major à Rennes. Les armes des Lamirault sont coupé de gueules et d'or à la rose de gueules; — celles des de Lancry sont d'or à trois ancres de sable posées deux et un. RIOMET, Membre de Sociétés savantes, instituteur à Villeneuve-sur-Fère-en-Tardenois Aisne. LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. Tout comme Fabert, La Bourlie doit s'occuper d'amener plus ou moins habilement la conversion des calvinistes sedanais au catholicisme. C'est ce que prouve la lettre suivante 1, adressée à Colbert le 21 septembre 1662 et que nous croyons devoir reproduire, à cause de son intérêt Depuis mon arrivée en cette ville, je mis mon principal soin à examiner avec le père Adam 2 l'effet qu'on se peut promettre, de la réunion ou conversion générale de ce peuple à l'Eglise romaine. Mais je trouve, Monsieur, beaucoup de douceur et de respect, sans aucune disposition présente à cet ouvrage. Les officiers du Conseil Souverain, qui sont les principaux de cette ville, étaient prévenus de crainte d'être pressés et minutent déjà leur sortie de la ville. Ce qui, sans doute, porteroit grand préjudice au bien du service du roi ; à quoi je remédie en remettant leurs esprits par les assurances de la bonté du roi et [de son] affection particulière pour celte ville. 1 Cf. DEPPING, ouvr. cité, t. IV, 305. 2 Sur le rôle assez important et surtout bruyant que ce personnage a joué, on peut consulter P. BAYLE, Dict. critique, 1740, t. I, p. 75-79 ; l'abbé BOULLIOT, Biographie Ardennaise, t. 1, p. 3-10 ; J. BOURELLY, Le Maréchal de Fabert, t. II, p. 265 et suiv. — 23 — Je ne doute pas que dans quelque temps nous n'attirions quelques-uns des plus notables et que ce progrès ne soit suivi de beaucoup d'autres parmi le peuple. Mais il faut un peu de temps et que cet avantage nous vienne de celui que recevront les officiers, qui craignent une suppression entière 1, si vous trouvez bon, ainsi que vous m'avez fait l'honneur de me témoigner, qu'ils demeurent simples conseillers et qu'il plaise au roi de les souffrir. A quoi je les ai portés à consentir, mettant dans leurs provisions que c'est en considération de leurs services et sans que celle grâce puisse tirer à conséquence pour l'avenir. Quand à M. d'Ozanne 2. que je laisse sur la liste sans y toucher, comme il a toujours été le second du corps, je ne peux lui trouver place. Vous verrez, Monsieur, ce qu'il plaira au roi de lui accorder. Il se fait justice et renonce à pouvoir jamais être le premier. En vérité, il a beaucoup de mérite et de capacité et il a toujours été très zélé pour le service du roi. De plus, il a beaucoup de disposition à se convertir et la perte me semble grande, s'il sortoit de la ville. Il a désiré de vous aller dire ses raisons lui-même, et je ne puis lui refuser. Pour celui c'est-à-dire pour l'office que je laisse en blanc, je l'espère remplir d'un fort honnête homme converti, qui se dispose, et, si cela manquoit, il le sera d'un catholique. Voilà, Monsieur, l'état présent, je vous rendrai compte exact, dans la suite, de tout ce qui se passera et, en toutes occasions, mes respects, comme étant très passionnément, etc. » Pendant sa première année de comptes, en 1663-1664, le receveur Jean Chevalier règle peu de dépenses extraordinaires 168 livres 15 sols pour nonpareilles fournies par l'apothicaire Paul Didier et 461 livres 1 sol pour les vins de présent. Parmi les visiteurs figure le Révérend Père Général des Capucins et le présent, qui consistait en vin, pain, viande et pâtisserie, lui fut offert par aumône ». 1 Il s'agit ici du remplacement de l'ancien Conseil souverain par un présidial ayant un ressort très étendu, puisqu'il comprit 15 bailliages ou prévôtés, et qui fut installé le 18 décembre 1662. Cf. J. BOUREIXY, ouvr. cité, t. II, p. 292-295, 318-323 et 358. 2 Sur Daniel d'Ozanne f 1676 à 70 ans, lieutenant-général du bailliage et siège présidial de Sedan et sa famille, cf. entr'autres E. MICHEL, Biographie du parlement de Metz, p. 395 et suiv. ; J. VILLETTE, Un duel à Sedan en 1629, p. 7 et les Bulletins du Musée de Sedan, t. I, p, 154. — 24 — Notons toutefois une dépense nouvelle, qui reviendra désormais chaque année au compte de la ville le marguillier de la paroisse Saint-Laurent, Hermand Ulric, reçoit la somme de 60 livres pour payer les frais, qui ont été faits lors de la Fête-Dieu et à l'octave de celle fête. Les curés des terres souveraines prétendaient faire entrer leur vin en franchise, mais la ville refusa de leur accorder ce privilège ; elle sollicita et obtint du Conseil d'Etat un arrêt, qui les soumit au droit commun. Le sieur de Saynelle, avocat au Conseil, que la ville avait chargé de défendre ses intérêts en celte circonstance, reçut pour ses honoraires la somme de 227 livres 3 sols 6 deniers. Ajoutons cependant que dans cette somme figurent également les honoraires du sieur Landragin l'aîné 1, avocat à Mazarini 2, qui avait plaidé pour la ville contre les fermiers. Pendant la seconde année, en 1664-1665, la dépense des nonpareilles monte seulement à 43 livres 7 sols et celle des vins de présent à 184 livres 19 sols. Les nonpareilles sont offertes au sieur Thomas Renart de Fuchsamberg 3, nommé grand-maître des eaux-et-forêts à Sedan, — au nouvel intendant de Metz, Jean-Paul de Choisy 4, — au Réverend Père Général des Jésuites. 1 Sur cet avocat et sa famille, cf. ALBERT BAUDON, Tablettes généalogiques rethéloises La famille Landragin, 1897, 10 p. Extrait de la Revue historique ardennaise, 1897. 2 Les lettres patentes, données en décembre 1663 pour la nouvelle érection en duchépairie des terres de Rethel et de Rozoy sous le nom de Mazarini, en faveur d'Aimand-Charles de la Porte-Mazarini, ont été publiées par le P. ANSELME, t. IV, p. 627 et suiv... Voulons et nous plaît, dit Louis XIV, que led. duché de Rethelois et Rozoy, porte désormais le nom de Mazarini, au lieu de celui de Rethelois et Rozoy et même que la ville de Rethel, gui est la capitale dudit duché, soit seulement appelée de Mazarini, sans que ledit duché-pairie et lad. ville puissent prendre à l'avenir d'autres noms, ni d'autres armes que le nom et les armes de Mazarini, demeurans les susdits noms et armes de Rethel et Rethelois éteints et supprimés ; et seront lesd. noms et armes de Mazarini insérés à l'avenir dans tous les actes de juridiction, contrats, conventions et autres quelconques, de quelque nature qu'ils puissent être, publics ou particuliers, à peine d'amende contre les contrevenans... » Voici les armes des Mazarini d'azur à un faisceau d'or, lié d'argent, du milieu duquel s'élève une hache d'armes, à une fasce de gueula sur le faisceau, chargée de 3 étoiles d'or. 3 Cf. A. BALDON, La cloche de l'église de Doux Ardennes ; notes généalogiques sur la famille Renart de Fuchsamberg, 1896, p. 3. Extrait de l'Annuaire MatotBrame. — Thomas-Adolphe Renart de Fuschamherg, 1605 y 18 déc. 1692 à Rethel conseiller du roi, etc., était seigneur de Vadimont et de Rubigny, quand il acquit de Marie de Coucy, duchesse d'Havre, la terre et haute justice de Vrigne-aux-Bois, Saint-Basle et Tendrecourt ; il acheta en outre, vers 1662, le château du Faucon, près Doncherv. Sa femme Marie Robillard, lui donna six enfants, dont l'aîné obtint, par lettres patentes du 26 sept. 1666, l'érection en comté du fief de Montcy-Notre-Dame. 4 Jean-Paul de Choisy, chevalier, seigneur de Balleroy et de Beaumont, conseiller d'honneur au parlement de Melz, lut intendant de la justice, police et finances en la généralité de Metz, Luxembourg et frontières de Champagne, Lorraine et Barrois, de 1662 à 1673. Cf. E. MICHEL, Histoire du parlement de Meta, 1845, p. 536. — 25 — — et au comte de Soissons, Eugène-Marie de Savoie 1, gouverneur de la Champagne depuis le 25 juin 1660 2, et en faveur de qui Louis XIV venait d'ériger en duché, sous le nom de Carignan, la prévôté d'ivois el ses dépendances 3. Mais la dépense extraordinaire la plus considérable, que fait alors la ville, est occasionnée par l'affaire du sieur Cadeau. Ce fabricant avait obtenu, en 1646, pour lui et ses deux associés, le privilège exclusif d'établir à Sedan, pendant vingt ans, une manufacture royale de draps, façon d'Espagne et de Hollande 4 et, grâce à celte protection, grâce aussi à ses efforts intelligents et à ceux de ses employés 5, sa manufacture du Dijonval avait rapidement prospéré. Plusieurs fabricants de Sedan avaient cherché à suivre son exemple ; mais, afin de pouvoir fabriquer des draps de la même façon, ils avaient dû lui payer une redevance plus ou moins considérable, suivant le nombre de métiers qu'ils employaient. 1 Eugène-Marie de Savoie, 1633 f 1673, comte de Soissons, colonel-général des Suisses, etc., fils de Thomas-François de Savoie, prince de Carignan, grand-maître de France, et de Marie de Bourbon, était par conséquent le neveu du comte de Soissons, qui fut tué à la bataille de la Marfée. Il épousa, le 20 février 1657, Olympe Mancini f 1708, fille de MichelLaurent Mancini, baron romain et d'Hiéronime Mancini. Sur celte dernière, voir AMÉDÉE RENÉE, Les Nieces de Mazarin. 1856, p. 161-234. On trouvera l'article des deux époux dans la notice Carignan, au t. VII des Ecrits inédits de Saint-Simon, p. 268-284. On a également le portrait du comte de Soissons, composé en 1664, dans les Archives curieuses, 2e série, t. Vlll, p. 401. Chef de la cabale, dite des Eveillés, en 1657 A. CHÉRUEL, Ministère de Mazarin, t. III, p. 46, il se distingua dans l'armée de Turenne, particulièrement à la journée des Dunes, reçut le gouvernement de Bourbonnais en février 1659, celui de Champagne en 1660 et, sans avoir eu d'autre grade que celui de colonel, fut créé lieutenant-général en 1672. — C'était un assez honnête homme et surtout un bon mari, au dire de MADAME DE MOTTEVILLE, Mémoires, t. IV, p. 81, mais il était de ces gens, qui font de la prose sans le savoir. Lettres de Madame de Sevigné, lettre du 12 juin 1080, t. VI, p 449. Il mourut, le 7 juin 1673, à Umra. en Westphalie et son corps fut rapporté dans le mausolée de sa famille, à la Chartreuse de Gaillon. Sa femme, la noire Olympe », passa pour l'avoir empoisonné. Cf. les Archives de la Bastille, t. IV, p. 70 et TH. JUNG, la Vérité sur le masque de Fer, les empoisonneurs, 1893, p. 289. 2 Ses diverses entrées à Reims ont été racontées par CH. LORIQUET. Un gouverneur de province au XVIIe siecle. 3 Par lettres datées de Fontainebleau en mai 1661, Louis XIV donna la ville et prévôté d'ivois à Eugène-Marie de Savoie, comte de Soissons et à ses hoirs et ayans cause pour toujours et l'année suivante, au mois de juillet, il érigea en duché, sous le nom de Carignan, ladite ville et prévôté avec ses appartenances et dépendances, savoir les paroisses et lieux d'Osnes, Escombres, Sachy, Messincourt, Matton, Clémency, Givercy et Chamouilly dit les Deux-Villes, Tremblois, Williers, Mogues, Charbeaux. Puilly, Margny, Herbeuval, Signy, Montlibert, Bièvre, la Ferté, Margut. Fromy, Linay, Blagny, Sailly, Vaux, Euilly, Tétaigne, Villy, Sapogne, Tassigny, Auflance. Pouru-aux-Bois. Malandry, Lombut ; et, pour le sauvement, Chauvancy-Saint-Hubert et Brévilly. Cf. le P. ANSELME, t. V, p. 674 et suiv. 4 Les lettres patentes données à Fontainebleau en juillet 1646, sont analysées dans le Dictionnaire universelle de Commerce, etc., de JACQUES SAVARY, 1742, in-fol., t. II, col. 1192. 5 Nous faisons surtout allusion à Abraham Chardron. Cf. notre notice sur les protestants de Sedan au XVIIIe siecle, 1896, p. 15. Extrait du Bull, de la Société de l'histoire du Protestantisme français ; juillet 1896. — 26 - A leur instigation, le corps de ville envoie des députés à la Cour, afin d'empêcher le renouvellement du monopole de Cadeau et aussi afin de conserver les anciens privilèges commerciaux de la ville, continuellement menacés par les agents des fermes. La ville finit en effet par gagner son procès ; mais il lui en coûte. Dans le compte de 1662-1663, le président Morel 1 et le premier échevin, Husson David, reçoivent la somme de 1,328 livres 6 sols, monnaie de France, faisant 1,506 livres en monnaie de Sedan, — notons ce précieux renseignement — pour la dépense qu'ils ont faite à Paris, pendant trois mois et huit jours, avec deux valets et un cheval. En 1664-1665, le receveur paie à Messieurs Jean Jacquesson 2, lieutenant-particulier au bailliage et siège présidial, et Husson David, procureur syndic, la somme de 498 livres 8 sols, pour les indemniser des frais d'un voyage fait à Paris pour le même motif. En outre, il donne à Rose Tisserand, la veuve d'Agrand Pailla, maître du coche de Sedan à Paris, la somme de 148 livres 13 sols, tant pour les places et le port des hardes des deux députés que pour de l'argent qu'elle leur avait avancé au nom de la ville. Enfin, le Corps de ville célèbre son triomphe par un festin, qu'il offre à l'intendant Renart, venu de la part du roi pour assurer le rétablissement de la liberté de la manufacture des draps, façon de Hollande ; coût 189 livres, qui sont payées à Nicolas Delogne. Cette lutte, très vive, engagée par les fabricants de Sedan, puis par le Corps de ville contre le privilégié Cadeau, est exposée dans un document de l'époque, des plus intéressants et que nous allons reproduire, malgré son étendue 3, parce que les historiens de Sedan semblent l'avoir ignoré. Il s'agit du rapport adressé par le comte de La Bourlie à Colbert, le 4 décembre 1664, et de plu1 plu1 avait été nommé, le 25 septembre 1659, à la charge de bailli, président au Conseil souverain de Sedan, en remplacement de Daniel de Guillon, sieur de Réal, décédé. Cf. J. BOURELLY, Le Maréchal de Fabert, t. II, p. 335 et suiv. 2 Jean Jacquesson, d'origine mouzonnaise, devint lieutenant-particulier, puis, vers 1678, lieutenant-général au bailliage et siège présidial de Sedan ; il mourut dans l'exercice de ses fonctions, le 19 septembre 1691, à l'âge de 63 ans. 3 Nous croyons en effet avec Bayle qu'il est bon, en de certains sujets, de faire le copiste, pour l'utilité de ceux qui, sans sortir de leur place, sont bien aises de s'éclaicir et devoir les orignaux des preuves. Cl. le Dict. critique, art. Carneade, rem. B., 1740, t. II, p. 59. — Cf. G. DEPPING, Corresp. administrative sous le regne de Louis XIV, 1850-1853, in-4°, t. III, p. 696 et suiv. — 27 — sieurs autres lettres écrites par le même au même jusqu'au 10 décembre de l'année suivante. Le 14 décembre 1664. Depuis que j'ai reçu votre lettre, j'ai fait appelé les échevins et le syndic de celte ville, pour être informé par eux de l'état auquel sont les manufactures de drap, façons de Hollande et d'Espagne, tant du sieur Cadeau que des bourgeois de la ville, qui sont dans ce commerce et les ai menés ensuite avec moi chez le sieur Cadeau faire la visite et l'examen, conformément à votre intention et à vos ordres. Il s'est trouvé chez lui sept métiers travaillans, deux en drap de Hollande et le reste en droguet et des tondeurs, cardeurs, peigneurs à proportion, avec quelques femmes qui épluchent la laine. Et, m'informant du nombre d'ouvriers qui ont travaillé par le passé, on m'a répondu que la plupart travaillent à la ville, parce qu'ils n'avoient là de besogne qu'une partie de l'année. Je me suis fait ramener ensuite à ceux de la ville et j'ai trouvé sept bourgeois, ayant chacun trois métiers de la même qualité des autres, lesquels m'ont dit payer cinquante-cinq écus par an pour chacun métier au sieur Cadeau, à cause de son privilège 1, et qu'ils soutenoient leur travail avec grande peine sous cette contribution, mais que, le privilège finissant à la Saint-Jean 1666, ils aiment mieux souffrir cela, sous cette espérance, que de quitter la ville pour aller ailleurs. Il est certain que le roi peut qualifier la manufacture de Sedan des plus belles de son royaume. Les échevins m'ont fait venir parler douze des principaux et plus accommodés habitans, qui sont tous prêts à dresser des métiers, dès qu'ils en auront la liberté et ont fait apprendre leurs enfans en Hollande pour cet effet, commençant à établir leur commerce de laines pour travailler, dès que le privilège sera expiré ; et vous pouvez être persuadé, Monsieur, que, si le roi veut anéantir les draps étrangers par des impôts ou autres moyens, Sedan se rendra capable d'en fournir plus que vous ne sauriez penser et tous les habitans, qui ont des commodités, sont tous disposés de s'adonner à cet ouvrage. m'avez fait l'honneur de m'écrire, avec une douleur extrême et 1 Le fabricant Cadeau, dans une lettre du 21 juillet, se plaint beaucoup des difficultés qu'à opposées le lieutenant-général à l'exécution du privilège qu'il avait obtenu. Mais par une autre lettre du 7 septembre, il annonce que, grâce à la protection de Colbert, justice lui a été rendue et qu'il donnera tous ses soins à l'augmentation de sa fabrique, afin de la rendre plus célèbre et plus florissante que jamais. » Note de G. Depping. — 28 — Il y a, outre cela, dans la ville ou les Souverainetés, soixante métiers de serges, qui sont très bonnes et d'un très bon débit, et dont les ouvriers sont capables de mieux faire, quand ils voudront s'y employer. La mode des droguets a fait cesser le grand débit des draps, façon de Hollande et d'Espagne. Mais, bien qu'ils n'y gagnent pas plus et qu'ils en fassent une très grande quantilt, ils désirent passionnément de refaire des draps, à quoi ils prennent bien plus de plaisir. Je suis prié par les échevins et gens de la police de vous faire connoître, dans cette occasion, les notables préjudices, que la communauté à reçus de la longueur de ce privilège, pour plusieurs charges qu'elle en a souffertes et surtout de l'exclusion des ouvriers, qui avoient déjà apporté ici ce bel ouvrage et de ceux qui, à leur exemple, s'y vouloient appliquer. Je ne manquerai de visiter souvent les uns et les autres, conformément à votre désir, et leur donner tout le soutien, qui dépendra de moi ; de quoi je vous avertirai exactement » 1. Le 13 août 1665. Il nous arrive tous les jours des drapiers. Il me fut hier apporté une lettre du drapier de Leiden, duquel il vous a été parlé de ma part, qui témoigne quelque peine à se départir de Sedan. Mais je crois qu'il se résoudra à aller où il vous plaira, attiré par les avantages que son ami de Paris lui écrit qu'il vous plait lui faire. C'est un homme fort estimé en ces quartiers ici » Le 10 décembre. Le procès-verbal de M. Renart vous aura sans doute justifié que les marchands et drapiers de celte ville ne sont ni coupables, ni mal intentionnés. Ils ont ouï la lecture de la lettre, que vous 1 Le 20 mai 1665, Renart, maire ? de Sedan, écrit à Colbert que toute la ville a reçu avec joie la nouvelle de la liberté, accordée aux sedanais, de fabriquer des draps, façon de Hollande. Volumes Verts C. En septembre 1668, Jacquesson se plaint du désordre, qui règne dans l'industrie manufacturière de Sedan Ce peuple d'ici, qui ne subsiste que par les manufactures, qui est industrieux et ardent au profit, se porte, avec une passion inconsidérée, en l'endroit où il y a apparence de gain et s'y applique, sans garder aucune mesure. Quand le poinl coupé va bien, chacun s'érige en maître et maîtresse de points ; quand la draperie a cours, tout le monde se fait drapier et chacun ainsi prétend avoir droit de prendre part à l'avantage qui se présente. Il arrive de là que l'on se prend les ouvriers les uns des autres ; on leur donne le double du juste salaire ; on les rend insolens et ivrognes et l'on a mille peines à les contenir et à les faire travailler. Les personnes, qui se sont appliquées à un métier où il n'y a point d'intelligence, font faire de méchantes manufactures. Il s'en fait à trop grande quantité. Quand la vente se ralentit, des gens, qui ont fait travailler sans avoir de quoi fournir des avances, sont obligés de vendre à perte et ils se ruinent et ruinent avec eux les anciens maîtres et la réputation de la manufacture, v Ibid. — Note de G. Depping. - 29 — vous supplient très humblement par moi de leur conserver un peu de bonté contre leurs ennemis et envieux. S'il vous plait de prendre la peine d'envoyer les statuts et règlemens, que vous désirez être observés, je les ferai suivre si exactement que j'espère qu'en [aucun] lieu du royaume ils ne le pourront être davantage » 1. Ces quelques passages de la correspondance du comte de La Bourlie nous font pénétrer au vif du colbertisme, avec son système de réglementation à outrance. D'autre part, elles dérangent assurément toutes nos idées reçues ; tant nous avons peine à comprendre qu'un gouverneur, personnage essentiellement militaire, ait à s'occuper de la fabrication des draps et de la conversion des hétérodoxes. V Dans le compte de l'année 1665-1666, nous trouvons encore un écho des luttes commerciales de la ville de Sedan. Il ne s'agit plus celte fois de savoir si le privilège du sieur Cadeau 2 sera ou ne sera pas prorogé, mais des transactions avec la principauté de Liège. Le comptable Jean Benoist paie à l'échevin Pasquay Bonivert la somme de 164 livres 4 sols 3 deniers pour les voyages qu'il a fait en diverses fois à Liège, au cours desquels il a sollicité Monsieur le prince de Liège et son Conseil de mettre bas l'impôt du soixantième, qui frappait les marchandises entrantes et restantes dudit Liège pour venir à Sedan, d'établir le nouveau chemin de Sedan à Liège, et d'en ouvrir un autre qui passerait par Dinant, sans toucher aux terres du roi d'Espagne. Les négociations du sieur Pasquay, ou plutôt Pasquier Bonivert, sont d'ailleurs couronnées par le succès et nous savons que les routes en question donnèrent lieu à un commerce important, pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle 3. 1 Les statuts en question, rédigés le 24 août 1666, approuvés par un arrêt du Conseil d'Etat du 16 septembre suivant, furent homologués au parlement de Metz, le 7 janvier 1667. 2 Si le sieur Cadeau n'est plus privilégié, il reste encore le fournisseur du roi. 11 lui vend en effet, à deux reprises, le 30 juin 1665 et le 20 avril 1666, onze aunes de drap gris, fabrique de Sedan, à raison de 20 livres l'aune. Cf. les Comptes des bâtiments du roi, publiés par J. Guiffrey, t. I, p. 63 et 105. 3 Cf. HENRI LONCHAY, la Principauté de Liège, la France et les Pays-Bas au XVIIe et au XVIIIe siecles, Bruxelles, 1890, pp. 148-153, où la question est bien posée et les sources belges indiquées. Cf. aussi JOSEPH DARIS, Histoire du diocese et de la principauté de Liege au XVIIe siecle, Liège, 1877, t. I, p. 109 et suiv. Pour les sources françaises, cf. surtout les Archives communales de Sedan. CC, 12; DD, 16, 17, 61 ; FF, 11 ; et les Archives départ, des Ardennes, C, dont l'Inventaire analytique a été publié par E. Sénemaud. — A l'aide de tous ces documents, il serait facile de composer une étude économique des plus intéressantes. - 30 — La reine-mère Anne d'Autriche meurt le 20 janvier 1666 et ta ville témoigne officiellement sa douleur par un service funèbre dont le luminaire, cierges et torches, fut livré, moyennant 52 livres, par Jean Maget, maître cirier. Un service anniversaire fut célébré l'année suivante et, la cérémonie ayant moins d'importance, le cirier Jean Maget ne fournit celte fois que pour 21 livres de cire blanche. Mentionnons également les nonpareilles offertes à Madame l'intendante de Caumartin 1 et payées 29 livres 15 sols au sieur du Cloux, apothicaire, ainsi que les bouteilles de vin qui furent présentées, lors de leur arrivée, au jeune marquis de Fabert 2, à M. de Longueval, parent de la comtesse de La Bourlie, enfin aux sieurs de Choisy et de Caumartin, le premier intendant à Melz, le second à Châlons, et qui coûtèrent 318 livres 14 sols 6 deniers. Marie Le Chinq, la veuve du marchand poudrier David Regnier, fournit, au cours des deux années 1665-1667, pour 101 livres 5 sols de poudre, que l'on emploie à des salves d'artillerie, pour honorer l'entrée des visiteurs et que l'on tire aussi lors du feu de joie de la Saint-Jean. Le comptable paie encore à Isaac Harmet, maître arquebusier, la somme de 92 livres 15 sols pour une paire de pistolets enrichis, envoyés à M. Parel, commis de M. de Lionne 3 à Paris, en reconnaissance d'un arrêt du roi qu'il a fait expédier, portant que les comptes continueraient à être rendus par devant Messieurs du Conseil de police. Sera continué. Stéphen LEROY. 1 Louis-François Lefèvre de Caumartin, fils unique de Louis Lefèvre de C. et de sa seconde femme, Madeleine de Choisy, né le 16 juillet 1624, fut conseiller au parlement en 1064, puis maître des requêtes ; le roi lui confia les sceaux des grands jours, tenus en Auvergne en 1666. Il fut ensuite intendant de Champagne du 15 novembre 1666 à 1672, conseiller d'Etat de semestre en mars 1672 et conseiller ordinaire en janvier 1685; il mourut d'apoplexie, le 3 mars 1687. Cf. le P. ANSELME, t. VI, p. 545. Sa première femme, Marie-Urbaine de Sainte-Marthe, mariée le 10 novembre 1650, morte le 15 janvier 1654, lui donna un fils, Louis-Urbain Lefèvre, marquis de Saint-Ange f 1720. Sa seconde femme, Catherine-Françoise de Verthamon, fille de François de Verthamon, conseiller d'Etat, mariée le 22 février 1664, morte le 28 octobre 1722, il lui donna neuf enfants, quatre fils et cinq filles.—Comme sa soeur, Madame de Guitaut, elle avait une étrange tête, au dire de Madame de Sévigné, dans sa lettre du 12 octobre 1677 à Madame de Grignon. 2 Le jeune marquis Louis de Fabert fut installé, le 9 septembre 1665, comme grand bailli de Sedan; les provisions sont datées du 10 janvier. Cf. J. BOURELLY, ouvr. cit., t. II, p. 359. 3 Les principautés de Sedan et Raucourt, depuis leur réunion à la couronne, ressortissaient au département du secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, qui était alors le fameux Hugues de Lyonne, marquis de Berny, etc. - 31 — VARIÉTÉS I. — Relevé des dates de construction dans l'Eglise de Mézières. La première date marquant l'année de la construction est la date bien connue de 1499 1. Sur les voûtes latérales du côté à droite, attenant au parvis, on lit les dates 1520, 1522, 1524, 1526, 1530 et 1534. Au côté gauche, au Nord, celles de 1536, 1538 et 1544. A la voûte du choeur, année 1506. A la nef, se lisent les dates de 1552, 1565, 1566, 1612 et 1615 ; ce sont là sans doute des dates de réfection. Il semble résulter de ces dates que la partie de l'église inaugurée en 1499, est le pourtour extérieur. Ensuite on s'est occupé du choeur en 1506 ; puis, du côté droit de 1520 à 1534 ; ensuite, du côté gauche de 1536 à 1544 ; enfin de la nef de 1552 à 1615. A. SÉCHERET. II. — Inscriptions d'un étudiant fumacien à la Faculté de Droit de Douai, en 1755. En dépouillant les documents de la Bibliothèque de Douai pour un travail récemment paru 2, j'ai relevé sur les deux seuls cahiers d'inscriptions provenant de l'ancienne Faculté de Droit de cette ville et parvenus à notre connaissance, les deux notes suivantes Ego Petrus Nicolaus Mathy fumacensis laïcus habitans aedes domini Buffet sancti Amati beneficialis continuo inscriptiones atque meas lectiones juris nempe canonici sub consultissimo domino Dehault, et digestorum sub clarissimo domino Bosquet, 27a januarii 1755 3. Ego etc.. laïcus diocesis Leodiensis habitans aedes domini Gosselin in supremâ duacensi curiâ adcocati in plateâ vulgo Clovis continuo etc., die 29a Aprilis 1755 4. P. COLLINET. 1 Cf. Rev. d'Ardenne et d'Argonne, t. II, p. 48. 2 L'ancienne Faculté de Droit de Douai 1562-1793, Lille, 1900, in-8°. 3 Bibl. comm. de Douai, MS. 1406 n° 1, fol. 6v. — Traduction Moi Pierre-Nicolas Mathy, de Fumay, laïc, habitant la maison de M. Buffet, bénéficiai de St-Amé, je continue mes inscriptions et mes cours, c'est-à-dire celui de droit canon sous le très savant M. Dehault et celui du digeste sous le très illustre M. Bosquet, 27 janvier 1755 ». 4 Bibl. comm. de Douai, MS. 1406 n° 2, fol. 7r. — Traduction Moi, etc., laïc, du diocèse de Liège, habitant la maison de M. Gosselin, avocat au Parlement de Douai, sur la place Clovis, je continue etc., 29 avril 1755. " - 32 — BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE Mémoires du duc de Rovigo pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, édition nouvelle par Désiré LACROIX t. I. - Paris, Garnier frères, 1900, in-18, 563 pp. 3 fr. 50. [Savary, duc de Rovigo, né à Marcq, le 26 avril 1774]. Collection de Documents rares ou inédits concernant l'histoire de Sedan. — Fasc. 11 à 19 Révocation de l'êdit de Nantes ; Comptabilité et Recensement 1685-1700 [par Aug. PHILIPPOTEAUX]. — Sedan, imp. E. Laroche, in-4°, 147 pp. 4 fr. 50. [On peut se procurer la collection complète de ces Documents chez MM. Jourdan et Genin, libraires à Sedan]. Un Quatorze Juillet dans la vallée de la Semoy par Henri JADART.— Broch. in 8°, 20 pp. extr. de la Rev. d'Ardenne et d'Argonne, Sedan, E. Laroche, 1900. Ville de Rethel. — Distribution des Prix du 15 août 1900 sous la présidence de M. Ternaux-Compans, député des Ardennes. — Rapport sur le Prix Boucher de Perthes, par le Dr V. MEUGY. — Broch. in-8° de 20 pp. ; Rethel, Vve Ch. Kienné, 1900. [Quelques noies historiques sur Boucher de Perthes et sur quelques notabilités rethéloises contemporaines]. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. POÈTES ARDENNAIS ARTHUR RIMBAUD VI Rôle d'Arthur Rimbaud en Afrique. Nous avons raconté, en deux précédents articles1, les principaux événements qui avaient marqué la dernière période de la vie d'Arthur Rimbaud. Nous y avons exposé simplement les faits tels qu'ils nous étaient connus, d'après les sources les plus authentiques. Parmi les multiples aventures de cette existence inquiète de sensationnel, nous avons relevé chez Rimbaud une préoccupation continue qui paraît être le principal mobile de ses actes c'est le souci constant de gagner sa vie, au service d'autrui d'abord, puis à son propre compte ; c'est la lutte acharnée pour l'acquisition d'une fortune qui lui assurât l'indépendance matérielle et morale On ne saurait trop insister sur ce point essentiel que nous nous sommes efforcés de mettre en évidence. Maintenant, est-ce à dire que l'unique but visé par Rimbaud durant cette période ait été la conquête de l'argent? Nous ne le croyons aucunement, et d'ailleurs tout ce que nous savons de son caractère vient à rencontre d'une telle hypothèse. Il avait l'âme trop haute pour tout sacrifier aux intérêts mercantiles, l'esprit trop affiné pour s'asservir à jamais aux mesquineries déprimantes du négoce. Capable de s'assujettir résolument aux plus rebutantes besognes afin de réaliser son rêve de liberté, il ne voyait dans l'argent qu'un moyen et non une fin. Pendant les accalmies de son existence tourmentée, au milieu des courts répits que lui laissaient les tracas de ses entreprises commerciales, de plus nobles ambitions durent maintes fois le hanter, de grandioses conceptions germèrent peut-être en son cerveau. Un certain nombre de faits épars, quelques indications tirées de lettres et de récits révèlent chez lui toute une série de préoccupations étrangères à son activité de trafiquant. Mais la rareté des documents, l'imprécision ou le peu de sûreté des renseignements ne nous permettent guère d'être fixés sur la signification des projets et la portée des actes du poète. 1 Revue d'Ardenne et d'Argonne, t. VI, pp. 121-135 et 151-158. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. IX, n°s 3 et 4. — 34 — C'est pourtant avec ces données vagues qu'on a forgé récemment, de toutes pièces, un Rimbaud imprévu ; sur un fragile fondement de preuves inconsistantes on a tenté d'échafauder l'idéale construction d'un Rimbaud plus qu'héroïque, plus que demi-dieu, d'un être au-dessus de l'humanité. Himbaud n'est plus seulement géographe, explorateur, homme d'Etat ; il devient le prophète, l'apôtre, le civilisateur de lointains pays réputés barbares. L'auteur de cette théorie magnifiante est son propre beau-frère, M. Paterne Berrichon, qui, depuis deux ans, par ses articles et ses livres, s'efforce de la faire triompher. Nous allons, aussi clairement et impartialement que possible, exposer les arguments et les déductions de M. Berrichon. La vie d'Arthur Rimbaud, explique-t-il, fut logique et admirable d'un bout à l'autre, d'une surhumanité lumineuse et forte, remplie d'aventures et chavirante » comme celle de Verlaine. Rimbaud voulut connaître le mal et le bien, aspirer à la perfection, à une totalité d'humanité ; et cela, naturellement, instinctivement, sans fausse honte ni fausse modestie. C'est en quoi son existence est divine; c'est par quoi il réalise le type du surhomme qu'a imaginé le philosophe allemand Nietzsche. A lire les oeuvres de ces deux génies, on est frappé de telles ressemblances qu'on a presque la sensation d'une paternité de Rimbaud sur Nietzsche, qu'une influence génératrice du poète ardennais sur les idées du penseur allemand ne semblerait pas une chose si impossible. Rimbaud, d'ailleurs, réunissait les diverses qualités physiques et morales qu'il fallait pour l'incarnation du surhomme. Nature saine et robuste, il avait le tempérament de fer, la volonté tenace et indomptable qui le rendirent apte à résister à toutes les épreuves physiques qu'il dut endurer. En outre, les dons intellectuels les plus rares devaient lui assurer la victoire dans l'âpre bataille. Parce qu'esprit supérieur, il savait se plier à toutes les conditions sociales, descendre à tous les métiers, se pencher sur les humanités inférieures, se mettre à leur portée, se faire comprendre d'elles, qu'il s'adressât à sa famille dans ses lettres, à de grossiers intellects orientaux ou à des âmes rudimentaires de nègres et d'Abyssins. Dans son cerveau puissamment organisé, émanation de l'essence divine, tout était inclus, toutes les idées bouillonnaient ; un esprit d'une telle élévation ne pouvait rien prendre, mais donnait tou- — 35 — jours. Il dut rêver et prévoir une société nouvelle, une religion nouvelle. Il eut constamment des préoccupations mystiques ; mais son mysticisme fut d'une autre envergure que le mysticisme catholique dont la rénovation totale le hanta certainement. On peut affirmer qu'avant d'aller exercer son action dans une région déterminée, il se sentait de toutes les religions, de tous les pays ; une synthèse cosmogonique siégeait dans son for intérieur ». Enfin, un dernier caractère imprime à Rimbaud l'empreinte définitive de la surhumanité c'est qu'après avoir été le poète, il voulut devenir le savant et l'homme d'action supérieurs ». Après avoir découvert spontanément et formulé son idéal, il partit pour l'agir », pour tenter de le réaliser ; par ce fait même, n'est-il pas supérieur à Nietzsche? Il est établi qu'à égalité de valeur respective un poète passe toujours un philosophe », et que, s'il est grand d'établir la doctrine du surhomme, il est encore plus grand d'avoir tâché d'être ce surhomme ». — Poète, Rimbaud le fut d'abord et avant tout, c'est-à-dire vates, prophète et dieu, être doué d'une merveilleuse puissance de vision et de création. Dans sa vie comme dans ses oeuvres, il dédaignait le passé, ne s'arrêtait pas au présent, ne voyait que le futur. Tout ce qui était à venir, inconnu, caché, en un mot divin, il le prévit, le devina, l'annonça, et cela depuis sa prime adolescence jusqu'à sa mort. N'est-ce pas là la marque de l'esprit d'élite, du génie prophétique et créateur? — Puis il voulut utiliser sa force créatrice, faire de la poésie vécue et agie ; et dès lors, en prévision de l'oeuvre future, il arma son intellectualité de tous les instruments nécessaires. En dépit des obstacles accumulés sur sa route, il voulait tout voir, tout savoir, tout apprendre ; il s'assimila les idiomes orientaux après les langues occidentales, étudia les arts et les sciences, se familiarisa avec les connaissances pratiques de l'ingénieur, absorba jusqu'aux plus arides traités techniques, comme s'il désirait pénétrer dans leurs plus infimes détails tous les mécanismes du futur édifice social. Sa vie d'aventures l'avait mené dans la région éthiopienne qui offrait un vaste champ à son activité d'explorateur, de colonisateur, et, pour tout dire, à son apostolat de surhomme. Instruit par l'expérience, il s'occupa certes d'amasser un pécule libérateur » ; mais on ne peut croire qu'il se soit borné à n'être qu'un simple marchand et un explorateur ordinaire. S'il établit une factorerie - 36 — au Harar, à la marge du désert, ce ne fut peut-être qu'un trompel'oeil destiné à masquer le véritable rôle qu'il devait jouer. Il est hors de doute que l'Abyssinie, pays neuf et mal connu, avec son mélange de races coptes et nègres, avec ses éléments chrétiens, son organisation politique et sociale particulière, dut l'intéresser singulièrement, mais non modifier les conceptions d'un esprit en qui toutes les idées étaient encloses. C'est Rimbaud, au contraire, qui marqua sur cette contrée la forte empreinte de son génie. L'influence du poète, on la sent décisive à travers tous les événements qui se sont déroulés en Ethiopie depuis l'année 1888. Par ses conseils, ses négociations, ses fournitures d'armes, il fut contre le négus Jean l'auxiliaire du roi Ménélick, et contribua pour sa part à lui assurer l'empire éthiopien ; il fut auprès du nouveau négus le représentant discret de la cause française, l'instigateur de sa politique à l'égard des Italiens, le préparateur des victoires de 1896, qui anéantirent les armées de cette nation mégalomane. Mais le rôle politique de Rimbaud semble de peu d'importance auprès de l'impulsion civilisatrice qu'il sut imprimer à l'Abyssinie. Hautement apprécié par le roi des rois, par ses principaux ministres, le ras Makonnen, l'ingénieur Ilg, dont il était l'ami, le confident et le conseiller, Rimbaud détenait une puissance occulte, mais d'autant plus efficace et qui lui servit pour transformer et rénover l'âme abyssine. Sa mystérieuse influence d'apôtre s'irradiait autour de lui en bienfaits de toutes sortes. Il était d'une bonté inépuisable, donnant toujours, remettant les dettes, avançant pour les insolvables ; au cours de ses expéditions, souvent il s'arrêtait pour porter lui-même, sous quelque tente, en quelque hutte, le bien-être et la civilisation, l'amour aussi de la liberté! » Les indigènes le chérissaient comme un être divin » ; leurs chefs le considéraient avec le plus profond respect ; seul parmi les Européens, il ne fut jamais l'objet de leur malveillance, et ses caravanes traversaient indemnes les tribus pillardes les plus redoutées. Les Abyssins de marque ressentaient devant sa personne une instinctive admiration. L'évêque catholique des Gallas, Mgr Taurin Cahagne, le regardait comme son protecteur; les Européens, devinant sa haute intelligence et son rôle secret, s'inclinaient avec déférence devant cet homme qui, dans les villes, à Entotto, Adoua, Harar, symbolisait la justice ». Par toute la contrée enfin, les deux syllabes de son nom Rimbaud ! ne résonnaient plus — 37 — sans provoquer aussitôt un respect ému et solennel, comme religieux ». Et, aujourd'hui que l'homme mortel a disparu, ce nom s'est transmis aux générations nouvelles, comme celui d'un être miraculeux et légendaire. Ainsi l'évolution politique, la transformation morale et mentale de l'Abyssinie, en ces dernières années, sont l'oeuvre d'Arthur Rimbaud. Ménélick, ce prétendu barbare, ce soi-disant roi nègre, qui maintenant donne des leçons de dignité et de générosité aux plats gouvernants d'Europe, Ménélick est peut-être la plus belle création de son cerveau, haute et pure comme le génie de Rimbaud lui-même. Et l'oeuvre n'est pas près de périr, malgré les efforts des partis adverses de pieux disciples, Makonnen, Ilg, gardiens de la tradition rimbaldienne, répandent l'enseignement du maître et protègent la moisson civilisatrice dont Rimbaud, passant surhumain », avait jeté les semences fécondes le long des routes éthiopiennes. Quand on examine les résultats acquis par cette façon de coloniser, on ne peut s'empêcher de les comparer à ceux qu'obtint un autre colonisateur, le commandant Marchand. La supériorité de l'initiative individuelle, de l'action isolée et libre, y éclate étrangement sur l'action politique et belliqueuse de l'officier qui, soutenu par une troupe en armes, travaille aux gages et pour le compte » d'un gouvernement. L'expédition de Marchand, missionnaire inconscient de maladroites convoitises patriotiques », eut un résultat nul, sinon funeste » ; l'oeuvre du solitaire pacifique, après avoir renouvelé l'âme d'une nation, ne cesse de fructifier là-bas, en Abyssinie. L'un, il est vrai, acquit par ses exploits une gloire suspecte; l'autre mourut incompris, méconnu de ses compatriotes, mais vivant, dans la mémoire d'humbles peuplades, d'une vie surhumaine. Et M. Berrichon ne s'arrête pas là dans ses hypothèses. Quand Rimbaud revint en France en 1891, il lui semble inadmissible que le poète n'ait eu que de vulgaires ambitions, des désirs banalement jouisseurs et bourgeois. Quelles pensées pouvaient agiter cette tête d'ange en exil ? Celui qui avait, prophète natif, empereur occulte, dieu évident, assuré, en noblesse, les destinées éthiques de peuples encore dans la bestialité », celui-là devait se sentir de taille à régénérer l'humanité. Logique jusqu'au bout dans le développe- — 38 — ment de sa personnalité, homme d'action toujours, il devait vouloir se jeter dans la mêlée, utiliser sa force de création, réaliser ses concepts, c'est-à-dire créer cette littérature qu'il avait devinée, cette langue visant tous les sens, traduisant ses conceptions de dieu, établir la religion, la société nouvelles dont il avait étudié tous les organismes dans la lointaine Ethiopie. 11 revenait pour confier à l'étonnement de ceux que plus rien n'étonne les beautés neuves et les synthèses définitives de son tout-puissant esprit ». Et quand la mort vint le ravir dans la plénitude de ses forces intellectuelles et morales, qui sait s'il n'allait pas, nouveau Christ, bouleverser une société caduque, faite d'erreurs et de mensonges, et sur les débris du vieux monde reconstruire l'édifice qu'il avait rêvé ? Telle est la séduisante théorie que M. Berrichon a élaborée à propos de son beau-frère, Arthur Rimbaud elle aboutit à faire de celui-ci un dieu, c'est-à-dire un être doué d'une puissance surhumaine de création et capable de changer la face de la terre. Nous avons groupé en un faisceau les éléments disparates de cette thèse glorificatrice, et il n'est pas difficile de s'apercevoir que les hypothèses aventurées, la spécieuse interprétation de certains faits, un enthousiasme outrancier, quelque orgueil familial aussi, y tiennent plus de place que l'amour de la vérité et la critique raisonnée des événements. Le Rimbaud qui nous est présenté n'est plus qu'un être fictif, et l'histoire de sa vie devient un prétexte à des variations sur des idées chères à leur auteur. Le résultat de cette étrange doctrine a été la formation d'une nouvelle légende qui s'est accréditée récemment dans le public littéraire de la France et de l'étranger. La presse moutonnière a enregistré ce second avatar avec l'inconscience qu'elle mettait jadis à déverser son mépris sur le poète maudit ». Et maintenant, avant de passer à une étude plus approfondie, nous tenons à faire cette déclaration nous aussi, nous sommes plus respectueux que quiconque de la mémoire d'Arthur Rimbaud, et nous l'avons prouvé. Nous avons marqué, en son temps, l'admiration qu'il convenait au génie précoce, au poète novateur. Nous avons suivi avec une sympathie émue les péripéties de son existence à travers le monde. Nous avons été émerveillés de son endurance, de son énergie morale, de son activité infatigable, de sa soif insatiable de connaissances. Nous avons payé un juste - 39 - tribut d'hommages au Français, au voyageur qui, l'un des premiers, en ouvrant des débouchés commerciaux, donna l'exemple à ses compatriotes, au coeur généreux qui fit le bien simplement, selon sa mesure, dans les pays où ses goûts aventureux l'entraînèrent. Mais nous avons, avant tout, le souci de faire oeuvre de vérité ; nous tâchons à la découvrir au milieu de faits confus, de récits douteux et contradictoires ; nous essayons de dégager le caractère d'une vie complexe et déconcertante, sans avoir la sotte vanité de croire que nous y avons pleinement réussi. Nous nous gardons de considérer les événements à travers notre optique personnelle, de vouloir les faire entrer de force dans un système préconçu, pour démontrer après coup la triomphante logique d'une existence logique facile, qui s'étaye sur des phrases à effet ou de ronflantes périodes ! C'est pourquoi nous ne pensons pas qu'il faille diviniser Rimbaud à plaisir ; c'est pourquoi nous préférons voir en lui l'homme plutôt que le surhomme. L'histoire de Rimbaud au point de vue strictement humain nous semble bien autrement attachante et vraie ; sa mémoire n'en a que plus de titres à notre respectueuse sympathie, et sa figure ne nous apparaît pas diminuée parce qu'il lui manque l'auréole divine. Est-il rien de plus humainement émouvant que la dernière phase de son existence, heurtée, douloureuse, remplie de durs labeurs et de cruels déboires, où, à des périodes d'exaltation et d'activité fiévreuse, succèdent des crises de désespoir et de farouche misanthropie? Sa correspondance, où nous ne cherchons pas à découvrir entre les lignes ce qui ne s'y trouve pas, nous fournit les plus suggestifs aveux de son humanité souffrante elle est pleine de confidences amères, de plaintes navrantes sur sa destinée misérable qui le condamne à vivre sans famille, au milieu de nègres stupides, dans le plus atroce isolement du coeur et de l'esprit. Un fatal ennui le ronge sans trêve, et c'est en vain qu'il tente de le chasser par la lassitude physique, par l'engourdissement moral, par les préoccupations mercantiles. Contradiction bien humaine l'Occident qu'il avait fui par dégoût et par amour des aventures, l'Occident le hante; il a le regret nostalgique de l'Europe aux anciens parapets », et à peine a-t-il touché le rivage natal qu'il brûle de retourner aux lieux d'où il est venu. Un drame intime et poignant se joue à toute heure dans cette âme tourmentée, dans ce coeur inassouvi ; et nous nous sentons remués par la pitié et l'admiration, parce que nous avons devant nous un homme, c'est-à- - 40 — dire un être à la fois puissant et faible, avec tous ses contrastes, ses grandeurs et ses misères. Tel nous apparaît Rimbaud dans son humaine réalité sa personne y gagne un intérêt et une signification qu'il nous est impossible d'accorder à l'être abstrait, à l'entité métaphysique qu'on veut nous imposer sous la brumeuse dénomination de surhomme 1. Ce préambule, long mais indispensable, nous amène à l'étude des différents personnages dont Rimbaud a revêtu les rôles pendant ses divers séjours en Afrique. Nous l'avons montré précédemment comme agent zélé et négociant d'une activité infatigable. Nous n'insisterons pas davantage sur ses opérations commerciales qui n'étaient, à ses yeux, qu'un moyen d'assurer sa vie matérielle d'abord, et, plus tard, la libre disposition de son intelligence. Mais, au cours de cette existence, nous avons constaté des faits d'un autre ordre, appartenant aux domaines géographique, scientifique, politique, et qu'il importe d'analyser d'une façon plus détaillée. Le rôle géographique de Rimbaud est le premier que nous tenterons d'élucider. En sa qualité de commerçant, Rimbaud eut mainte occasion de visiter des contrées africaines peu ou mal connues des Européens, et l'on peut se demander s'il eut l'intention d'explorer méthodiquement, scientifiquement, les routes que les exigences de son négoce l'obligeaient à suivre. Nous répondrons hardiment par l'affirmative ; oui, Rimbaud eut le désir et le goût de faire oeuvre savante, de contribuer pour sa part à l'avancement de la science géogra phique. Il était d'ailleurs mieux préparé que personne à remplir brillamment le rôle d'explorateur sa vie d'aventures l'avait merveilleusement aguerri et trempé pour ce métier dont les conditions premières sont l'endurance physique, la force de volonté, l'aptitude à se tirer d'affaire dans les passes difficiles. Il possédait en outre les plus précieuses qualités intellectuelles dont l'absence regrettable se remarque trop souvent chez d'intrépides globe-trotters une culture générale et largement humaine, de vastes lectures, un esprit encyclopédique, qu'attestent ses demandes répétées de livres et d'instruments, une curiosité insatiable, un don d'observation 1 Nous avons tout lieu de croire que M. Berrichon n'a pas compris la théorie du surhomme exposée par Nietzsche et n'en a pas soupçonné la complexité. On peut consulter sur cette question H. Lichtenberger La philosophie de Nietzche Paris 1899, et un article du même auteur La littérature nietzschéenne Revue encyclopédique, n° du 6 janvier 1900. — 41 - qui voulait toucher le fond de toute chose, une prodigieuse faculté d'assimilation, sans oublier la connaissance des langues orientales. Il nous reste à montrer comment cet homme, si bien organisé pour faire une profitable besogne, a évolué dans le milieu géographique que nous allons décrire. Les régions africaines où Rimbaud fit des séjours prolongés depuis 1880 jusqu'à sa mort s'étendent de la mer Rouge et du golfe d'Aden jusqu'aux rebords du gigantesque massif éthiopien longtemps mal connues, elles ne commencent à livrer leurs secrets que depuis quelques années à peine. Afin d'apprécier et remettre au point le rôle géographique de Rimbaud voyageur et trafiquant, il est, croyons-nous, utile et curieux d'exposer sommairement les efforts tentés par les négociants et les savants pour relier aux ports érythréens la mystérieuse Harar et l'âpre Choa. La tâche fut de tout temps malaisée des rivages inhospitaliers, un climat meurtrier, des déserts pierreux à l'est, des steppes herbeuses à l'ouest, les tribus pillardes des Danakils, l'antagonisme et les luttes continuelles des Somâlis pasteurs et des Gallas agriculteurs, le fanatisme religieux, ont été et sont encore les obstacles qui s'opposent à la pénétration rapide de ces contrées. Néanmoins, les tentatives remontent fort loin dans l'antiquité. Les Egyptiens, les Phéniciens, les Grecs fréquentaient les escales côtières et nouaient des relations commerciales avec l'intérieur. Les Arabes y vinrent de bonne heure et y implantèrent l'islamisme sous leur domination, Harar devint l'étape principale, le grand marché de l'Afrique orientale, en même temps qu'un foyer intellectuel ; grâce aux descriptions de leurs traitants, les cartographes du moyen âge purent dessiner avec quelque netteté les contours de la péninsule somâli. — A partir du XVe siècle, des rapports suivis s'établissent entre les Européens et l'Abyssinie chrétienne sous le négus Zara Jacob, on y trouve fixés des négociants et des artistes italiens ; ce négus envoie même une ambassade au concile de Florence. En 1490, le Portugais Pedro de Covilham visite la cour du négus Alexandre. En 1513, l'Arménien Matthaeus va solliciter, au nom du négus David III, l'aide du roi de Portugal contre les musulmans de l'Adel une flotte portugaise paraît dans la mer Rouge en 1520; Rodriguez de Lima, P. Francisco Alvarez et Joâo Bermudez se rendent en Ethiopie, où Alvarez séjourne six années ; en 1535, Bermudez est délégué pour demander de nou- — 42 — veau secours au Portugal et vient à Bologne implorer le pape et Charles-Quint contre l'Islam ; son ambassade est favorablement accueillie et, en 1541, Cristoforo da Gama, frère du vice-roi des Indes, arrivait avec des troupes dans les montagnes abyssines. L'influence occidentale alla si loin que missionnaires et jésuites s'efforcèrent à l'envi de catholiciser le pays au début du XVIIe siècle ; mais la population fut aussi inaccessible à ces tentatives qu'à la propagande musulmane et resta fidèle au rite copte ; les jésuites furent chassés sous le négus Basilidas. Les rapports des voyageurs et des jésuites portugais présentent un grand intérêt géographique et constituent la source à peu près unique de tous les travaux publiés par les compilateurs et les cartographes depuis Mercator jusqu'à Guillaume de l'Isle et d'Anville. Les explorations, à partir du XVIIIe siècle, deviennent plus fréquentes et se multiplient pendant la période contemporaine ; mais la plupart des voyageurs, attirés par l'énormité alpestre du massif éthiopien, se contentèrent de parcourir l'Abyssinie en s'occupant fort peu, en somme, des annexes du royaume des négus vers le sud et le sud-est. Charles Poncet 1698-1700, puis James Bruce 1768-1773, n'apprennent rien de nouveau sur ces pays pendant leurs voyages en Abyssinie. L'Anglais Henri Salt 1809-1810 donne, au contraire, beaucoup de renseignements précis sur le Harar et le Somâl. De 1820 à 1850, une foule de savants et de missionnaires parcourent le massif abyssin, mais ils n'en rapportent que de maigres nouvelles sur l'Adel et le Harar. Pourtant les Français Combes et Tamisier 1835-1837, et Antoine d'Abbadie 1840-1841, méritent une mention spéciale par l'intérêt qu'ils portent à cette frontière sud-est sans l'avoir visitée, ils tâchent d'en donner une notion exacte et montrent par des itinéraires que l'accès en était possible. Le premier voyageur qui foula le sol de l'Adel fut le Français Dufey, envoyé en Abyssinie par Ferd. de Lesseps, alors consul général de France en Egypte. Dufey alla de Gondar à Tadjourah par le Choa et vint mourir en Arabie 1839. La même année, deux missionnaires allemands, Krapf et Isenberg, se rendaient de Tadjourah à Ankober par l'Adel et le pays des Gallas, sans avoir vu Harar. En 1839 également, le chimiste Hochet d'Héricourt visitait le Choa et gagnait la confiance du roi qui le chargea d'une mission politique auprès de Louis-Philippe ; il parcourut à plusieurs — 43 — reprises le pays d'Adel, mais lui non plus ne put pénétrer dans Harar. En 1840-41, l'Anglais Beke fit, de la mer Rouge au Choa, un voyage plus politique que scientifique. En 1841, William Cornwallis Harris s'efforçait, à son tour, de nouer des relations entre l'Angleterre et le Choa grâce aux savants de sa suite, l'expédition eut pour la science d'importants résultats ; le rapport consacre un chapitre à la Principauté de Harar, sur laquelle les notions se précisent de plus en plus. Au même moment, un autre Anglais, Charles Johnston, se rendait pour son propre compte de Tadjourah au Choa pas plus que ses devanciers, il ne put entrer à Harar. Harar, célèbre et mystérieuse, excitait étrangement les convoitises des Anglais, qui trouvaient le Choa trop éloigné et trop soumis à l'influence française. En 1854, une nouvelle expédition, sous le commandement de Richard Burton, fut confiée à des officiers de l'armée des Indes. L'audacieuse entreprise, à la fois politique, scientifique et commerciale, eut une fin tragique les explorateurs furent tués ou mortellement blessés. Seul, Burton put se rendre, par des chemins inconnus, de Zeilah à Harar, où il resta dix jours et parvint à regagner Berberah et l'Arabie février 1855 il est le premier Européen qui ait vu la Tombouctou de l'Afrique orientale. Après cet échec désastreux, vingt ans s'écoulèrent sans tentative de pénétration. En 1874-75, l'Allemand Haggenmacher, parti de Berberah, explora le Somâl et les pays à l'est de Harar, principalement aux points de vue ethnographique et historique ; il s'efforça en vain de pénétrer dans l'Ogadine. L'année 1875 marqua une étape importante le général égyptien Raouf-Pacha conquit la ville de Harar et incorpora la principauté à l'empire égyptien. Cette expédition militaire eut des résultats considérables pour la science les officiers de l'état-major de RaoufPacha, notamment Muhammed-Muchtâr, étudièrent la géographie et l'ethnographie du pays, firent le relevé des territoires et des tribus somâlis. En même temps, l'autorité khédiviale cherchait à s'implanter durablement dans la région et à s'étendre jusqu'au cap Guardafui et dans l'Afrique équatoriale le colonel Charles-J. Graves poussa une reconnaissance vers ce promontoire et décrivit le pays des Somâlis Midjertines. Les Italiens ont aussi leur part dans l'exploration de ces contrées. Déjà, aux XIVe et XVe siècles, ils avaient remonté la vallée du Nil et parcouru les avant-chaînes abyssines pour y faire du négoce ; au XIXe, ils reprennent le fil interrompu et songent à lier des relations mercantiles avec le Choa. La récente acquisition de la baie d'Assab était le premier pas dans cette voie. En 1876-77, la Società geografica italiana » envoyait Antinori, Chiarini, Cecchi et Martini, qui atteignirent le Choa après maintes aventures par le pays des Somâlis Issas. Le capitaine Cecchi prolongea ses voyages jusqu'en 1881, gagna Harar par un itinéraire tout nouveau, resta à grand'peine quatre jours dans la capitale musulmane et revint à marches forcées jusqu'à Zeilah fin décembre 1881. En 1879, un commerçant italien, Giulietti, s'était rendu de Zeilah à Harar par une route non encore suivie, celle du col de Guildessa il mourut prématurément à Assab en 1881. De ce côté, les Italiens redoublaient d'efforts le comte Antonelli, qui précédemment avait accompagné Cecchi dans son voyage d'Ouoroff à Harar, déployait une activité incessante, parcourait tout le pays et signait des traités avec les tribus danakils et haoussas. Au même moment, les Français, qui tiennent à avoir leur part du gâteau, collaborent à l'oeuvre commune d'exploration. Si l'on néglige le voyage douteux qu'aurait accompli le négociant Pinchard 1, le premier Français qui visita Harar fut M. A. Bardey, l'un des chefs de l'importante maison de commerce Mazeran, Viannay et Bardey, dont le siège était Aden. M. Bardey, qui voulait étudier sur les lieux mômes la situation économique du grand marché galla et les conditions d'un trafic possible, se trouvait à Harar en août 1880. La ville était sûre grâce à la garnison égyptienne, mais la zone protégée ne s'étendait guère au-delà des murs de la cité le Français qui vint après lui, par ordre de date, Lucereau septembre 1880, fut tué un mois plus tard à Warabelli, situé à six lieues de Harar. M. Bardey n'en décida pas moins la création d'une agence de retour à Aden, il offrit à l'un de ses employés, Arthur Rimbaud, d'aller seconder le représentant qu'il avait laissé là-bas. Rimbaud, avide d'inconnu, coeur intrépide, esprit aventureux, rompu aux fatigues des voyages et surtout dégoûté d'Aden, saisit avec joie cette occasion de voir des pays neufs et d'acquérir au plus vite, s'il le pouvait, en un poste périlleux, la fortune nécessaire à l'indépendance qu'il rêvait 2. 1 En 1879, d'après le journal égyptien Le Phare d'Alexandrie », Pinchard aurait été par Zeilah, Harar et le fleuve Haouache jusque chez les Gallas Aroussis, dont le chef l'aurait Lien reçu. 2 Cf. Revue d'Ardennc et d'Argonne, n° de mai 1899, pp. 127 et 131, où nous avons raconté ces événements. — 45 — Arrivé à Harar en décembre 1880, pour n'en repartir qu'en décembre 1881, Rimbaud est le troisième Français qui ait visité la capitale mystérieuse et le premier qui l'ait habitée aussi longtemps. Pendant cette première année de séjour, la correspondance du poète nous donne de brefs renseignements sur ses expéditions commerciales, sur les louables efforts qu'il fit, avec des ressources médiocres et des instruments très insuffisants, pour lever des plans photographiques ou étudier l'histoire naturelle des régions parcourues. A différentes reprises, il écrit qu'il organise et dirige des caravanes à travers des contrées mal connues, qu'il va chasser l'éléphant du côté des Grands Lacs, et notamment qu'il va partir pour, un pays totalement inexploré ; puis il ne souffle plus mot de cette entreprise. M. Bardey, son patron, a rendu pleine justice à la courageuse initiative de son agent qui, en cette circonstance, se montra négociant avisé et véritable explorateur 1 Arthur Rimbaud se rendit le premier de Harar à Bubassa, grand plateau qui commence à environ 50 kilomètres au sud de Harar. Il y créa des marchés... » Il fallait alors une certaine audace pour s'aventurer hors de la contrée immédiatement protégée par l'armée égyptienne Les Egyptiens », continue M. Bardey, ne sortaient que par colonnes de deux à trois mille hommes. Du fait même de cette occupation militaire, une zone extrêmement dangereuse entourait la région, et il y avait quelque mérite à en sortir... Je donnerai une idée de la mauvaise réputation de ces régions, en ce temps-là, par le récit suivant Pour remplacer Rimbaud malade, j'allais à mon tour à Bubassa. Sottiro et des Gallas de la tribu des Nollehs m'accompagnaient. Le gouverneur de Harar par intérim en remplacement de Nadi Pacha, dans sa sollicitude pour nos existences, refusa de nous laisser partir, disant aux Nollehs Le prix de votre voyage sera votre sang ». Sur l'affirmation des Nollehs Gallas que, si nous y allions, ils nous suivraient, nous partîmes quand même, et rien de fâcheux ne nous arriva. » Quand Rimbaud fut de retour à Aden, il eut l'idée de composer, à l'aide de ses notes, un ouvrage sur le Harar et les pays gallas ce travail, orné de cartes et de gravures, devait être soumis à la Société de Géographie de Paris, qui, espérait-il, lui enverrait des 1 Compte-rendu des séances de la Société de Géographie ; Paris, 1892, séance du 22 janvier 1892 lettre de M. Alfred Bardey, datée d'Aden, 24 octobre 1891, et concernant la vie et la mort d'Arthur Rimbaud. — 46 — fonds pour d'autres voyages. Dans son ardeur scientifique, il chargeait sa famille et son ami Delahaye de lui acheter divers instruments de précision pour dresser des cartes exactes, une collection minéralogique de 300 échantillons et quantité de livres spéciaux indispensables au voyageur qui veut faire oeuvre de savant 1 ; lui-même commandait directement un appareil photographique tout ceci prouve du moins son zèle et son désir d'être plus qu'un trafiquant. Mais, hélas ! malgré ses pressantes réclamations, livres et instruments tardaient terriblement à venir; il ne les eut guère qu'un an après en avoir ordonné l'acquisition. Quel fut le sort de cet ouvrage sur le Harar que Rimbaud comptait encore, en mars 1883, pouvoir présenter à la Société de Géographie? Le travail fut-il mené à bonne fin, selon la ferme intention de l'auteur ? Le manuscrit a-t-il été détruit ? Il est impossible de répondre à ces questions, et nous devons nous résigner à ne connaître, de toute une année de voyages et d'observations, qu'un fait tout nu la découverte et l'exploration du plateau de Bubassa. Pendant que M. Bardey et Rimbaud déployaient dans ces parages leur activité commerciale, des missionnaires y pénétraient à leur tour. Le vaillant évêque P. Taurin Cahagne, contraint de quitter l'Abyssinie, établissait provisoirement son siège à Harar, et, tout en catéchisant les indigènes, s'efforçait d'avoir par eux des détails sur l'histoire de leur contrée 1881 2. Son coadjuteur, le capucin P. L. Lasserre, faisait également, en 1882, le voyage de Zeilah à Farré. —Vers le même temps, le baron allemand Johann von Müller suivait l'itinéraire de Giulietti et visitait Harar dont il fait un sombre tableau 3. Von Müller était accompagné du pasteur suédois P. Swenson, qui venait étudier les conditions favorables à l'établissement d'une mission Scandinave. De leur côté, les Italiens ne restaient pas inactifs et ne se contentaient pas d'Assab et de la route du Choa. De remuants Milanais 4, voyant l'importance économique de l'antique métropole, aux portes de la grande péninsule somâli et à l'entrée de l'Afrique intérieure, fondaient à leur tour un comptoir à Harar. 1 Nous avons été les premiers à publier cette curieuse lettre à Delahaye dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de mai 1899, pp. 129-130. 2 Mgr Taurin Cahagne a décrit son voyage à travers le pays galla dans les Missions catholiques », tome XIII 1881, et tome XlV 1882; il fit route, d'Aden à Harar, en compagnie de M. Bardey. 3 Il séjourna à Harar du 24 mars au 4 avril 1882. 4 La Società d'esplorazione commerciale in Africa, ayant à sa tête le capitaine Manfred Caniperio. — 47 — Ils projetaient l'invasion commerciale du nord-est de l'Afrique par trois voies la première partait de Tadjourah, Zeilah ou Berberah vers le Choa par l'Haouache et Harar; la deuxième se dirigeait de Massaouah vers le Tigré ; la dernière devait partir de Khartoum. En attendant, Pietro Sacconi, leur agent, rendait des services à la science en s'imposant la tâche d'explorer les régions frontières sud-est, sud et ouest, qu'aucun Européen n'avait encore foulées. Dans un premier voyage, au printemps de 1883, il parcourut le territoire des Gallas Abodas et cette contrée où Lucereau voulait précédemment passer pour se rendre chez les Gallas Ittous le but principal de l'expédition était de s'assurer si les troupes de Ménélick ne s'approchaient pas de Harar, comme le bruit en courait. Mais Sacconi visait surtout l'exploration du pays où n'avait pu pénétrer l'Allemand Haggenmacher et qu'il appelle paradiso dei Somali », c'est-à-dire l'Ogaden ou Ogadine. Le 9 juillet 1883, Sacconi se mettait en route avec une petite caravane et arrivait jusqu'à la vallée de Souloul, à huit jours de marche seulement du Wabi, le grand fleuve de cette contrée réputée très riche ; mais l'imprudent était tué près de Kora Nagott. Dédaigneux des avis des chefs somâlis, il avait eu trop de hâte à vouloir planter le drapeau italien sur les rives du mystérieux Wabi. Une pareille initiative anime le négoce français, qui s'applique à utiliser la récente acquisition d'Obock comme base d'opération vers les pays d'Adel, de Harar et du Choa. De vastes plans commerciaux sont projetés. Denis de Rivoyre fonde la Société des Factoreries françaises du Golfe Persique et de l'Afrique orientale ». Soleillet et Brémond s'efforcent de détourner vers Obock une partie du trafic choan 1882-83 ; enfin, quittant son poste d'Aden où il se morfondait depuis quinze mois dans une énervante expectative, et décidé à vaincre la fortune rebelle, Rimbaud vient reprendre sa place dans la mêlée commerciale avril 1883. Ce deuxième séjour, dont la durée fut d'une année entière, semble avoir été profitable aux intérêts du poète, qui put amasser un pécule d'une quarantaine de mille francs il ne fut pas moins utile à la science géographique. Les lettres de cette période ne mentionnent, même brièvement, aucune expédition et ne signalent guère d'autre travail que les photographies prises à l'aide du précieux appareil acheté à Lyon. Heureusement, grâce à M. Bardey, l'activité voyageuse de son agent a été sauvée de l'oubli. Diverses — 48 — communications adressées par ce négociant à la Société de Géographie de Paris nous apprennent que Rimbaud dirigea les expéditions du Somâl et du pays galla et prit l'initiative d'une exploration en Ogadine, vers le fleuve Wabi, où Sacconi venait de trouver la mort. Un autre agent de la maison Bardey, le Grec Sottiro, chargé de cette mission, fut fait prisonnier et ne dut son salut qu'à sa connaissance du Coran et aussi aux démarches d'un ogaz ou grand chef envoyé de Harar par Rimbaud 1. Celui-ci, à l'aide de ses renseignements personnels et des notes de Sottiro, rédigea un mémoire d'une extrême précision, où il décrit, en style clair et concis, le pays, les habitants et les chemins qui mènent vers le Wabi 2. Rimbaud eut le mérite de fournir le premier des notions exactes sur une région inconnue son rapport ne passa pas inaperçu et eut du retentissement jusqu'à l'étranger. Le Dr Paulitschke, explorateur et géographe autrichien, en appréciait le haut intérêt en ces termes Les relations commerciales de maisons françaises établies à Harar ont permis récemment de rassembler quelques documents importants sur la mystérieuse Ogadine. Le Français Arthur Rimbaud a fait un rapport adressé à la Société de Géographie de Paris... Le mémoire est, malgré sa sécheresse, d'une grande valeur, car il se fonde sur les déclarations d'un témoin oculaire et décrit une contrée nouvelle dans ses traits les plus généraux 3 ». Curieuse coïncidence ! Le nom de Rimbaud, en cette année 1884, était révélé à deux mondes singulièrement différents M. Bardey faisait connaître l'explorateur dans les milieux géographiques, Verlaine magnifiait le poète maudit dans son entourage littéraire. Sans entente préalable, mais guidés par une commune pensée d'amitié, tous deux se rencontraient pour livrer au public ces productions d'un même cerveau le méthodique et précis Rapport sur l'Ogadine et le tumultueux Bateau Ivre. A suivre. Jean BOURGUIGNON et Charles HOUIN. 1 Compte-rendu des séances de la Société de Géographie, 1883 séance du 7 décembre ; — 1892 séance du 22 janvier. 2 Ce rapport a été publié dans Compte-rendu des séances de la Société de Géographie, 1884 séance du 1er février, pp. 99-103, el reproduit dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de mai 1899, pp. 132-135. 3 Dr Philippe Paulitschke Die geographische Erforschung der Adâl-Laender und Harâr's in Ost-Afrika Leipzig, 1884, gr. in-8°, p. 85. — C'est par le récit d'Arthur Rimbaud que Paulitschke clôt la série des voyageurs qui ont visité ou décrit les pays somâlis et gallas au XIXe siècle. - 49 — LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. La guerre de Dévolution exerce un contre-coup fâcheux sur les finances de la ville, à cause des nombreuses sommes d'argent que celle-ci doit avancer pour le service des étapes el qu'on ne lui rembourse pas facilement. Mais c'est là une question trop éloignée de notre sujet. Relevons toutefois dans le compte de 1667-1668 plusieurs dépenses occasionnées par cette guerre. Le duc de Luxembourg, à la tête d'un corps de troupes, vient camper à Saint-Menges 1. La ville le fait complimenter et lui offre en présent, à lui et au comte de Chamilly 2, placé sous ses ordres, des jambons de Mayence, des langues de boeuf 3 et six douzaines de bouteilles de vin ; coût 108 livres 2 sols. Ainsi encouragé, Luxembourg vient visiter la ville, qui le reçoit au bruit des canonnades et lui offre de nouveau du vin. Mais il n'est pas le seul à expérimenter l'hospitalité sedanaise M. de Colbert 4, ambassadeur extraordinaire pour la paix [d'Aix-la-Chapelle], les ambassadeurs du duc de Brandebourg — le receveur Husson David ignorait sans doute que le Brandebourg formait un margraviat — l'intendant Renart, le fils du premier président Lamoignon 5, et Monsieur Jacques, l'un des inté1 inté1 se conformait ainsi a l'ordre donné par Louvois, le 14 avril 1668 Quant à l'armée de Mgr le Prince, le corps qui doit aller sur la rivière de Sarre demeurera sous la charge de M. d'Espense et M. le duc de Luxembourg ira prendre le commandement de celui de M. de Chamilly et s'avancera sur la rivière de Semoy et l'y fera vivre aux dépens des Espagnols ». De là lé duc de Luxembourg va faire dans le Limbourg, le Luxembourg et la Gueldre, une course qui rapportera plus de 500,000 livres; il eut 2,000 écus pour sa part. Cf. C. ROUSSET, Histoire de Louvois, 1862, in-8°, t. I, p. 147. 2 Hérard II Bouton, comte de Chamilly, fils de Nicolas Bouton, premier comte de Chamilly et de Marie de Cirey, fut d'abord page du duc d'Enghien et suivit dès lors la fortune de ce prince; il fut confirmé, en 1660, dans la charge de maréchal de camp. Son frère cadet, Noël Bouton, dit le marquis de Chamilly, reçut le bâton de maréchal en 1703. Cf. le P. ANSELME, t. VII, p. 647. 3 La langue de boeuf salée se conserve plus d'une année et elle est fort recherchée par les buveurs. D'habitude, on la met sur le gril et on la mange avec des clous de girofle ». Cf. BRUYERIN-CHAMPIER, De re cibariâ, 1560, in-8°, p. 668. 4 Charles Colbert, marquis de Croissy 1629 f 1696, second fils de Nicolas Colbert, seigneur de Vandières, et de Marie Pussort, d'abord intendant en Alsace, fut chargé de nombreuses missions diplomatiques. Ce fut lui qui négocia le traité d'Aix-la-Chapelle, signé le 2 mai 1668. Cf. H. VAST, Les grands traités du regne de Louis XIV, 1898, t. II, p. 14-22. 5 Ce doit être Chrétien-François de Lamoignon, fils aîné de Guillaume de L., premier président au parlement de Paris, et de Madeleine Potier d'Ocquerre, qui fut avocat général, puis président à mortier au parlement de Paris, — ou son frère cadet, Nicolas de Lamoignon, seigneur de Bâville, le fameux intendant du Languedoc. - 50 — ressés 1 aux cinq grosses fermes, sont également accueillis à leur arrivée par des bouteilles de vin, dont la dépense totale s'élève à 214 livres 18 sols. L'intendant Renart reçoit des nonpareilles de différentes sortes, payées 45 livres au sieur Paul Didier. Quant à Monsieur Jacques, dont la ville tient à gagner la bienveillance pour la conservation de ses privilèges, on lui donne en outre une paire de pistolets et un fusil enrichis, qui coûtent 261 livres 10 sols, munis de leurs fourreaux. En dehors du service des étapes qu'elle doit provisoirement assurer à ses frais, la ville est responsable du dégât des troupes. C'est ainsi qu'elle paie à Samuel Gibou, Jacques Bernard, Jean Godefroy, Marie Breuille, Toussaint Halma et à Elisabeth Tassot la somme de 110 livres pour le dédommagement de leurs prés, qui ont été fauchés pour la nourriture des chevaux des Mousquetaires du roi 2, à leur retour de Hollande. C'est également aux municipalités, et non à l'Etat, qu'incombe le soin d'entretenir les ponts et chaussées. Le roi frappe d'une cotisation de 3,000 livres les souverainetés de Sedan et Raucourt pour la réparation du pont sur la rivière de Bar et le rétablissement des chemins à travers les bois du Mont-Dieu. Les fonctions des membres du Conseil de la police deviennent de plus en plus absorbantes. Ils s'en tiennent compte à eux-mêmes et s'attribuent gracieusement des provisions de bois, afin de pouvoir au moins se chauffer aux frais de la ville. Thomas Missel, qui a 50 livres de gages annuels comme forestier des bois d'usages, reçoit en effet 265 livres pour la façon de 21,200 fagots, à raison de 12 livres 10 sols le mille, qui sont distribués à Messieurs du Conseil de la police et aux autres personnes privilégiées. Mais ce n'est pas tout ; en dehors des fagots, il y 1 Les fermes générales comprenaient l'exploitation, par baux renouvelés tous les six ans, des impositions indirectes, qu'on appelait les droits du roi et qui étaient perçues sur l'entrée, la sortie, la circulation des marchandises et sur le commerce des boissons autrement dit les cinq grosses fermes, les aides et entrées, sur les gabelles ou le commerce du sel, sur le monopole du tabac, les domaines, etc. Le conseil des finances en faisait l'adjudication aux enchères à un prête-nom, qui endossait les responsabilités et désignait les expéditions. L'autorité et les gros profits étaient laissés aux financiers, qui avançaient au roi des fonds très considérables et qui dirigeaient toutes les opérations. Ces financiers, quarante rois plébéiens qui tiennent à bail l'Empire et qui en rendent quelque chose au monarque », suivant le mut de Voltaire dans la Vision de Babouc, prenaient officiellement le nom d'intéressé dans les affaires générales du roi. Cf. pour plus de détails l'Encyclopédie méthodique, Finances, 1785, t. II, p. 117-127. 2 La première compagnie des Mousquetaires avait alors pour capitaine-lieutenant, depuis le 25 janvier 1667, Charles de Batz-Castelmore, comte d'Artagnan, le héros du fameux roman d'Alexandre Dumas et qui fut tué le 5 juin 1673, au siège de Maestricht. Cf. le général SUSANE, Histoire de la cavalerie française, 1874, t. I, p. 228-233. — 51 — a aussi les bûches payé audit Thomas Misset la somme de 340 livres 12 sols, pour avoir fait couper 524 cordes de bois, à raison de 13 sols la corde, qui ont été distribuées à Messieurs du Conseil de la police et aux privilégiés, et aussi pour le chauffage des corps de garde de la ville et des faubourgs. Le compte 1668-1669 comprend plusieurs dépenses occasionnées par la contagion et qui sont tout à fait en dehors de notre sujet. Mentionnons celles qui furent faites pour placer des horloges au-dessus des deux portes principales de la ville payé au sieur Philippe de Laplace, la somme de 953 livres 10 sols pour l'achat de deux cloches pour lesd. deux horloges. Mais quels services peut rendre une horloge publique, qui n'aurait pas de sonnerie pour appeler les heures? En conséquence, le receveur compte à Claude Gautier et à Henri Guiot, fondeurs de cloches, la somme de 172 livres 3 sols, lui payant ainsi la façon de six appeaux pour les deux horloges, en même temps que les métaux qu'ils avaient fournis pour iceux. Le 30 octobre 1668, Sedan voit passer le bizarre époux de la belle Hortense Mancini 1, Armand-Charles de la Porte, duc de Rethelois, de la Meilleraye et de Mayenne, pair de France, prince de Château-Porcien, comte de la Fère et de Marie, grand-bailli de Haguenau, gouverneur d'Alsace et de Brisach, chevalier des ordres du roi, lieutenant-général de ses armées et grand-maître de l'artillerie. C'était là un personnage très considérable. Aussi tira-t-on le canon en son honneur et Jean Desroche fournit pour 141. 10 sols de poudre à cette occasion. Ce n'est pas d'ailleurs le seul visiteur de marque qui vienne à Sedan au cours de celte année. Le receveur Jean Roujoux paie en effet la somme de 312 1 17 s. pour le vin, le jambon et les dragées, qui sont offertes à Monsieur le prince et à Madame la 1 Hortense Mancini, née à Rome le 6 juin 1646, morte à Chelsey le 2 août 1699, huitième enfant de Michel-Laurent Mancini, baron romain, et d'Hiéronime Mazarini, épousa le 28 février 1661 Armand-Charles de la Porte de la Meilleraye, f 1713, âgé de 82 ans. Son oncle maternel, le cardinal Mazarin, l'institua, avec son mari, ses héritiers et légataires universels, à la charge de porter le nom et les armes pleines de Mazarin, et de substitution graduelle et perpétuelle ; ce qui fut confirmé par les testament et codicille, que fit Mazarin les 6 et 7 mars, autorisés par lettres patentes vérifiées en parlement le 5 août 1661. Cf. le P. ANSELME, t. IV, p. 463 et t. V, p. 625-626 ; A. RENÉE, les Nièces de Matarin, p. 291-348, etc. Elle donna quatre enfants à son mari un fils, Paul-Jules de la Porte-Mazarini, et trois filles. - 52 - princesse de Tarente 1, à Monsieur de Givry, lieutenant de roi à Mouzon et premier échevin de Melz 2, à Messieurs Morel et Benoisl, intéressés aux cinq grosses fermes de France, et pour des présents de même nature envoyés à Monsieur et à Madame de Fuchsamberg, à leur château du Faucon, en reconnaissance des services que le grand-maître des eaux-et-forêts a rendus à la ville pour recouvrement des deniers des étapes. Pendant la seconde année de son exercice, en 1669-1670, Jean Roujoux n'a que deux dépenses extraordinaires à payer 1° au sieur Paul Didier, 70 1. 17 s. 6 d. pour dragées par lui fournies à la ville et présentées nous ne savons à qui ; 2° au cirier Jean Maget, 56 1. pour le luminaire fourni au service funèbre de défunt Monsieur le marquis de Fabert, gouverneur en survivance de Sedan. On sait que ce jeune homme—il n'avait alors que dix-huit ans — fut tué à Candie, le 25 juin 1669, à la tête du régiment de Lorraine, qu'il commandait. Nommé coadjuteur de l'archevêque de Reims, Charles-Maurice Le Tellier 3 visita son diocèse. Son entrée à Sedan donna lieu à diverses dépenses, qui figurent dans le compte de l'année 1670-1671. Le receveur Nicolas Richard paie 525 liv. au sieur Jean Roujoux, qui a livré les fournitures nécessaires au dais archié1 archié1 de la Trémoïlle, prince de Tarente et de Talmont, etc. 1620 •- 1672, général de la cavalerie des Etats de Hollande et gouverneur de Bois-le-Duc, converti au catholicisme le 3 septembre 1670, était le fils aîné de Henry de la Tr., duc de Thouars, etc. 1599 f 1674 et de la sedanaise Marie de la Tour. Il avait épousé, le 1er mai 1648, Amélie de Hesse, fille de Guillaume V, landgrave de Hesse-Cassel et d'Amélie-Elisabeth de HanauMünzenberg, qui mourut huguenote en 1693, à l'âge de 68 ans. Cf. notre Notice armoriale et genéalogique sur la maison de Bouillon-La Tour, 1896, p. 45-46. La bonne Tarente, comme l'appelle sa voisine, Mme de Sévigné, avait une sensibilité exagérée et ne se portait jamais mieux qu'en voyage. Elle avait une façon spéciale de faire le thé et elle en prenait douze tasses tous les jours. Elle était alliée à toutes les maisons royales de l'Europe et il faudrait que toute l'Europe se portât bien, pour qu'elle ne fût pas sujette à perdre ses parents ». Cf. les Lettres de Madame de Sévigné, 1862, t. VII, p. 28, 298 et 299. 2 E. HENRY lui a consacré une notice dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, t. IV, 1897, p. 171. 3 Le P. ANSELME, t. II, p. 92, lui a consacré une notice très détaillée. Ses armes étaient d'azur, à 3 lézards d'argent, au chef cousu de gueules, chargé de 3 étoiles d'or. Nommé coadjuteur de l'archevêque en 1668, il fit son entrée à Reims, le 12 avril 1669, où il fut reçu au bruit des canons et où le vin lui fut présenté dans six brocs. Cf. M. POINSIGNON, Histoire générale de la Champagne, t. III, p. 103. Il semble toutefois que le nouvel archevêque était peu soucieux des réceptions solennelles. Le 5 juin 1673, il écrit en effet à M. de Termes, pour lui annoncer son arrivée à Sedan. Comme j'ai déjà essuyé une fois, lui dit-il, le cérémonial de l'entrée d'un archevêque dans votre ville, je vous prie de dire au sieur curé et aux habitans que je n'en veux absolument aucune ». Cf. JULES DE VROIL, Etude sur Charles-Maurice Le Tellier, dans la Revue de Champagne et de Brie, avril 1879, p. 279. — 53 - piscopal. Puis, comme les laquais du prélat réclament le dais, qui est devenu la propriété de leur maison, il faut leur donner la somme de 88 1. 16 s. pour faire taire leurs prétentions. De plus, il faut payer 20 1. au sieur Brandon, qui a peint les armoiries de l'auguste visiteur, et 66 1. 5 s. pour le prix d'une caque de vin en bouteilles et la dépense des hommes et des chevaux, envoyés exprès à Reims pour la ramener. Ce ne sont pas d'ailleurs les seules dépenses de cette nature que la ville doit régler au bout de cette année. Elle présente pour 133 1. de dragées et de confitures sèches 5 à l'intendante de Choisy, pour 111 1. de vin au maréchal de Créquy 6 et autres visiteurs, enfin pour 332 1. 8 s. de dragées et d'armes à des personnes de qualité, demeurées anonymes, en reconnaissance de divers services rendus. Autres dépenses curieuses 1 le receveur paie 80 1. 9 s. pour la garde de 2,400 vaches qui, venues de la Lorraine, ont passé par Sedan pour se rendre à l'armée de Flandre. Il faut remettre des casaques aux quatre valets de ville, Hiblot, la Montagne, le Prince et le Suisse ; le sieur Roujoux fournit pour 1201. les étoffes et autres marchandises nécessaires, et Thierry Loriot demande 1 Nos grands pères connaissaient un très grand nombre d'espèces différentes de confitures. Cf. le Parfaict Confiturier, qui enseigne à bien faire toutes sortes de confitures, tant seiches que liquides, de compostes, de fruicts, de sallades, de dragées, breuvages délicieux et autres délicatesses de bouche [par LAVARENNE], 1667, in-8°. 2 François de Créquy, marquis de Marines f 1687, 4e fils de Charles de Créquy, duc de Lesdiguières, et d'Anne de Beauvoir du Roure, connu d'abord sous le nom de marquis de Créquy, reçut, le bâton de maréchal en 1668. Le roi lui donna, en 1677, le gouvernement de Lorraine et Barrois et le commandement général en Luxembourg, comté de Chiny, Metz et pays Messin. Cf. le P. ANSELME, t. IV, p. 294 et t. VII, p. 592. Au mois d'août 1670, le maréchal de Créquy fut chargé d'occuper le duché de Lorraine, dont la soumission fut achevée par la capitulation de Longwy, le 24 octobre. En outre il fit, pendant trois hivers consécutifs, un service de police sur toute la frontière du Nord-Est. Cf. C. ROUSSET, Histoire de Louvois, t. I, p. 298-301 et t. II, p. 145. 3 Les deux articles, qui suivent, nous donnent quelques renseignements sur les tracasseries que les Sedanais eurent à supporter, à cette époque, de la part du bureau des traites foraines. Item, la somme de 1,170 1. que le comptable [Nicolas Richard] a payée aux sieurs Adam et Roujoux, pour les frais et dépens d'un voyage par eux fait en la ville de Paris, en conséquence de la permission de Monseigneur l'intendant de Choisy et du résultat de la police pour tâcher d'obtenir de Sa Majesté la liberté d'allouer en cette ville les monnoies étrangères... » Dit le comptable que, lesd. sieurs Adam et Roujoux, élans retournés en cette ville sans avoir obtenu lad. liberté et les habitans de cette ville étans extrêmement vexés par les commis au bureau des traites foraines, qui faisoient payer les droits de toutes sortes de détail d'entrée et sortie, lorsqu'ils excédoient 15 sols, mais même prétendoient faire payer les droits des revenus desd. habitans, lorsqu'ils seraient tirés au-delà de deux lieues de cette ville, ledit comptable aurait, en vertu de la même permission de Monseigneur l'Intendant, été député par le Conseil de police, assemblé le 5e jour d'oct. 1670 ; ensuite duquel il se serait transporté en la ville de Paris, où il aurait séjourné 71 jours, pendant lesquels il n'auroit véritablement pu rien obtenir pour lesd. monnoies étrangères, mais il aurait fait un traité très avantageux pour la ville avec Messieurs les Intéressés, le 18e nov. 1670, comme il appert par led. traité ; les frais et dépens duquel voyage ont été arrêtés, avec les déboursements par lui faits, à la somme de 607 livres... » — 54 — 25 1. pour la façon ; enfin, le fourbisseur Jean Paly livre quatre épées pour la somme de 22 1. 10 sols. Les dépenses extraordinaires sont nombreuses au compte de 1671-1672. Ce sont d'abord 748 1. 7 s. 9 d. pour les vins de présent, dragées, massepains 1, confitures et autres choses présentées à tous les grands et autres personnes de condition, qui ont passé par la ville. La ville doit plaider contre les sieurs de la Ménardière et Adam, qui sont, le premier, lieutenant-général et, le second, procureur au bailliage et siège présidial ; elle gagne son procès, mais après trois voyages faits à la Cour par le conseiller-bibliothécaire du Fresne et qui ne lui coûtent pas moins de 1,511 livres. L'archevêque de Reims, le cardinal Antoine Barberini 2, meurt le 3 août 1671 ; en conséquence, payé la somme de 86 1, tant à Maget, qui a fourni les cierges et les torches au service funèbre, célébré pour le repos de son âme, qu'au sieur Brandon, qui a peint les armoiries 3, employées audit service. Le service des accouchements était, paraît-il, quelque peu négligé. Afin de faire cesser cette anomalie, la ville assure des gages annuels de 18 1. à la matrone Béatrix Protin. Parmi les dépenses extraordinaires, il convient de mentionner celles qui sont occasionnées par le passage de l'armée de Monseigneur le Prince. On sait que les troupes françaises qui allaient envahir la Hollande, furent d'abord partagées en deux armées le corps de Turenne, rassemblé à Charleroy, suivit la Sambre, puis la rive gauche de la Meuse ; le corps de Condé, rassemblé à Sedan, suivit la rive droite de ce fleuve et traversa l'Ardenne jusque vers la ville de Liège 4. Le camp de Condé fut établi à la Chapelle, entre Sedan et Bouillon ci, 60 1. à Jean Lepage et à ses ouvriers, qui ont travaillé à l'amendement du chemin de Bouillon. De plus, on paie cette année 826 1. 8 s. 6 d. 1 On avait encore l'habitude de parfumer les liqueurs et les pâtisseries. Ainsi les massepains étaient toujours musqués, de même que les confitures. Cf. le Parfaict Confiturier, etc., p. 127 2 Antoine Barberini, troisième fils de Charles Barberini, duc de Monterotundo, et de Constance Magalotti, neveu du pape Urbain VIII, était évêque de Poitiers depuis le 16 août 1652, lorsqu'il fut nommé, le 27 juin 1657, à l'archevêché de Reims, dont il ne prit possession personnelle que le 22 décembre 1667, l'ayant prise par procureur le 4 octobre précédent et en ayant prêté serment le 2 décembre de la même année. Il mourut dans son château de Nemi, à six lieues de Rome, le 3 août 1671, en sa soixante-quatrième année. Cf. le P. ANSELME, t. II, p. 91. On trouvera une biographie plus détaillée du cardinal A. Barberini, avec un fragment de généalogie de la maison de Barberini dans le P. ANSELME, t. VI11, p. 291, au chapitre des grands aumôniers de France. 3 Qui étaient d'azur, à 3 abeilles d'or. 4 Cf. C. ROUSSET, Histoire de Louvois, t. I, p. 354 et 522 ; le duc D'AUMALE, Histoire des princes de Condé, t. VII, p. 315 et suiv. - 55 - au forestier des bois d'usages, Thomas Misset, soit 130 1. de plus que d'ordinaire ; car il a fallu chauffer Monseigneur et sa suite. On lui donne en outre 93 1. 2 s. 6 d. parce qu'il a fait couper et charrier les fourches et autres bois nécessaires pour construire des baraques aux soldats de l'armée, de peur qu'ils n'aient songé à couper les arbres et à commettre d'autres désordres. Mais cette sage précaution fut malheureusement inutile ; car l'armée commit dans les bois de Sedan de nombreuses déprédations, que le grand-maître des eaux-et-forêls, Renart de Fuchsamberg, constata dans son procès-verbal du 20 mai 1. Si jusqu'alors la région de Sedan formait une intendance particulière, sous le nom de frontière de Champagne », la ville n'avait pas à loger l'intendant. Désormais ce fonctionnaire va demeurer au château et la ville dépense, pour assurer son logement, la somme de 2,614 1. 17 s., répartie en douze articles. Il convient en effet de réparer les âtres des cheminées, de mettre des carreaux aux fenêtres, de blanchir les murailles et d'y tendre des tapisseries de bergame ou de haute lisse ; de fournir de châlits avec des paillasses rembourrées de crin, des draps et des couvertures, le linge et les serviettes, enfin des chaises recouvertes en peau de roussi, sans compter les menus ustensiles. La grosse dépense fut naturellement pour l'achat des tapisseries qui avaient été livrées par le sieur Cottin 2. 1 Cf. JULES VILLETTE, Passage de l'armée de Condé à la Chapelle en 1672, dans les Bulletins du Musée de Sedan, t. I, p. 153 et suiv. — Le compte de l'année 1672-73 comprend aussi d'autres dépenses pour le même objet payé à Jean Evrard et Nicolas Maréchal, demeurant à Bouillon, 61 livres 5 sols, pour avoir travaillé au chemin qui descend à Bouillon et à celui qui est au-delà, par ordre de M. de Termes, pour y faire descendre le canon et les équipages de l'armée; — payé 101 1. aux communautés de Noyers, Thelonne, Bazeilles, Givonne et Wadelincourt, pour de la paille fournie aux troupes du roi, qui étaient campées dans la prairie de Sedan, lorsque mondit seigneur le Prince alla en Hollande. 2 Au reste voici le texte des articles en question Item, la somme de 23 1. qu'il le comptable a payée tant à Genin, maçon, qui a travaillé aux âtres des cheminées de l'appartement de Monseigr l'Intendant au château, qu'à Marnoy, qui a blanchi ; Item, la s. de 1651. qu'il a payée tant à Richard, menuisier, qui a fait les chaises, chalits et autres ouvrages de menuiserie aud. appartement qu'à Simon Walfrang, qui a fourni les clous nécessaires ; Item, la s. de 125 1. payée aux ouvriers vitriers qui ont travaillé tant aux fenêtres dud. appartement qu'ailleurs ; Item, la s. de 943 1. 11 s., qu'il a payée au sieur Cottin pour le prix des tapisseries, tant de bergame que de haute lice, qui sont aud. appartement ; Item, la s. de 77 1. 10 s., qu'il a payée tant à Mlle Conart qu'à Marie Pigeay, pour toiles crues employées aux chaises et paillasses dudit appartement ; Item, la s. de 146 1. 10 s., qu'il a payée à plusieurs marchands, tant pour crin que laine, employés aux chaises et matelas dud. appart.; Item, la s. de 396 1. 5 s., qu'il a payée au sieur Roujoux, marchand, pour avoir fourni les étoffes nécessaires pour les lits, tapis et chaises dud. appart.; Item, payé à Jean Chevillette et Boulande, maîtres tapissiers en cette ville, la s. de 285 1., 15 s., pour avoir fourni les couvertes pour lesd. lits et autres choses ; Item, payé la s. de 146 I., qu'il a payée à Pierre Tauxier, me tapissier, tant pour avoir - 56 - VI Au cours des années suivantes, les dépenses extraordinaires, nécessitées par les travaux des fortifications et le service des étapes, sont telles que la ville ne peut payer la plus grande partie des renies qu'elle a créées. Parmi celles qui sont couchées en renseigné, figure naturellement l'année de rente due à l'Académie de la R. P. R. Cependant l'octroi des vins s'élève pendant l'exercice 1672-1673 à la somme de 7,897 1. 15 s. pour l'entrée ou le passage de 2,153 pièces de vin de Champagne, déduction faite de la 25°, et de 399 pièces de Beaune ; l'octroi des eaux-de-vie s'élève à 4,283 1., portant sur 245 pièces, jauge d'Orléans. Le receveur Hilaire Roujoux paie 429 1. pour les vins de présent, dragées, massepains et autres choses présentées à tous les grands et aux autres personnes de considération, qui ont passé par la ville. Il paie en outre 520 1. pour les récompenses, gratifications et présents offerts aux personnes de qualité, dont la ville a eu besoin de se ménager l'assistance et la protection. Le sieur Moyse Guérin fournit, moyennant 22 1., un tableau représentant le roi et la reine et que l'on place dans la chambre de M. le Major 1. Enfin la ville doit assurer en partie à ses frais le service des courriers, adressés au prince de Condé et au sieur des Carrières, l'agent français à Liège 2 ; ci, 549 1. 18 sols. Pendant la seconde année du compte d'Hilaire Roujoux, en 1673-1674, les revenus de la ville, suivant son expression, ont été tellement consommés qu'il a été impossible de payer aucunes rentes. Les présents, faits aux visiteurs de marque, s'élèvent à 1,387 1. 13 s. D'autres présents, pour la somme de 1,242 1., sont accommodé et tendu les tapisseries que [pour] plusieurs autres ouvrages par lui faits aud. appartement ; Item, payé à Jean Desroches la s. de 48 1. 4 s., pour des peaux de roussi, qu'il a fournis pour couvrir les chaises dud. appart.; Item, la s. de 483 1. 7 s., qu'il a payée tant au sieur Cottin qu'à d'autres particuliers, poulie prix des draps, serviettes et autres linges nécessaires pour mondit seigneur l'Intendant ; Item, la s. de 32 1. 5 s., qu'il a payée à Miget, à Jean Lejeune pour mêmes ustensiles fournis aud. appartement. 1 Plaçons ici en note l'article suivant, emprunté aux Comptes des bâtiments du roi, publiés par J. Guiffrey, t. 1, p. 543 Payé le 31 octobre 1672 au sieur Silvestre, pour cinq planches qu'il a gravées, représentant l'une la vue du palais des Thuilleries, une autre le plan du jardin, et les trois autres la ville de Sedan, à 500 1. chacune planche..., 2,500 1. » — Il s'agit du n° 2,268 de la Chalcographie du Louvre. 2 On trouvera des renseignements sur le rôle actif, joué par ce personnage dans HENRI LONCHAY, La principauté de Liege, la France et les Pays-Bas au XVIIe et au XVIIIe siècles, 1890, p. 101, et ID., La Rivalité de la France et de l'Espagne aux Pays-Bas 1635-1700. étude d'histoire diplomatique et militaire, 1896, p. 269. Cf. aussi JOSEPH DARIS, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège pendant le XVII' siècle, 1877, t. II, p. 58, 71, 74. - 57 — offerts aux personnes de qualité, qui ont servi la ville au fait du passage fréquent des troupes de Sa Majesté et dont elle a été libérée pour partie. A deux reprises différentes les sieurs Péron et Richard vont à Metz présenter les hommages de la ville au nouvel intendant, Poncet de la Rivière et lui recommander ses intérêts pour le remboursement des étapes et de la subvention ; coût 515 1. La ville dépense en outre 518 1. 9 s. 3 d. pour refaire ses affûts de canons. Il lui faut aussi se préserver des courses des ennemis; car la frontière française est souvent violée. En conséquence, payé pour les présents donnés à M. le prince de Chimay et pour la voiture du vin envoyé aud. seigneur prince, pour tacher d'avoir sa faveur pour la conservation des villages de ce gouvernement, à [cause de] rétablissement des contributions que les ennemis demandoient et de leurs menaces, la somme de 599 1., suivant le résultat [du Conseil] de la police, en cette somme non compris la dépense du sr Billot, qui a fait plusieurs voyages à cet effet à Luxembourg », L'article suivant du compte est aussi fort explicite à cet égard Dit encore ledit comptable qu'il a fait recepte de la somme de 440 1., à laquelle se trouve monter la ferme de la gabelle des bières des villages de la souveraineté de Sedan, outrée à François d'Illy, suivant l'adjudication du 29 juillet 1673. Néanmoins la vérité est que, quelques diligences et poursuites qu'il ait pu faire contre ledit François d'Illy, il lui a été impossible d'en toucher que 7 1., se défendant de la non-jouissance de lad. ferme par la cause de la guerre qui a obligé, dans le cours de cette année, les habitans de chacun des villages de s'enfuir et de se retirer dans les villes, ajoutant même que, la meilleure partie des villages n'ayant point été en contribution durant lad. année, lesd. habitans auroient été contraints de les quitter et abandonner et de prendre parti dans les troupes de Sa Majesté ; en sorte que ledit comptable, voyant qu'il ne pouvoit pas avoir de raison dud. François d'Illy, il l'auroit fait exécuter en ses meubles et pris par exécution ses immeubles ; ci, 133 1. ». Envisagée sous cet aspect, la guerre de Hollande paraît moins triomphante 1. Sera continué. Stéphen LEROY. 1 Cf. aussi M. POINSIGNON, Histoire de la Champagne et de Brie, t. III, p. 123. — 58 — CHRONIQUE I. Un uniforme de polytechnicien ardennais à l'Exposition universelle de 1900. Les Ardennais qui oui visité l'Exposition centennale de peinture au Grand Palais des Champs-Elysées ont pu y admirer un portrait de Méhul par le baron Gros 1; mais il en est peu, je pense, sauf les fureteurs, qui, en parcourant les salles de l'Exposition rétrospective des Armées de terre et de mer, aient remarqué dans son recoin une pancarte portant cette inscription Habit et bonnet de police de TOUSSAINT, né à Mézières le 6 thermidor an IV, élève de l'Ecole Polytechnique, promotion de 1814, mort en 1858 Directeur de la Cristallerie de Baccarat. 2 Le regard s'arrête sur le modeste uniforme, d'un bleu sombre fané par le temps, et l'esprit évoque cette promotion polytechnicienne de 1814, dont l'histoire, glorieuse et tourmentée, est intimement mêlée à la chute du Premier Empire et aux troubles de la Première Restauration. La description de ce costume, qui fut porté par un enfant des Ardennes 3, intéressera certainement nos lecteurs et remettra en mémoire le nom d'un homme qui, malgré son passage dans une haute école et le poste élevé auquel il parvint, semble aujourd'hui totalement inconnu de ses compatriotes. L'habit et le bonnet de police de Toussaint se trouvaient à l'Exposition rétrospective des Armées de terre et de mer, rue des Nations, dans une salle voisine de celle où étaient exposés les uniformes russes et allemands; la vitrine contenant les deux objets portait le numéro 26 et était placée dans un angle, du côté opposé au quai de la Seine. L'habit est en drap d'un bleu sombre, presque noir, avec des 1 Ce portrait vient d'être offert au Musée Carnavalet par son propriétaire, M. Chassériau. 2 Légère inexactitude Toussaint était, au moment de sa mort, Administrateur de la Cristallerie. 3 M. G. Pinet, à la page 487 de son Histoire de l'Ecole Polytechnique Paris, Baudry et Cie, 1887, gr. in-8°, donne un état numérique des élèves admis à l'Ecole Polytechnique depuis sa fondation en 1794 jusqu'en 1883. — Le département des Ardennes a fourni 35 élèves pour les années 1794-1804 et 139 élèves pour les années 1805-1883; ce qui fait un total de 174 élèves pour une période de 89 ans soit une proportion de 5, 437 par 10000 habitants. Les Ardennes occupent le neuvième rang et viennent après la Seine, la Moselle, la Côte-d'or, la Meurthe, la Meuse, le Doubs, le Bas-Rhin et le Jura. - 59 - retroussis de même couleur bordés d'un mince liseré rouge et garnis d'une rangée de sept boutons métalliques dorés. Les manches se terminent par un parement de velours brunâtre, à liseré rouge, avec trois boutons dorés. Les deux basques de l'habit, à pans coupés, sont recouvertes chacune en parlie par deux retroussis écarlates de forme triangulaire; à l'extrémité de chacun des retroussis est brodé un lys en soie rouge, aux tons aujourd'hui très effacés, ce qui fait quatre lys pour les deux basques. Chaque lys est cerclé de noir. Les basques ont en outre chacune trois boutons semblables à ceux des retroussis du collet et des manches, mais de dimension plus grande. Tous les boutons, ronds et métalliques, sont ornés de trois minuscules fleurs de lys que surmonte une couronne royale; ils portent ces mots en petites capitales ÉCOLE ROYALE POLYTECHNIQUE. Le bonnet de police 1 est, comme l'habit, en drap bleu sombre; il est passementé et comme filigrané d'une foule de dessins et d'attributs militaires dont la teinte jaune tranche sur le fond bleu. Tous ces ornements semblent comme imprimés sur l'étoffe et non brodés après coup. Les principaux attributs sont des tambours, des haches plantées au milieu de faisceaux antiques; ils constituent des sortes de cartouches, sur l'un desquels j'ai pu lire cette devise en écriture courante Pour la Patrie Les Sciences Et la Gloire. L'absence du pantalon et de la veste rend cette description incomplète, mais les deux pièces qui nous restent sont des reliques d'autant plus intéressantes que l'uniforme de la Première Restauration n'eut qu'une durée éphémère par suite des événements de 1815. Le costume des polytechniciens subit d'ailleurs de fréquentes modifications. Les deux principaux modèles d'uniformes furent celui de la promotion de 1804, qui se porta sans grands changements pendant le Premier Empire, et celui de la promotion de 1823, qui s'est transmis jusqu'à nos jours sans autre remaniement que la suppression des attributs royaux ou impériaux. Une description 1 Une étiquette indiquait que ce bonnet de police appartenait au peintre Détaille. Le bonnet était suspendu de telle façon qu'il était difficile d'en bien voir tous les détails. - 60 - sommaire de ces deux types 1 fournira de curieux points de comparaison avec l'uniforme intermédiaire et transitoire qu'a revêtu Toussaint. La grande tenue de l'uniforme de 1804 comportait un habit bleu national à la française, avec collet montant en drap écarlate et revers blancs; les pattes et parements étaient noirs, les contreépaulettes bleues, les boutons dorés, les retroussis en drap écarlate et de forme triangulaire. Le costume comprenait en outre une veste en drap blanc très fin, une culotte de môme couleur, des guêtres de toile blanche, enfin un chapeau à trois cornes bordé de galon noir et de ganse jaune et orné de deux palmettes en soie bleue el de la cocarde nationale. — La petite tenue se composait d'un surtout en drap bleu avec parements noirs, d'une veste de même étoffe et de guêtres d'estamette noire, d'une redingote croisée de drap bleu, d'un bonnet de police à liseré écarlate et à gland jaune, de la giberne et du havresac. La promotion de 1823 inaugura l'uniforme devenu depuis si populaire, c'est-à-dire l'habit à un seul rang de boutons, à revers rouges avec les parements et le col de velours noir, les boutons de l'artillerie et du génie et le chapeau à deux cornes porté en bataille. — Sous Louis XVIII, le bout des basques de l'habit était orné de deux grenades et de deux fleurs de lys dorées ; aux extrémités du collet de velours noir, étaient brodées en or deux branches de laurier qui embrassaient une fleur de lys; au lieu d'épaulettes, deux cordons ou tresses d'or. C'était l'habit de grande tenue. Sur la couture du pantalon, correspondaient deux bandes rouges séparées par un cordon de même couleur. — La petite tenue était de même forme, mais toute en bleu, sans la moindre couleur rouge. CHARLES HOUIN. II. Les objets d'art religieux appartenant aux églises des Ardennes à l'Exposition rétrospective de l'art français 1900. Le Petit-Palais des Champs-Elysées, qui était, sans conteste, l'attrait principal, ou, tout au moins, le plus artistique de l'Exposition universelle de 1900, renfermait quelques objets d'art religieux appartenant aux églises des Ardennes, et classés comme monuments historiques. En première ligne, la croix de 1 L'excellente Histoire de l'Ecole Polytechnique par M. G. Pinet renseigne amplement sur ce sujet; mais le livre est muet sur l'uniforme de 1814. II est fort probable que l'habit de Toussaint appartenait à sa grande tenue; le bonnet de police, naturellement, était un accessoire de la petite tenue. - 61 - Blanchefosse, provenant de l'abbaye de Bonnefontaine, aux beaux nielles et filigranes » qu'un compte-rendu très autorisé du Journal Officiel 1 cite parmi les plus remarquables. Avec elle, le Bras-Reliquarie de Mairy, et les Reliquaires de l'église de Murtin sont, à peu près, les seuls restes de l'art médiéval dans nos pauvres églises. Ils ont passé inaperçus à côté des merveilles, si riches en leur barbarie, de Conques et autres trésors. P. COLLINET. III. Une nouvelle médaille de bornage de l'arpenteur Jacotin. La Revue d'Ardenne et d'Argonne2 avait décrit, en 1896, une de ces médailles dont l'arpenteur Jacotin, de Condé-lez-Vouziers, se servait comme de témoins de bornage. M. H. D., en réponse à une question posée dans l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux 3, donne la description d'une médaille absolument semblable et qui fait partie de sa collection. Elle a 35 millimètres de diamètre et 1 millimètre et demi environ d'épaisseur. Sur l'une de ses faces, elle porte BORNE PLANTÉE PAR JACOTIN 1788 Sur l'autre, se trouve une sorte de boussole ou étoile de huit rayons surmontée d'une fleur de lys avec cette légende sur le pourtour ARPENTEVR, ROYAL A CONDÉ-LES-VOUZIER Deux autres médailles semblables existent dans la collection Flamanville du musée municipal de Charleville. Toutes ces médailles de bornage ont été certainement coulées dans le même moule. Elles sont fondues en plomb et d'un modèle identique. La date seule variait le changement était obtenu en variant d'anuée en année, dans le moule, la matrice du dernier chiffre du millésime qui était mobile 4. CHARLES HOUIN 1 N° du 18 oct. 1900 p. 3,847.— Mais Blanchefosse n'a jamais été du département de la Marne, quoiqu'en disait l'étiquette du Petit-Palais et qu'en dise l'écrivain du Journal Officiel. 2 Rev. d'Ardenne et d'Argonne, tome IV, p. 215. 3 Interméduire des Chercheurs et des Curieux, n° du 1 avril 1900. 4 Le numismate qui dans l'Intermédiaire cache son nom sous les initiales de H. D., cite la Revue d'Ardenne et d'Argonne. Serait-il ardennais? Dans ce cas, la Revue serait heureuse de recevoir des articles sur les pièces curieuses de sa collection. - 62 - COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Voyage en France, par ARDOUIN-DUMAZET. — 21me série HauteChampagne, Basse-Lorraine Aube, Haute-Marne, Meuse, parties des Ardennes, de la Côte-d'Or, de la Marne, de Seine-et-Marne et des Vosges, avec vingt-sept cartes ou croquis, — 22e série Plateau Lorrain et Vosges Meurthe-et-Moselle, Vosges, parties de la Meuse, de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, avec vingt-sept cartes ou croquis. — Paris-Nancy, Berger-Levrault et Cie, 1900 ; 2 vol. in-12. 415 et 423 pp. 3 fr. 50 chaque volume. M. Ardouin-Dumazet, poursuivant sa tâche avec un zèle infatigable, vient d'ajouter coup sur coup deux nouvelles séries à son remarquable Voyage en France. On en goûtera, comme dans les séries précédentes, le charme pittoresque et varié, la fraîcheur des impressions, la sûreté des informations les plus diverses sur les pays qu'il a traversés on se sent en face d'un homme qui a vu réellement les régions décrites et qui sait les faire voir. Le don d'observation aiguë, l'amour des paysages de France, la parfaite sincérité de l'auteur, font que, souvent, dans les contrées les plus rebattues et les plus décrites, il sait trouver un aspect nouveau ou des recoins ignorés, que dans les cantons les plus dédaignés et les plus ternes, il sait découvrir une beauté insoupçonnée. Il y a lieu aussi de louer en lui le géographe qui a respecté les vieilles appellations des pays » français et montré leur importance dans la vie provinciale. Les deux nouveaux volumes n'offrent pas pour nos compatriotes, et cela se comprend, l'attrait de la 20me série où l'écrivain nous avait promenés dans le Rethélois, le Porcien, la Thiérache, et au sein même de l'Ardenne. Mais, outre l'intérêt général que nous devons attacher à l'étude des contrées voisines de la nôtre, il se trouve que la lecture de ces deux livres nous vaut encore une ample récolte de renseignements et de notions utiles pour la connaissance des pays ardennais et argonnais. La 21me série surtout est particulièrement intéressante à cet égard. A l'occasion du champ de bataille de Valmy, l'auteur dépeint une partie de la Champagne pouilleuse qui appartient à notre département, parcourt le Dormois, les vallées de la Py, de l'Alin, de l'Aisne, d'Attigny à Vouziers; peut-être est-il un peu bref sur cette dernière. Puis il consacre deux chapitres pleins de vie et de couleur à l'Argonne, à ses forêts, à ses défilés ; il a des pages fraîches et charmantes sur les vallées de la Bar, de l'Aire, de la Biesme, sur les bourgades pittoresques, Grandpré, Apremont, Varennes,Clermont, les Islettes. Enfin de précis détails sur le Verdunois et les Côtes de Meuse nous font connaître deux régions qui sont intimement liées à la constitution géographique de notre département. Dans la 22me série, spécialement consacrée à l'étude du Plateau Lorrain et des Vosges, quelques glanes s'offrent çà et là, qu'il faut se garder de mépriser. Le premier chapitre, par ses notes sur les vallées de la Meuse entre Dun et Mouzon, de la Chiers entre Montmédy et Carignan, sur le champ de bataille de Beaumont, sur St-Walfroy et Avioth, nous renseigne sur ce pays curieux, partagé entre plusieurs départements et qu'on a dénommé le Luxembourg français. Charles HOUIN. — 63 — Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon. — Edition nouvelle, refondue et annotée par Désiré LACROIX. Paris, Garnier frères, 1900 tome 1er, in-18 de VII-X-563 pp. Savary, duc de Rovigo, naquit à Marcq canton de Grandpré, arr. de Vouziers le vingt-six avril 1774, et à ce titre une réimpression de ses Mémoires ne peut qu'intéresser les Ardennais. Il en avait publié lui-même en 1828 une première édition en huit volumes in-18, chez Bossange à Paris. Une seconde édition parut en 1829, également en huit volumes in-18, mais avec des notes explicatives pour répondre au déchaînement de lettres, protestations, brochures et pamphlets émanant de ceux que le duc de Rovigo avait mécontentés ou mal appréciés dans leurs actes. C'est cette seconde édition que M. Désiré LACROIX, ancien attaché à la Commission de la correspondance de Napoléon 1er, réimprime aujourd'hui en cinq volumes, dans la Bibliothèque de Mémoires historiques et militaires sur la Révolution, le Consulat et l'Empire », en y ajoutant des annotations personnelles et une notice sur le général Savary. Il est à remarquer que Savary ne donne aucun détail sur sa famille ni sur les années de son enfance passées dans la province natale de 1774 à 1783, date à laquelle il fut admis comme élève du roi au collège de St-Louis à Metz. Il consacre trois lignes à son père. Ponce Savary, cet honnête major du château de Sedan, et court aussitôt aux évènements de la Révolution. Cette lacune est regrettable pour les Ardennais le duc de Rovigo pensait sans doute qu'il avait trop de choses mémorables à raconter pour s'arrêter à ces détails qui, à côté de la valeur intrinsèque des Mémoires, auraient vivement intéressé tous ses compatriotes 1. Charles HOUIN. Le Second Empire, deux décembre 1851 — quatre septembre 1870, sous la direction de M. Armand Dayot, d'après des peintures, gravures, photographies, sculptures, dessins, médailles, autographes, objets du temps. — Paris, Ernest Flammarion, 1900 ; vol. in-4° oblong de 348 pp. Prix 15 francs, broché. Cet ouvrage remarquable est une reconstitution par l'image de la vie et des événements du Second Empire. Il intéresse les Ardennais par la reproduction de diverses épisodes de la bataille de Sedan. Voici la liste des gravures Portrait du général Margueritte, d'après une photographie faite à Alger en 1868, — Le général Margueritte à Floing, d'après le tableau de M. Eugène Titeux. — Les troupes françaises se réfugiant dans Sedan par la porte des fortifications, d'après une gravure allemande collection du Musée Carnavalet. — Charge de cavalerie française à Floing, d'après un tableau de Frantz Adam à la National-Gallerie de Berlin. — Charge de la cavalerie française a Floing, d'après le tableau de Henri Lang à la National-Gallerie de Berlin. — Le général Reille apportant au roi Guillaume la lettre de capitulation de l'Empereur Napoléon III, d'après un tableau de Werner au Musée de l'Arsenal, à Berlin. C. H. 1 On trouve des renseignements sur Ponce Savary et sur ses autres enfants dans La Jeunesse de Napoléon de M. Arthur Chuquet et dans la Revue historique ardennaise de 1899. Mais ce sont documents secs, des états de service, des curricula vitae, plutôt qu'une reconstitution vivante d'une famille militaire au XVIIIe siècle. — 64 — BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE Géographie pittoresque et monumentale de la France, par Charles BROSSARD, Paris, E. Flammarion, 1901. [Le tome III La France de l'Est, inaugure sa publication par deux livraisons 81-82 consacrées au département des Ardennes. Les pages, qu'on désirerait encore plus précises, renferment de nombreuses illustrations en noir et en couleurs. — Les liv. 83 et 84, qui viennent de paraître aussi, contiennent la description du département de la Marne.— Prix de chaque fascicule in-8° Jésus 60 centimes]. Catalogue raisonné et descriptif des Plantes vasculaires du département des Ardennes, par A. CALLAY, ancien pharmacien au Chesne. — Préface de E. BOURQUELOT. — Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences, publié' sous les auspices de la Société d'histoire naturelle des Ardennes, orné du portrait de l'auteur, précédé d'une Description orographique et géologique avec carte géologique coloriée et d'une Etude de géographie botanique, par F. BESTEL. — Charleville, Edouard Jolly, 1900 ; 1 vol. in-8° de XXIII-455 pp. Prix 6 francs pour les souscripteurs. Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac 1638-1669. — Edition originale de 1699, revue, corrigée et annotée par JEAN DE VILLEURS. — Paris, E. Flammarion, s. d. [1900] ; 1 vol. in-18, XV-468 pp. [Beaucoup de passages concernent les La Tour et les Bouillon, FrédéricMaurice, Godefroy-Maurice et surtout Turenne]. Les Maréchaux de l'Empire, par GÉRARD DE BEAUREGARD. — Tours, Alfred Marne et fils, 1900 ; un vol. in-4° de 327 pp. avec illustrations. — Prix 9 francs. [On y trouve, aux pp. 255-267, une biographie du maréchal Macdonald, duc de Tarente, avec le portrait du maréchal et une gravure]. PÉRIODIQUES Almanach-Annuaire de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes, édité à Reims par H. Matot, 1901, 43e année 1 franc. [H. Jadart, Quelques vieux arbres de la contrée Marne, Aisne, Ardennes, pp. 120-157 4 grav.. 1. — L. Bossu. Un Mariage dans la Chevalerie Lorraine en 1711, pp. 164-1682. — Dr Beugnies, Les Grottes, du Nichel, à Givet, pp. 177-182 5 grav.. — Dom A. Noël, Notice générale sur le Canton de Monthermé suite, pp. 183-211. — G. Piesvaux [de Chaumont-Porcien], Nos Pommiers, Au Pressoir de chez nous poésies, pp. 212-213 2 grav..—Dr Séjournet, Les Ardoisières des Ardennes suite et fin, pp. 273-286. — J. Poirier, La Défense de Bazeilles en 1870 31 août et 1er septembre, pp. 323-340 4 grav., une carte. — Al. Baudon. Les Réquisitions de guerre à Rethel en 1525 et en 1543, pp. 341-359]. 1 Cf. Rev. d'Ardenne et d'Argonne, t. VIII, p. 15. 2 Cf. Ibid., t. VII, p. 242. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. ESSAI SUR LA FAMILLE DE SALNOVE L'aventure héroï-comique, relative à l'enlèvement et au mariage de la marquise de Bourbonne, et que le sottisier G. Tallemant des Réaux 1 a narrée d'une façon si piquante, nous avait suggéré l'idée d'établir la généalogie de la famille de Salnove 2. Mais par suite des difficultés rebutantes éprouvées pour réunir les matériaux indispensables à l'édifice, nous avons dû abandonner ce beau projet, en utilisant seulement les pièces qui se sont offertes à nos yeux. Impuissant à grouper le tout sous l'égide de l'auteur principal, nous avons rappelé séparément chaque branche ou seigneurie, avec sa descendance propre. Puissent ces premières données servir de jalons à d'autres collègues plus heureux, dont le succès récompensera les efforts infructueux de notre bonne volonté! CHAPITRE PREMIER. Guillaume de Salnove épousa Jeanne Bachelier 3, fille de Thomas Bachelier, et d'Agnès, dame de Montigny et de la Croix en Soissonnais 4, près Château-Thierry. Pierre de Salnove, leur fils, est probablement le même que Pierre de Salnove, homme d'armes dans la compagnie du maréchal de la Marck, en 1334. Il fut marié en premières noces à N... Bachelier, et en secondes noces à Nicole de Gernicourt, fille de Pierre, sieur de Gernicourt 5, et de Villers-Hélon 6, et d'Antoinette de Chastillon 7. 1 Les Historiettes, 3e édition, tome VI, pages 39 et suiv., sur l'enlèvement de Mlle de Salnove. — Voir aussi, dans la Revue de Champagne, tome XV, 8e année, 1883, page 250 Acte de plainte formée devant le Prévôt de Mézières, et deux pièces relatives au commencement d'instruction contre M. de Saint-Etienne. 2 Salnove en Genévois Palé d'argent et de gueules de 6 pièces, à la bande d'or, brochant sur le tout. 3 Bachelier seigneurs de Montigny et de Montmajon, maintenus en 1667 sur production remontant à 1540 d'argent, au chevron d'azur, accompagné de 3 molettes de gueules. 4 La Croix, canton de Neuilly-Saint-Front, arrondissement de Château-Thierry Aisne. 5 Gernicourt, canton de Neufchâtel-sur-Aisne, arrondissement de Laon. 6 Villers-Hélon, canton de Villers-Cotterêts, arrondissement de Soissons. 7 Chastillon il s'agit ici de la puissante famille des seigneurs de Châtillon-sur-Marne, dont nous avons eu l'occasion de parler dans un précédent travail. Cf. Le cartulaire du Prieuré de Longueau, traduit et annoté par Paul Pellot, in-8°, Arcis-sur-Aube. Imp. Léon Frémont, 1895. REV. D'ABD. ET D'ARG. T. IX, n° 5. — 66 — Du premier lit est provenu Claude de Salnove, auteur des seigneurs de Cuisles. Du second lit sont issus quatre enfants, savoir 1. lsabeau de Salnove, femme de Jean de Milly 1. 2. Marguerite de Salnove, qui s'allia avec Jean de Bucancourt. 3. Jacques de Salnove, qui suit. 4. Antoine de Salnove, seigneur de Gernicourt, marié à une demoiselle de La Logne. de qui il laissa Nicole de Salnove, mariée d'abord avec Charles de Miremont 2, seigneur de Quatre-Champs 3, et ensuite à Jean de Bezannes 4, seigneur de Prouvais S. Du premier mariage Jean de Miremont, seigneur de Quatre-Champs, époux de Claude Herbin. Ester de Miremont, femme de Henri de Bezannes, seigneur de Guignicourt 6. De la seconde union Françoise de Bezannes. épouse de Valentin de Salnove, seigneur de Sapigneul 7. CHAPITRE II. Seigneurs de Cuisles et de Courdemange. I. De Claude de Salnove descend Luc de Salnove, écuyer, seigneur de Cuisles 81, y demeurant, de Livry 9, et de Louvercy 10. Il est nommé dans un acte passé devant Clouet et Frontigny, notaires à Châtillon-sur-Marne, le 5 avril 1601, au sujet d'un traité consenti entre lui et damlle Madge1 Madge1 en 1155, Philippe de Milly, sire de Naplouse, Henri de Milly et Guy de Milly, dit le Français, ses frères, sont témoins de donations faites au Saint-Sépulcre. Cf. Croisés de France, par le vicomte O. de Poli, dans l'annuaire du Conseil héraldique de France pour 1895. 2 Miremont d'azur, au pal d'argent, frettè de sable, et accosté de deux fers de lance d'argent. 3 Quatre-Champs, canton et arrondissement de Vouziers Ardennes. 4 Bezannes ce lignage remonte à Philippe de Bezannes, bourgeois de Reims, mort en 1392, armes d'azur, semé de besants d'or, au lion d'argent, brochant sur le tout. 5 Prouvais, canton de Neufchàtel-sur-Aisne. 6 Guignicourt, même canton. 7 Sapigneul, commune de Cormicy, canton de Bourgogne Marne. 8 Cuistes, canton de Châtillon-sur-Marne. 9 Livry, canton de Suippes Marne. 10 Louvercy, même canton. - 67 - laine du Pont 1, veuve de Claude Briffault 2, écuyer, seigneur de Long-voisin 3, et fils de feu Jehan Briffault, seigneur du même lieu, vivant en 1544. Luc de Salnove mourut le 8 décembre 1602, et fut inhumé dans l'église de Cuisles, ainsi que l'atteste l'inscription suivante que nous devons à la gracieuse communication de notre érudit collègue et ami, M. l'abbé Chevallier, curé de Montbret, membre du Conseil héraldique de France. 1 Du Pont à cette famille appartient René du Pont, écuyer, seigneur du Chesne et de Vaulx, vivant en 1590, qui avait épousé Claude de Staldoste, veuve de Paris de Guérin, écuyer, sieur du Fond de Bonru, paroisse de Champvoisy. 2 En 1618, vivait Judith de Briffault, épouse de Nicolas de Liège, écuyer, demeurant aussi à Longvoisin, et soeur de Marie de Briffault, demeurant à Paris. 3 Longvoisin, aujourd'hui ferme sur le terroir de Ventelay, canton de Fismes Marne. Louis de Salnove, son fils, écuyer, seigneur de Cuisles et de Ville-en-Tardenois 1 en partie, épousa Marie Chevalier. Il assiste, le vingt-quatre juin 1596, au contrat de mariage d'Alexandre de Chartongne, écuyer, seigneur d'Arsonville, dont nous aurons l'occasion de parler plus tard. Il demeurait au château seigneurial de Cuisles, le 18 janvier 1615, date à laquelle, en vertu d'un contrat dressé par Clouet, notaire à Châtillon, Nicolas et Charles le Petit 2, écuyers, seigneurs de la Noue, et damlle Anne le Petit, héritiers de Gilles de Bièvres 3, écuyer, seigneur de la Court, de Jacques et d'Olivier de Bièvres, enfant et petit-enfant dudit Gilles, font une transaction avec les héritiers de défunte Mlle Jehanne de Salnove, femme de Gilles de Bièvres, qui étaient 1° Louis de Salnove, 2° Marie de Bussy 4, épouse d'Antoine de Monspoix 5, écuyer, seigneur d'Ogny 6 en partie, vicomte de Chouilly, 3° Pierre de Salnove 7, écuyer, seigneur de Villeneuve, demeurant à Jonquery 8, 4° Claude de Salnove, écuyer, seigneur de Grigny 9, 5° et Mlle Suzanne de Bussy, femme d'isaac de Villette, écuyer, seigneur d'Ogny en partie. Mme de Bièvre, née de Salnove, Guillemette, Pierre et Claude de Salnove, sont, à n'en pas douter, les frères et soeurs de Louis de Salnove. II. Claude de Salnove, seigneur de Cuisles et de Ville-en-Tardenois, épousa Pérette Goujon de Thuisy 10, morte avant 1635, fille de Regnault de Goujon, seigneur de Thuisy 11, de Vraux 12, et de 1 Ville-en-Tardenois, chef-lieu de canton Marne. 2 Cf., Paul Pellot. Notice sur les Petit de Richebourg, in-8°, 26 p., Arcis-sur-Aube, imp. Léon Frémont 1891. 3 Bièvres seigneur de Veslud, alliés aux familles Duhoux, de Minette, le Roy de Longueville, des Laires, Cauchon, de Beaurepaire, d'Aulnoy. En 1666, David de Bièvres a prouvé une noblesse de six races depuis 1487 ; armes d'argent, à 3 fasces de gueules. 4 Marie de Bussy et Suzanne de Bussy, dont il va être parlé étaient filles de Guillemette de Salnove, mariée à Jean de Bussy, écuyer, seigneur d'Ogny-en-Tardenois, fils de Jean de Bussy et de Jehanne de Miremont. 5 Monspoix nom allié aux familles de Saulx, de Gretz et des Collines. En 1598, Aliénor de Monspoix, fille de Jacques, seigneur de Chouilly, épousa François des Collines, seigneur d'Allemant les Soissons. 6 Ogny, aujourd'hui Aougny, canton de Ville-en-Tardenois Marne. 7 Pierre de Salnove épousa Pierette Dupuis décédée à Jonquery, le 29 novembre 1635, mère de Claude de Salnove, baptisé audit lieu, le 6 août 1617. 8 Jonquery, canton de Châtillon-sur-Marne. 9 Grigny, hameau dépendant de Passy-Grigny Marne. 10 Goujon de Thuisy famille remontant à Erard de Thuisy, chevalier, seigneur du lieu, sénéchal de Reims en 1171 d'azur, au chevron d'or, accompagné de 3 losanges de même. 11 Thuisy, canton do Verzy Marne. 12 Vraux, canton de Châlons-sur-Marne. — 69 - Lusches, sénéchal héréditaire de Reims; et de Marie de Braux1, dame de la Groix-en-Champagne. Il eut de cette union Louis de Salnove, chevalier, seigneur de Cuisles, vivant en 1645, et Claude de Salnove, dame de Cuisles et du Bricot, la fameuse héroïne dont nous avons rappelé les exploits burlesques en tête de cette notice. Nous savons qu'après son épopée, elle prit pour mari, non sans quelque répugnance, le débonnaire Charles de Livron, marquis de Bourbonne, seigneur de Torcenay. Celui-ci était fils de Charles de Livron, marquis de Bourbonne, chevalier des ordres du Roi, grand guidon, puis enseigne des gendarmes de la Reine Marie de Médicis, commandant un régiment d'infanterie au siège de Vérue, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi, gouverneur de Coiffy, de Montigny et de Montbéliard, maréchal des camps et armées de Sa Majesté, l'un de ses lieutenants généraux au gouvernement de Champagne, et de damlle Anne d'Anglure de Savigny. Après le décès de Claude de Salnove, son mari prit l'habit, et devint, en 1668, abbé d'Ambronay 2, siège qui avait appartenu à François de Livron, son frère 3. Le marquisat de Bourbonne lui échut par la succession de son autre frère, Nicolas de Livron, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils, lieutenant général en Champagne, maître de camp et sous-lieutenant des gendarmes du Roi, tué à la bataille de Senef ; mais, criblé de dettes, il vendit ce domaine en 1680, à Charles Colbert de Terron, conseiller d'état, intendant supérieur de la Marine, pour la somme de 182,000 livres. Joseph Remy marquis de Livron, seul enfant issu du mariage de Claude de Salnove, naquit le 10 janvier 1653, et mourut à Cuisles le 4 janvier 1687, à l'âge de 34 ans. Son corps fut inhumé dans l'église de ce village le même jour. Divers actes le qualifient chevalier, page de la grande écurie du Roi, mestre de camp de cavalerie, seigneur de Cuisles, de Ville-en-Tardenois en partie, du Brigot, de Chesau et de Pernan. Il avait épousé Françoise Bénigne de Belloy 4, morte le 19 juillet 1 Braux de gueules, au dragon ailé d'or famille anoblie en février 1366, pour services militaires. 2 Ambronay, abbaye bénédictine de la congrégation de Saint-Maur, située dans le Bugey. 3 Cf. Les seigneurie et féauttez de Bourbonne par A. Lacordaire, dans la Revue de Champagne, t. Xll, p. 453 et suiv. 4 Belloy, famille originaire de Picardie, qui fournit ses preuves depuis 1378 d'argent, à 3 fasces de gueules. - 70 - 1694, femme en secondes noces de François Robert Ledieu 1, écuyer, seigneur de Villers-sous-Châtillon, avec lequel elle s'était remariée le 23 mai 1690, et il eut trois enfants de celte union 1° Charles de Livron, décédé à Cuisles le 11 octobre 1684, à l'âge de 4 ans. 2° Marie Almodie de Livron, née à Cuisles le 23 août 1684, baptisée le 5 septembre suivant, qui eut pour parrain haut et puissant seigneur, Mre Hercule de Belloy, chevalier, marquis de Montaiguillon, comte de Belloy, seigneur de Villenauxe, lieutenant-général du roi en la province de Brie, et pour marraine haute et puissante dame Marie-Jeanne de Rouville, épouse de haut et puissant seigneur Mre Marc-Antoine de Savigny, Saladin d'Anglure 2, comte d'Étoges, marquis de Belloy, tous deux représentés par h. et p. seigneur Mre Charles de Livron, abbé, seigneur d'Ambronay, et h. et p. dame Marie de Villemontée, veuve de h. et p. seigneur Mre Hercule de Belloy, chevalier, comte de Belloy, marquis de Montaiguillon, seigneur de Villenauxe, conseiller du Roi en ses conseils d'État, lieutenant général de Sa Majesté en la province de Brie, capitaine des gardes du corps de feu Monseigneur le duc d'Orléans. 3° Remy-Joseph de Livron, né à Cuisles, le 5 juin 1686, dont le parrain a été Mre Michel Larcher 3, chevalier, seigneur marquis d'Olizy 4, grand sénéchal de Vermandois. III. lsaac de Salnove, écuyer, seigneur de Courdemange 5, y demeurant, décédé avant 1611, épousa damlle Antoinette de Chartongne 6, fille d'Etienne de Chartongne, écuyer, seigneur d'Arsonville et de Marie de Lizaines, de laquelle il laissa deux enfants 7 1° Alexandre de Salnove, sieur de Courdemange, y demeurant en 1619, demeurant à Sablons 8 en 1621, marié par contrat du 1 Le Dieu d'azur, au chevron d'argent, accompagné de 3 glands d'or. 2 Anglure d'or, semé de grillets d'argent, soutenus de croissants de gueules. Oger II, seigneur d'Anglure, croisé, prit le premier le nom d'Anglure. 3 Larcher d'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de 2 roses d'argent, et en pointe d'une croix patriarcale du même. 4 Olizy, canton de Châtillon-sur-Marne. — Cf. Notes chron. sur les seigneurs de Reuil et d'Olizy, par Paul Pellot. 5 Courdemange, ancien fief, situé à Baslieux sous Châtillon. 6 Cf. Paul Pellot. La famille de Chartongne, in-8, Arcis-sur-Aube, imp. Léon Frémont, 1885. 7 Il y aurait peut-être lieu de rattacher à la même branche Anne de Salnove, femme de Mre Pierre de Chartongne, écuyer, seigneur d'Arsonville, dont la fille, Juliette de Chartongne, fut, le 11 octobre 1676, marraine de Pierre, enfant d'Eustache Regnecourt, manouvrier à Dampleux. 8 Sablons, fief situé à Châtillon-sur-Marne. - 71 — 8 juillet 1618, avec Didière Petit, fille de Gérard Petit, écuyer, seigneur de la Noue, et de Marie le Dieu, demeurant à Sablons. 2° Elisabeth de Salnove, religieuse à l'abbaye d'Ormont 1, en 1611, ainsi que le constatent les deux titres dont voici la teneur 16 juillet 1611. Fleurot, notaire à Pismes. Humble dame Claude de Marie, dame abbesse de l'abbaye N. D. d'Ormont, dame Anne de Beauvais, prieure, dame Margte de Warigny, dame Margte Dorigny, dame Catherine Brillet, et dame Antoinette Petit, toutes religieuses professes de lad. abbaye, reconnaissent avoir reçu de damlle Antoinette Chartongne, Vve de Isaac de Salnove, écuyer, demt à Bailleux, la somme de 300 livres, pour l'entrée de dame Elisabeth de Salnove, sa fille, comme religieuse en lad. abbaye. Témoins vén. et discrète personne Me Jehan Gomont, prêtre docteur de sainte faculté de théologie et curé de Fismes, et Me Jehan Marchand, prêtre, curé de Magneux. Sans date. Fleurot, notaire à Fismes. En présence et pardevant moy François Fleurot, nottaire et tabellion royal au bailliage de Victry, dt à Fymes, et des tesmoins après nommez, vénérable et discrette personne Me Jehan Gomont, prêtre, docteur de saincte faculté de Téologie, doyen du doyenné de Fymes, et curé dud. lieu, a requis et interpellé dame Elizabeth de Sallenove, à présent novisse en l'abbaye nostre dame d'Ormont, comparante en personne, au parloir d'icelle abbaye, de déclarer si voluntairement, franchement et d'une pure et libéralle volunté, elle veult continuer ses voeux qu'elle a faict en icelle abbaye, et faire profession en icelle, suivant le désire et volunté des dames abbesse, relligieuses, prieur et couvent d'icelle abbaye, et de ses parents et amis, laquelle Elizabeth de Sallenove, comparante comme dessus, a faict responce que sans contraincte, ni force, et de sa pure volunté, elle veult continuer son voeu, et faire lad. profession en icelle abbaye, de laquelle interpellation et responce led. sieur Gomont et damlle Anthoinette de Chartoigne, veuve de lsaacq de Sallenove, vivant escuyer, demt. à Bailleux, sa mère, m'ont requis, et leur aye octroyé le présent acte, pour leur servir et valloir en temps et lieu ce que de raison faict en la présence de Loys de Chartoigne, escuyer, sieur de Vauselle, et Me Jehan Marchant, prêtre curé, dt à Magneux, tesmoings qui ont signez avec lad. dame Elizabeth de Sallenove, lesd. sieur Gomont et lad. damlle de Chartoigne. Élisabet DE SALNOVE. A. DE CHARTONGNE. J. GOMONT. J. MARCHANT. L. DE CHARTONGNE. FLEUROT. 1 Ormont, aujourd'hui ferme dépendant de Breuil-sur-Vesles, canton de Fismes Marne Abbaye de femmes de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1234, transférée à Meaux en 1629. — 72 — CHAPITRE III. Seigneurs de Gernicourt. I. Jacques de Salnove, seigneur de Gernicourt, époux de Philiberte de Mer, dame de Perthes, en eut Philippe qui suit, Et Robert, qui a donné naissance à la branche de Perthes. II. Philippe de Salnove, vivant en 1557, écuyer, seigneur de Gernicourt 1, s'allia, en 1574, avec Marie de Montigny 2, fille de Benoit de Montigny, écuyer, seigneur de Cramoiselle 3, et de SaintEugène 4, et de Jeanne de Ravenel 5. Il en eut trois enfants qui partagèrent les successions de leurs père et mère, suivant acte dressé par Johin, notaire à Cormicy, le 25 mars 1622; I. Pierre de Salnove, écuyer, seigneur de Gernicourt, demeurant à Bouffignereux 6, marié avec Anne Goujon, fille d'André Goujon, seigneur de Bouzy 7, Coigny et Tours-sur-Marne 8, et de Nicole Noël 9, dame de la Panneterie. Françoise de Salnove, fille de Pierre, et d'Anne Goujon, s'allia avec Henri de Vallon 10, seigneur d'Augy 11 et de Couvrelles12. Elle mourut à Augy, le 20 avril 1693, et son mari décéda lui-même à Couvrelles, le 3 janvier 1668, laissant deux enfants 1° Barbe de Vallon, vivante en 1681. 2° Et Henri-François de Vallon, écuyer, seigneur de Couvrelles et d'Augy, lieutenant pour le Roi au gouvernement de Bouchain, mort à Couvrelles, le 1er août 1694. Pierre de Vallon, son fils vivait en 1696. 1 Gernicourt, canton de Neufchâtel-sur-Aisne. 2 Montigny d'azur, semé de fleurs de lys d'or, au lion naissant d'argent. 3 Cramoiselle, hameau, commune de Cramaille, canton d'Oulchy-le-Château. 4 Saint-Eugène, canton de Condé Aisne. 5 Ravenel de gueules, à six croissants d'or 2-2 et 2, chacun surmonté d'une étoile du même, et une 7e étoile en pointe. 6 Bouffignereux, canton de Neufchâtel-sur-Aisne. 7 Bouzy, canton d'Ay Marne. 8 Tours-sur-Marne, canton d'Ay Marne. 9 Noël d'azur, au chevron d'or, accompagné de deux molettes et un lion d'or. 10 Vallon d'argent, à la bande de sinople, chargée de trois pommes d'or. L'enquête de 1666 sur la noblesse de Soissons, dit que l'aïeul d'Henri de Vallon, fut anobli par lettres du mois de juin 1609, pour services rendus dans les armées. 11 Augy, canton de Braine Aisne. 12 Couvrelles, même canton. — 73 - II. Valérian de Salnove, qui suif ; III. Jean de Salnove, écuyer, seigneur de Gernicourt, époux d'Anne de Stainville, fille de Joachim, seigneur du Buret et de Marie de Rouvroy, qui le rendit père de Marie de Salnove, mariée, par contrat devant Frizon et Prudhomme, notaires à Cormicy, le 20 septembre 1632, à Claude de Maubeuge 1, seigneur de Sery 2, Semide 3, et Gernicourt en partie, fils de Jean, écuyer, et Anne le Danois 4. Le 9 octobre 1646, Claude de Maubeuge, rendit foi et hommage au comte de Roucy, pour les trois quarts de la moitié de la seigneurie de Gernicourt, à lui échus à cause de sa femme, parla succession de sa belle-mère, Anne de Stainville. III. Valérien de Salnove, écuyer, seigneur de Noirval 5, QuatreChamps 6, Gernicourt et Sapigneul 7, y demeurant, épousa Françoise de Miremont 8, fille de Charles de Miremont, seigneur de Quatre-Champs, et de Nicole de Salnove. De ce mariage est née Anne de Salnove, qui s'allia, par contrat du 2 juin 1647, devant Prudhomme, notaire à Cormicy, à Ferdinand de Hédouville 9, chevalier, seigneur de Merval 10, Sapigneul 11, Aguilcourt, lieutenant de la mestre de camp du régiment de chevau-légers de M. le comte de Bourlémont. IV. Marie de Salnove, vivant en 1697, veuve de Salomon du Belloy, seigneur de Soisy-aux-Bois, fait enregistrer à l'armorial de l'élection de Soissons les armes de son défunt mari, qui sont d'argent, à une bande fuselée de gueules, accompagnée de six fleurs de lys d'azur, 3 en chef, posées 2 et 1, et 3 en pointe, mises en bande. 1 Maubeuge vairé, d'or et de gueules. 2 Sery, canton de Novion-Porcien Ardennes. 3 Semide, canton de Machault Ardennes. 4 Danois d'azur, à la croix d'argent, fleurdelysèe d'or. 5 Noirval. canton du Chesne Ardennes. 6 Quatre-Champs, canton de Vouziers Ardennes. 7 Sapigneul, commune de Cormicy, canton de Bourgogne Marne. 8 Miremont d'azur, au pal d'argent, fretté de sable, et accosté de 2 fers de lance d'argent. 9 Hédouville Cf. Paul Pellot, Fragment généalogique et documents sur les familles de Creil et d'Augnoy. 10 Merval, canton de Braine Aisne. 11 Aguilcourt, canton de Neufchâtel-sur-Aisne. CHAPITRE IV. Seigneurs de Perthes. I. Robert de Salnove, écuyer, seigneur de Perthes 1, nous est connu par un acte de foi et hommage conservé aux archives du prince de Monaco. Grâce à l'exquise obligeance et aux savantes recherches de notre érudit compatriote, M. Henri Lacaille, archiviste paléographe, nous pouvons reproduire littéralement la teneur de cet instrument, dont il a gracieusement consenti à copier le texte en vue de ce travail De très haut et très puissant prince et princesse Mgr Louis duc de Nevers, etc., et Henriette de Clèves, etc... Robert de Sallenove, écuyer, seigneur de Perthes-lès-Relhel en partie la sixième, avoue à tenir en foi et hommage 1° La haute justice, moyenne et basse pour lad. 6e partie. 2° Par droit de cette sixième partie, un droit de vesture, soit 4 deniers parisis payés par tout acquéreur d'héritage, dans un délai de 40 jours après l'acquisition. 3° Droit d'exploité, d'amende et deffaults de justice, confis cations, biens vacans et amendes arbitraires pour le 6e. 4° Le 6e du droit de bourgeoisie, soit 2 muids d'avoine, 32 chapons ou 48 poules, au choix des bourgeois, et estimés en deniers 16 liv. tournois. " 5° 12 setiers d'avoine, pour 6e d'un droit payé par chaque laboureur ayant 2 ou 1 cheval, payable à la St Remy. 6° Autre droit payable à Noël, par chaque laboureur ayant 1 cheval, 12 den., soit pour le 6e, vingt sols estimés en deniers. " 7° Sur un autre droit analogue, 60 sols pour le 6e. 8° Droit de chasse et faire chasser en bois et garennes, dans toute l'étendue de la terre et sur tout le terroir; tendre plels. 9° Sa maison, corps et logis, couverte d'escaille, à 2 tourelles 1 Perthes, canton de Juniville Ardennes. 2 Louis de Conzagues, duc de Nevers et de Rethel, prince de Mantoue, pair de France, gouverneur de Champagne, était un des plus lettrés et des plus charitables grands seigneurs de la Gourdes derniers Valois. Son fils unique, Charles de Conzagues. né à Paris, le 16 mars 1580, est le fondateur de Charleville. Cf. Les portraits de Louis de Gonzagues, et de Christophe de Savigny, par Henri Jadart, dans la Revue hist. arde, année 1897, p. 191. 3 Henriette de Clèves signa, avec son mari, le 4 mars 1585, l'acte de fondation du couvent des Cordeliers de la Cassine Arch. du Palais de Monaco. Série T, 49. - 75 - aux extrémités, colombier, cour, grange, escaliers d'une conte nance totale d'environ 90 verges, à 22 pieds par verge. Fait le 26 janvier 1574. Signé R. DE SALLENOVE autogr. original parchemin C. 35. Parmi les descendants de Robert de Salnove, nés de son mariage avec Jeanne de Badingham, sa femme, demeurant à Oulchy-la-Ville en 1626, nous pouvons citer Remy qui suit Et Adrienne de Salnove, née vers 1590, mariée, par contrat passé devant Pauffin, notaire à Rethel, le 30 novembre 1618, avec Charles de Blond, écuyer, seigneur de la Tour, demeurant à Oulchy-la-Ville, fils de Nicolas de Blond, écuyer, seigneur de la Tour, et de Blanche de Vignoles. II. Remy de Salnove, écuyer, seigneur de Perthes, demeurant à Saint-Étienne-à-Arne en 1640, épousa damlle Anne Moët, née à Reims paroisse Saint-Pierre, le 16 juin 1592, fille de noble homme Philippe Moët, procureur du Roi au Présidial, écuyer, seigneur de Brouillet, et de Marie Cauchon 1. Il laissa trois enfants 1° Ponce de Salnove, écuyer, sieur de Perthes et de Courtagnon, demeurant à Juniville, mentionné, le 9 décembre 1648, dans un acte de constitution de rente envers noble homme Jacques de Métayer, officier du gobelet du Roi à Rethel 2. 2° Philippe de Salnove, marié, le 23 février 1637, avec Antoine de Villiers, écuyer, seigneur de Barbaise, fils d'Antoine de Villiers, écuyer, seigneur de Barbaise et Pouilly, homme d'armes des ordonnances du Roi, et de Marie du Pont 3. 3° Marie de Salnove, qui épousa, le 23 février 1637, Robert de Feret 4, écuyer, seigneur de Montlaurent 5, fils aîné de JeanJacques de Feret, écuyer, seigneur dudit lieu, et de Jeanne d'Y, dont Claude, Philippe et Jeanne Feret. 1 Cf. Les aïeuls maternels du Bienheureux de la Salle à Brouillet, par le vicomte E. du Pin de la Guérivière. Reims, Michaud. Imp. de l'Académie, 1897. 2 Voir La famille rethéloise de Métayer, par Paul Pellot, dans la Revue hist. arde, 6e livr., année 1895, p. 273. 3 Cf. Les anciens seigneurs du grand hameau de Romain, par Paul Pellot, en préparation. 4 Feret famille représentée au XVIe siècle, par Hubert Feret, chevalier de Saint-Jean-deJérusalem reçu, en 1555, commandeur de Haut-Avesnes en Artois. 5 Montlaurent, canton de Rethel Ardennes. - 76 - CHAPITRE V. Seigneuries diverses. Nous groupons dans ce dernier chapitre, un certain nombre de noms, qui, étrangers les uns aux autres, paraissent également n'avoir qu'une relation assez éloignée avec ceux qui ont fait l'objet des articles précédents. I. Jeanne de Salnove, mariée à Robert du Pont, seigneur de Vaulx et du Chesne, tous deux décédés avant 1592, laissant cinq enfants que nous citons dans la notice sur les anciens seigneurs du Grand Hameau de Romain. II. Simonne de Salnove, morte avant 1597, femme de Claude de Combret, seigneur en partie, du hameau de Romain. Cf. op. cit. III. Par acte d'Arlaut et Duchesne, notaires à Fismes, rédigé le 11 novembre 1656, Mre Claude de Beaurepaire 1, écuyer, seigneur de Coizard 2, en partie, y demeurant, tant comme mari de damlle Marguerite du Mangin, celle-ci héritière de Judith de Salnove, vivante épouse de Jean de Bièvres, écuyer, seigneur du Chesne, que comme cessionnaire de Gabriel du Puis, écuyer, seigneur d'Aulnizeux et de la Chapelle, époux de Claude de Bièvres, aussi héritière de la dite Salnove, transporte à Poncelet de la Croix, marchand à Fismes, une rente due par Pierre de Marsanne, écuyer, seigneur de Saint-Remy, demeurant à Lhuys, et damlle Esther de la Grange, sa femme. IV. Elisabeth de Salnove. morte à Filain 3 le premier février 1693, fut inhumée dans l'église de la paroisse. Mariée, en premières noces, avec Benjamin de Nuisement 4, seigneur et vicomte 1 Beaurepaire d'azur, à la bague chatonnèe d'or, à la bordure denchée du même émail. 2 Coizard-Joches, canton de Montmort Marne. 3 Filain, canton de Vailly Aisne. 4 Nuisement d'argent, au chevron de gueules, accompagné d'une laie, tétée par 3 marcassins de sable en pointe, au chef d'azur, chargé de trois glands d'or. En 1618, Adrien de Nuisement, écuyer, sieur de Grandchamp, y demeurant, donne son adhésion à l'émancipation de son frère, Louis de Nuisement, fils de défunt Nicolas de Nuisement, écuyer, sieur de Dommartin la Planchette. — 77 - d'Urcel 1, fils de Robert de Nuisement, écuyer, et de damlle Jeanne d'Harzillemont 2 ; elle épousa, en secondes noces, Guillaume du Clozel 3, écuyer, seigneur d'Odancourt 4, qui mourut lui-même à Filain, le 17 mai 1670, et fut enterré le dit jour dans l'église, en présence de Jean Pastoureau 5, écuyer, seigneur de Lambercy 6, et de Suzanne du Clozel, femme de ce dernier, ses neveu et nièce. Du premier lit sont nées deux filles Charlotte de Nuisement, décédée avant 1682, qui fut mariée en l'église d'Urcel, le 27 septembre 1673, avec Charles du Quennet7, écuyer, seigneur de Tannières, Et Anne de Nuisement, épouse de Simon de Bourgeois 8, écuyer, seigneur de Tannières, Branges 9, et Loupeigne 10, l'un des 200 chevau-légers de la garde du Roi, et de qui elle eut au moins six enfants 1° Marie-Madeleine de Bourgeois, baptisée à Urcel, le 24 juillet 1673. 2° Marie-Anne de Bourgeois, baptisée audit lieu, le 7 octobre suivant. 3° Louise-Anne de Bourgeois, baptisée au même lieu, le 13 octobre 1677. 4° Charles de Bourgeois, baptisé aussi à Urcel, le 24 décembre 1679. 5° Marguerite de Bourgeois, baptisée à Jouaignes, le 12 février 1681. 6° Et Henri de Bourgeois, baptisé à Tannières, le 4 octobre 1685. 1 Urcel, canton d'Anizy-le-Château Aisne. 2 Jeanne d'Harzillemont, fille de Pierre d'Harzillemont, écuyer, seigneur de Loupeigne, et de Louise d'Auquoy. 3 Guillaume du Clozel et César du Clozel, son frère, sieur de Watripont, ont été jugés nobles, lors de l'enquête de 1666, sur preuves remontant à 1425. — Armes d'argent, à la fasce de gueules, chargée de 3 coquilles d'or, et accompagnée de 2 têtes de more de sable, liées d'argent. 4 Odancourt, fief, commune de Camelin, canton de Coucy-le-Château Aisne. 5 Pastoureau d'azur, au chevron d'argent, accompagné de deux étoiles d'or en chef et d'une coquille de même en pointe. — Cette famille remonte à Jacques de Pastoureau, maire de Bourges, en 1550. 6 Lambercy, hameau, commune de Dagny-Lambercy, canton de Rozoy-sur-Serre Aisne. 7 Quennet d'or, à une hache d'armes de sable, accostée en chef de deux molettes d'éperon du même. — A la même époque, vivaient Jean du Quennet, écuyer, seigneur d'Huet, et Gédéon du Quennet, écuyer, seigneur de Terranne, qui, lors de l'enquête sur la noblesse du Soissonnais, en 1666, a produit des titres remontant à 1511. 8 Tannières, canton de Braine Aisne. 9 Bourgeois d'azur, à la fasce d'argent, accompagnée en chef d'un croissant et en pointe d'une rose du même. 10 Branges, canton d'Oulchy-le-Château Aisne. 11 Loupeigne, même canton. - 78 — De son deuxième mariage, Elisabeth de Salnove, eut également deux filles Marie-Anne du Clozel, Et Marie-Madeleine du Clozel, baptisée le 19 juin 1664, en l'église de Filain, où elle fut inhumée le 3 juin 1725, jour de son décès. Elle avait épousé, le 14 juillet 1693, Jean de Noue 1, écuyer, père de 1° Marie-Françoise de Noue. 2° Philippe de Noue. 3° Jean-Louis de Noue, baptisé à Sermoise, le 19 février 1705. 4° Et Henry de Noue, baptisé à Filain, le dernier jour du mois de septembre 1699. V. Marguerite de Salnove, décédée après 1644, eut de son union avec Nicolas de Fust 2, une fille qui suit Elisabeth de Fust 3, mariée avant 1680, avec Charles de Lignier, écuyer, sieur de la Couture Paquette, paroisse de Louâtre 4, y demeurant. Celui-ci comparaît, le 31 décembre 1681, dans un acte reçu par Arlaut et Grizollet, notaires à Fismes, en vertu duquel il reconnaît être détenteur d'une maison offerte en payement de cinquante livres de renie, créée par son beau-père envers Madeleine Roland 5, veuve de Charles Maillefer 6, demeurant à Reims. VI. Jeanne de Salnove, décédée à Jonquery 7, le 8 octobre 1677, épousa En premières noces Messire Antoine d'Anglas 8, écuyer, enterré à Jonquery, le 23 février 1669 ; 1 Noue échiquelé d'argent et d'azur, au chef de gueules. Cette famille, qui remonte au XIIIe siècle, compte dans ses membres deux chevaliers de Malte Edme, en 1540, et François, en 1660. 2 Fust seigneur du Fresne, élection de Soissons Parti, au 1 d'or, au coeur de gueules, au 2 coupé de gueules, en chef au lion d'argent lamp. arm. et cour, de d'or, en pointe un coeur d'or, famille d'origine belge, remontant à Jean de Fust, qui vivait en 1480. 3 Une autre Elisabeth de Fust, décédée à Merlieux Aisne, le 18 février 1670, veuve de Jacques du Quennet, écuyer, seigneur de Tannières, avait, deux enfants Charles du Quennet, écuyer, seigneur de Tannières, et Isabelle du Quennet, mariée, le 1er octobre 1670, avec François de Sacquespee, écuyer, seigneur du Quesnois. 4 Louàtre, canton de Villers-Cotterets Aisne. 5 Roland Cf. Paul Pellol. Note biographique sur Claude-Joseph Roland, curé de Sorcy, dans ja Revue historique ardennaise, livraison de janvier-février 1895. 6 Maillefer consulter sur cette famille les Mémoires de Jean Maillefer, publiés par M. Henri Jadart, dans les travaux de l'Académie de Reims. 7 Jonquery, canton de Châtillon-sur-Marne. 8 Anglas cette famille fait l'objet d'une notice séparée. - 79 - En deuxièmes noces Messire Roland-Thibault de Montigny 1, écuyer, seigneur d'Aubilly 2, décédé le 9 mai 1674, à l'âge de 50 ans, inhumé devant l'autel Notre-Dame de l'église de Jonquery ; En troisièmes noces le 30 juillet 1674, Mre Marc de Cosson 3, écuyer, seigneur d'Espilly 4, capitaine dans le régiment de Dampierre, remarié à Reims, le 29 février 1680, avec Charlotte Lévesque 5, fille de Rigobert Lévesque, écuyer, seigneur de Bobigny 6, et de Louise Pétré 7. Paul PELLOT. POÉSIE LA. MEUSE La Meuse ! admirons ce beau fleuve, Dont le lent et paisible cours, En mille sinueux détours, Sillonne les champs qu'il abreuve. Elle dorlotte Les gros bateaux Qui vont en flotte Parmi ses eaux. Depuis Nouzon jusqu'à Liége, Creusé dans ses ravins profonds, Son lit repose entre les monts Verdoyants ou couverts de neige. Les monts d'Ardenne Font un rideau De roche ancienne, A son berceau. 1 Montigny on dit que cette famille descend de Gaulard de Montigny, qui se distingua à la bataille de Bouvines, et obtint l'autorisation de porter un blason semé de fleurs de lys. 2 Aubilly, canton de Ville-en-Tardenois Marne. 3 Cosson famille maintenue par Larcher en 1699 ; elle remonte à Pierre Cosson, écuyer, sieur de Gaunay en 1480. 4 Espilly, écart de Chaumuzy, canton de Ville-en-Tardenois. 5 Lévesque famille représentée au XVIIIe siècle, par Jean-Jacques Lévesque, seigneur de Lisgarde, capitaine de cavalerie au régiment de Chartres, décédé à Wasigny, le 27 septembre 1710. 6 Bobigny, hameau de la commune de Leuze, canton d'Aubenton Aisne. 7 Pétré seigneurs de Sougland, Magny et de la Reinette, représentés en 1693, par Roger Pétré, écuyer, demeurant à Saint-Michel, et en 1730, par François Pétré, seigneur de Vincy, prévôt héréditaire du Laonnois. Elle vous reflète sans cesse Comme un miroir d'acier uni, Dames de Meuse au flanc bruni, Que son onde baigne et caresse. Votre stature Se réfléchit, Dans l'onde pure Qu'elle obscurcit. Elle voit des architectures, Ressemblant à de vieux châteaux Construits dans les temps féodaux, El des Bayards dans leurs armures. Elle regarde Les fils Aymon Montant la garde En leur donjon. Sur ses bords s'ouvrent des vallées, Où cascadent des ruisseaux nains, Dans la bruyère et les sapins. Par des barrages muselées, Ses eaux trop lisses N'ont pas de flux, Ni d'écrevisses Hélas ! non plus. Ses dieux ont perdu leur patrie; Ses bords plats sont canalisés, Et ses tritons laïcisés; Ils sont entrés dans l'industrie. Ses naïades Sont les Servais ; Ses dryades Sont d'osier frais. Elle se rit de vos barrages, Quand débordant en liberté, Elle voit son flot indompté Exercer partout des ravages. En ville, en plaine, C'est inondé; La cave pleine A débordé. — 81 — Entendez-vous ? la Meuse est prise ; On y peut passer c'est un pont. Puis, la débâcle c'est un mont De glace qui craque et se brise. Ces tas de glace, Ces brillants blocs Vont prendre place Contre les rocs. La Meuse est la force rêvée Que capte aujourd'hui le Progrès, Sous forme de chevaux discrets Par qui l'usine est activée. Elle turbine En se jouant D'une machine Comme d'un gant. Bénis-la, pêcheur à la ligne, Qui lui prends brochet ou goujon, Oui, mais n'y fais pas le plongeon; Elle te prendrait, la maligne ! Oh! ne le fie A l'eau qui dort Et sous la vie Cache la mort. Dr SÉJOURNET. Revin, novembre 1900. CHRONIQUE I. Résultats des fouilles faites dans les cimetières gaulois d'Aussonce et de la Neuville-en-Tourne-à-Fuy pendant l'année 1900. Si notre campagne de fouilles de l'année 1900 n'a pas été très fructueuse, elle a cependant donné un résultat de première importance. Résumons, comme nous le faisons chaque année, la série de nos découvertes. A la Côte des Braies AUSSONCE, une fosse déjà fouillée en partie a donné un fer de lance aux pieds du squelette 1er janvier. — Trois fosses renfermaient des débris de vases 8-15 avril. — Une autre fosse a mis au jour trois fers de lance ou de javelot, dont un très petit, un couteau, et un grand vase à dessins 24 août. — Trois fosses violées ont été réexplorées avec soin; deux d'entre — 82 - elles ont livré chacune un bracelet oublié. L'un de ces bracelets est creux 21 octobre. — Enfin, sur trois autres fosses fouillées déjà, l'une a fourni trois vases en bon état 31 octobre. Au Mont-Chauchet, un fer de lance et un vase ont été découverts 13 août. Au Mont-de-Fosse LA NEUVILLE-EN-TOURNE-A-FUY, trois fosses dont deux précédemment fouillées nous ont procuré trois vases et un fer de lance 23 février. La Tonnelle de Juniville a révélé un torque brisé de très grande dimension et deux bracelets. Enfin, c'est au Mont-de-Neuflize, dans une fosse manifestement violée, comme le montrent les taches vertes au poignet du squelette, que nous avons trouvé, avec un bracelet et une fibule en bronze, une bague en or, le premier objet en or de nos cimetières. Les autres objets précieux ont dû être déterrés par les violateurs anciens. L'or de notre bague est très pâle, renfermant beaucoup d'argent. La bague est à quatorze pans comme les rayons des roues de voiture; est-ce une simple coïncidence?. Elle est évidée à l'intérieur et portait deux filets, disparus en grande partie par l'usure. Son poids est de 3 gr. 2. Gustave LOGEART. II. Sur l'authenticité du diplôme de Guillaume, comte de Luxembourg, mentionnant le nom de Godefroid d'Orchimont, comte. Dans son ouvrage, Orchimont et ses fiefs, l'abbé Roland écrit, p. 36 Godefroid d'Orchimont est également cité, en 1122, parmi les témoins à la charte par laquelle Guillaume, comle de Luxembourg, confirme la fondation de l'abbaye de Munster. Dans ce diplôme, reproduit d'après une copie qui ne nous paraît pas offrir toutes les garanties d'authenticité, Godefroid est qualifié de comte d'Orchimont, comes de Ursimonte. A part une charte fausse de 1214, relative aux noces d'Ermesinde, c'est, à notre connaissance, le seul document officiel qui attribue le litre de comte à un seigneur d'Orchimont, et traduise Orchimont par Ursimons. » L'abbé Roland ne connaissait l'acte de fondation de l'abbaye de Munster que par la publication de Bertholet, Hist. du Duché de Luxembourg, t. III, preuves, p. XLVIII, qu'il cite à la note 2. Nous comprenons très bien que, réduit à cette seule source, il ait pu suspecter l'authenticité du diplôme. Mais aujourd'hui, il faut renoncer à la supposition de fabrication qui pesait sur le texte. L'abbé Jakob Grob vient, en effet, de publier dans une étude - 83 - intitulée Eustach von Wiltheims historische Werke 1, l'acte de fondation en question, d'après l'original reposant, à la suite d'un don, aux Archives de la section historique de l'Institut de Luxembourg. Le diplôme sur parchemin 42,5x60 cm. est scellé du sceau en placart du comte Guillaume 2. Il n'est pas daté; mais il se place à la fin de 1123, ou au commencement de 1124 3. Parmi les témoins, se lit le nom de GODEFRIDUS DE URSINI MONTE COMES4. Ainsi, la leçon comes de Ursimonte de Bertholet est manifestement erronée. Quant au titre de comes donné à Godefroid, il est aussi donné à deux autres témoins de la même charte Hermannus de salmes 5, comes, item Godefridus de asch 6, comes; mais, à raison de sa place après le nom complet du témoin, il paraît impliquer plutôt un titre personnel des seigneurs qui le portent, qu'évoquer l'idée de l'existence d'un comté ». Il en est autrement pour le donateur lui-même qui se qualifie Uuillelmus comes de Lucelemburch 7. Paul COLLINET. COMPTE-RENDU BIBLIOGRAPHIQUE Vie de Mgr Garot, prélat de la Maison de Sa Sainteté, ancien Archiprêtre de Rethel et de Charleville, par M. l'abbé J. GILLET.—Charleville, A. Anciaux, 1900; un vol. in-8°, VIII-446, pp. avec portrait. Prix 4fr. 50 Celte biographie est d'abord un pieux hommage rendu par l'auteur à son prédécesseur immédiat; c'est aussi une oeuvre d'édification où la vie et les vertus du défunt sont proposées comme exemple à tous les fidèles. Le récit est clairement ordonné, le style en est aisé et simple, et comme l'écrivain n'a pas abusé de cette phraséologie spéciale qui dépare tant d'ouvrages catholiques, la lecture du livre est en somme fort agréable. Elle est, de plus, instructive et intéressante, en beaucoup d'endroits en effet, l'abbé Garot parcourut une longue carrière sacerdotale, et l'auteur en a profité pour encadrer sa physionomie dans l'histoire du diocèse de Reims. La biographie abonde en souvenirs de l'époque révolutionnaire, en portraits de prélats et de curés, en détails curieux sur les paroisses de Dom-le-Mesnil, de Revin, de Fumay, de Rethel, de Charleville et sur le caractère de leurs habitants ; un chapitre entier est consacré à l'historique de l'église de Charleville; enfin on rencontre, çà et là, des aperçus sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat, sur l'attitude des Gouvernements et des Municipalités successives envers le clergé ardennais. A ce point de vue, l'ouvrage de M. l'abbé Gillet sera toujours utile à consulter il nous présente une image sincère, sinon constamment exacte, de ce que fut la vie religieuse du département des Ardennes au cours du xixe siècle. Ch. HOUIN. 1 Ons Hémechl, n° du 1er août 1900 6e année, livr. 8, pp. 342 et suiv. 2 Reproduit hors-texte dans la Revue sus-dite. 3 Ons Hémecht, l. c, p. 345 n 1. 4Id., p. 351. 5 Hermann de Salm. 6 Godefroid d'Esch. 7 ld., p. 344. — 84 — BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE Scènes et Episodes de la Guerre 1870-1871, par le Commandant ROUSSET ; Paris, Ch. Tallandier, 1900; gr. in-8° illustré. [Un chapitre orné de plusieurs gravures et intitulé Beaumont-Sedan, contient d'intéressants épisodes relatifs aux journées des 30 août2 septembre 1870]. Les Ardoisiers ; la maladie des ardoisiers la Schistose ; hygiène et prophylaxie, par le Dr SÉJOURNET, de Revin. — Reims, Matot-Braine, 1900 1 fr. 50. La Philosophie de H. Taine, par G. BARZELLOTI, professeur d'histoire de la philosophie à l'Université de Rome. Traduit de l'italien, par A. DIETRICH. — Paris, F. ALCAN, 1900, gr. in-8° 7 fr. 50. PÉRIODIQUES Journ. Soc. Arch. Lorraine, 49e année, 1900. — J. Nicolas, Les Monuments funéraires de l'église de Saulmory Con de Dun, Meuse, pp. 29-32 et 70-71. —• J. Nicolas, Jean Joly, curé de Liny-devant-Dun, 1668-1705, pp. Nicolas, Nicolas Grandjean, curé de Doulcon, 1688-1697, pp. 135-138 [fut d'abord curé de Suzanne, au doyenné d'Attigny]. — L. Germain, Sur la sépulture de Jean V d'Allamont, seigneur de Malandry, défenseur de Montmédy en 1657, pp. 155-160. — Robinet do Cléry, La tombe d'une dame de Dun à Saulmory, pp. 173-178. — L. Germain, Observ. sur l'article précédent, pp. 178-180. Revue de Champagne et de Brie, 24e année 1899. — H. Jadart, Voyage de Jacobs d'Hailly, gentilhomme lillois, à Reims, dans la Champagne et les Ardennes en 1695 pp. 5-33. — N. Goffart, Glossaire du Mousonnais supplément suite et fin pp. 34-47.—H. Jadart, Souvenirs de collège 1857-1865 Causerie d'un ancien élève de Notre-Dame de Rethel à la réunion de ses camarades, à Paris, le 4 février 1899 pp. 81-104. — H. Jadart, Les anciens registres paroissiaux de SévignyWaleppe Ardennes 1608-1792 pp. 187-215; 326-343. — H. Jadart, Pierre tombale de Guillaume d'Averhout, seigneur de Lalobbe, de Liry et de Guincourt, dans le cimetière de cette dernière commune pp. 226-227. — B. Riomet, Etudes campanaires Documents relatifs aux cloches de Hannapes Ardennes et Armentières Aisne pp. 229-231. Inscription inédite de l'ancienne cloche de Liart Ardennes, prise en 1895 p. 854. — H. Jadart, La température à Pâques dans les dix dernières années du siècle 1890-1899 [à Villers-devant-Ie-Thour] pp. 359-361. — A. de Bathélemy, Les deux sièges de Ste-Ménehould 1652-1653 [d'après un MS. d'Hipp. Thibault, prêtre habitué en l'église paroissiale de Ste-M., né à Bar-les-Buzancy, mort à Ste-M. le 16 sept. 1674] pp. 417-452. — H. Jadart, L'église de St-Germaimnont pp. 641-672. — N. Goffart, Le livre de raison de Jean Tobie, maître d'école à Chaumont-St-Quentin, de 1725 à 1778 pp. 685-691 ; 756-800. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. LE FOLK-LORE DE GIVET EN 1829 Sous le titre de Quelques renseignemens sur les ruisseaux, sur les poissons, sur les oiseaux et sur le langage, idiome ou patois, de Givet et ses environs, fournis par M. Aimé Chapuis fils d'un négociant de Givet sous la date du 2 septembre 1829 », nous avons trouvé au Musée de Sedan de curieux détails sur les moeurs et les coutumes givetoises joints à des lettres 1 adressées à M. du Vivier, membre de la Légion d'honneur, doyen du Conseil de préfecture du département des Ardennes, etc., etc. » M. du Vivier, désirant sans doute entreprendre une étude sur Givet et ses environs, avait demande de nombreux renseignements à MM. Chapuis 2 et Massé, deux Givetois qui, pendant quatre ans, ont recueilli de précieux documents concernant l'hydrographie, l'ichthyologie, l'ornithologie et l'idiome de cette contrée. Mais nous laisserons entièrement de côté ces petites études pour transcrire in-extenso les notes sur les usages, coutumes, superstitions, préjugés, prédictions, proverbes et traditions ». Les coutumes ou les usages répandus dans ces communes n'ont peut-être rien de bien saillant ; la plupart doivent se retrouver dans toutes les contrées environnantes et ne peuvent pas, par conséquent, être mentionnées ici. Dire qu'il y a des fêtes patronales, que l'on danse à ces fêtes, qu'elles ont ordinairement lieu lorsque les travaux de la moisson sont finis, c'est trop généralement ainsi pour en parler. Il en est de même d'une infinité d'autres usages. Il y en a cependant qu'on peut regarder comme particuliers à cette petite contrée, lesquels semblent tirer leur origine de la nature des relations sociales à une certaine époque et s'être conservés par tradition. 1 Dans l'une de ces lettres signée de M. Chapuis, nous lisons le passage suivant qui nous a paru présenter quelque intérêt au point de vue numismatique. J'ai vu M. Longuet et lui ai fait les questions que vous m'adresse? dans votre dernière lettre. Il résulte de ses réponses que l'Antonin est d'un or fin, qu'il pèse environ un gros et 61 à 63 grains ; qu'il est d'une valeur intrinsèque de 28 francs et enfin qu'il a été trouvé à Couvin. Quant au nom du lieudit je ne le connais pas parce que je n'ai pas pu voir le paysan qui a trouvé la pièce... La pièce est depuis quelque temps à Paris où elle a été présentée au Directeur du Conservatoire qui a dit — à ce que prétend M. Longuet — n'en avoir qu'une semblable pour tout le Conservatoire. Malgré tout cela on m'assure ici qu'on n'avait encore offert que 60 francs de cette pièce qui, selon moi, vaudrait bien la peine d'être acquise par le Département pour la raison surtout que cet Antonin a fondé un temple sur le Mont-Olympe, près Charleville. » 2 Voici le seul renseignement que nous ayons trouvé dans ces lettres sur la famille Chapuis. — Il le frère de M. Chapuis auteur de notes sur les usages et les coutumes de Givet venait de se faire recevoir pharmacien de l'Ecole de Paris ; il s'est tué par trop d'étude. Chimiste instruit pour son âge, sa modestie l'a empêché de faire connaître à ses amis le fruit de ses travaux. Ils étaient déjà considérables ; j'en ai la preuve par les écrits qu'il a laissés 11 juillet 1831. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, s° 6. - 86 - I.—FÊTES PATRONALES Par exemple, le lendemain de ces fêtes patronales dites dédicaces, dans beaucoup de villages, surtout ceux qui sont éloignés des villes, chaque famille donne un pain, un gâteau, une tarte ou quelqu'autre chose ; tous ces objets sont vendus à la porte de l'église et l'argent qu'on en retire employé à faire dire une messe, pour les trépassés, à laquelle tout le monde assiste. Ensuite on recommence à se livrer à la joie la plus bruyante. Les liens de famille, qui ont existé autrefois entre les premiers habitans du village, sont clairement attestés par un semblable usage. En voici quelques autres auxquels on ne sait quelle origine on leur pourrait donner et qui, sans doute, disparaîtront à mesure que les communications deviendront plus fréquentes. La Saint-Grégoire. — A la Saint-Grégoire, le 12 mars, les enfans et, autrefois même, les jeunes gens s'affublent de rubans, d'épaulettes, etc., et, armés de sabres de bois, vont de maison en maison, demander des oeufs en l'honneur de Saint-Grégoire. Cet usage, répandu dans presque tous les villages des environs, se pratique encore à Givet. La Saint-Panceau. — Le mardi gras, au soir, les pauvres vont à la porte des gens aisés demander l'aumône au nom de Saint-Panceau, en chantant une prière burlesque sur un air lent et plaintif. La Saint-Nicolas. — Depuis Revin, jusque bien avant dans la Belgique, en suivant le cours de la Meuse et dans les villages des environs, la Saint-Nicolas est la fête des enfans. La veille de ce jour, ils portent des corbeilles chez leurs parens ou chez leurs parrains et marraines et le lendemain, ils vont les chercher remplies, suivant la fortune ou la générosité de celui chez qui ils s'adressent, d'objets que, ailleurs, on donne aux enfans, à l'occasion des étrennes. Saint-Nicolas est censé avoir apporté cela. Le nouvel an. — Le jour du nouvel an est cependant fêté aussi dans quelques villages ; les enfans se présentent à la porte des maisons en criant en patois étrennes, étrennes, bon an, bonne année. Et on leur donne des gauffres. Le mercredi des cendres. — La plus ridicule de ces coutumes est sans doute celle qui se pratique le jour du mercredi — 87 — des cendres. Les jeunes garçons vont par les rues traînant après eux les débris de quelque grand animal mort et demandant de maison en maison. Cette bizarre et dégoûtante coutume commence à se passer. Le grand feu.— Les feux que, ailleurs, on fait à différentes époques notamment à la Saint-Jean, se font ici le premier dimanche de Carême. A Givet, autrefois, on allait en foule, ce jour-là, visiter une vaste caverne située près de la ville et connue sous le nom de Trou-de-Nichet. Nouvelle preuve peut-être que ces feux sont un reste du culte des druides. II. - COUTUMES Funérailles.—Il se pratique aux funérailles quelques usages qui doivent être particuliers aux contrées où, les communications étant rares, on a conservé quelque chose des rapports de famille. Quand une personne non mariée vient à mourir, deux jeunes filles ou deux jeunes hommes, les plus voisins de la maison mortuaire, s'habillent de deuil et vont quêter dans toutes les maisons où il y a des célibataires du même sexe que le mort, pour lui faire faire un service funèbre. Cette coutume, fondée sur des croyances religieuses et sur des liens de famille ou d'amitié, est généralement répandue dans le nord du département des Ardennes et dans tous les villages de l'Ardenne proprement dite. C'est un devoir dont on s'acquitte envers tout le monde, riches ou pauvres. Dans les campagnes, c'est assez généralement l'usage de donner un repas aux parens et aux amis le jour de l'enterrement d'un mort. La veille de Noël. — La veille de Noël, les jeunes gens vont demander des noix ou des noisettes aux jeunes filles du village qui, en les donnant, offrent aussi de l'eau-de-vie. Elles donnent plus de noix ou versent une plus grande rasade d'eaude-vie au jeune homme qu'elles préfèrent. Le lendemain, les jeunes hommes donnent un bal. La fête des fontaines. — La veille de la Pentecôte, et dans quelques villages, le premier samedi de mai, les jeunes filles nettoient les fontaines et le lendemain les jeunes hommes vont leur porter des fleurs et les inviter à un bal dont ils font les fraisB fraisB — Dans beaucoup de villages, quand on fait un baptême, au retour de l'église, on invite toutes les voisines à prendre du café et le parrain et la marraine donnent quelques petites pièces de monnaie à toutes les personnes présentes, grandes ou petites. A Givet, les enfans s'assemblent à la porte de l'église où le parrain leur jette des dragées ou de l'argent. Mariages. — 11 se fait, à l'occasion des mariages, différentes choses qui varient pour chaque commune. Voici ce qui a lieu le plus ordinairement dans la contrée nommée Ardenne. Quand une jeune personne est décidée à se marier, elle envoie faire part de ses fiançailles au maître jeune homme. Celui-ci assemble la jeunesse du village et ils vont le soir tirer un coup de pistolet ou un coup de fusil à la porte de la maison de la jeune demoiselle on les fait entrer et ils demandent ce qu'on est convenu d'appeler les droits de la jeunesse. Ce sont eux qui, en définitive, fixent la somme après avoir marchandé avec le futur époux et ordinairement elle est très forte relativement à la rareté du numéraire dans ces contrées où le commerce se fait souvent par échange, môme pour les plus petites choses. Ils énumèrent la beauté de la future épouse, tous ses agrémens, tous les avantages qu'elle peut apporter à son mari. Si on refuse de leur donner une somme qui les satisfasse, ils se retirent et font pour se venger toutes sortes d'avanies aux familles des deux fiancés. Le prix convenu et l'argent compté, on les fait boire et ils s'en vont. Cet argent servira à faire des réjouissances en l'honneur des époux. La veille du mariage, la jeune personne va, avec une soeur ou la plus proche parente non mariée du futur époux, inviter les jeunes filles à venir lui faire les honneurs. Elles y vont le lendemain, dès le lever du soleil. On leur donne à manger des pois et du riz que l'on a eu soin de préparer la veille. Cela se mange froid, en se tenant debout c'est le repas d'adieu de la jeune fille à ses compagnes. Quand il est fini, elle leur distribue des levrées. Ce sont des rubans ; puis elle leur donne de l'eau-de-vie et du pain blanc, ayant bien soin de donner la croûte aux plus vieilles, parce que cela doit les faire se marier dans l'année. On danse des rondes ; on se donne des fleurs, puis on pare la mariée. Enfin, toute la jeunesse des deux sexes conduit les époux à l'église. Quand ils sortent, on les reconduit et les jeunes hommes tirent des coups de fusil pour faire les honneurs. Ils leur laissent faire le repas de noces et reviennent vers la fin. Cette fois, c'est - 89 - pour demander les miches. Celui qui les demande est un jeune homme connu pour avoir adressé ses hommages à la jeune personne qui vient de se marier et pour avoir été, pour ainsi dire, supplanté par l'époux ; les autres lui mettent une hotte au dos, le font monter sur un âne, ou bien, le plus souvent sur un chariot qu'ils tirent tous ensemble ; ils arrivent ainsi à la demeure de la mariée, s'introduisent dans la chambre où se fait le festin, s'emparent de tous les mets qu'ils trouvent à leur convenance sur la table et les placent dans la hotte. Ils cherchent la mariée, qui a eu le soin de se cacher et s'ils la trouvent, ce qui arrive presque toujours, ils la font monter sur le chariot, l'emmènent dans un cabaret avec eux, en jetant de grands cris. Le pauvre époux est obligé, pour la ravoir, de payer à boire à tous ceux qui ont aidé à lui prendre sa femme. Enfin il la ramène. Alors une femme mariée, la plus proche parente de l'épouse va inviter toutes les femmes mariées à venir chercher des épingles pour emmailloter leurs enfants. Elles viennent ; on leur donne de l'eau-de-vie et du pain blanc ; après cela on remet à la plus vieille d'entre elles des épingles qu'elle distribue aux autres. Tout cela se termine par des danses qui durent toute la nuit. On voit que le plus beau jour de la vie n'est pas là plus qu'ailleurs exempt de tribulations. Bien plus, on n'arrive pas à ce jour sans difficultés. Généralement l'usage est de se faire la cour se parler, c'est l'expression consacrée par l'usage longtemps avant de se marier. Quand un jeune homme prétend à la main d'une jeune fille, il commence par la faire danser toutes les fois que l'occasion s'en présente, puis il se hasarde à se présenter à la maison de celle qu'il aime. S'il est accueilli, il le voit bientôt, car, comme une jeune personne bien élevée ne manque jamais de se mettre à ranger les meubles et à balayer quand quelque étranger est à la maison, afin de montrer que si elle est malpropre ou s'il y a du désordre, ce n'est pas faute de soin, il peut juger s'il est reçu avec plaisir. En effet, si la jeune fille balaie tout autour du jeune homme sans l'engager à se lever, c'est lui déclarer que sa visite est bien accueillie; s'il en est autrement, si elle lui dit de se lever pour qu'elle balaie à la place occupée par sa chaise, il doit se retirer et ne plus revenir tout est dit. Si en balayant tout autour de lui on l'invite à ne se point déranger, il reste coi. C'est une prise de possession. Il reste à savoir si le jeune homme est bien vu des parens. Il va le soir à la veillée; - 90 - s'il déplaît, le chef de famille déclare qu'il va se coucher et couvre le feu. Alors tout est fini pour le pauvre amant. Au cas où ses prétentions à la main de la jeune fille sont vues d'un bon oeil, le feu est entretenu jusqu'à ce que le jeune homme juge à propos de se retirer. Si par la suite il venait à déplaire, on couvrirait le feu et il devrait comprendre que désormais il doit cesser ses assiduités. Du culage. — Le culage en patois culache est un usage établi par la jeunesse dans plusieurs communes et consiste en un morceau de viande et un pain ou un gâteau que les mariés sont obligés de donner le jour des noces ; ordinairement le morceau de viande est un cul sic de veau avec la queue. Ensuite la jeunesse fait le tour du village en portant ce morceau de viande ainsi que le gâteau au bout d'une broche ou d'une épée en chantant des chansons bachiques, et, à la fin de chaque couplet, ils crient de toutes leurs forces culache ! culache ! puis ils vont faire cuire ce gigot dans une auberge. La jeunesse invite quelquefois, et môme le plus souvent, les demoiselles à venir partager leur festin et quand les morceaux sont bien découpés sur un plat, on le présente à celle que l'on croit ou que l'on suppose être la plus amoureuse de la compagnie. S'il peut s'y trouver une bonne dévote ou une bigote, c'est à elle que l'on donne la préférence et, comme l'honnêteté veut que l'on prenne le morceau offert, on a soin de lui présenter la queue. Usage de la bienvenue ou des mérites de la demoiselle. — La bienvenue est aussi un droit que s'attribue la jeunesse en diverses contrées. Il a lieu principalement quand un garçon étranger épouse une demoiselle du village ; alors on l'appelle les mérites de mademoiselle ». Dans quelques lieux, l'usage en pareil cas est que les jeunes gens aillent présenter un bouquet aux mariés, le jour des noces, avant que d'aller à l'église, et là, le marié leur fait cadeau de quelque argent pour la bienvenue. Dans d'autres localités au contraire, les jeunes gens vont attendre les mariés à la porte de l'église, avant la cérémonie et, soit qu'ils offrent un bouquet aux mariés ou qu'ils n'en offrent pas, suivant l'usage du pays, ils finissent par demander ce qu'ils appellent les droits de la jeunesse ou les mérites de mademoiselle. Le marié leur donne suivant sa générosité ou suivant ses moyens, mais quelque soit la somme donnée on a toujours soin de dire ce n'est pas là les mérites de mademoiselle, afin - 91 - d'obtenir encore davantage s'il est possible, quoique la libéralité aille quelquefois jusqu'à donner 25 ou 30 francs. Il n'y a pas longtemps qu'un jeune homme poussa la munificence jusqu'à donner 150 francs pour la bienvenue. Eh bien! quoique cette somme surpassât de beaucoup l'attente des demandeurs, encore lui a-t-on dit amphibologiquement ce n'est pas là suivant les mérites de mademoiselle. Quand on trouve que le marié a été un peu généreux et que la demoiselle est connue pour ne pas être douée de beaucoup de talent ou de mérites, comme aussi si elle n'est pas jolie, la calomnie villageoise sait fort bien dire en patois bai va, c'est pu qu'al ne vaut ! Proverbes. — Les proverbes n'offrent rien de particulier ce sont ceux qui sont généralement répandus en France qui se trouvent ici traduits en patois, ce qui leur donne un air d'étrangeté. Il en est un cependant qui mérite d'être cité ; d'un partage frauduleux on dit a c'est le partage Mongomeri; tout d'un côté, rien de l'autre ». III. - CONTE DES CHATS TENANT CONSEIL Lorsqu'on recueille les traditions populaires, on s'aperçoit qu'il y en a beaucoup qui se retrouvent partout et ne diffèrent que par les circonstances. Cependant voici un conte peu connu, sinon inédit les chats tenant conseil. Tous les chats des environs s'assemblèrent, dit-on, un jour ; et après avoir tenu conseil, ils partirent pour se rendre sur une montagne dite le tienne des martias, ce qui veut dire le mont des Marteaux. Comme ils passaient dans le village Givet pour se rendre au lieu de celte assemblée, les gens tout émerveillés d'un pareil spectacle causaient entre eux de cette étrange émigration, lorsqu'ils en virent venir un qui était resté en arrière parce qu'il boitait. En voilà un, dirent-ils, qui ne rattrapera pas les autres.— Sont-ils déjà bien loin ? », demanda le chat. Toutes les commères effrayées d'entendre parler un chat s'enfuirent dans leurs maisons et le raminagrobis boiteux continua sa route. On ne dit pas ce qu'ils firent sur la montagne. On ne voit aucun sens moral caché sous cette fable, à laquelle on ne saurait donner une origine. On trouve encore de vieilles personnes qui affirment que leur grand-père fut témoin oculaire du fait ; si l'on paraît douter, elles conviennent que ce pourrait bien être le père du grand-père, mais elles tiennent le fait pour vrai. - 92 - IV. —PÈLERINAGES Le plus célèbre des pèlerinages est celui de Notre-Dame de Walcourt, petite ville à six lieues de Givet, en Belgique ; on y va toute l'année pour toutes sortes de sujets, mais plus particulièrement à la Pentecôte ; d'autres disent à la Sainte-Trinité. Les paysans viennent de villages très éloignés et il n'est pas rare d'en voir, surtout des femmes, qui font une grande partie du chemin à reculons, ou nu-pieds ; d'autres en portant un fagot d'épines sur leurs épaules. Ce jour-là, on fait une grande procession et on promène Notre-Dame, qui est toute noire. On raconte que, le mauvais temps ayant une fois empêché de faire cette procession, la Vierge partit seule pendant la nuit et fit à pied la course accoutumée. Le lendemain on la trouva dans les branches d'un arbre. On vend des relations de ce miracle. Saint-Hubert. — Saint-Hubert est ici l'objet d'une grande vénération ; on prétend qu'il guérit la rage et l'on peut dire que cette croyance est encore très répandue. On fait assurer sic non seulement les gens mais aussi les animaux contre cette cruelle maladie, qui heureusement est fort rare dans ce pays. Fontaines consacrées. — Il ne manque pas de fontaines consacrées à des saints ou à des saintes, où l'on va puiser de l'eau qui guérit les croûtes laiteuses des enfans, la fièvre, etc. Mais généralement ces croyances s'effacent. Il en est de plus épurées... Souvent aux abords d'un village, ou près d'une maison isolée on voit une petite chapelle qui abrite une petite vierge entourée de fleurs, dont la fraîcheur dénote un culte assidu rendu à une douce croyance. Il n'est pas rare de voir des chapelles construites par des particuliers pour acquitter un voeu ; un tronc est auprès et la monnaie donnée en l'honneur du saint sous l'invocation duquel la chapelle est construite est pour celui qui l'a fait bâtir. V. — SORCIERS Il n'y a pas un village qui n'ait vingt histoires de sorts jetés sur les bestiaux et le village voisin possède presque toujours un homme qui sait y remédier et même faire voir l'image du sorcier dans un baquet d'eau ou dans un miroir. Il y a aussi des gens qui guérissent la fièvre par des paroles. Enfin on trouve ici presque toutes les superstitions répandues — 93 — en France ; les salières renversées, les glaces brisées sont des présages de malheur. Quand, au moment d'entreprendre quelque chose, on voit voler des corbeaux, il faut renoncer à son projet. Il en est de même si l'on rencontre une personne en habits de deuil, ou des porcs. Les pigeons et les moutons annoncent des événements heureux, etc. VI. - ÉLÉGIE PATOISE [Bien qu'ayant laissé de côté l'étude du patois de Givet, nous ne pouvons passer sous silence cette petite élégie burlesque trouvée parmi ces notes] Accoroz, vaijin Biètrumet, Vinoz vaici pou m' consolet D'j'ai pierdu mi galant Diame Qui d'jaimais d'jusqu'au fond di m' n'ame, Il a d' cheiu d'on ceriji Il est tout discoubouridchi. Si m' galant a sti toè C'a sti à cause da nosse curé I v'let qu'les d'jounes fiies Tairaient li d'chaule ou bin li squie Et qu' les d'joun' hommes montraint dissu Su l' ceriji bene attindu D'j'asté bin pu au faite qui li Di montet su les ceriji Mais les d'gins auraint polu dire Qui s'avaint véiiu mes d'jartires 1 l'y a montet pos' grand malheur Et c'est cèla qui m' crèfe li coeur. No d'vins no marii après-d'moin C'astait li souhait di ses parains No d'vins no marii à /' sourdine Di peu qui l' mont ni no badine Mais v'la bin un grand cand'jmaint 1 faut z'allet à s' t'intermaint l TRADUCTION Accourez, voisin Barthélemi — venez ici pour me consoler — j'ai perdu mon amant Guillaume — que j'aimais jusqu'au fond de mon âme — il est tombé d'un cerisier — il est tout disloqué. Si mon amant a été tué — c'est à cause de notre curé — il - 94 - voulait que les jeunes filles — tinssent l'échelle — et que les jeunes hommes montassent dessus—sur le cerisier bien entendu. J'étais bien plus au fait que lui — de monter sur les cerisiers — mais les gens auraient pu dire — qu'ils avaient vu mes jarretières — Il y a monté pour son grand malheur — et c'est ce qui me crève le coeur. Nous devions nous marier après-demain — c'était le voeu de ses parens — nous devions nous marier à la sourdine — de peur que l'on ne nous badine —mais voilà un bien grand changement — il faut aller à son enterrement ! Henry VOLNEY. LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. Le successeur d'Hilaire Roujoux, Daniel Péron 1, n'est pas plus heureux comme comptable. En 1674-1675, la cotisation de la ville pour les étapes est de 5,297 1. 8 s. 8 d. Cependant la ville avait été libérée en partie du passage des troupes, grâce à des présents habilement distribués et dont la dépense s'est élevée à 2,999 1. 6 d. 2. Il est vrai de dire que dans le nombre des donataires figure à deux reprises le maréchal François de Créquy 3, quand il était campé devant Mouzon pour empêcher le passage des ennemis, et la seconde fois quand il était campé à Sachy 4. Enfin les sieurs Desroche, Ferlin et Nizet fournissent 1 Dans plusieurs lettres de P. Bayle à M. Minutoli, il est fait mention d'un M. Péron, ministre chez M. Dauger, brigadier de cavalerie, chez qui il va prêcher tous les quinze jours, demeurant quant au reste ici à Sedan chez M. son père ». Cf. P. BAYLE, OEuvres diverses, 1737, t. IV, p. 568 et 601. Le ministre en question était Isaac Péron, fils de notre comptable ; ce dernier était maître brasseur au faubourg du Rivage. Cf. E. HENRY, Notes biographiques, 1896, p. 95. 2 On trouve, dans le compte de l'année 1677-78, l'article suivant, relatif au même objet payé à Jean Flamignon, boucher, demeurant à Bazeilles, tant pour lui que pour défunt Jean Magnon, boucher, demeurant à Balan, la somme de 61 1. 1 s., pour la quantité de 444 livres de viande fournies à un détachement du régiment de Languedoc, logé audit Balan, le 19e janvier 1674. — Le prix du kilog. de viande est donc de 0 fr. 28 centimes. 3 Le 17 août 1674, le ban et l'arrière-ban sont convoqués et placés sous les ordres du maréchal de Créquy. On sait que ces nobles se montrèrent insoumis, lâches et déserteurs ». On les renvoya par ordre du 22 nov. suivant. Cf. C. ROUSSET, Histoire de Louvois, t. H, p. 96-101. 4 Sachy Ardennes, arr. Sedan, cant. Carignan, a été pillé à de nombreuses reprises. Cf. le Dictionnaire historique des communes de l'arrondissement de Sedan, publié par A. HANNEDOUCHE, 1892, p. 438. — 95 - pour 398 1. 7 s. 6 d., les poudres et autres choses nécessaires pour faire sauter les mines et enlever les bancs du roc de la Cassine, pour tirer les canons à l'arrivée de M. le marquis de Rochefort 1, pour charger les canons du Palatinat 2 et aussi pour tirer les canons le jour du saint Sacrement. L'année suivante, 1675-1676, les présents, offerts par la ville à ses visiteurs de marque, coûtent 1,163 1. 7 s. Elle doit d'autre part fournir de la bière aux troupes venues de l'armée de Flandre pour faire le siège de Bouillon et qui campent dans la prairie de Torcy, savoir deux bataillons du régiment des Gardes, deux du régiment de Normandie, un du régiment de Vermandois et le sixième du régiment de la Couronne; ce qui coûte 433 1. 5 s., payés aux sieurs Hamal, Loriot, Sadier et Quantret, maîtres brasseurs 3. Enfin le comptable paie à l'échevin La Morlette la somme de 4,441 1. 10 s., montant de la taxe levée sur les arts et métiers et qui se décompose comme suit 4,063 1. 10 s., produit net de la taxe, — 378 1. avancées par La Morlette pour parfaire la somme de 4,4001. à laquelle la ville avait été taxée,—et s. pour l'argent léger ou faux, qui s'est trouvé dans les deniers perçus à cette occasion, ainsi que pour le transport des fonds à Charleville 4. Hilaire Roujoux reprend alors les fonctions de comptable. Le malheureux, pendant qu'il assistait au sermon le jour de la Purification, fut victime d'un vol avec effraction ; mais le voleur, effrayé sans doute par les nombreuses perquisitions faites le jour même, rapporta la somme volée, à l'exception toutefois de 492 1. 19 s. 6 d. Pour consoler le comptable, le corps de ville lui 1 Henri-Louis d'Aloigny, marquis de Rochefort et du Blanc en Berrv f 22 mai 1676, fils aîné de Louis d'Aloigny, marquis de Rochefort, chevalier des ordres et surintendant des bâtiments de France, et de Marie Habert, servit d'abord sous le prince de Condé, puis en Hongrie, rentra au service de Louis XIV en 1665 et devint successivement capitaine-lieutenant des gendarmes du Dauphin, brigadier de la gendarmerie, gouverneur de la ville d'Ath en 1667, maréchal de camp en 1668, lieutenant-général et capitaine d'une compagnie des gardes du corps en 1672, gouverneur do la Lorraine, du Barrois et des Trois-Evéchés en 1675 et maréchal de France, le 30 juillet de la même année. Le 10 mars 1676, il fut choisi pour commander en chef un corps d'armée sur la Meuse et la Moselle. Cf. le P. ANSELME, l. VIII, p. 614. Cette rapide fortune s'explique par ce fait que sa femme, Madeleine de Laval f 1729, était la confidente des amours de Louis XIV et la maîtresse de Louvois ; elle fut nommée, en 1674, dame du palais de la reine et, en 1680, dame d'atour de la Dauphine. 2 La Cassine est un faubourg do Sedan. Le Palatinat est un ouvrage qui protégeait le faubourg du Ménil et qui fut commencé lors du séjour du prince palatin Louis-Philippe à Sedan, en 1618. 3 Cf. notre étude sur les Sièges fameux de Bouillon, 1892, p. 35-43. 4 En effet 4,063 1. 10 s. + 378 1. font bien 4,44-1 1. 10 s. — 96 — alloue, à la pluralité des voix, la somme de 300 l., mais sans tirer à conséquence 1. Les présents, faits aux visiteurs de distinction, coûtent 1,137 1. 12 s. 6 d. La ville paie également 102 1. pour aider à la fourniture d'un détachement de l'armée de Flandre, qui se rend en Allemagne et pour lui enlever l'occasion de faire le dégât dans les villages du gouvernement. Cependant le maréchal de Turenne est tué à Salzbach 2, le 27 juillet 1675. Afin d'honorer la mémoire du plus illustre de ses enfants, la ville fait célébrer un service funèbre, dont les frais s'élèvent à la somme de 226 1. 10 s., payée au sieur Nicolas Gaillard, marguillier de la paroisse Saint-Laurent. Au commencement du compte 1677-1678, le receveur constate qu'il est dû à l'Académie de Messieurs de la R. P. R. six années de rente, qui font 4,554 1. 15 s. Il est vrai de dire que, si ces Messieurs ne sont plus payés, en revanche sur leur crédit on prélève désormais chaque année la somme de 209 1. 12 s., que l'on alloue généralement au prédicateur chargé de prêcher le carême et l'avent. L'année précédente, c'étaient les révérends pères jésuites de Sedan ; cette année, c'est le R. P. Paul Golefer, prédicateur de l'ordre de saint Dominique. Les temps sont proches, où Louis XIV révoquera l'Edit de Nantes. 1 Voici l'article en question, dont nous avons un peu rajeuni l'orthographe Dit le comptable que, la veille de la fête de la Purification dernière, ayant reçu des fermiers de la ville la somme de 1,650 1., il les aurait mis et enfermé sous la clef dans une armoire, qui est dans la chambre où il couche, destinée à la conservation des deniers de la ville, où il avoit sujet de les croire en toute sûreté ; néanmoins, le jour de lad. fête, étant allé au sermon et vêpres, il aurait été averti d'un désordre arrivé en sa maison et, à son retour, en présence de plusieurs personnes du voisinage, aurait trouvé les deux portes de lad. chambre ouvertes et forcées, la serrure de lad. armoire pareillement forcée et led. argent enlevé, à l'exception de quelques menues monnoies qui étoient restées dans un petit panier ; ce qui l'auroit obligé de faire des perquisitions exactes, non seulement dans la ville, mais dans la campagne, par des dragons et autres cavaliers, qu'il aurait envoyés en plusieurs endroits ; ce qui même lui aurait été de dépense assez considérable et, comme le coup éclata extrêmement, il est à présumer que celui qui avoit le vol, épouvanté des perquisitions que l'on faisoit, le rapporta, du moins la plus grande partie, qui fut trouvée par les assistans dans deux sacs, en deux différens endroits, environ neuf heures du soir, lesquels sur-le-champ furent ouverts et comptés avec ce qui étoit resté de monnoie dans ladite armoire et quelque autre, qui fut trouvée en divers endroits de la maison ; lequel calcul ayant été fait par l'un de Messieurs les échevins, en présence de plusieurs de Messieurs du Conseil de police, il se trouva que de lad. s. de 1,650 l., il en manquoit la s. de quatre cent nonante deux livres dix-neuf sols, six deniers ; et, comme c'est un vol avec fracture, sans négligence aucune de sa part, le comptable, qui n'est que gardien et dépositaire des deniers publics, il est juste de lui tenir compte de sa perte, pour quoi il couche ici en dépence, 492 l. 19 s. 6 d. ». — Cette dernière somme est iffée sur le compte et en marge il est écrit Alloué à la pluralité des voix la s. de 300 1., sans tirer à conséquence ». 2 On sait que Turenne naquit à Sedan, le 11 septembre 1611. Nous aurions volontiers reproduit en note son acte de baptême ; malheureusement le registre baptislaire pour cette année 1611 a disparu des Archives du tribunal de Sedan.—La dernière campagne de Turenne a été brillamment racontée par le duc D'AUMALE dans son Histoire des princes de Condé, 1896, t. VII, p. 611-629. - 97 - Il faut dire aussi que la ville assure une pension viagère au sieur Pierre-Louis de Castres, ci-devant écuyer de l'Académie [des Exercices], par un résultat de police du 27 juillet 1677. Et cette même année, le receveur déclare avoir payé au sieur Billot de Lamécourt, propriétaire de la maison où demeuraient auparavant les sieurs de Castres et de Chadirac, écuyers de l'Académie royale de la ville, la somme de 155 1. 14 s. pour plusieurs années de loyer qui lui étaient dues. Les vins de présent ne vont plus qu'à s. 4 d. Le Conseil de police profite de cette diminution des dépenses extraordinaires pour rhabiller les quatre valets de ville et le forestier; ci, pour les draps, façon et broderies des casaques, les bas et les baudriers, la somme de s. 6d., payée à Daniel Jolitemps, marchand, à Jean de Liège, tailleur d'habits, à Jean Loriot, maître boutonnier, et à Renaud Poutrain, brodeur 1. Le compte de l'année 1678-1679 se ressent également de la guerre. Le receveur François de Belval paie 492 1. 4 s., à Thomas 1 Nous croyons devoir reproduire en note ce passage d'une lettre adressée par P. Bayle à son ami M. Minutoli, le 29 août 1677 Nous avons vu toute cette frontière dans la consternation. Il y avoit longtemps que toute l'Europe étoit imbue des armements formidables de l'Empire. Les gazettes des ennemis publioient en toutes langues que l'armée du prince de Lorraine étoit de plus de soixante mille combattants, qu'ils avoient juré la perte de la France, qu'ils vouloient prendre des quartiers d'hiver aux portes de Paris et porter partout l'horreur et la désolation. Toutes ces menaces avoient produit une extrême crainte, de sorte que toutes les campagnes ont été abandonnées, bourgs, châteaux et villages. Chacun s'étoit sauvé dans les places fortes avec ses meubles. Enfin les ennemis arrivèrent à Mouzon, le 2 du courant et, n'y trouvant personne, firent passer quelques escadrons à gué et dresser des ponts. On s'imaginerait que toute leur armée passerait la Meuse ; mais ils n'ont eu garde. Ils ont. séjourné à Mouzon jusqu'au 14, s'étendant jusqu'à deux petites lieues de Sedan et ont beaucoup souffert, tant à cause des pluies qui rendoient le blé, assez vert de lui-même encore, mal propre à souffrir la meule, que parce que l'armée de M. de Créquy, les paysans et les partis de nos places en tuoient beaucoup ; ce qui fit faire défense de s'éloigner du camp. Enfin, ils sont retournés dans le Luxembourg, sans avoir rien entrepris, sans avoir même osé faire des courses en Champagne, quoiqu'ils eussent des gués et des ponts sur la Meuse, autant qu'ils en vouloient. Toutes les prouesses consistent à avoir brûlé quinze ou seize villages autour de Mouzon et de Carignan. Par bonheur pour eux, M. de Créquy, qui souhaitait passionnément qu'il passassent en Champagne et qui, pour les y engager, ne gardoit aucun poste de l'autre côté de la rivière, reçut ordre de la Cour de passer du côté de France, dont il enrageoit ; car il les attendoit au décamper et s'étoit posté si avantageusement qu'ils n'auroient su faire aucun mouvement, sans que notre armée fût tombée sur eux. Alors, voyant la rivière entr'eux et M. de Créquy, ils décampèrent tout à leur aise et nos paysans et" campagnards retournèrent chacun chez soi. Les menaces et les préparatifs du côté de Flandre n'ont pas été moindres ; cependant cela n'a abouti qu'à faire des lignes de circonvallation et à les abandonner aussitôt Avec tout cela, il faut faire justice aux généraux des Confédérés ils ne manquent ni de zèle, ni de prudence, ni de conduite. Le mal pour eux est de n'avoir pas des armées aussi fortes qu'ils les publient. Car, après tout, pourquoi s'étonner que le prince de Lorraine n'ait formé aucun siège, lui qui n'avoit qu'environ 40,000 hommes et qui se voyoit obsédé d'une armée de 35,000 hommes effectifs, les meilleures troupes du monde, sous les ordres de M. de Créquy, dont l'activité est extrême et qui ne leur a laissé faire aucune démarche impunément?... » Cf. P. BAYLE, OEuvres diverses, 1737, in-fol. t. IV, p. 572. - 98 - Missel et à d'autres, pour les voitures de perches et de piquets, l'achat de paille, bois, fagots, vin, sel et divers ustensiles fournis au camp de Torcy, qui se rédime de celle façon, par ordre du maréchal de Créquy, du soin de loger trois bataillons du régiment de Navarre, les régiments de Sainte-Maure, du Plessis et Ferron, cavalerie et six autres régiments de cavalerie. Il paie aussi la somme de 31 1. aux bateliers Jean Brincourt et la Coquette, pour avoir conduit à Mouzon et à Mézières deux bateaux chargés de soldats malades, qui appartenaient aux régiments de Sainte-Maure et du Maine. Mais les plénipotentiaires français ont signé la paix à Nimègue1, le 10 août avec la Hollande et le 17 septembre avec l'Espagne. Grandes réjouissances à Sedan, et par suite, nouvelles dépenses, payées sans doute de grand coeur 75 l., qui sont données aux tambours, trompettes, timbaliers, canonniers, valets de ville et aux soldats employés à la garde du feu de joie, fait le 23 octobre ; 73 1. 10 s., au sieur Desroche, marchand poudrier; 38 1. 5 s., aux portefaix qui ont manié et tiré les canons. En outre, 581 s. 6 d. sont dépensés pour les vins, dragées, confitures sèches et les armes présentés à Messieurs les maréchaux de Créquy et de Schônberg2, à M. de Strasbourg 3, Messieurs les intendants Robert et Hue de Miromesnil 4, et à quantité d'autres personnes de qualité. 1J II faut lire, dans HENRI VAST, Les grands traités du règne de Louis XIV, 1898, t. II, p. 53-61, le traité conclu avec les Etats-Généraux, — p. 79-99, le traité conclu avec le roi Charles H d'Espagne, — p. 100-110, le traité en latin, conclu avec l'empereur Léopold, le 5 février 1679. L'article xvm de ce dernier traité est relatif à la cession de la ville et préfecture de Longwy ; l'article XXVIII, à la cession du château et du duché de Bouillon. Nous le reproduisons Cum ab antiquo controversia sit de Castro et Ducalu Bullioncnsi inter Episcopum et principum Leodiensem et Duces ejus nominis, conventum est ut, Duce Bullionensi in eà, in quâ nunc est, possessione manenle, controversia illa amicabili via, vel per arbitras a parlions intra trimestre a ralihahità pace nominandos terminatur, viâ facti penitus exclusâ. » 2 Frédéric-Armand de Schonberg 1615-]-1690, d'une famille originaire du Palatinat, servit successivement en Suède, en Hollande, dès 1650, en France, où il fut fait maréchal de camp en 1652, et lieutenant-général en 1054, puis en Portugal de 1600 à 1668, où il reçut le titre de comte de Merlola pour ses brillants services. Rentré en France et naturalisé français en 1608, il reçut le hâlon de maréchal, le 30 juillet 1075, et commanda une armée dans les Pays-Bas. Il quitta la France, lors de la révocation de l'Edit de Nantes, passa en Portugal, puis au Brandebourg, et s'attacha finalement à Guillaume III d'Orange. — Il n'appartient pas à la famille de Henri et Charles de Schomberg, qui furent aussi maréchaux de France au xvne siècle. Cf. le P. ANSELME, t. VII, p. 609-610. 3 François-Egon de Furstenhcrg. évêque de Strabourg, du 19 janvier 1663 au 1er avril 1682. Ce prélat et son frère cadet. Guillaume de F., qui le remplaça a l'évêché de Strasbourg, étaient attachés à la politique de Louis XIV ; en sa qualité de grand prévôt de l'église de Cologne, il était premier ministre du prince-évêque de Liège, Maximilien-Henri de Bavière, qui avait aussi l'archevêché de Cologne, etc. Cf. JOSEPH DARIS, Hist. de la principauté et du diocèse de Liège, 1877, t. Il, p. 47, 113, 202, etc.; H. LONCHAY, La principauté de Liège, la France et les Pays-Bas, au XVIIe et au XVIIIe siècle, 1890, p. 113, 123. — Il passait pour aimer à bien boire. Cf. P. BAYLE, OEuvres diverses, t. IV, p. 601. 4 Robert était, l'intendant d'armée, préféré par Louvois. Cf. C. ROUSSET, ouvr. cité passim. — Th. Hue de Miromesnil, intendant de Châlons, de 1676 à 1689. - 99 - La Ville est en procès, à propos des coches, avec les fermiers des traites; elle tâche de se faire rembourser l'argent avancé pour les étapes. Par suite, nombreux voyages faits à Paris, à Metz, et même à Reims, pour prier l'archevêque d'accorder sa protection. La dépense, occasionnée par tous ces voyages, s'élève à 1,028 1. 16 sols. Mentionnons, en terminant, la dépense, devenue régulière, des 209 1. 12 s. 9 d., payés cette fois à Monsieur Ratoin, docteur de la Sorbonne et chanoine de l'église cathédrale de Soissons, qui a prêché Pavent et le carême, pour et en l'acquit de l'Académie de Messieurs de la R. P. R. Le dimanche 27 octobre 1680, lit-on dans les registres des délibérations de la Municipalité de Sedan 1, la Compagnie estimant qu'il lui est important de conserver la mémoire de ce qui s'est fait au passage du Roy dans cette ville au mois d'août dernier, il a été arrêté qu'il en sera fait sur ce registre un récit sommaire, lequel nous avons fait en conséquence dudit arrêté, ainsi qu'il en suit Avant l'arrivée de Sa Majesté en cette ville, la Compagnie députa deux du Corps pour aller à Charleville 2 voir M. le marquis de Croissy, secrétaire d'Etat du département, pour recevoir ses ordres en la manière de la réception. Le vingt août, Sa Majesté arriva en cette ville, environ les deux heures après midi. Plusieurs personnes de la première qualité et presque tous MM. les Secrétaires d'Etat étoient arrivés auparavant, et le corps de ville les avoit complimentés et leur avoit présenté le vin, à même qu'il avoit appris leur arrivée. Le même corps de ville attendoit le Roy à la porte et M. le comte de la Bourlie, gouverneur de cette ville, ayant présenté les clefs au Roy, présenta aussi Messieurs de Ville à Sa Majesté, qui avoient ordre de se trouver en cet endroit et de faire la révérence au Roy, sans aucun compliment. Le Présidial, selon l'ordre aussi qu'il avoit reçu, attendit Sa Majesté en haie dans son antichambre et, Sa Majesté passant, ils eurent l'honneur de lui faire la révérence. 1 Cf. aux Arch. munie, de Sedan, BB, 28, le 1er registre, qui va de 1674 à 1703, fol. 13. 2 Charleville est le plus beau pays du monde », écrit Madame do Sévigné à sa fille, le 6 juillet 1676. Cf. Les Lettres de Madame de Sévigné, 1862, t. IV, p. 516. — Son fils y trouve les délices de Capoue. "Aussi vient-il s'y faire soigner peu après, au mois d'octobre, d'un rhumatisme qu'il a sur la cuisse et sur la hanche. Cf. Les Lettres, t. V, p. 105. — 100 — Mais on leur avoit marqué expressément que Sa Majesté ne vouloit ni compliment, ni harangue, en sorte qu'après avoir eu l'honneur de saluer le Roy, ils se retirèrent, à la réserve du lieutenantgénéral, qui aborda M. 1, maître des cérémonies pour savoir de lui s'il ne restoit rien à faire à ces deux corps et si l'intention de Sa Majesté n'étoit pas qu'ils rendissent quelques devoirs à la Reine, à Monseigneur le Dauphin, à Madame la Dauphine et à quelques autres princes, ou officiers de la Maison du Roy; lequel lui répartit qu'il avoit ordre de Sa Majesté de faire entendre qu'aux lieux où Elle étoit, il n'y avoit d'honneurs à rendre qu'à Elle et que n'ayant rien désiré autre chose que ce que le corps de ville et le présidial avoient fait, tout étoit fini et il ne restoit rien à faire. Le Roy passa le jour suivant tout entier en cette ville et il en partit le vingt-deux, pour aller à Stenay à ses dépens 2. Le Corps de ville se rendit à son antichambre, pour avoir l'honneur de lui faire la révérence en partant. Mais, Monsieur le comte de la Bourlie les ayant introduits dans la chambre du Roy et les ayant présentés à Sa Majesté, Elle les reçut avec des démonstrations de bonté très particulières, leur ayant fait l'honneur de leur dire qu'Elle étoit très contente de leur conduite, qu'Elle leur donneroit des marques de son affection et qu'Elle mettroit cette place en état, qu'ils n'auroient plus rien à craindre ; ce qui leur causa une fort grande joie. » Le loyalisme des protestants sedanais envers Louis XIV allait être soumis à une dure épreuve. Nous arrivons en effet au moment où l'oeuvre de Henri IV devait être supprimée d'un trait de plume, où Louis XIV va chasser de la France des Français, qui avaient été, depuis l'édit d'Alais, les plus fidèles sujets de son père, qui avaient fourni à leur patrie des conseillers éminents, des industriels et 1 Il s'agit de Nicolas Sainctot, deuxième du nom, né vers 1632, pourvu le 18 janvier 1655 de la charge de maître des cérémonies, qu'avaient exercée son oncle et son père, et qu'il vendit en 1691. 2 Voici l'itinéraire suivi par Louis XIV au cours de ce voyage le 13 juillet 1680, il part de Saint-Germain et traverse la Picardie, l'Artois et la Flandre; le 13 août, il dîne au château de Merbes Hainaut, arr. ad. Thuin, de cant. et couche à Thuin; le 14, il dîne à Castillon prov. Namur, arr. ad. Philippeville, cant. Walcourt, et couche à Philippeville ; le 17, il dîne à Frasnes-lez-Couvin et couche à Bocroi ; le 18, il couche à Charleville; le 19, il couche à Mézières ; le 20, il dîne à Vrigne-aux-Bois et couche à Sedan ; le 22, il dîne à Amblimont et couche à Stenay ; le 23, il dîne à Montmédy et couche à Stenay ; le 24, il dîne à Buzancy et couche à Yoncq; le 25, il couche à Château-Porcien, le 26 à Liesse et le 30 à Versailles. Cf. les Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France, publiées par le marquis D'AUBAIS, 1759, in-4°, t. I, p. 149. 101 - des commerçants d'élite, des officiers accomplis dans les armées de terre et de mer, et qui, suivant l'expression d'un historien peu suspect de partialité 1, apportaient l'élément austère dans le grand édifice de l'unité nationale. Les protestants des principautés de Sedan et de Raucourt pouvaient espérer que l'édit de Rueil 2, porté au mois de juin 1644, après leur réunion à la couronne, les protégerait contre le sort dont étaient menacés les autres protestants français. Par cet acte Louis XIV accordait à ses nouveaux sujets la continuation des mêmes droits, privilèges, prérogatives, avantages, libertés, exercices publics et particuliers de la R. P. R., collège, académie et écoles, dont ils ont joui jusqu'à présent, suivant les titres et déclarations 3, qui leur ont été accordés par les seigneurs de Sedan ». Les calvinistes sedanais jouissaient donc des mêmes garanties dont bénéficièrent les protestants d'Alsace, des capitulations spéciales qui plaçaient ces derniers sous la protection des traités de Westphalie. Mais Louis XIV ne se crut pas obligé par sa signature et il alla jusqu'au bout dans la voie, que lui traçaient à la fois sa propre dévotion, surexcitée par les fréquentes remontrances et doléances du clergé catholique 4, la politique violente qu'il poursuivait à ce moment contre la Cour de Rome et qui l'obligeait, croyait-il, à donner des gages certains de son orthodoxie 5, enfin et surtout cette tendance inconsciente à l'unité, qui animait depuis longtemps la politique intérieure du gouvernement royal et qui lui faisait voir des révoltés dans ceux de ses sujets, assez insoucieux de leurs devoirs monarchiques pour oser professer une autre religion que la sienne 6. On sait que la révocation de l'édit de Nantes constitue le dernier terme d'une série de mesures savamment graduées, pour réduire successivement les libertés accordées par la sage politique 1 Cf. le duc D'AUMALE, Histoire des princes de Condé, t. III, p. 224. 2 On le trouve imprimé à la suite des Ordonnances et coutumes de Sedan, 1717> in-4°. 3 Cf. l'Edit rendu en faveur des protestants de Sedan, par Frédéric-Maurice, duc de Bouillon, en 1636, dans l'Histoire de l'Edit de Nantes, par ELLE BENOIT, Delft, 1693, in-4», t. II, p. 582-584, et dans la Revue historique des Ardennes, d'ED. SÉNEMAUD, 1867, t. V, p. 54-55. 4 Cf. ROUSSET, Histoire de Louvois, t. III, p. 437, note 1 5 Cf. C DARESTE, Histoire de France, 1873, t. V. p. 545. 6 Cf. C. ROUSSET, ouvr. cité, t. III, p. 429-443 ; ALBERT SOREL, l'Europe et la Révolution, t. I, p. 190 et suiv., et son article sur la Révocation de l'Edit de Nantes, publié dans le Temps du 18 octobre 1885. — 102 — de Henri IV. Parmi ces mesures préparatoires 1, il faut surtout citer l'arrêt du Conseil d'Etat, qui supprima l'Académie sedanaise, le 9 juillet 1681. C'en fut fait pour toujours de cette fameuse compagnie, où avaient enseigné tour à tour, pour ne citer que les plus célèbres, la dynastie des Cappel, justement réputés pour leurs ouvrages en droit, en histoire, en langue hébraïque; Daniel Tilénus, esprit tolérant, qui fut persécuté à cause de ses opinions arminiennes; Pierre du Moulin, lutteur infatigable, qui batailla rudement pour le calvinisme intolérant jusqu'à la fin de sa longue existence; Samuel Néran, l'élève de Tilénus, qui célébra en vers latins l'Académie sedanaise, ainsi que son ami Artur Jonston; Abraham Rambour, controversiste honnête et homme d'affaires entendu; Samuel des Marets,théologien fécond et ardent, qui fut ensuite l'honneur de l'Université de Groningue ; Louis Le Blanc de Beaulieu, esprit modéré, qui aurait voulu supprimer ce qui départageait les protestants et les catholiques; puis, vers la fin, Pierre Jurieu, écrivain violent, d'une éloquence enflammée et dont les Lettres pastorales obtinrent après la Révocation un immense succès auprès des protestants de France, et, le plus grand de tous, ce Pierre Bayle, trop sceptique peut-être, mais d'une érudition profonde et d'une familiarité charmante, qui fut le premier champion de la tolérance et le père de la critique moderne 2. Assurément, c'était là une perte irréparable pour la principauté de Sedan et même pour le royaume de France. Car le départ forcé de ces savants laborieux, épris de culture sévère et de critiques fécondes, toujours respectueuses pour le pouvoir royal, si elles étaient passionnées à l'égard de leurs adversaires, allait fatalement développer l'hypocrisie et l'immoralité 3, dont la France eut tant à souffrir au XVIIIe siècle. 1 Cf. GERMAIN, Histoire de l'église de Nimes, 1842, t. II, p. 377, note 1 et, pour les mesures particulières au Sedanais, le pasteur F. PEYRAN, Histoire de l'ancienne principauté de Sedan, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, 1826, t. II, p. 224 et suiv., et l'abbé PREGNON, Histoire du pays de la ville de Sedan, 1850, t. H, p. 1-50. 2 Cf. CHARLES PEYRAN, Histoire de l'ancienne Académie réformée de Sedan, thèse de théologie, 1846, 59 p. P. DANIEL BOURCHENIN, Etude sur les Académies protestantes en France au XVIe et au XVIIe siècle. 1882, p. 112-125, 163-165, 174, 190, 200-202, 224-225, 228, 236, 249, 259-261, 271-272, 283-285, 287, 293-4, 300-308, 318-321, 330, 338, 355-357, 374, 377-380, 399, 428-434, 464-5, 470-1; E. HENRY, Notes biographiques sur les membres de l'Académie protestante, et les pasteurs de l'église réformée de Sedan, 1896; les Extraits de la chronique du père Norbert, concernant le collège de Sedan, dans la Revue hist. des Ardennes d'ED. SÉNEMAUD, t. V, p. 39-64 et 106-187; etc. 3 C'est ce qu'avait prévu VALBAN, dans son Addition au Mémoire sur le rappel des huguenots, écrite en 1692 la religion catholique n'en serait que plus négligée, s'il n'y avait plus de religionnaires. » Cf. C. ROUSSET, Histoire de Louvois, t. III, p. 511. - 103 — Lourdement frappée dans ses intérêts d'ordre intellectuel, la principauté de Sedan eut aussi beaucoup à souffrir dans ses intérêts matériels. La décadence générale des manufactures françaises à cette époque 1 ne suffit pas en effet pour expliquer les pertes énormes que subit, après 1685, l'industrie sedanaise et qui sont résumées dans le document suivant 2, présenté au conseil de la police, au plus tard en 1696 Des sept mille religionnaires, qui étoient les plus riches et principaux commerçants, à peine en reste-t-il quatorze cents. La seule manufacture des draps entretient ordinairement jusqu'à deux mille ouvriers hollandois ou flamands, outre les gens du pays. La cherté des denrées les en éloigne depuis les nouveaux droits, avec l'établissement desquels les vivres ne laissoient pas d'être considérablement plus chers à Sedan qu'à Charleville et autres villes voisines, à cause de la stérilité de son terroir. Outre la manufacture des draps, il y a encore celles des armes, qui est très considérable; celle du point coupé, qui ne l'est pas moins; celle des tanneurs; celle des chapeaux, qui a un grand débit dans les pays étrangers ; celle des faulx et autres ouvrages de fer, qu'on porte à Orléans, d'où le débit s'en fait par tout le royaume, et on en rapporte des eaux-de-vie et autres marchandises, qui passent par le nouveau chemin dans les pays étrangers le seul village de Givonne en faisoit, il y a dix ans, pour près de cent mille écus par an ; le commerce des dragées et confitures, qui était fort grand et qui cesse entièrement, à cause du nouvel impôt sur le sucre; celui d'orfèvrerie, qui y enlretenoit jusqu'à vingt-deux orfèvres il n'y en a que trois présentement. Il est encore à remarquer qu'il y avoit à Sedan un collège et une université de religionnaires, très considérables, qui y attiroient un grand nombre d'écoliers et de proposants; une académie à monter à cheval, où il venoit une grande quantité de gentilshommes étrangers pour apprendre la langue. Tous ces avantages, que Sedan avoit acquis par ses privilèges, étant venus tout d'un coup à cesser, ont causé son dépeuplement; en sorte que, si Sa Majesté n'a la bonté de la soutenir et de la protéger présentement, les ouvriers s'en retireront et porteront leur industrie et manufacture en Lorraine et autres pays voisins; 1 Comme paraît le croire M. POINSIGNON, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. III, p. 197. 2 Cf. les Arch. municipales de Sedan, HH. 15. — 104 — en sorte que cette ville, qui étoit, il n'y a encore que peu d'années, des plus florissantes, sera bientôt changée en une misérable bourgade. Cependant on ose avancer que jamais peuple n'a plus mérité de son prince, par son zèle et sa fidélité dans des temps difficiles, que celui de Sedan. » Sera continué. Stéphen LEROY. VARIÉTÉS I. Biographie ardennaise Le Général d'ARTAIZE. D'ARTAIZE Louis-Alexandre, maréchal de camp, né le 14 novembre 1728, à Ballay, baptisé à Vandy, mort à Rethel le 12 avril 1799, était fils de Robert d'Artaize, chevalier, seigneur de Vaux-Morgny, la Maison Rouge, Herbigny et d'Alendhuy, et de Suzanne de Marcheville. Cadet au régiment royal d'artillerie le 10 mars 1744, il entra aussitôt en campagne avec l'armée du Rhin, fut blessé à la jambe gauche par un éclat de bombe à Fribourg en Brisgau ; il fit les campagnes d'Italie et de Flandre, reçut un coup de feu en 1747, et fut nommé sous-lieutenant dans les volontaires royaux le ler mai de la même année. Le 21 septembre 1748, d'Artaize fut mis en réforme. En 1750, il reprit du service dans les Gardes du corps du Roi, fut nommé lieutenant dans les volontaires royaux le Ier décembre 1756 et capitaine en second le 9 avril 1758, fit les campagnes de 1757 à 1762 en Allemagne, reçut la croix de Saint-Louis en 1763 et fit la campagne de Corse en 1766. En 1774 il reçut le titre de comte par plusieurs brevets de la Cour. Il passa capitaine-commandant de chasseurs au régiment du colonel général de dragons le 16 juillet 1776. Lieutenant-colonel, commandant du bataillon de garnison d'Armagnac le 10 mai 1778, il prit le commandement du bataillon de garnison de Limousin le 3 juin 1779. En 1789 il était grand bailli d'épée du duché de Rethelois. Admis à la retraite avec le grade de maréchal de camp le 1er mars 1791, un décret du 11 février 1793 lui accorda une pension de 3,000 livres. De son mariage avec Pauline de Monlendre, morte à Sault-les-Rethel le 1er juillet 1769, il eut Julie d'Artaize mariée en 1785 au baron Agis de Saint-Denis. D'un deuxième mariage avec Marie-Françoise de Rocquefeuille, — 105 — née à Sault-les-Rethel le 16 septembre 1739, veuve d'EtienneAlexandre Pillonchery d'Avenay, il eut 1° Alexandre-Louis-Charles; 2° Alexandre-Pierre-Charles-Suzanne, qui suit ; 3° Charles-Jules-Louis, né à Sault le 13 avril 1774, qui périt en 1797, capitaine d'artillerie au service de l'Angleterre. Alexandre-Pierre-Charles-Suzanne, comte d'Artaize, né à Saultles-Rethel le 11 avril 1771, émigra en 1790, devint aide de camp du général Esterhazy, fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes ; capitaine de troupes légères au service du Portugal en I797, il rentra en France en 1809 et n'y trouva aucun débris de son ancienne fortune. Il épousa à Stenay le 7 juillet 1809, Fançoise-Antoinette Galland du Pigny, née à Bouillon le 17 mai 1779, morte à Paris le 2 décembre 1850, fille de Charles-Antoine Galland, né à Charleville, commissaire des guerres, mort à Stenay le 30 décembre 1805. Alexandre-Pierre-Charles-Suzanne, comte d'Artaize, fut le dernier de sa famille. Pour la généalogie de la famille d'Artaize, voir le Dictionnaire de la noblesse, par de Courcelles. Ernest HENRY. II. Acte de mariage du général Joubert à Grandpré 30 messidor an VII —18 juillet 1799. Entre tous les généraux morts pour la Patrie dans les guerres de la République, Joubert est un des plus brillants, un de ceux dont la brillante destinée fut trop tôt anéantie ; c'est aussi le seul — comme on pourra s'en assurer en feuilletant le volume de Jacques CHARAVAY Les généraux morts pour la patrie, 1794-1871, Première série 1792-1804 ; Paris, 1893, gr. in-8° — dont le nom est lié à l'histoire des Ardennes. C'est par son mariage qu'il appartient à nos annales. L'union qu'il contracta avec Mlle de Monlholon, dont la mère avait épousé en secondes noces le propriétaire du château de Grandpré, fut d'ailleurs éphémère. Elle fut célébrée le 30 messidor an VII-18 juillet 1799; et le 15 août, Joubert était tué à Novi ! 1 Henry JAILLIOT. Aujourd'hui décadi trente messidor an sept de la République française une et indivisible, à dix heures du matin, pardevant nous Paul Augustin Marie BRINCOURT, Président de l'administration municipale du canton de Grandpré, département des 1 Voy. sa notice biographique dans J. CHARAVAY, p. 73-75. La date de l'acte de mariage prouve que Joubert ne pouvait être rendu à Gênes vers le 15 juillet », mais peu après le 18. — 106 — Ardennes, chargé de la rédaction des actes de mariage, en exécution de la loi du treize fructidor an six, et accompagné du secrétaire de ladite administration, soussigné, sont comparus en la maison commune de ce lieu pour contracter mariage, d'une part, le citoyen Barthélémy-Catherine JOUBERT, Général en chef de l'armée d'Italie, âgé de trente ans, né à Pont de Vaux, département de l'Ain, fils majeur de Claude-Marie JOUBERT, homme de loi demeurant audit lieu, et de feue Françoise GIRAUD, sa mère, décédée au môme lieu. D'autre part, Félicité Françoise MONTHOLON, âgée de dix-neuf ans, née à Paris, demeurant à Grandpré, fille mineure de feu Mathieu MONTHOLON, décédé à Paris, et procédant présentement de l'autorité et consentement d'Angélique Aimée ROSTAING, sa mère, actuellement épouse du citoyen Charles Louis Gugnet SÉMONVILLE, propriétaire, demeurant à Grandpré, et autorisée à cet effet par ce dernier ; lesquels futurs conjoints, accompagnés du citoyen Louis Nicolas RAYOUL, chef de bataillon dans la vingt-deuxième demi-brigade d'infanterie légère, et aide de camp du futur, demeurant à Avallon, déparlement de l'Yonne, âgé de vingt-sept ans, et de Marc Antoine MATIS, propriétaire, demeurant à Grandpré, âgé de soixantequatre ans, tous deux amis du futur, de Jean Hyacinthe GOULET, propriétaire, demeurant à Olizy, âgé de trente ans, et de Louis Marie GUÉRIN, notaire public, demeurant à Grandpré, âgé de trente-neuf ans, tous deux amis de la future, témoins appelés par les parties ; lesquels BARTHÉLÉMY CATHERINE JOUBERT et FÉLICITÉ FRANÇOISE MONTHOLON nous ont dit qu'ils désiraient contracter mariage ensemble, à l'effet de quoi ils nous ont présenté et mis en main, 1° l'extrait de l'acte de naissance du citoyen BARTHÉLÉMY CATHERINE JOUBERT qui constate qu'il est né à Pont de Vaux, département de l'Ain, du légitime mariage de Claude Marie JOUBERT et de Françoise GIRAUD le quatorze avril mil sept cent soixante-neuf, 2° l'extrait de l'acte de naissance de la citoyenne FÉLICITÉ FRANÇOISE MONTHOLON qui constate qu'elle est née à Paris, paroisse St-Gervais, du légitime mariage de Mathieu MONTHOLON et d'Angélique Aimée ROSTAING, le dix-sept septembre mil sept cent quatre-vingt ; 3° les extraits des actes de publications de leur promesse de mariage, faites tant à Pont de Vaux qu'en cette commune les vingt et vingt-sept messidor présent mois, lès dix heures du matin, 4° et du consentement écrit de la citoyenne Angélique Aimée ROSTAING, mère de la future, à cause — 107 — de sa minorité, nous requérant de faire lecture desdites pièces, ce que nous avons fait à l'instant, en leur présence et celle des témoins ci-dessus désignés, après quoi lesdits BARTHÉLÉMY CATHERINE JOUBERT et FÉLICITÉ FRANÇOISE MONTHOLON ont déclaré l'un après l'autre à haute voix qu'ils se prenaient en mariage, ensuite nous, président susdit, avons prononcé au nom de la loi que BARTHÉLÉMY CATHERINE JOUBERT et FÉLICITÉ FRANÇOISE MONTHOLON étaient unis par le mariage. De tout quoi nous avons dressé le présent acte que nous avons signé avec les parties et les quatre témoins après lecture faite. Fait en la maison commune de Grandpré les jour, mois et an que dessus. » Suivent les Signatures COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Album d'art religieux. Givet Hagiographie franciscaine et dominicaine en sculptures sur bois. Charleville, A. Gelly, éditeur, s. d. [1900]; album illustré in-4° oblong non paginé. — Tiré à un très petit nombre d'exemplaires 6 fr. 50, par la poste 7 francs. M. A. Gelly, le photographe-éditeur bien connu, vient de faire paraître sur Givet religieux, un album que précède une notice du Dr Beugnies, président de Givet pittoresque ». On y trouve reproduites toutes les magnifiques sculptures sur bois qui décorent les églises Saint-Hilaire et Notre-Dame, et qui constituent comme une histoire hagiographique des deux ordres franciscain et dominicain. Les boiseries qui ornent le choeur de Saint-Hilaire proviennent de l'ancien couvent des Franciscains Récollets, et datent de l'époque de Louis XIV elles consistent en panneaux sculptés et en médaillons des saints de l'Ordre, qui alternent avec de grandes compositions religieuses, tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament. — Les boiseries de l'église Notre-Dame sont de style Louis XV, mais on n'en connaît exactement ni l'origine, ni la date d'installation. Elles représentent, en médaillons aux teintes chaudes, les portraits de dix saints et saintes de l'Ordre des Dominicains, et les figures des quatre Evangélistes. Il y a en outre une photographie excellente du curieux autel jésuite de l'église. Toutes ces reproductions photographiques sont d'un fini remarquable et l'on ne saurait trop louer le souci artistique dont a fait preuve M. Gelly en cette occasion. Son album restera comme un des plus intéressants documents pour l'histoire de l'art religieux dans nos Ardennes. Nous lui souhaitons de continuer l'oeuvre si bien commencée par la reproduction d'autres richesses plus ou moins connues, les stalles sculptées de Revin et de Laval-Dieu, par exemple, pour ne citer que ces deux-là. Ch. HOUIN. — 108 — Les Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc pour l'année 1900 viennent de paraître. Ils contiennent liv-439 pages. Ce volume intéresse les Ardennes à plusieurs titres. Dans le compterendu des séances, une communication de M. Léon Germain p. xxv nous donne sur saint Walfroy les curieux détails que voici Entre Montmédy et Carignan existe un célèbre pèlerinage au tombeau de saint Walfroy. Le corps de ce saint, transporté à Ivoix en 969, a disparu dés le XIIe siècle, sans que l'on ait jamais su ce qu'il était devenu. M. L. Germain analyse un article, publié récemment dans les Analecla Bollandiana, par D. Germain Morin, le savant historien bénédictin belge, qui identifie avec saint Walfroy un saint Wulphy, honoré dans le Ponthieu et dont la légende parait autoriser ce rappro chement. D. Morin pense que le corps du saint aurait été enlevé d'Ivoix et emporté dans le Ponthieu par les troupes d'Eustache de Bologne, envoyées au secours de Godefroy de Bouillon, lors du siège de Stenay, par Thiery, évoque de Verdun, en 1086. Cette très curieuse étude permet donc de croire qu'il existe encore des reliques de saint Walfroy et tend à reconstituer une importante page posthume de l'histoire du célèbre stylite. » P. 62, nous trouvons une notice sur la famille du célèbre ingénieur Errard, mort — comme on sait — à Sedan, où il habitait presque constamment après le siège et la reddition de Jametz ; cette notice donne aussi la description de ses armes, et p. 150 des armes de la famille de Reims. Barbe de Reims était épouse de Jean Errard. A la p. 233, une étude de M. Léon Germain sur l'épitaphe de Thevenin Jacquesson, capitaine-enseigne des bourgeois de Dun en 1588. La famille Jacquesson habitait Mouzon au XVIIe siècle. Jean Jacquesson, lieutenantgénéral au bailliage de Sedan, était né à Mouzon. P. 290, des notes sur la famille Morel, de Vitry-le-François. — Le 26 mai 1643, Pierre de Morel, seigneur de Marsilly, fils de Philberl Morel, bourgeois de Vitry, et de Judith Leduchat, épouse, à Sedan, Marie de Moranvillé. Judith Leduchat était soeur d'Alexandre Leduchat, marié à Sedan, le 11 octobre 1601, à Marie de Gastines. E. II. Notice sur les derniers seigneurs de Sausseuil Ardennes, par Alb. BAUDON ; — Rethel, Beauvarlet, 1901, in-8 13 pages. Nous trouvons dans cette notice la note, sur François Des Robert, publiée par nous dans la Revue de juillet 1900. Parmi les alliances des seigneurs, mentionnons la famille d'Artaize ; un de ses membres est le général d'Artaize, dont on trouvera la biographie dans cette Revue, pp. 104-105. E. H. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. RECHERCHES STATISTIQUES SUR LA POPULATION DES ARDENNES AVANT LE XIXE SIÈCLE PREMIER ARTICLE Ce n'est qu'une coïncidence fortuite qui me fait commencer, au lendemain du dénombrement de 1901, la publication de notes provenant de sources diverses et concernant la population dans les Ardennes aux temps anciens. Peut-être cette coïncidence contribuera-t-elle cependant à donner quelque intérêt aux statistiques qui vont suivre et qui ont les caractères de toutes les statistiques, l'aridité toujours, l'erreur parfois. Néanmoins ces documents statistiques étaient utiles à réunir, et ils sont infiniment rares. Pour les villes, l'historien peut, par des moyens divers et avec une certitude approximative, fixer le chiffre de leurs habitants, sinon pour le moyen âge, au moins pour les trois derniers siècles de l'ancien régime. Quant aux bourgs et aux villages, il est presqu'impossible d'en connaître la population avant le XVIIIe siècle ; encore nos documents sont-ils incomplets pour celle époque. Je me bornerai donc à publier quelques articles sur la matière, en attendant qu'un hasard heureux me permette de les augmenter. I. — La population des communes ardennaises relevant du Luxembourg, de 1495 à 1566. Le tableau ci-contre présente, pour la prévôté d'Ivoix et quelques villages de la frontière actuelle de Belgique — tous relevant aux XVe et XVIe siècles du duché de Luxembourg voyez infrà note A, — le nombre des feux » ou mesnaiges contribuables et non exemps ». La source de ce tableau est l'ensemble des registres aux Comptes des aides de Luxembourg, conservés aux Arch. gén. du Royaume de Belgique à Bruxelles fonds de la Chambre des Comptes I. Les aides, votées par les trois Etats, étaient réparties par paroisses, hameaux ou 1 Nous n'avons utilisé que ceux qui donnaient des renseignements détaillés. Les registres du XVe siècle antérieurs à 1495 no contiennent rien sur les pays romans. Ceux du XVIe postérieurs au compte de 1566 sont dressés, soit par référence à ce dernier, soit par prévôtés et seigneuries. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n 7. _ _ __———.— "^^^^— . 1495 1504 1525 1528 1536 1540 1554 1566 Carignan 190 feux 146 63 43 55 120 a — {b 115 1/2 j ; Aufflance 20 17 20 0 13 33 — 38 1/2 i Bièvre i 6 9 1/2 5 1/2 9 13 c — 28 d BIagny 9 8 14 8 14 17 — 27 1/2 Blanchampagne [e 4 — — — — 23 f — 8 Chamouilly et Givercy Lesllem-Villcs. 9 6 8 12 111/2 10 1/2 — 35 Charbaux g 3 6 8 4 7 13 — 21 Chèvres h 3 — — — — - — 7 Escombres 4 8 12 8 7 10 — 18 Fromy 4 6 6 1/2 4 1/2 5 6 — 10 X Herbeuval 9 5 11 7 8 9 - 21 oi La Ferté 8 16 13 — 9 18 - 28 > Linay 14 17 19 1/2 10 12 29 — 23 I Lombul - 3 2 1/2 2 6 - 12 1/2 d' Malandry 5 13 6 3 10 22 1/2 — 18 é Margny 8 6 9 7 7 11 - 12 i ôé Margut j 8 1/2 21 11 9 11 32 1/2 — 31 vô Matton et Clémency 2 5 6 6 7 16 - 30 é Messincourt 4 14 inhabité ruiné inhabité inhabile — 7 r Mogues 5 5 7 3 5 13 1/2 — 29 1/2 P Osnes 5 5 9 9 9 23 - 35 1/2 • Pourru-aux-Bois 7 7 12 16 7 1/2 20 — 35 Puilly 6 11 8 6 1/2 13 15 — 28 1/2 , Sachy 7 12 9 9 10 50 — 37 1/2 Sailly 0 10 10 7 1/2 12 20 — 18 Sapogne 0 4 10 7 8 10 — 15 Signv et Montlibert 9 8 16 7 14 16 — 20 Tremblois - — 4 2 3 10 - 10 Villy 15 21 13 7 31 31 h - 25 Williers l — — — néant 3 5 — 8 unt Neufmanil 6 Ste d' himo Rumel et Gernelle 5 10 feux serfs 7 — — — 5Rom.+ 5Gern. 11 R. + 19 G. Orchi Vireux-Wallerand — 26 — — — — — 45 ie cv. [ Margut j — — 10 — — — — — ât Moiry.... - - 5 1/2 3 8 1/2 13 1/2 — 22 Ch han Pure — — 5 1/2 3 9 20 — 30 Cons-ln-Grandvillc _____ 12 16 20 La Francheville ______ 5 — Mohon et Faubourg de Mézières..— — — — — — 8 — Montcy-Notre-Dame — — — — — — 7 — — 111 — gagnages » au prorata du nombre des ménages. C'est ce qui nous permet de connaître la population de ces paroisses. Mais il faut observer que les chiffres marqués sont d'abord trop faibles, puisqu'ils omettent les ménages non contribuables et exempts dont nous ignorons la qualité et le total, ensuite imparfaits, car le feu » ou ménage » dissimule en soi un chiffre imprécis en moyenne on multiplie par 4. Malgré tout, les documents de Bruxelles sont précieux, nonseulement au point de vue particulier qui est pris ici en considération, mais encore comme indiquant les impôts demandés aux habitants de noire région, et comme contenant certains détails que nous avons mis en notes. Nous ne ferons pas ressortir plus longuement leur importance. La variation de la population mise en évidence par le tableau est déterminée par le fléau des guerres du XVIe siècle ; nous laissons au lecteur le soin d'en tirer toute la philosophie. SOURCES Le compte de 1495 Arch. Roy. Belg. ; Chamb. des Comptes 15906 est le compte d'une aide de 24 gros de Luxembourg et des restes d'une aide de 16 gros par feu accordée en l'an 1492. Cette dernière avait été jetée par les Etats pour l'entretenement de certain nombre de gens de guerre, pour la resistence qu'il convenoit lors faire aux entreprinses, forces et pilleries que faisoit journellement Robert de La Marcke, seigneur de Esdeng Sedan à rencontre dudit pays et sur les subjectz d'iceluy ». — Les localités dépendant de la seigneurie d'Orchimont sont mentionnées au f. 30v; celles de la prévôté d'Ivoix Carignan au f. 37. Le compte de 1504 même registre est celui de l'aide d'un demi-florin d'or sur chaque feu de franche condition et de 1/4 de florin d'or sur chaque feu de serve condition. Ce compte nous montre que, parmi les localités qui nous intéressent, seules Rumel et Gernelle étaient encore habitées par des serfs. — Sie d'Orchimont, f. 40 ; prévôté d'Ivoix, f. 48. Le compte de 1525 même registre est celui d'une aide de 16 patars monnaie de Luxembourg. — Sie d'Orchimont, f. 36; prévôté d'Ivoix, f. 43-44r ; sie de Chauvancy-le-Chàteau, f. 46. Le compte de 1528 même registre est celui d'une aide d'un florin d'or par ménage. — Prévôté d'Ivoix, f. 17r; sie de Chauvancy, f. 17v. — 112 — Le compte de 1536 même registre est celui d'une aide de deux florins Karolus. — Prévôté d'Ivoix, f. 43-44r; chàtie de Chauvancy, f. 46v—47r Le compte de 1540 ibid., 15907 est celui d'une aide de trois florins d'or de 28 patars. — Prévôté d'Ivoix, f. 28v-29 ; châlie de Chauvancy, f. 29v; Cons-la-Grandville, f. 30. Le compte de 1554 même registre est celui d'une aide d'un florin par feuage. — Sie d'Orchimont, f. 49r ; sie de Mohon et faubourgs de Mézières, f. 49v. — Aucun chiffre n'est donné pour les prévôtés de Montmédy, Chiny, Ivoix, Virton et Damvillers parce qu'elles sont occupées par les troupes françaises f. 62r'. Les villages de la sie d'Orchimont, Vireux-Walleraud, Mohon et Cons n'ont rien payé, car ils ont été brûlés par les ennemis lorsqu'ils vinrent devant Dinant f. 112. Le compte de 1566 même registre est d'un florin Philippe par feu. — Châlie de Chauvancy, f. 37v ; prévôté d'Ivoix, f. 37v-38 ; sie d'Orchimont, f. 41v; Cons, f. 42r; Vireux-Walleraud, f. 42v. NOTES A. — Les localités comprises aujourd'hui dans le dépt des Ardennes qui relevaient du Luxembourg à l'époque qui nous occupe étaient 1° celles de la prévôté d'Ivoix, en entier ; 2° trois communes de la sie d'Orchimont Neufmanil, Rumel et Gernelle, Vireux-Wallerand ; 3° deux dépendant de la châlellenie de Chauvancy-le-Château Moiry et Pure, plus Margut pour moitié. — Quelques autres communes se refusèrent longtemps ou toujours à donner aux receveurs la déclaration de leurs feux, en prétendant qu'elles ne relevaient pas du Luxembourg. C'était le cas pour Cons-les-Mézières Cons-la-Grandville, Mohon et La Francheville, Nouvion-sur-Meuse. Les comptes de 1504 f. 50v-51r, 1525 f. 36v, 1536 f. 29v mentionnent expressément le refus et désobéissance desdites communes. Le compte de 1540 f. 30 montre, au contraire, ceux de Cons venant à résipiscence après avoir refusé de faire la déclaration des feux disant que lesd. commissaires se debvoient contenter des dénombrements qui ont esté faitz et prins parcidevant, assavoir .V. menaiges », Jean Hoddel, maire, et Poncelet Poinca déclarent par serment que les habitants contribuables sont au nombre de douze feux. Eu 1554, Mohon, Monlcy-Nolre-Dame, La Franche- — 113 — ville et Cons se laissent inscrire. De ces villages, en 1566, Cons seul est mentionné. Nouvion n'y paraît jamais. — Enfin les trois villages dits ambedeux, Vaux, Tétaigne et Euilly, ne figurent pas davantage dans la recette des aides. Le compte de 1504 f. 51r contient la mention suivante Les villaiges assavoir Vaulx Tetlenge et Eully ayant en tout soixante neuf feuz ou mesnaiges eslans par indivis terres des prevoslées et chastellerie d'Ivoix duchié de Lux. et Mouson appartenant au Roy de France, esquelx lieux lesd. Mouson prétendent avoir haulteur et souveraineté a eulx seuls appartenir le droit des Regales et des aydes par leur empeschement combien que les habitans desd. villaiges eussent donné la déclaration par protestation aux commissaires les contrain dans à ce a esté le paiement ensemble la souveraineté mise en surceance par Mons. le Gouverneur et messrs du Conseil à la pourcieute et requeste formelles des gouverneur et officier dud. Mouson comme appert par le quayer des commissaires faisant le Rommant pays du duchié de Luxembourg pour ce icy. — Néant. » En 1525 f. 48r et 1566 f. 39r, même mention. a Le chiffre de 120 ménages ne correspond pas, d'après une mention expresse du compte, à la réalité à laquelle il est inférieur; il a été établi par composition avec les Etats de la ville d'Ivoix par mesure de faveur. — En cette année, le gagnage de Maugré est spécifié franc selon lettres de 1232 et 1420. b Ce chiffre se décompose en 100 feux pour la ville d'Ivoix, 7 1/2 de bourgeois d'Ivoix résidants à Pillonronsart, 4 à Wé, 1 au moulin de Longchamps appartenant au Roi, 2 à la censé de Way à Monsr d'Orval et 1 au gagnage de Maugré. — Les 1/2 feux représentent sans doute, ici comme partout, les ménages des veuves. c Dans ce nombre, figurent pour Bièvre, 10 ménages, pour les gagnages de la petite Bièvre, la Goberie et de Buxey, chacun un ménage. d Dans ce chiffre, il y a 23 ménages pour Bièvre, et 1 pour chacun des gagnages de la petite Bièvre, la Goberie, le Bessus, la Motte et Buxey. e Auj. ferme, cne de Sailly. f Nous rangeons sous le nom de Blanchampagne les gagneurs de l'abbé d'Orval à Orval, Blanchampagne, Chèvres et Linay que le compte ne détaille pas. — 114 — g Auj. cne de Puilly. [h Anct Cherves, cne de Margny. — Appelée à tort Chaisne au compte de 1566. i Dans les 12 ménages, il en est un pour la ferme du Halloy, près de Margny. j Margut étant indivis entre la prévôté d'Ivoix et la châlie de Chauvancy est porté sous les deux chapitres; souvent aussi sous le premier chapitre avec renvoi au second. k Le compte déclare que le village ayant été entièrement brûlé ne paiera que 16 florins d'or pour le premier terme. 7 Cette commune portée en 1528 comme ne payant rien probablement à cause d'une ruine totale est signalée comme nouvelle ville en 1536. Paul COLLINET. IMPRESSIONS D'HIVER EN ARDENNE Journal de route HIVER 1900-1901 BLAGNY, dimanche. Le village de Blagny était, il y a une quarantaine d'années, un village de cultivateurs. Mais une usine s'est récemment établie dans le pays, et les cultivateurs ont disparu. Aussi l'endroit est-il méconnaissable, dit-on. La population s'est faite ouvrière », et il s'y est mêlé des ouvriers venus un peu de partout. L'aspect s'est industrialisé; l'esprit aussi. Voici l'église qui domine la route, et les deux marronniers célèbres, qui ont trois fois cent ans et dont les racines se prolongent jusque sous la sacristie c'est tout ce que l'on peut dire de Blagny. Voici la route, la voie ferrée et la rivière. Ces trois accessoires familiers des paysages, par ici, s'en vont de compagnie, côte à côte, tournant aux mômes courbes, passant devant les mêmes villages aux toits bleus, disposés autour des grands cercles des vallées, au pied de leurs collines riantes, en face des mêmes prairies vertes. Lundi soir. Cette année, la nuit de Noël est triste ; la brume se résoud en impalpable pluie. La masse ronde des marronniers centenaires se - 115 — distingue tout de môme ; ils apparaissent énormes, plus noirs que la noirceur environnante, avec le caractère impressionnant que leur prête la nuit. La messe de minuit est, ici, sans charme et sans mystère. Les chantres, dans le choeur, poussent des cris perçants qu'écoute sans ferveur une assemblée de femmes vêtues avec les laissés-pourcompte des grands magasins du caricaturiste Huard. Seul demeure intact le charme de la sortie de l'église, parce que ces gens sont dans l'ombre, et que l'on n'aperçoit que les lanternes qui se balancent au ras du chemin, les lanternes qui dansent et s'éparpillent comme des feux-follets dans toutes les directions du village. CARIGNAN, mardi. Vu dans son ensemble, des hauteurs de Vaux devant-Mouzon, Carignan offre l'aspect d'un maigre groupement de toits bleus, effacé et sans silhouette, au fond de la prairie. C'est une tache imprécise qui n'ajoute rien au paysage et se contente de ne pas le gâter. Les anciennes chroniques m'avaient mis dans l'idée que la vieille Yvois devait être l'âme du paysage et, tout en grimpant la côte, des bribes de son histoire me traversaient l'esprit. Je songeais au temps où elle possédait, comme on sait, quatre Filles Tétaigne, Lombut, Auflance et Malandry, quatre villages coiffés de toits bleus, comme leur mère, et qui rêvent, comme elle, dans les prairies. Puis, par delà la Féodalité, au fond de l'Histoire d'Austrasie, je me représentais l'image barbare d'Hydulfe, qui fut comte d'Ardenne. De temps en temps, je me retournais, pensant apercevoir quelque chose qui m'évoquât un prestigieux passé. Mais, de partout, Carignan s'est refusé à être autre chose dans le paysage qu'un groupement imprécis et bleu, d'où rien ne saille, au fond des douces prairies. J'ai parcouru Carignan, cet après-midi. On y rencontre quelques rues empreintes du ridicule touchant des toutes petites villes. Au sud est venu se greffer un quartier noir où l'on voit, le soir, des ombres chinoises se mouvoir devant d'ardents brasiers, des usines qui trempent dans une rivière triste, la Chiers. La vieille Yvois n'est plus aujourd'hui qu'un morne chef-lieu de canton. Elle se repose de sa jeunesse mouvementée; elle sommeille - 116 — au fond de la vallée ; tout est pour le mieux, et Hydulfe a bien fait de mourir. Tout en marchant sur la route qui me ramène à Blagny, je réhabilite comme je puis la petite cité; je me dis que ce doit être charmant, ce pays de verdure et d'eau, à la belle saison ; mais j'ai fort à faire pour me l'imaginer dans ses vêtements d'été, car tout est bien funèbre, ce soir. Voici Blagny qui m'apparaît dans le crépuscule gris ; les fumées de la tôlerie se diffusent mollement dans la suie du ciel ; un train de marchandises passe, interminable, crachant du brouillard. Puis, voici le village, sombre déjà, et le paysage de verdure au bon soleil, que je m'efforçais de reconstituer, s'efface dans les rues sales et spongieuses, où les fumiers fument comme s'ils étaient, eux aussi, pleins de brouillard. MALANURY, mercredi. Malandry est un village de bûcherons, dans un trou, au bord d'un bois, de l'autre côté de la montagne. Il paraît que les Malandrins sont originaires de là, et, de ce fait, rejaillit une réputation un peu sombre sur les cent soixante-quinze paysans inoffensifs du pauvre village. Cela m'attirait, ces descendants des Malandrins ; mais je me suis mis en route assez tard, et les murs blancs de la ferme de Blanchampagne, en haut de la côte, commencent à s'effacer dans la poussière grise du crépuscule. De sorte qu'à mi-chemin, nous sommes surpris par l'entre-chien et loup, sur les hauteurs de Blanchampagne. J'en profite, afin de ne pas perdre mon temps, pour emmagasiner des impressions de nuit tombante. Les paysages se creusent sous nos pieds, la vallée se fige ; les premiers plans nous révèlent encore de vastes étendues d'un vert sombre et terne ; des mousses molles et spongieuses comme des fagnes, semées de mille pâquerettes grâce à la température incompréhensiblement douce ; des versants imprécis dont les courbes lointaines s'effacent peu à peu dans cette poussière grise de la nuit qui tombe et qui resserre maintenant ses molécules en pluie serrée et noire. Le ciel, incertain jusqu'à présent, vient de se couvrir, et dans les villages de la vallée, aucune petite lumière encore. Rien que les grandes ondulations vagues de l'horizon belge et, plus près, des profondeurs obscures.... — 117 - Ce paysage de néant est égayé par un clan de corbeaux qui déchirent l'air humide à grands croassements solitaires. Nous suivons le chemin qui contourne la montagne, à la corne du bois, et qui descend à Malandry. Mais, il est trop tard, la nuit est venue ; dans cette grande houle d'ombre, à mes pieds, il y a une longue tache plus noire que l'ombre, d'un noir opaque, aux contours rectilignes c'est tout ce que je vois du village.... Quelques lumières brillent maintenant au milieu de la tache noire ; puis voici que le chemin tourne et se met à dégringoler très vite ; j'entends une musique fraîche de ruisseau ; nous frôlons des maisons noires ; et presque aussitôt, les yeux encore pleins de nuit, nous pénétrons dans une pièce claire où flambe un bon feu de bois ; sur la table il y a une bouteille, des verres et, à côté, une tarte aux pommes. Nous sommes au presbytère de Malandry. Entre un verre de vin et une tranche de tarte, je me console de n'avoir pas vu Malandry en amenant la conversation sur le pays. Allons ! je n'aurai pas perdu ma journée, car voici que le curé me sert à point, dans un cadre exquis, de savoureux renseignements. Quelques légendes se sont blotties dans ce ravin, en dehors des routes, et n'ont guère dépassé le bois. J'apprends, entr'autres choses, que le patron du pays s'appelle saint Macaire. Ce saint Macaire possède, comme les cent soixantequinze bûcherons qu'il protège, le titre de bourgeois de Malandry. A ce titre, il a droit, comme chacun, à sa part de chauffe ». Aussi, chaque année on lui apporte son bois c'est le bois de saint Macaire. On le remise au clocher et l'on s'en sert pour chauffer la sacristie. La légende y trouve son compte, monsieur le curé aussi. J'ai vu saint Macaire dans son église, que je visite le soir même, à la lueur d'une veilleuse vilaine image en plâtre colorié qui le représente, tout petit et grassouillet, le menton orné du bouc cher aux chasseurs à pied. Pauvre saint Macaire ! j'aime mieux sa légende. La nuit, au dehors, est devenue très pure. Les douces étoiles piquent le noir azur, un fin croissant de lune éclaire un peu la terre et la longue rue large qui s'allonge au fond de son impasse sauvage.... Maintenant, — c'est le meilleur de ma promenade, peut-être, — le retour, la nuit, par les chemins plats qui tournent à travers les grandes prairies. - 118 — La caresse amollissante du vent nocturne ; le fin croissant qui nous suit, là-bas, au bord de la colline ; les flaques d'eau qui miroitent; le grondement d'un train qui passe tout éclairé, dans le fond de la vallée; le vaste ciel, qui tient toute la place dans le paysage plat, et qui fourmille d'étoiles.... Puis, une ligne d'arbres. Mon compagnon me raconte qu'on a planté ces arbres depuis les accidents », pour prévenir que la rivière est là. Elle déborde souvent à cet endroit et couvre la route. Au lieu de tourner à la bonne place, on va tout droit et on se noie; il n'y a pas longtemps, des jeunes gens revenaient ainsi de la fête, en voiture, un soir; ils chantaient.... La Chiers couvrait la route; le cheval n'a pas tourné à temps ; la nuit, on ne distingue pas bien une rivière d'une route il s'est noyé avec la voiture et ceux qu'il conduisait. Deux jeunes filles sont revenues à la surface, cependant ; elles se sont accrochées à un faisceau de bottes de paille et sont descendues quelque temps au fil de l'eau, en tournoyant. On les a vu passer, plus bas, devant Blagny; des ouvriers sont accourus, mais le courant était trop rapide, à ce qu'il paraît; elles sont passées en appelant à l'aide, puis la rivière les a entraînées plus loin, et elles ont disparu.... A ce moment, nous passons sous le rideau des arbres ; la voici, la paisible rivière qui mange les jeunes filles ; on l'aperçoit à peine; comme elle est tranquille, on ne l'entend pas.... Instinctivement, je prends l'autre côté de la route ; il me semble que j'ai le vertige.... WILLIERS ET LES BARAQUES DE CHAMELEU, mercredi. La masse broussailleuse de la forêt, toute proche maintenant, teint en violet sombre l'entonnoir des vallons ; les lignes décrivent des courbes plus courtes et dévalent dans de profondes fissures. Sur ces horizons obscurs qui s'enchevêtrent, les maisons de Williers s'alignent, en bande grisâtre, le long d'un promontoire, qui semble tenir tête à la houle violette, à la façon d'un navire sur la haute mer. Le village est bâti tout de travers sur l'épine dorsale d'un monstrueux poisson calcaire. Des fumiers noirs saignent leur purin doré devant les misérables maisons, le long d'une rue qui a l'air de tituber en montant dans le ciel, et qui finit en impasse, derrière l'église, au bord du vide. — 119 - C'est le véritable village forestier, noir et gris, fumé comme un jambon d'Ardenne, suspendu au bord de la Belgique violette. Derrière l'église dégringole un sentier étroit et mal commode, parmi d'abrupts escaliers de gazon, véritable ruisseau de pierres qui s'éboulent sous mes pas ; en un instant, j'ai gagné les fonds, et cependant ces quelques mètres m'ont transporté à cent lieues, tant la scène a changé. Je suis dans un vallon charmant et solitaire, où chantonnent des ruisseaux. C'est une nappe de verdure fraîche que baignent les bois broussailleux. Les clairs ruisseaux se séparent pour se rejoindre plus loin, formant de minuscules îlots ; un sentier rapide grimpe en face, le long des parois claires du bois de Watrinsart ; son lacet met une coulée pâle dans les teintes vineuses. Quatre maisons paisibles barrent l'entrée du vallon. Une petite fumée verticale, douce comme une haleine, s'envole au-dessus des toits bleus ; des planches s'alignent le long des murailles c'est la scierie de Chameleu ; à côté, il y a un petit étang dans lequel se réfléchit un grand sapin, mince et solitaire.... La situation de cette scierie l'a destinée à devenir une auberge, une de ces haltes de contrebandiers qu'on appelle Baraques » tout le long de la frontière, un de ces postes avancés qui sentent le tabac et le genêt, et où l'on bourre sa pipe avec du ThomasPhilippe avant de pénétrer sous les petits chênes de la grande forêt. Mais celle-ci me paraît peu fréquentée, au fond de son entonnoir sauvage. Il règne autour d'elle un silence impressionnant ; la nature n'a pas semblé s'émouvoir de ce dérisoire vestige d'humanité ; l'atmosphère du lieu s'harmonise avec l'entour ; elle enveloppe de la même douceur le bois, l'herbe, le ruisseau, et cet îlot de pierres, d'où s'échappe une petite fumée hésitante, transparente comme une haleine. Il flotte en outre, ici, quelque chose d'indéfinissable que n'expliquent ni le dessin, ni les nuances du paysage. Impression vive et presque angoissante malgré son charme et qui est intraduisible. L'âme voudrait se dilater et cependant se resserre...; c'est ce que l'on pourrait appeler l'oppression de la frontière. La Belgique commence ici ; de l'autre côté de ces arbres, la Semoys transparente coule dans les fissures du schiste, à travers le royaume bleu des ardoises ; puis c'est la Wallonie, la grande — 120 - lande semée de villages et de bruyères, pays des grands Belges taciturnes, qui fument la pipe et jouent de l'accordéon.... La nuit tombe vite, vers la Noël. Elle tombe humide et triste, maintenant que le ciel s'est couvert. Comme je quitte Williers, elle commence à jeter dans les paysages ses mille poignées de poussière grise. Tout se fige et se crispe, et les ravines se décolorent peu à peu avec les petites maisons du village, en ligne le long de la crête, avec les clôtures de leurs jardins qui descendent vers les fonds sauvages.... LINAY, jeudi. Les grandes pluies battantes fauchent la grand'route, la voie ferrée et la rivière, qui s'en vont toutes trois de compagnie, tournant aux mêmes courbes, le long de la vallée, au bord des prairies. Les rails délavés reluisent ; des flaques d'eau miroitent dans l'infinie verdure aux nuances ternes, qui va se fondre à l'horizon vers les teintes vineuses des collines noyées. Un sentier presque perpendiculaire, qui est aujourd'hui un torrent de boue jaune parmi l'herbe ruisselante, me conduit à l'église de Linay. Elle est venue se jucher, cette église, au fin bord d'un promontoire qui s'avance jusqu'au beau milieu du village. Elle n'offre rien de curieux par elle-même, mais sa situation isolée, à l'avant de sa roche calcaire, remplace tous les styles; et je goûte une agréable sensation de bienfaisante sécurité sous sa petite voûte solitaire qu'éclaire la lumière trop blanche du temps malade ! J'ai l'impression que le vide est autour de nous ; l'immense ciel gris, dirigeant la charge à la tête de ses armées liquides, assaille de toutes parts le frêle vaisseau de pierres ; celui-ci n'a pas l'air de s'en douter ; la pluie lave à flots ses ardoises, mais la vierge de plâtre, dans sa chapelle, conserve toute sa sérénité ; les mille fureurs du dehors viennent se briser aux angles de cette oasis ; c'est la paix, le calme absolu. Une vaste plate-forme herbue entoure cette église ; elle appelle tout de suite l'idée qu'un château a existé là. En effet, la partie de l'église qui forme la nef, et qui est fort ancienne, est un vestige de chapelle seigneuriale dépendant d'un château aujourd'hui détruit. Sur l'emplacement de l'ancien domaine des seigneurs de Linay, on ne voit plus, à présent, que des cailloux et de l'herbe. Le près- — 121 — bytère et quelques maisons échelonnées derrière l'église bordent la crête en regagnant le col de l'abrupte presqu'île. A mes pieds, le village misérable ruisselle de tous ses toits. Au large, c'est la prairie, la rivière, les collines au loin ; c'est la grande courbe luisante de la voie ferrée et la route qui s'en va vers Blagny, courbant le dos de ses grands arbres fauchés par la pluie battante.... LA PRAIRIE DE SEDAN, lundi. Les horizons voilés des collines de Meuse tremblent et se noient dans les fonds vagues des prairies. L'étendue plane des herbes mouillées s'en va dans de l'incertitude laiteuse, flotte et s'éteint dans les mousselines lointaines. Cependant, une ligne d'arbres se détache au milieu de cette indécision blanche, formes grises qui s'en vont le dos un peu courbé par le vent du sud ; on dirait de grands vieillards fantastiques, vieillards fantômes, en marche dans la direction de Balan ; mais, depuis des temps ils n'ont pas fait un pas. Je les connais bien, ces peupliers, et quoique ce soit, de l'endroit où je les contemple, le seul point de repère sur l'uniforme et incolore tapisserie, mon regard en ressaisit tout de suite la silhouette. Depuis mon enfance, ils sont au fond de mes yeux, les arbres familiers ; et, après des années d'absence, je les retrouve au même point de leur voyage, eux, l'allure toujours un peu cassée, et tout gris aujourd'hui, l'air perclus de rhumatismes dans leur manteau de brume.... Au fond de la vallée, au pied des collines, c'est, presque sans interruption, Bazeilles, Balan, Sedan et Torcy, ceinture lointaine de la grande prairie, cachée par la longue écharpe des brouillards. La Meuse, grossie des armées liquides de la Chiers, roule des eaux jaunes brouillées de lait, autour d'une île qui émerge, broussailleuse et sombre comme une éponge morne. Des vaguelettes viennent lécher le chemin de halage et rendent une petite musique solitaire que je suis seul à recueillir ; puis elles sont happées par le courant rapide qui les emportent dans les remous jaunes. Je suis à Pont-Maugis. Pont-Maugis!... Oh! l'horrible chose; oh! cette souillure dans — 122 — la prairie! cette suie inharmonique, cette saleté industrielle sur l'alme tapis ! Bon brouillard, efface un peu ces tristes briques; il te sera reconnaissant de cacher la honte que cette vilenie attache à son nom, Maugis, le prestigieux Enchanteur, le pauvre vieux marchand de légendes VAUX-DEVANT-MOUZON, mardi. Les villages perchés, qui saillent au ras des horizons, en haut des côtes, empruntent au vaste espace, aux altitudes, un charme particulier; ils appellent le regard; leur clocher a l'attirance du phare pour le terrien en quête d'impressions. Ainsi, du fond de la vallée apparaît Vaux-devant-Mouzon, avec la tour carrée de son église ; à califourchon sur la croupe d'un long cap qui va mourir au confluent des deux rivières de Chiers et de Meuse. Ce nom de Vaux déroute, il est vrai, et ne s'explique que par la faible dépression que forme la colline à son sommet et dans laquelle le village est bâti. Village pittoresque et malpropre, tout en pente, qui doit être fier des deux gros tilleuls dont sa petite mairie est précédée, mais dont le meilleur titre à la reconnaissance du voyageur réside dans l'incomparable vue que sa situation élevée offre aux regards. Du côté de Mouzon, malgré la descente rapide, la vue est sans cesse cachée par des ondulations qui forment premier plan ; et la vallée de la Meuse ne se découvre qu'aux portes mêmes de la petite ville. Au contraire, du côté de la Chiers, des prairies d'en bas au village de Vaux, la montée est régulière, douce, interminable, de sorte qu'en atteignant le sommet de la colline, un peu en avant du village, l'horizon, derrière nous, apparaît dans un recul prodigieux. C'est un paysage que la peinture ne saurait traduire et qui appartient à la pure poésie; car, seule, elle emplit l'âme dans cette vastitude et la caresse comme une musique. L'air vierge, l'air salubre, à pleins poumons, l'air libre ! 1 Une joie douce, presque sainte, vous enveloppe ; on se sent devenir tout petit, tout petit; on n'a pas plus d'importance que le 1 Eugène Beauchot. — 123 - brin d'herbe qui pousse à ses pieds, et la pensée semble s'épanouir étrangement à mesure que se réduit l'individualité. La sensation est exquise. La houle grandiose des terres boueuses descend vers les prairies ; elle a déjà vêtu son manteau d'ombre, car le soleil est bas. Mais il éclaire encore le cercle des horizons ; cela fait une lointaine couronne de lumière rousse au paysage qui s'éteint. Tout s'harmonise dans des nuances uniformes. Les villes et les villages s'aplatissent là-bas, au pied de la longue fresque, rigides, figés comme les collines et les bois. Et l'anéantissement, dans les lointains doux, de ces parcelles d'humanité, rassérène et réconforte sans que l'on sache pourquoi. Peut-être celte sensation est-elle due à la conviction que nous subissons une fois de plus, que l'antique mère Nature nous reprend quand elle le veut, que nous sommes vraiment pauvre chose pour qu'un peu de crépuscule escamote aussi dédaigneusement notre progrès et notre misérable industrie.... Georges DELEAU. CHRONIQUE La Société d'Etudes ardennaises au 39me Congrès des Sociétés savantes. Plusieurs communications ont été faites par des membres de la Société dans les sections d'histoire, de géographie et d'archéologie au 39° Congrès des Sociétés savantes, tenu à Nancy du 9 au 13 avril. Nous en donnons une brève analyse d'après le procès-verbal du Journal officiel. MM. L. DE SAERAN D'ALLARD, correspondant du ministère de l'Instruction publique et archiviste d'Alais, et P. PELLOT, archiviste de Rethel, ont présenté en collaboration une Notice épigraphique et généalogique sur la famille de Saint-Maurice ; cette famille du Soissonnais remonte à Eulrope de Saint-Maurice, né en 1605, brigadier des gendarmes du Roi, et a laissé son nom sur quelques pierres tombales de Goussancourt, jusqu'à ce qu'elle se fonde dans la famille des Champagne, seigneur de Morsains 1901, p. 2377. M. H. JADART a fourni son actif concours, si informé, aux trois sections précitées. — A la Section d'histoire, il a donné un important mémoire sur Les anciens registres paroissiaux dans les arrondissements de Reims et de Rethel J. off., p. 2411 ; il a signalé le grand intérêt de ces registres au double point de vue de l'histoire et de la biographie locales, même générales. — Dans la Section de géographie, M. JADART a lu une — 124 — notice sur la limite occidentale du département des Ardennes qui est encore l'ancienne ligne de démarcation des diocèses de Reims et de Laon, établie au cinquième siècle par saint Rémi ; les variations de cette limite n'ont porté que sur les territoires de Brienne anciennement au diocèse de Laon, Avaux-le-Châleau en entier du diocèse de Reims seulement depuis 1677 par échange avec Lor, du diocèse de Laon depuis celle date, Logny-les-Aubenton au diocèse de Reims jusqu'en 1790, La Neuville-aux-Joùles au diocèse de Laon jusqu'en 1790 p. 2419-2420. — Enfin, à la Section d'Archéologie, notre érudit compatriote a présenté une série de reproductions des sceaux-matrices conservés à la Bibliothèque de la Ville de Reims, dont il a la garde. Aucun n'intéresse les Ardennes J. off., p. 2445. M. P. COLLINET a communiqué à la Section d'histoire J. off., p. 2412 et reproduit à la Section de géographie J. off., p. 2420, une étude sur la Frontière d'Empire au moyen âge dans l'Argonne et l'Ardenne. Il s'est borné à fixer, d'après des textes plus ou moins concordants et pourtant d'une façon plus précise que ne l'a fait M. Longnon. quelques points de la frontière, sur les deux rives de la Meuse. Il a insisté notamment sur la situation territoriale de Beaumont-en-Argonne et de Donchery. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE PERIODIQUES Journal de la Société d'Archéologie lorraine, 49e année 1900 fin. — J. Nicolas, L'ancienne église et le cimetière d'Autre ville [Meuse ; on trouve, p. 218, la pierre tombale d'Aubrvy Thiébaut, curé de Pouilly, donateur de l'église d'Yoncq de Onco ]. — J. Nicolas. L'ancienne église de Cesse [la cloche, p. 230, a été bénite par Jacques Péchenart, curé de Cesse et de Luzy, natif de Mouzon]. Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXIII, 2e livr. 1900. — Abbé Roland, Toponymie namuroise suite 1. Mémoires de la Société des Naturalistes et Archéologues du Nord de la Meuse, t. XI 1899. — Ces Mémoires, qui paraissent tardivement, sont divisés en deux parties {Sciences naturelles, Archéologie et Histoire. — La première comprend, avec les comptes-rendus des séances et, des excursions en particulier, celles de la Société à Carignan, à Mouzon, dans l'Argonne, etc., la fin avec supplément de la Flore de la Meuse, par C. Breton. — La partie archéologique renferme entre autres la in de l'étude de M. Houzelle, Des sépultures antiques pierres tombales des XVIIe et XVIIIe siècles, existant à Marville, Montmédy, etc.; La Campagne de Charles VI en 1388 contre le duché de Gueldre, par L. Schaudel [Philippe-le-Hardi traversa les Ardennes à l'aller et au retour, le roi passa aussi à Grandpré] ; et un intéressant récit d'une excursion de la Société à Mouzon par F. Houzelle, accompagné de quatre planches. 1 Un de nos collaborateurs rendra compte de cet important travail, lorsqu'il sera achevé N. d. Com.. d. Publ.. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. LE REGISTRE DES SÉPULTURES DE SERY 1628-1660. I. La maladie de l'estappe ». — II. La peste de 1636. III. Les guerres de la Fronde. Il n'est pas nécessaire de faire ressortir ici l'intérêt que peuvent présenter nos anciens registres paroissiaux. Très souvent, ces documents contiennent, dans leur rédaction brève et naïve, des faits inconnus sur les guerres, les épidémies, les fléaux, l'abondance ou la disette des moissons, etc. Il est donc utile de ne pas en négliger le moindre détail, et c'est dans cet esprit que nous avons copié à la mairie de Sery, en juin 1900, la partie la plus curieuse d'un ancien registre de sépultures de la paroisse, remontant au commencement du XVIIe siècle. Ce registre, qui va de 1628 à 1660 , nous renseigne sur les morts de la maladie de l'eslappe », épidémie qu'il nous serait peu facile de définir, sur la peste de 1636, et il nous fournit aussi les noms de plusieurs victimes des guerres de religion. Rédigé par le curé du lieu, celui-ci ne nous a point laissé son nom, et nous ne pouvons que reproduire la mention inscrite de sa main, en tète des actes mortuaires In nomine Domini. Amen Registre et mémoire des personnes mortes en la paroisse de Sery depuis le iour que ie l'ay eu a charge et à servir en qualité de curé très indigne. Le premier acte est du 14 décembre 1628 et relate la mort de Gisle le Masle ». Peu de mentions intéressantes dans la suite en Apvril 1629 », le 3, décès de Jean Molteau, greffier du lieu; en septembre de la même année, le 26, un de ses parents, Nicolas Molteau, bourgeois de Rethel, enteré » au cimetière. En 1632, le 23 janvier, décès de Françoise Pruvost, femme de Gisle le Maire, procureur ». Le 1er avril, Marçou le Grand, vefve » de feu Jehan Petit dict de la Cour ». REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n° 8. - 126 — I. C'est alors qu'au mois d'octobre de la même année commence la série des personnes mortes de la maladie de l'eslappe Ensuyvent les morts de la maladie de l'estappe 3, Ledict Jean Midou, marit de Marie Flescheux. 5, Claude le Large, femme de Philbert Lallemand. 8, Jeanne Fortier, vefve de Didier Flescheux. 8, le mesme iour, Anne Antoine, femme de Jean Choisy. 9, Raulin Thiery. 15, Perine Pasques, vefve de Toussain Masson. 15 et le mesme iour, Anne Durand, femme de Robert Midou. 16, Hubert Antoine. 22, Jeanne Bourin, vefve de défunt Nicolas Pasques. 24, Marçon Roland, vieille fille. 27, Claude Couslier, mère de Jean Nepot. 31, Pierre Phlippot. NOVEMBRE 8, Simonne Coustier, ancienne tille. 11, Nicolas Choisy, cloutier, et le mesme iour 11, Elizabeth Collet, femme de Jacques Harsigny. 17, Jean Nivelet. 18, Pierre Huet. 20, Hubert du Saurois, boulangier. 21, Nicole Nemery, vefve de Nicolas Antoine. 26, Nicole Collet, femme de Jean de Laistre. 30, Jacqueline Springo, femme de Jean Pasques. DÉCEMBRE. 3, Jeanne Richart, femme de Mashin Pieron. 10, Antoine de Bruges, charlier 1. 25, Poncelet Charpentier. 1633 J A N V IER. 2, [en blanc], femme de Jacques Cailliet. 3, Raulin Boucher, laboureur de la censé du bois d'Aveau 2. 3, Anne Harsigny, vefve. 1 Charron. 2 La ferme du Bois d'Avaux se trouve au nord du terroir de Sery, à la lisière du bois de ce nom. — 127 — 7, Rogette le Masle, femme de Pierre Lambin. 10, Jeanne Antoine, femme de Pierre Nivelet. 30, Melot Pailla, vefve de défunt Robert. FEBVRIER. 5, Jean do Bay. 7, Isabeau Robin, femme de Nicolas Drouet. 10, Marguerite Choisy, vefve de Jean Petit, dict la saincte. 14, Marguerite Débonnaire, vefve de Jean Colery. 18, Perine Verrière, femme de Pierre Quentin. 21, Jeanne Colinet, vieille fille. 22, Iolaine de Lustin, femme de Jean Danelle. 26, Gerarde Collet, femme d'Henry Marchand labouveur. MARS. 5, Marguerite Petit, femme de Gérard Collet, dict Charlon. APVRIL. 8, Pierre Cousin. 22, Thomasse le Roy, tille de déf ' Jean le Roy. 25, Elizabeth Débonaire, femme de Regnault Bourgeois. 30, Jean Danelle. Au-dessous de ce mortuaire, le curé écrivit Semble avoir esté icy la fin de ce mal de l'estappe. Notons simplement, pour l'année 1635, un centenaire, Pierre Couslier 16 d'apvril. Pierre Coustier, aagé de cent treize ou quatorze ans. Nous allons de même donner la liste des personnes pestiférées ou mortes de peste » II. On sait les ravages faits à Rethel et dans la région par le terrible fléau ; non loin de Sery, à. Wasigny même, une pierre de l'abside de l'église relate ainsi le nombre des victimes qu'il faut peut être rapporter à cette contagion de 1636 CY EST LE NONBRE DES MOR PAR LA CONTAGION • C • ET XV TANT PETIT QVE GRAND- PRIEZ POVR EVX ET POR TOVS TRESPASSEZ f PAR MOY A GALIOT M DESCOLLE DE WASIGNY. - 128 — Le registre de Sery ne mentionne pas de pestiféré avant le 15 mai 1636; nous l'avons néanmoins copié depuis le mois de février de cette année FEBVRIER. 17, Jean de la Roche laisné. 25, iour de Set Mathias en bisexte fut morte Jablet Garnotelle, femme de Jean l'Alleman, maistre d'escolle du lieu. MARS. 5, Antoine Parent, enfant de 12 ans, frère des femmes de Jean Pellot et de Jean Choisy le jeune. 22, Jean Lantenois, laboureur censier de la Malmaison 1. APVRIL. 21, Jeanne de Bonaire, vefve de Jean Drouet. MAY. 15, Philbert L'Allemand, pestiféré, Hubert Bourgeois le mesme iour. 24, ElizabethPetit, vefve dud. defct Philbert L'Allemand,pestiférée. 31, Pierre le Grand dict de la Cour. JUIN. 1, pestiférée, Jeanne, fille de défunct Jean Barrier, aagée de moings de 24 ans. 20, Henry Springot. 29, pestiféré, Jean Cailliet. JUILLIET. 3, Marguerite Debonaire, vieille fille. 27, [en blanc], fils de Jean Durand. 30, Nicole, fille dud. Durand. 31, Nicole, fille dud. defet Jean Cailliet. Au-dessous de cet acte Le 13 mourut dame Antoinette de Villelongue I, femme de Monsr d'Hosignemont, non pestiférée. AOUST. 3, Claude Pellot. 15, pestiférés Guyot le Roy le mesme iour Sébastien Pasques et une sienne fille appellée.... 1 Ferme située à gauche de la route de Novion-Porcien à Sery, a la limite du terroir de cette dernière commune. 2 Famille de noblesse champenoise qui posséda de nombreuses localités dans nos Ardennes et iui est en ce moment l'objet d'un travail d'une consciencieuse érudition. — 129 — 21, la vefve de Jean Nivelel appellée 23, Nicole Choisy, vefve de defunct Claude Pellot, tous pestiférez. 31, Nicolas Forain. SEPTEMBRE. 17, Nicole Choisy, femme de Josse Danois Haulheville, fut enterée au cimetière de Sery. 19, Jeanne du Chemin, femme de Pierre Bernier. Pas de décès jusqu'en mars 1637; mais, au mois de mai de cette année, la peste fait une nouvelle apparition En seconde année cy commence la peste. MAY 1637. Nicolas Bonnet de Beaumont. JUIN. 3, Raulin, filz de defunct Gilles Quentin, non pestiféré. 24, Marie Marchant, femme de Pierre Bonnet, demeurant à Sery, non pestiférée. 29, de peste, Gobin l'Allemand. 30, Perrine Bonnet, femme de Jean Geoffroy dict Champagne. JUILLIET. 1, Jean Harsigny. 10, Elizabeth et Marguerite, filles de Raulin Colet et de Jeanne Fortier. 11, Claude Cordier, femme de defunct Gobin Lallemand. 21, Alphonse, filz de Jean Richart. 22, Jeanne Molteau, femme de Simon Constant. 24, Alizon le Masle, femme à Jean Richart, laboureur. 25, Gérard Justine, procureur d'office, non de contagion. 26, Raulin de Bonaire, bonnetier. 27, Claude Lallemand, femme de Massin Pierron. 28, Claude Colet, femme de Louys Maupin, non pestiférée. AOUST. 4, Nicole Pasques, fille de defunct Sébastien Pasques. 28, Jean le Masle. 30, Simon Constant, ioueur d'instrumens. — 130 — SEPTEMBRE. 1C, Poncelet, surnommé Lallemand bastard. 2b, Pierre, filz de Philbert Picardeau, non pestiféré. 27, Pierre Lorette, non pestiféré. 30, Jean Choisy, et Perrine Pasques, femme de Jean Potot. OCTOBRE. 1, Jean Molteau, ieune garçon, greffier. 2, Pierre, filz de défunct Jean Choisy. 3, Jean Coustier, vieil garçon, le mesme iour, Nicole Philippot, femme de Jean Picardeau. 6, Philbert Picardeau. 9, Jean Taine, laboureur, le mesme iour, Marguerite Debonaire, femme de Jean Perlier dict Margie. 15, Jean, filz de Claude Petit, le mesme iour, Marguerite, fille de defunct Didier Flescheux. 18, Jeanne, fille de Gobert Petit. 23, Jean, filz de Gérard de la Roche. 25, Jean Pasques. 27, Nicole, fille de Gérard Marguet. 28, Nicole Charpentier, femme de Christophe Thomas. 31, Jean, filz de Jean Cabaret. NOVEMBRE. 5, Pierre, fils, et Jeanne, fille de Jean Ogier. 8, Jean Ogier, leur père. 10, Jeanne Fortier, femme de Raulin Colet, non pestiférez. 13, Remiette, dame vefve de defunct Nicolas Picardeau. Au bas de ce dernier acte, on lit celte mention Pestiférez communiants jusque a ce iour 38 enfants en bas âge et 52 au moins. Le relevé des victimes de la contagion s'arrête ici. Les années suivantes, de 1038 à 1650, nous fournissent encore quelques notes intéressantes noms de familles nobles, titulaires de charges, états, etc. FEBVRIER 1638. 10, Gilles le Maire, praticien. — 131 — DÉCEMBRE. 14, Henri Marchant, mre chireugien. APVRIL 1640. 22, Jacques Harsigny, vigneron. SEPTEMBRE. 27, Jean Débonnaire, filz de Jean Débonnaire, chirurgien, aagé de 27 ou vingt huict ans. NOVEMBRE. 6, Jean le Maire, sergent du village. APVRIL 1042. 11, fut enterrée au cimetière de Sery Perine Laurent, femme de Pierre Vie, décédée au village d'Inaulmont 1. MAY 1644. 17, Gobert Richart, tailleur d'habits, mourut aux Caves. NOVEMBRE. 29, Jacque Martin, boucher en la censé de Beaumont 2. JANVIER 1645. 18, Gislelte le Roy, femme de Jean Monclin, procureur d'office. APVRIL 1646. 13, Monsr de Sorbon, filz de Monsr de Fontaine et de damoiselle Nicole de Villelongue, tué au retour de Rheims. JUIN. 8, Jean Thomas, pauvre homme insensé trouvé dans Mesmont 3. MARS 1647. 5, Damoiselle Nicole de Villelongue, femme de Monsr de Fontaine. JU1LLIET. 10, fut enterré au cimetière de l'église de Sery Raulin Colet, décédé à Rethel. SEPTEMBRE. XXIX, mourut Mre Pierre Vié, prestre habitué en l'église de Sery. OCTOBRE. 9, Alizon Baillif, fille aagée. 24, au bourg de Liesse, Pierre Lantenois, beau-frère de Jean Pastou, censier de la Malmaison. 1 Inaumont, canton de Château-Porcien. 2 Beaumont-en-Avioth, ferme sur la route de Mesmont à Sery. 3 Village dont le terroir confine à celui de Sery. — 132 — MAY 1649. 2, Messire Hugues de Raymond, seigr de Fontaine et de Sery, mourut à Rethel, enteré depuis icy en sa paroisse 1. III. Nous arrivons aux guerres de la Fronde, si néfastes pour nos populations rurales. Les sièges de Chàleau-Porcien et de Rethel sont ainsi relatés dans notre registre AOUST 1650. Le 13 de ce mois, l'armée de Turaine, suivie de celle d'Espagne, assiégèrent Cha[lea]u-Porcien et Rethel 2 ; pendant ce temps furent tuez et perduz Pierre Dupont l'aisnel, Jean Prévosteau et Thiébault Maupin. Voici les noms d'autres personnes victimes des ennemis APVRIL 1051. 22, Philbert le Clerc, garçon de Beaumont, tué par des Allemands. Au mois d'août de la même année XVII, Jean Perlier, mort à Rethel, blessé en chemin par des Allemands au mois de may dernier. Au mois d'octobre, on trouve, au bas d'un acte du 11 de ce mois, écrit de la main du curé Nombre depuis l'arrivée des Espagnolz IIIIxx quinze, en tous 3 cent IIIIxxXVI des grands et communiants. Notons encore une victime du siège de Rethel en 1652 NOVEMBRE. 2, Poncelet Cailliet, blessé à mort au siège de Rethel. Et enfin, au mois de mai 1653 1, Jean Midou et Jean Martin, tuez la veille dans Beaumont par des soldats. Ici s'arrêtent les actes relevés par nous sur le petit registre des mortuaires de la paroisse de Sery. Le dernier qui s'y trouve inscrit est du 10 novembre 1660 et, sauf quelques lacunes, la 1 Pour la famille de Rémond, consulter Paul PELLOT, dans les Travaux de l'Académie de Reims, 1888, généalogie avec complément au Nobiliaire de Caumartin. 2 Sur les sièges de Château-Porcien et de Rethel, Cf. H. JADART, Chronique de Jean Taté, 1890, p. 59 et suiv.; CARUEL, Essai sur Rethel, 1891, p. 258, etc. — 133 — liste des baptêmes, mariages et décès prend corps à partir du 10 avril 1668 1 pour ne plus s'interrompre qu'à la Révolution. Nous avons cru utile de donner ces extraits du plus ancien. Ils pourront sans doute intéresser quelques personnes. AL. BAUDON. LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. APPENDICE Dans notre étude précédente sur le Loyalisme des Sedanais et leur hospitalité de 1638 à 1680, nous avons été conduit à donner çà et là des renseignements sur la situation financière de la ville de Sedan et des villages, qui constituaient au dix-septième siècle les principautés de Sedan et de Raucourt. Afin de les compléter et de donner ainsi au lecteur une idée plus précise de quelquesunes des conditions économiques des Sedanais à cette époque, nous allons reproduire en appendice trois tableaux, parmi ceux qui furent dressés, d'après des documents authentiques, par ou pour les commissaires royaux en 1647 et en 1648. On trouvera des indications suffisantes sur le rôle de ces commissaires à la page 108 de notre Loyalisme et aux pages 55 et 133 de notre Notice sur la Maison de Bouillon-La Tour. Ajoutons simplement que les mesures de capacité usitées à Sedan pour les grains étaient le quartel, qui pesait 45 livres et mesurait 29 litres 25 ; le setier, qui valait 5 quartels, et le muid, qui valait 12 setiers. 1 Voici l'intitulé du registre de 1668 Registre baptistère du village de Sery en Portien le Xe apvril 1668 par Monsr Petitfils, prestre curez dudit Sery ». — Jacques Petitfils est le premier curé dont les archives locales donnent le nom. Il mourut le 5 novembre 1670 Et le cim[ui" me jour du mois de novembre mil six cens septante six, fust déceddez vénérable et scientifique personne Maistre Jacque Petitfils, prestre et curée dudict Sery, et a esté inhumez en l'église au pieds du maistre autel do Sery par Monsieur le doyen de Rethel, accompagné de plusieurs prestres et habittans dudict Sery, tesmoings, et dudict Eustache Lallenient, elereques ». TABLEAU DÉTAILLÉ DES REVENUS DU DOMAINE DE SEDAN, de 1638 à 1647 A. — Fermes en grains de la Souveraineté de Sedan. NOMS 1638 1639 1640 j 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 Les terrages de Sedan 17m » 13m 9s 15m » p. u Maison 8m 4S 1,0701. ; 15™ » 13m » 13m » 11'" 6S ' Les ferrages de Balan 18 » 18 » 19 5S 1,300 1. 16 » ! 9001. 17 6 6 » 6 » 6 3 6 3 Une autre cense à Floing 1 6 1 6s 1 6 16 16 1 68 1 6S 1 6S 1 10 2e 1 10 2e Un moulin à Floing from. 6 3636464 6 464646 4 8» 4 [f moitié Une cense à Villers-Cernay 1 10 1 10 1 10 1 10 1 10 1 10 1 10 12 12 1 2» Un moulin aud. lieu fr. et seig.... 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » 2 » Une cense à Daigny seig. et av.... 5 8 58 5 » 5 » 5 » 5 » 5 » 5 » 5 » 5 » Un moulin à Daigny 5 » 5 » 1,2591. » 4801. 3601. 2001. 1501. 701. 971. Une cense à Givonne 4 6 4 6 4m 6S 4 7 3m » 3 » 3m » 3m » 3m » 3m » Une autre cense aud. lieu » 31 2 7 2 7 2 7 2 T 2 7 2 7S 2 7S 2 » Ie 2 » lcj i Un moulin aud. lieu fr. et seig.... 6 1 6 1 6 1 4 » 4 » 4 » 4 » 4 » 4 » 4 » i Un moulin à Francheval par. grain. » 14 » 14 » 14 » 14 » 14 » 14 » 14 » 14 » 14s » 14 » C. — Prés dépendant du domaine de Sedan. r NOMS 1638 1639 1640 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 Soixante-neuf arpents aux lieux de] Bélompré-quartier et la Buterne Levés pour cnes Bazeilles et Balan ! la maison Idem Id. Id. Id. Id. ! 4141. 3451. 4831. Quinze fauchées dans la prairie de; i Sedan \ Idem Id. Id. Id. Id. Id. ! 150 150 160 144 5 Onze fauchées dans la prairie des Angles cne Idem Id. Id. Id. Id. Id. I Compris avec Bélompré et la Bu terne. Cinquante arpents au lieu dit Meandru j cne Idem Id. Id. Id. Id. Id. 801. 4001. 3551. I 3671. i Les neufs prés de Douzy 4901. s. 3901. s. 4351. 4351. 4351. 4351. 435 435 435 435 Les prés de Vaussart commune de ! Douzy.... _ 2501. 2501. 250 250 250 250 250 250 250 250 Les huit fauchées do prés du Rullc cne Bazeilles 112 112 112 112 112 112 112 112 102 102 Les prés derrière Han cne de PouruSaint-Remy PouruSaint-Remy 40 30 30 35 15 13 151. 5E 13 13 Les prés de la Vieille Mairie 31 31 31 31 31 201. 10» 331. 33 33 Les prés Marinots cne 126 126 126 126 126 1261. 1261. 126 126 126 Les regains des prés de Douzv Néant Néant 73 73 73 73 73 73 62 62 Les regains des prés de Bazeilles... 1501. 1501. 210 210 210 155 155 155 155 155 Le pré de la Grève cnes Pouru-SaintRemy Pouru-SaintRemy Bazeilles 42 42 42 42 42 42 50 50 50 50 N. B. — Il y a 400 arpents de bois à vendre par an, de âge de 24 ans ou environ, au prix de 30 l. l'arpent, le fort portant le faible. — 137 - L'ORIGINE DES BOIS COMMUNAUX DE LA VILLE » DE septembre 1314. L'origine des biens communaux et, en particulier, des bois communaux est une question vivement débattue entre riens et sur laquelle la lumière ne sera faite que par la mise au jour grand nombre de textes. Le document que nous publions infrà a le mérite de nous renseigner d'une façon précise sur l'origine des droits qu'obtint la "ville » de Hargnies dans les bois qui l'entourent. Jean de Looz, seigneur d'Agimont et de Wallehan, de qui relevait la ville de Hargnies, était en conflit avec elle au sujet des aisances que ses habitants pouvaient prendre dans la forêt d'Ardenne. La forêt appartenait au seigneur; les habitants n'avaient là que des droits d'usage. Pour mettre fin au conflit, le seigneur abandonne aux bourgeois » et franc homme » 3, à toujours mais, permanablement » et en pleine jouissance 4 —ce qui constitue presque un droit de propriété 5 — une portion de la forêt seigneuriale. C'est un cantonnement dont la charte fixe les limites, en autorisant le bailli de Givet à planter des bornes autour de cette portion désormais devenue les bois communaux de Hargnies. La limite de ces bois communaux part d'une croix dressée à la jonction de la voie de Viruel » le vieux chemin de Hargnies à Vireux et de la voie de Giveit » le vieux chemin de Hargnies à Givet, à droite de la route actuelle. Vers l'W., elle va droit jusqu'à une ligne aboutissant au rier de grant fosse » le ruisseau de Grandfosse est un affluent de droite du Ri d'O, écrit sur les cartes et à tort Risdou, comme nous allons le dire ; le ruisseau de Grandfosse longe la lisière des bois de Vireux. Elle suit ce ruisseau jusqu'au rier d'O » c'est le grand ruisseau que les cartes appellent Risdou. Noire texte montre l'orthographe véritable de son nom qui est Ri d'O. En patois, on prononce rî d'Où », 1 Voy., sur ce point, l'excellent ouvrage que vient de publier H. SÉE Les classes rurales et le régime domanial en France au moyen âge. Paris, 1901, in-8° pp. 490 et suiv.. 2 Ce texte est pris sur une copie simple 2 feuillets papier xvie siècle — Arch. dep. du Nord, B. 526, n° 4963. Il n'a pas été signalé parmi les actes de Jean de Looz dans la Notice hist. sur la seigneurie d'Agimont-Givet, de l'abbé ROLAND, ni dans les Notes hist. sur Hargnies, du même parues dans Rev. hist. ard., II, pp. 158 et suiv. 3 Le bourgeois est l'homme libre ou franc qui jouit dos privilèges octroyés par une charte de franchises, par exemple de l'électoral et de l'éligibilité aux charges municipales. — Le franc homme est simplement le roturier, le vilain, tenancier d'une tenure libre, franc par opposition au serf, mais qui no bénéficie pas des privilèges municipaux. 4 Le texte dit por lors aisemens à faire et lors profis » ; les habitants peuvent faire leurs aisances et leurs profits. Ils peuvent emporter du bois pour brûler ou pour bâtir, et aliéner les coupes sauf le servage à payer au seigneur. 5 H. SEE, op. cit., pp. 513-514. - 138 - de là le nom fantaisiste donné par les géographes exotiques qui ont dressé les cartes de la région. La limite suit alors le Ri d'O aval » dans la partie appelée aujourd'hui Vallée des Prés » jusqu'au confluent du ruisseau de Javredongne, ruisseau qui sépare les bois de Vireux et de Hargnies, sur la rive gauche du Ri d'O.—Vois le N. et l'E., la limite part de la croix déjà nommée, revient en droite ligne au champ de Fol vilain » lieu dit inconnu à présent à Hargnies ; delà à la voie de Plainmont » c'est près de ce chemin qu'est situé le légendaire chesté de Plémont », dans les bois du Roi ; puis elle suit une goutelle petit ruisseau, à la lisière des anciens bois de Dinant, et, avec la goutelle, elle tombe en IIule grand ruisseau se réunissant à la Houille et formant aujourd'hui la frontière franco-belge.— Au S., la limile n'est pas donnée. Le seigneur, en abandonnant une portion de la forêt, se réserve cependant certains droits le servage, la paisson, lotîtes les justices c'est-à-dire la compétence et les profils en matière de haute et basse justice. Le droit de paisson est très connu. Le servage ne l'était pas, jusqu'à ce que nos recherches l'aient mis en lumière 1. — Enfin, dans les bois qui restent de son domaine plein, Jean de Looz concède à la ville » le droit de pâturage dans les bois âgés et pour les bêtes de loi » celles que la coutume autorise a conduire au bois. La concession du seigneur Hait donc, comme on le voit, importante. Paul COLLINET. COPIE A tous chiaus ki ches presens lettres verront et oront, Nos, Johans de Los, sires d'Agymont et de Wallechan, et Mahas, ma femme, dame de ches internes lies, salul et conoistre verileit. Comité chose soit à tos, comme destors et debas fut et avet esteil entre nos, d'unne par, et chias délle ville de Hargnis, d'atre par, si comme des aisemens de tOs nos bos et fores de Hargnis, Nos, par le conseilh de butines gens, nos sommes accordeis et asentis en teil manière ke por la remède de l'arme 2 mon très obier et ameit singneur et père, monsingneur Johan de Los et sir d'Agymonl jadis oui Deus assolie o et por les noslres, assi por bien, por pais et por accorde de nos et de chias de la vilhe de Hargnis. astons assentis et accordeis en teil manière ke lidis borjois et li franc homme de la vilhe de Hargnis tenront et auront a tos jors mais permanblement por iauz et por lors oirs, por lors aiseinens à faire et lors profis, les lies chi après deviseis Ch'est il Cf. Revue d'Ardenne et d'Argonne, t. VI. pp. 15 et suiv., 237 et suiv. — Nous donnerons prochainement un troisième article sur ce sujet, d'après la charte de Venins et quelques documents des archives communales de Mézières. 2 L'âme. 3 Que Dieu absolve. — 139 — à savoir délie crois la u li voie de Viruet li grande voie Ici départ delle voie de Giveit et val droit gus à lingne al rier de grant fosse et tot le rier do grant fosse gus à rier d'O et lot le rier d'O aval à rier de Javredongne; et de la desordite crois en revenant sus droit à lingne à champs cons dist fol vilain, cons dist la voie de plain mont, et del champ fol vilain droit à lingne, alle voie de plain mont, et delle voie de plain mont à unne gotelle ki est as bois chiaus de Dînant et contre val la gotelle alant droit en Hule. Et volons et otrions 1 ke los chis lies desornomeis soient deseivreis 2 el aboneis 3 entre nos et chiaus de la vilhe de Hargni. Et donnons plain pooir à noslre balhil et cheliu ki por nos i sierat de planter fins et bonnes et desoivres 4 en teil manière ke des lies desordis en avant enver la vilhe de Hargnis ki soit leurs, en teil manière ke deviseil est; saf le servaige et la paison s'ilh i esloit à avoir nostre droicture et totes justices à avoir. Et est à savoir ke tos li remanans de nos bos de chis lies desornomeis en la par dever Gyveit nos demorent à nos et à nos oirs franchement et sic teil manière ke chis delle vilhe de Hargni ni pulent mais riens clameir nen demandeir, saf chu que li vilhe de Hargni aront lor pasturage en bos agiés de totes bestes de loi. Et totes ces choses chi desordites et escrites, promettons nos et avons coneut loiament à tenir, en bonne foil, sens aleir encontre, par nos nen par nos oirs nen par atrui de par nos, etl en renonchons à totes choses ki nos poroient aidier et chiaus delle dite vilhe de Hargni grever, et les avons en coneul ke nos lor warandirons 5 en tos lies et encontre tos chias ki voront venir à jor et à droit 6; El de chu fermement à tenir obligons nos et le nostre, nos et nos oirs et nos successoirs. Et por chu ke che soit ferme chose et estable, en avons nos données à chias de nostre dovant dite vilhe de Hargni ches presens lettres saielleies de nos propres saias 7; et encor por plus grant *seurteit à avoir, avons nos depriet à nostre cher et ameit oncle, mon sangneur Jacques de Los, sangneur de Balastre 8 et chanoinne de Sainct Lambert à Liege et à nostre cher et ameit feable, monsangneur Johan, chastelain d'Yvuys 9 et chevalier, à nostre feable Jehaynot, son filh, et à nostre feable Ponchar, chastelain d'Agymont, et à nostre feable Franket de Hère 10, balhit de nostre terre de Gyveit, k'ilh voilhent mettre et pendre lors propres saias avoic les nostres; et nos, sires Jacquemes de Los desordis, Johans, chastallains d'Yvys, Jehannos, ses fis, Ponchars, chaslellain d'Agymonl et Franket de Hère, aile proiere et aie requeste de nostre chier sangneur et dames desordis, avons pendus nos saias à ches presens lettres avoic les lours en lesmoiguage de veriteit; lesqueles furent faictes et doneies l'an de grâce del incarnation nostre sangneur Jhesuchrist me ccc el quatorze, le mardi après la feste S1 Malhie l'aposlle et l'euwengelisle er mois de septembre 11. 1 Octroyons. 2 Mesurés. 3 Bornés. i Mesures. 5 Garantirons. 6 En justice. 7 Scellées de nos propres sceaux. H Près de Namur. 9 Ivois-Carignan. 10 Heer, près d'Agimont. M 24 septembre 1314. — 140 - COMPTE-RENDU BIBLIOGRAPHIQUE Le village et l'église de Renneville Ardennes, par H JADART avec la collaboration de J. CARLIEIR et G. MENU. — Arcis-sur-Aube, L. Frémont, 1901, 73 pp. gr. in-8°, planches extr. de la Rev. de Champ, et de Brie M. H. JADART ne se lasse pas de fournir son actif concours aux Revues de la région. Il vient encore de publier dans la Rev. de Champagne et de Brie une remarquable monographie d'un village et d'une église de la Thiérache. — Les premières pages de cet opuscule sont consacrées au village disparu de Senicourt, remplacé par le beau village de Renneville. Celui-ci fut créé de toutes pièces en 1205 ou 1206 n. st. par accord entre Roger de Rozoy et l'abbé de St-Martin de Laon. La charte de fondation est publiée en appendice d'après l'original des Arch. de l'Aisne. Nous ferons à son sujet à l'auteur deux observations l'expression de charte de commune qu'il lui donne pp. 5 et 7 est, impropre ; c'est exactement un pariage comme il y en a d'autres exemples dans les Ardennes pour les villes neuves. De plus, l'analyse de la charte aurait mérité d'être faite dans le corps de l'ouvrage et le texte eût gagné à être rapproché de ses voisins. L'histoire du village déjà tracée par MARTIN; Essai hist. sur Rozoysur-Serre est reprise avec de nouveaux détails, dont quelques-uns sont illustrés de pièces justificatives importantes. La majeure partie de la notice est consacrée à l'historique et à la description de l'église. Le portail et la nef sont du XIIIe siècle, contemporains de la fondation du village, la ITour et le chevet avec leurs appareils de forteresse sont du xvE et du XVIIe siècle. Nous n'insisterons pas sur l'importance de cette description qui est absolument complète et exactement minutieuse, comme le sont les autres descriptions d'églises de M. JADART. Il n'oublie ni les inscriptions des cloches, ni les graffites de l'extérieur et de l'intérieur. La monographie est accompagnée en appendice de documents inédits, d'extraits des registres paroissiaux, de la liste des lieuxdits, de recherches sur quelques vieux arbres, du relevé des inscriptions de croix, etc. —Plusieurs planches en phototypie éclairent les descriptions ; elles représentent l'église, la chapelle du Nord, la tourelle S'-Michel, le plan de l'église, le petit arbre et la vue générale de Renneville. Que l'auteur et ses collaborateurs dévoués reçoivent notre gratitude pour cette nouvelle étude qui leur fait grand honneur. P. COLLINET. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22 POÈTES ARDENNAIS ARTHUR RIMBAUD VII Rôle d'Arthur Rimbaud en Aîrique. Sa mort. Pendant trois années, du printemps de 1884 au début de 1887, l'activité exploratrice d'Arthur Rimbaud fui à peu près nulle. Occupé d'opérations purement commerciales ou rêvant d'entreprises lointaines, vers Zanzibar ou Madagascar et même vers l'Inde ou le Tonkin, le poète ardennais semble avoir complètement oublié le Harar et l'Ethiopie. Cependant, les voyages se multipliaient dans ces contrées au point qu'il serait trop long de les énumérer tous nous nous contenterons d'en signaler les principaux. De 1883 à 1885, Alphonse Aubry, ingénieur civil des mines, parcourait le Choa et les pays gallas avec le D' Hamon qui périt en roule. Le capitaine Longbois, venu à la cour de Ménélick de la pari du président de la République française, accompagnait au retour l'ingénieur Aubry. D'autres Français se livraient vers le même temps à des explorations commerciales ou désintéressées qu'il nous suffise de citer les noms de Paul Soleillet, de Jules Borelli, de Labatut, dont Rimbaud fut l'associé malheureux, d'Eloy Pino, représentant d'une maison de Marseille, de MM. Alfred Bardey, Brémond et Chefneux. Deux Italiens méritent également une mention particulière ce sont Ragazzi et Bricchetti-Robecchi, qui tous deux visitèrent Harar. Mais le voyage le plus fécond en résultais scientifiques fut, pour cette période, l'expédition entreprise par le Dr Dominik von Hardegger et le Dr Philipp Paulitschke. Les deux Autrichiens explorèrent les régions hararis, somàlis et gallas à tous les points de vue, et recueillirent les données les plus précieuses sur la topographie, l'ethnographie, la civilisation matérielle et intellectuelle de la corne orientale de l'Afrique 1. 1 Ce qu'avait tenté Rimbaud fut réalisé par Paulitschke dans son voyage en 1885-1886 Paulitschke avait pour lui une grande expérience de savant, des ressources financières considérables, les instruments les plus perfectionnés. Il a publié sur le Harar et le Somâl une série de livres admirables et richement documentés qui parurent à Leipzig de 1886 à 1896. Paulitschke est mort à Vienne le 15 décembre 1899. REV. D'ARD. ET D'ABC-. T. VIII, n° 9. — 142 — Rimbaud rentre en scène au printemps de l'année 1887 et se signale de nouveau à l'attention des géographes à l'occasion de son voyage au Choa. Celte expédition, organisée pour fournir une livraison de fusils au roi Ménélick, fut plutôt malencontreuse pour les intérêts du négociant 1, mais elle eut ce résultat profitable pour la science de faire connaître une route nouvelle, la meilleure et la plus courte pour accéder au Choa. Rimbaud, en compagnie de Jules Borelli 2, utilisa ce chemin direct et jusqu'alors inconnu, qui le conduisit d'Entollo à Harar par le pays des Ilous-Gallas son itinéraire complétait et corrigeait heureusement les itinéraires qu'avaient précédemment suivis le Français Aubry et l'Italien Ragazzi. — Le rapport du voyage de Rimbaud publié dans Le Bosphore égyptien nos des 25 et 27 avril 1887, donne une foule de renseignements destinés à détruire les espérances exagérées, excitées par quelques voyageurs, sur l'exploitation commerciale de ces territoires. C'est ainsi qu'il met en doute l'exploitation rémunératrice des dépôts de sel du lac Assal par l'établissement d'un chemin de fer à voie étroite, qui avait été projeté par quelques entrepreneurs français, et cela à cause des grandes difficultés du terrain. Il combat nettement la possibilité de la navigation sur le fleuve Ilaouache, même au moment des plus fortes crues, et contredit ainsi les données de Paul Soleillet et du capitaine Longbois. Il recommande aux futurs voyageurs la route de Zeilah au Choa par Harar et le pays des Itous ; cette route évite le territoire des Danakil toujours enclins au pillage et traverse des contrées plus fertiles. Il décrit le pays des Ilous-Gallas qui forme un haut plateau d'environ 2,500 mètres au-dessus du niveau de la mer on y trouve d'excellents pâturages et de vastes forêts, et la région peut se prêter à la colonisation européenne autant par sa fertilité que par la douceur de son climat. Le nouvel itinéraire d'Enlotlo à Harar, envoyé par Rimbaud à M. Bardey, fut communiqué par ce dernier à la Société de Géographie de Paris qui le publia dans ses Comptes-rendus 3. 1 Cf. Revue d'Ardenne et d'Argonne, t. VI, p. 152. 2 Il est curieux de noter l'appréciation de M. Jules Borelli sur son compagnon de voyage ... Noire compatriote a habité le Harar. Il sait l'arabe et parle l'amharina et l'oromo. Il est infatigable. Son aptitude pour les langues, une grande force de volonté et une patience à toute épreuve le classent parmi les voyageurs accomplis... » 3 Compte-rendu des séances de la Société de Géographie, Paris, 1887, séance du 4 novembre 1887 pp. 416-417. La 3Revue d'Ardenne et d'Argonne a reproduit cet itinéraire, tome VI, pp. 153-154. - 143 — Il fit aussi l'objet de notices élogieuses dans les principales revues géographiques qui signalèrent l'importance du service rendu par Arthur Rimbaud cilons, parmi ces revues, les Petermanns Mitteilungen 1, les Proceedings of the Royal Geographical +Society 2, le Bolletino délia Société geografica italiana 3. L'itinéraire qu'avaient relevé Rimbaud et Borelli fut désormais celui qu'utilisèrent la plupart des explorateurs qui leur succédèrent tel fut le cas d'un officier russe, M. Mashkow, qui, accompagné de sa femme, visita le Choa en 1891. A propos de ce voyage, M. Bardey s'exprime ainsi Quittant le Harar, ils suivirent celte roule des Ilous-Gallas et des Cherchers décrite brièvement, mais d'une façon si minutieuse et si pittoresque par Arthur Rimbaud... En octobre 1891, M. et Mme Mashkow arrivèrent à Anloto, capitale militaire du Choa et résidence de l'empereur Ménélik, qui chargea M. Mashkow d'un mission pour SaintPélersbourg. Au point de vue géographique, M. Mashkow n'apporte aucune connaissance nouvelle. Les routes qu'il a parcourues sont depuis quelques années bien connues » 4. Après sa désastreuse expédition des fusils. Rimbaud vint se reposer au Caire, où nous le voyons occupé à divers projets, notamment à celui de faire publier par la Société de Géographie de Paris la relation de son voyage en Abyssinie ; il sollicite en même temps des subsides pour faire des voyages d'exploration au compte de la Société 5. Mais rien n'aboulit l'ouvrage projeté ne vit pas le jour, et la mission demandée ne put lui être accordée. Cette tentative nous prouve que Rimbaud avait recueilli des noies et des souvenirs sur les pays qu'il avait traversés. D'ailleurs, ces notes furent-elles jamais rédigées? Et si elles le furent, que sont-elles devenues ? 6. En 1888, Rimbaud, enfin résolu à s'établir à son propre compte, 1 Dr A. Petermanns Mitteilungen, 33. Band, 1887, p. 370, bulletin mensuel de M. A. Wichmann. 2 6Proceedings of the Royal Geografical Society, janvier 1888, p. 39. 3 Bolletino délia Socielà geografica italiana, série III, volume I, janvier 1888, pp. 6-1-65. i Compte-rendu des séances de la Société de Géographie, Paris, 1892, séance du 4 novembre 1892, p. 408. 5 La mission rétribuée qu'il sollicitait avait pour but l'exploration des pays situés entre le Harar et les Grands Lacs. M. A. Bardey appuya de son mieux cette demande qui faute de fonds ne put être accordée. fi M. A. Bardey doute fort que Rimbaud ait jamais recueilli des notes scientifiquement précises sur les régions. Le poète ardennais en a peut-être eu l'intention comme l'indique ses lettres. Mais tout fait supposer qu'il n'a rien réalisé et que toute recherche dans cette voie serait infructueuse. — 144 — fonda une factorerie à Harar, où il séjourna jusqu'en avril 1891. Pendant ces trois années, son activité purement commerciale se dépensa en courses et en expéditions de toutes sortes, mais sans aucun résullat scientifique. Quelques indications vagues, éparses dans ses lettres, sont tout ce qui nous reste de celte période. Ces lettres, où il se souciait peu de donner à sa famille des renseignements géographiques dont elle n'avait que faire, sont, comme on l'a dit, d'un honnête garçon et même d'un bon fils... » Tel est le bilan géographique d'Arthur Rimbaud la découverte du plateau de Bubassa, le rapport sur l'Ogadine, le nouvel itinéraire d'Enlotto à Harar. Et encore ces résultats n'ont-ils clé connus que grâce à M. A. Bardey, qui les a sauvés de l'oubli. Ce bagage est un peu mince pour mériter à Rimbaud le litre de grand explorateur, mais il est suffisant pour qu'on puisse dire de lui avec son ancien patron, qu'il a été, en même temps qu'un homme utile et courageux, un des premiers pionniers au Harar ». Après avoir tenté de remettre au point le rôle géographique, il convient d'apprécier ce que M. Paterne Berrichon appelle l'influence politique d'Arthur Rimbaud et de réduire à néant les interprétations qui ont fait du poète ardennais une sorte de conseiller officieux présidant aux destinées de l'Ethiopie. El d'abord Rimbaud eut-il jamais des visées politiques ? Avec le caractère que nous lui connaissons, caractère d'individualiste intellectuel, de solitaire cérébral, il est fort probable que ce genre de préoccupations lui était devenu très indifférent et devait même exciter chez lui le plus profond mépris. S'il lui est arrivé parfois d'exprimer des opinions sur la politique coloniale, il ne l'a guère fait que par boutades de négociant tracassé. D'autre part, nos différentes sources d'information, documents personnels ou lettres communiquées par la famille, indications fournies par les personnes fixées en Abyssinie et au courant des questions africaines, enfin et principalement l'absence de faits positifs, tout nous autorise à penser que Rimbaud fut constamment réfractaire aux ambitions politiques. Rimbaud a forcément été en relations avec les autorités des pays où il a séjourné ; il ne s'agit bien entendu que des autorités abyssines. C'était normale! même indispensable. Il faut, de plus, — 145 — se représenter l'organisation du gouvernement et de la société dans la région éthiopienne, du moins il y a une quinzaine d'années. Les autorités, depuis le négus jusqu'au dernier ogaz, n'étaient alors que de vulgaires trafiquants, d'une loyauté souvent douteuse en matière commerciale, des chefs de bande cupides qui mêlaient leurs intérêts particuliers avec ceux de l'Etat. Le rôle politique que pouvaient jouer à ce moment-là les Européens en Abyssinie n'est pas du tout celui qu'on pourrait s'imaginer. Ils n'avaient guère que des relations commerciales avec les chefs abyssins, petits ou grands, et Rimbaud n'était pas plus favorisé que les autres. Le principal article d'importation consistait à fournir des fusils qui était la marchandise la plus rémunératrice 1. On pourra d'ailleurs se représenter facilement les moeurs et les habitudes des indigènes en lisant les récils des voyageurs qui ont parcouru ces contrées, en particulier ceux de M. Jules Borelli, le compagnon de Rimbaud en 1887 2. Ces considérations suffisent pour anéantir la légende d'un rôle politique joué par A. Rimbaud, rôle dont M. Berrichon voit le point de départ dans une livraison de fusils et dans la correspondance échangée avec le Ministère des colonies 3. 1 Nous nous en référons au témoignage significatif de M. Borelli Les armes sont le seul objet d'échange qui laisse aux commerçants européens un profit suffisant et certain. Qui voudrait s'acheminer vers ce pays au risque de sa vie, pour un gain problématique '? » JULES BORELLI Ethiopie Méridionale, Paris, 1890, gr. in-8°. 2 Voici quelques extraits du livre de M. Borelli, Ethiopie Méridionale Antoto, 27 juillet 1886. — Je me suis rendu au quartier européen, ainsi nommé parce qu'il est habité par quatre Européens. Trois d'entre eux sont au service du roi depuis dix années Ilg, ingénieur ; Zimmermann, mécanicien ; et Appenzeller, menuisier. Ils n'ont pas l'air satisfait. Le roi ne tient pas ses promesses... La mauvaise loi de Ménélick est proverbiale. » Fallé, 20 janvier 1887. — Un Français, M. Pino, me reçoit dans sa hutte. M. Pino est établi au Schoa depuis plusieurs années ; il reste auprès du ras Govanna. 11 a été victime de ses excès de confiance dans les Amhara et ne réussit pas à obtenir justice contre ceux qui l'ont trompé ou volé. » Ankober, mercredi 9 février 1887. — M. Rimbaud, négociant français, arrive de Toudjourrah avec sa caravane. Les ennuis ne lui ont pas été épargnés en route. Toujours le même programme mauvaise conduite, cupidité et trahison des hommes ; tracasseries et guet-apens des Adal ; privation d'eau, exploitation des chameliers. » Antoto, 14 mars 1887.—Le Balambaras Mékonen a été nommé Dedjazmateh et gouverneur C'est un des illustres abyssins qui m'a le plus exploité, sans me donner aucune dos choses nécessaires à la vie ou à l'accomplissement de mon voyage, la seule que je recherche, que je sollicite et que j'attende impatiemment. » Zeilah, 16 octobre 1888. — Croire que Ménélick ait pour la France plus d'attachement que pour l'Angleterre ou la Chine, c'est une pure illusion. Le Negouss est complètement rebelle aux sentiments d'amitié et de reconnaissance ; ses vues politiques ne dépassent pas l'horizon amhara. Il n'a pas de préférence et il l'a prouvé que pour celui qui lui offre le plus de présents en fusils ou en espèces. Encore le donateur devra-t-il surveiller de près l'exécution des promesses qui lui seront libéralement octroyées... » 3 Cf. Revue d'Ardenne el d'Argonne, t. VI, pp. 155-156, où nous avons élucidé cette question, en publiant toutes les pièces officielles. — 146 — Pour ceux qui garderaient encore un doute, nous croyons utile de citer les témoignages probants de deux hommes à qui leurs rapports avec Rimbaud, leur haute situation et leur influence permettent de porler un jugement autorisé l'un, M. Chefneux, consul général d'Ethiopie, nous a nettement affirmé que Rimbaud n'eut jamais de mission du gouvernement français et se borna, comme les autres Européens, à faire le commerce des armes. L'autre, M. A. Bardey, a bien voulu nous écrire une longue lettre dont ce passage nous semble caractéristique à reproduire ... Si on a prétendu que Rimbaud n'avait pas été étranger aux événements éthiopiens, qu'il avait préparé la lutte entre l'Abyssinie et l'Italie, qu'il avait exercé une influence considérable sur les chefs de ces contrées, qu'il avait été le conseiller écouté du Ras Makonen et de Ménélick lui-même, que tous ces personnages avaient pour lui une grande admiration, qu'il leur inspirait des projets de réformes sociales, etc., qu'il était l'agent officieux du gouvernement français qui l'aurait chargé, en quelque sorte, de fournir des armes aux Abyssins, ce on n'a jamais expliqué, que je sache, ce qui lui faisait émettre ces affirmations qui me paraissent bien être le produit de son imagination. Quant à moi, je ne sais absolument rien de tout cela, mais permettez-moi de vous présenter les observations suivantes Des publications militaires françaises et étrangères, notamment les Italiens en Afrique» du capitaine de l'Etat-major général Pellenc ont dévoilé tous les dessous du conflit Italo-Abyssin. La guerre ne vint pas de conseils, mais de la force d'événements imprévus. Elle eut lieu en 1895-96 et Rimbaud était mort en 1891. Le commerce d'importation des armes se fait largement au Choa depuis 25 ans et je ne vois pas du tout Rimbaud, insoumis militaire, agent officieux du gouvernement français pour des fournitures d'armes. Je ne connais du reste que son affaire de fusils avec Labatut, 2,000 je crois, et il est entré plus de 200,000 fusils et des canons au Choa en 20 ans. Il eut des difficultés avec Ménélick en 1886-87 à propos d'armes refusées. Il me paraît difficile qu'il ait pu en même temps être son conseiller. Du reste s'il est de notoriété publique que Ilg est depuis 1878 conseiller de Ménélick, je ne l'ai jamais entendu dire de Rimbaud. Au Harar, il est bien connu que Rimbaud eut de bonne — 147 - relations avec Makonen, rien ne fait croire qu'elles aient eu un but plus élevé que celles que tous les négociants européens sont obligés d'avoir en ces pays avec les chefs indigènes... » Enfin nous avons tenu à poursuivre notre enquête jusqu'auprès de personnalités abyssines et nous avons obtenu entre autres une réponse du Ras Makonen, qui fut en relations fréquentes avec Rimbaud. Cette réponse montre qu'il y eut évidemment de bons rapports entre le poète ardennais et le gouverneur de Harar. Mais elle n'indique en rien l'intimité qu'on s'est plu à imaginer et elle confirme définitivement nos conjectures sur l'absence d'un rôle politique quelconque. La dernière question qu'il reste à examiner est celle de l'influence civilisatrice que son trop enthousiaste beau-frère a bénévolement attribuée à Rimbaud. Aucun fait ne vient à l'appui de cette opinion. On chercherait en vain dans la correspondance publiée la moindre trace de semblables préoccupations. Les témoignages des gens du pays n'apportent non plus aucune preuve à cet égard. Rimbaud, qui était d'une grande bonté naturelle, a fait autour de lui le bien qu'il a pu. Mais il y a loin de ces faits isolés à une action civilisatrice, à la transformation morale de tout un peuple. Pour jouer ce rôle, il eût fallu un ascendant que Rimbaud ne posséda jamais. Il est curieux de noter à ce propos les excès d'imagination où s'est complu la fantaisie de M. Berrichon l;car on ne peut s'empêcher de 1 Voici quelques extraits de l'étude de M. Berrichon ... Instaurer dans ce pays barbare une société immédiatement au diapason du progrès européen en ce qu'il a de bon, société dont le développement devra donner au monde un exemple harmonieux des moeurs telle semble être une des dominantes préoccupationss du Rimbaud d'alors. Il traçait la voie, ouvrait le champ de gloire où les Ilg, les Mondon, plus tard, s'illustreront instruments des victoires et des conquêtes de Ménélick II. » ... Il agit de sorte que, après quelques mois d'allées et venues en ce pays d'agriculteurs et de pasteurs, il était déjà considéré comme une providence devant laquelle la haine de l'Européen, haine traditionnelle, devait s'abattre. Et c'est ainsi qu'il put, sans encourir de dangers, visiter des contrées qu'aucun oeil de blanc n'avait encore osé aller regarder... » ... De ses fatigues et de ses tracas, il se reposait, nous l'avons dit, en répandant parmi les indigènes le trésor de sa bonté. Sur sa mule fière d'un aussi précieux et amical cavalier, on le voyait parcourant, suivi ou non de quelque caravane porteuse d'ivoire et d'or quand ce n'était d'armes libératrices, les déserts somalis ou les fertilités de la chrétienne Ethiopie. A chaque instant, il s'arrêtait pour porter lui-même, sous quelque tente, en quelque hutte le bien-être et la civilisation, l'amour aussi de la liberté. Que d'esclaves il dut racheter, pour leur enseigner la dignité et la conscience.. ... Le ras Makonnen, le plus éminent d'entre eux, le plus intelligent, le plus noble, devint l'ami pieux de Rimbaud. Héroïque lui-même, ce vice-roi, conseiller principal du Négus, ne voyait plus, ne jurait plus que par notre civilisateur. Et c'est connu, et c'est proverbial dans — 148 — sourire, quand on connaît la réalité. Celte réalité nous apparaît dans les récits de voyage de M. Borelli 1 et dans ceux de la Mission Bonchamps 2. Du reste, le caractère d'Arthur Rimbaud était opposé à tout rôle religieux et social. Il eût été surpris lui-même si on l'avait traité de moralisateur, de rénovateur et de prophète. C'était au fond un sauvage et un misanthrope, si l'on en croit ceux qui l'ont beaucoup fréquenté en Abyssinie, comme MM. Chefneux et Teillard. Avec son abord parfois rude et d'une dureté de sceptique qui se lie difficilement, Rimbaud leur apparaissait comme un dégoûté vivant isolé dans un coin de pays perdu, et menant une véritable existence d'anachorète. Resté profondément mystique, il ne subissait plus comme aux années d'enfance le charme du catholicisme. L'Islam l'attirait de plus en plus et le Coran semblait devenu sa lecture favorite. Au surplus, même si Rimbaud avait eu les visées qu'on lui prête, il se serait heurté à des difficultés inouies. En effet, l'Abyssinie n'est pas le peuple barbare que beaucoup de gens se représentent. Elle a une civilisation fruste encore, si l'on veut, mais très ancienne. Depuis quinze siècles elle est fidèle à ses traditions, à sa religion que n'ont pu entamer les assauts de l'islamisme 3. En somme, Rimbaud fit sentir sa bonté, sa douceur, sa serviabilité, son dévouement, mais seulement dans le cercle restreint de son entourage, et son rôle civilisateur fut simplement celui de tous les autres Européens. Il contribua par le trafic à introduire quelques progrès matériels, sans amélioration morale toute la région, où les deux syllabes de ce nom Rimbaud ! ne résonnaient désormais plus sans provoquer aussitôt un respect ému et solennel, comme religieux.. ... On le vit bien parfois, enveloppé dans son burnous, sous le soleil chaleureux et devant la mer immense et maudite, se plonger, solitaire, dans une extase 'immobilité. Mais c'était à 'en point douter, pour 'assimiler quoique mystère créateur 'étranges beautés. Et de même que toujours, il explorait, en vue de grossir son savoir, déjà, on le sait, formidable. Ni rien, pour cela, ne lui était un obstacle ni la lâcheté des hyènes, ni la férocité des tigres, ni le fanatisme musulman des bédouins. 'ailleurs, il était protégé par son propre nimbe de générosité humble et, si 'on massacrait et pillait, en ce emps-là, les européens et leurs caravanes, lui ne fut jamais 'objet 'aucune malveillance, même de la part des tribus les plus redoutées, les plus réputées redoutables... 1 f. la note de la page 45, où 'on saisit sur le vif les singuliers agissements des byssins envers les uropéens, sans excepter imbaud. 2 Ces récits viennent 'être publiés cette année par M. Michel, le second de la Mission, à la librairie Pion. 3 Cet attachement au passé, où l'Abyssinie s'est comme cristallisée, nous venons de l'entendre particulièrement mis en relief par M Hugues Le Roux, chef de la Mission du Nil Bleu, la plus récente qui ait parcouru ces contrées. — 149 - d'aucune sorte. Car les Abyssins et les Gallas d'aujourd'hui ressemblent fort aux Abyssins et aux Gallas d'autrefois. Cet aperçu des différents rôles qu'a joués Rimbaud en Afrique, de 1880 à 1891, nous mène au terme de notre étude. Il ne nous reste plus qu'à signaler la maladie et la fin prématurée de celui dont l'existence avait été traversée de tant d'épreuves et d'aventures. Au commencement de 1891, dans la pleine prospérité de son commerce, Arthur Rimbaud se sentit atteint au genou droit d'une douleur arthritique, qu'il attribua aux fatigues physiques et au climat du pays. Le mal ne fit qu'empirer. A la fin de mars, il se décidait à regagner Aden ; ce fut un pénible voyage à travers les 300 kilomètres de déserts, qui séparent les monts du Harar du port de Zeilah. Sa correspondance 1 relaie les douloureux épisodes de ce retour, qui fut un véritable chemin de croix. Le médecin anglais d'Aden lui conseilla de se rendre au plus vite en Europe. Il prit le bateau des Messageries Maritimes qui le débarqua, le 22 mai, à Marseille. Sa jambe malade fut amputée quelques jours plus tard à l'hôpital de la Conception et après six semaines de soins il alla retrouver sa famille à Roche dans les Ardennes, pour y achever sa convalescence. Ce séjour à Roche fut de courte durée. Devant la persistance du mal qui le faisait atrocement souffrir, il fut repris du désir intense de revoirie soleil d'Afrique, dont il espérait la guérison. Au bout d'un mois, le 23 août, il repartait pour Marseille, avec l'intention de s'embarquer le plus tôt possible. Mais le mal impitoyable ne lui permit pas d'aller plus loin et il fut contraint de rentrer à ce même hôpital de la Conception, dont il ne devait plus sortir. Son agonie s'y prolongea pendant près de trois mois. Le 10 novembre 1891, à l'âge de trente-sept ans, il y rendait le dernier soupir. Son corps, ramené à Charleville, repose dans la terre natale, auprès de sa soeur Vitalie. Les derniers sentiments d'Arthur Rimbaud avaient été des sentiments de révolte et de désespoir. Dans une lettre qu'elle 1 Mlle Isabelle Rimbaud, après nous avoir communiqué ces lettres que nous avons été es premiers à connaître, les a réunies en volume. - 150 — nous adressait jadis 1, Mlle I. Rimbaud nous a cité les termes mêmes dans lesquels s'exprimait le poète mourant Moi qui n'ai jamais fait de mal à personne ! C'est une triste récompense de tant de travaux, de peines, de fatigues. Quel ennui, quelle tristesse, en pensant à tous mes anciens voyages, et comme j'étais actif il y a seulement cinq mois ! Où sont les courses à travers monts, les cavalcades, les promenades, les déserts, les rivières et les mers !... Adieu mariage, adieu famille, adieu avenir, ma vie est passée, je ne suis plus qu'un tronçon immobile... » Nous ne parlerons que pour mémoire de son retour à la religion catholique. Il nous est difficile d'y ajouter créance, et les dernières exclamations elles-mêmes de Rimbaud à l'agonie Allah Kérim ! Allah Kérim ! » semblent plutôt confirmer le penchant vers l'islamisme, que nous avons eu l'occasion de noter, sur le haut témoignage de M. Chefneux. Le premier qui ait songé à honorer la mémoire d'Arthur Rimbaud fut sou ancien ami, son glorieux compagnon littéraire, Paul Verlaine. Le destin et la mort du Poète Maudil » inspirèrent au Pauvre Lélian ces deux sonnets qui font revivre l'étrange figure de l'auteur des Illuminations A ARTHUR RIMBAUD Sur un croquis de lui par sa soeur. 2M mort, mort, mort ! mais mort du moins tel que tu veux, Fin nègre blanc, en sauvage splendidement Civilisé, civilisant négligemment... Ah, mort ! vivant plutôt en moi de mille feux D'admiration sainte et de souvenirs feux Mieux que tous les aspects vivants même comment Grandioses ! de mille feux brûlants vraiment De bonne foi dans l'amour chaste aux fiers aveux. Poète qui mourus comme tu le voulais, En dehors de ces Paris, Londres moins que laids, Je t'admire en ces traits naïfs de ce croquis Don précieux à l'ultime postérité Par une main dont l'art naïf nous est acquis, Rimbaud! pax lecum sit, Dominus sit cum te! 1 Le 27 septembre 1896. — 151 - A ARTHUR RIMBAUD. Mortel, ange et démon, autant dire Rimbaud, Tu mérites la prime place en ce mien livre, Bien que tel sot grimaud t'ait traité de ribaud Imberbe, et de monstre en herbe, et de potache ivre ; La prime place encore au temple de Mémoire, Tous les flots de l'encens, tous les accords du luth ! Ton nom resplendissant chantera dans la gloire, Parce que tu m'aimas ainsi qu'il le fallut. Les femmes te verront grand jeune homme très fort, Très beau d'une beauté paysanne et rusée Avec une attitude indolemment osée L'Histoire t'a sculpté triomphant de la mort, Poète tout puissant et vainqueur de la vie Tes pieds blancs posés sur les têtes de l'Envie. La gloire de Rimbaud, à la vérité, est toute récente, et il n'y a pas bien longtemps encore son nom n'était guère connu que des hommes qui ont débuté dans les lettres à la fin du second Empire. Dans cette Revue nous avons été les premiers à révéler la vie littéraire du poète et nous avons publié la biographie la plus complète de l'homme. D'autres ont contribué à faire connaître sa curieuse personnalité. Aussi, en dépit de légendes grossières et calomnieuses, on n'ignore plus maintenant son existence fantastique en dehors des conventions sociales, son extravagante destinée coupée d'aventures folles, d'excessifs malheurs, et rien ne s'oppose plus aujourd'hui à la glorification de l'homme et du poète dans un square de sa ville natale rendu célèbre par un de ses poèmes, s'élèvera bientôt le monument qui perpétuera par le bronze l'auteur du Bateau Ivre et le voyageur de l'Afrique orientale. Jean BOURGUIGNON et Charles HOUIN. Juin 1901. — A propos de notre précédent article, nous avons reçu de M. Alfred Bardey une lettre intéressante, qui précise certains faits et que nous tenons à reproduire, en exprimant à son auteur le témoignage de notre gratitude Lyon, 21 Mars 1901. MONSIEUR ET CHER COLLÈGUE, Je viens de recevoir le numéro de la Revue d'Ardenne et d'Argonne que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Je vous remercie bien vivement de cette aimable attention et vous en suis très reconnaissant. — 152 — En ce qui concerne Rimbaud explorateur, vous avez tout à fait remis les choses en place. M. Berrichon, dans son admiration pour son beau-frère, avait voulu en faire un dieu et sa théorie était quelque peu ahurissante pour ceux qui, comme moi, n'avaient vu dans Rimbaud qu'un homme très intelligent, courageux et bon, ce qui n'est pas ordinaire, mais n'a rien de divin. Je vous demande la permission de compléter quelques-unes de vos noies. Page 44. — Cecchi et Antonelli ne passèrent au Harar qu'à la fin de 1881 et ils habitèrent chez nous. Cecchi, plus tard consul général d'Italie, fut tué il y a quatre années, entre Moguedischou Magadoxo des caries, sur l'Océan Indien, rive sud du pays Somali, et Giledi, voisin de 80 kilomètres environ. — Pinchard fut un de nos agents au Harar. Ancien sous-officier de tirailleurs, je crois, ayant habité très longtemps l'Algérie et la Tunisie en dehors de son service militaire, il parlait l'arabe comme sa propre langue. Les Egyptiens ne voulaient pas le croire Français et le qualifiaient de Maugrabi Arabe de l'Afrique du Nord. Quand je l'engageai pour m'accompagner au Harar, il n'avait jamais pénétré dans l'intérieur du Somal ou de toute autre partie de l'Afrique orientale. Il venait de cesser de faire partie d'une sorte de Société de sauvetage qui s'était constituée pour racheter aux Somalis les épaves de divers vapeurs le Cachemyr », le Vortigiern », etc., échoués au cap Guardafui extrême pointe Est du Somal, et pour tenter d'avoir une concession de phares. Nous montâmes ensemble au Harar et à mon départ de cette ville, je l'y laissai comme directeur de notre agence. Il était très brave et circulait constamment en dehors de la zone de protection militaire. Le premier il parcourut les Guerrys et les Barteris, gallas de l'Est du Harar, et j'ai encore une lettre de Nadi-Pacha, gouverneur égyptien, me demandant de lui interdire ses dangereuses sorties. Mais il n'est jamais allé jusqu'en Aroussi-Galla. Il est du reste aussi inexact de dire qu'on peut aller par Zeilah, Harar et le fleuve Hawash en Aroussi-Galla que de dire qu'on peut aller par Marseille, Lyon et la Garonne dans la Champagne. Puis en 1879, Pinchard était constamment à Aden ou à Alloula près Guardafui. Il fut notre agent au Harar depuis mon départ de cette ville premiers jours d'octobre 1880, jusqu'à mon retour, mars 1881, époque à laquelle il dut partir pour l'Egypte pour raison de santé. Il a donc été le chef de Rimbaud depuis l'arrivée de celui-ci, décembre 1880, jusqu'à mon retour, mars 1881, où je repris la direction jusqu'en octobre suivant. Rimbaud ne fît ensuite l'intérim que pendant quarante jours, restant pendant ce temps dans la ville. Mon frère Pierre prit la direction en novembre 1881 et la conserva jusqu'en mai 1883. Ce n'est qu'à cette époque et après avoir passé seize mois à Aden que Rimbaud fut agent au Harar, et si j'insiste un peu sur ce sujet, c'est que M. Berrichon l'a cru le créateur de toutes choses dans notre maison de Harar, ce qui n'est pas juste pour ses chefs et ses collègues. Rimbaud, de retour à — 153 — Aden, a-t-il eu l'idée de composer à l'aide de ses notes, notes dont je ne lui ai jamais entendu parler, un ouvrage sur le Harar et les pays Gallas? Je l'ignore absolument et nous passions au moins huit heures par jour dans le même bureau. Avant sa mort, qui n'eut lieu qu'en novembre 1891, il aurait pu en dire quelque chose. En matière d'exploration, autre chose est d'avoir l'idée d'écrire et de le faire réellement. Quoiqu'il en soit, jusqu'en 1885, ses voyages ont été accomplis pour notre Société. Ils se bornent, à part les routes de Zeilah au Harar, à quinze jours de séjour à Boubassa et à quelques courses de deux à trois jours au plus dans la région avoisinant Harar. Ce qui était déjà très beau pour l'époque. Je ne puis dire très exactement ce qu'il a fait après 1885 comme voyages, mais il est avec M. Borelli, le premier Européen qui soit venu du Schoa au Harar, et quand il m'envoya l'itinéraire de cette route, je m'empressai de le communiquer, sous son nom, à la Société de Géographie, comme j'avais déjà fait pour son rapport sur l'Ogaden après le voyage de Sottiro et pour sa demande de mission aux lacs déjà découverts et marqués sur les cartes sous les noms de Rodolphe et Stéphanie. Encore merci de votre envoi et croyez-moi, Monsieur et cher Collègue, votre bien cordialement dévoué. — Alfred BARDEY. J. B. et Ch. H. 1. LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 SUITE. APPEN DICE Nous continuons dans les pages suivantes la série des tableaux contenant les revenus de la Principauté de Sedan. Stéphen LEROY. 1 En terminant cette série d'articles sur la vie africaine d'Arthur Rimbaud, nous avons le devoir de remercier les personnes qui nous ont fourni à ce sujet des renseignements nombreux et variés le ras Makonnen, gouverneur de Harar ; M. Chefneux, consul général d'Ethiopie ; M. Teillard, secrétaire général de la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens ; M. Arthur Maillet, secrétaire du Comité Dupleix ; M. Halévy, directeur à l'Ecole des Hautes Etudes, où il occupe la chaire de langue éthiopienne-himyarite et de langues touraniennes. D. — Fermes en deniers. NOMS 1638 1639 1640 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 Les moulins de Sedan 8,6311. 9,8511. 12,8051. 12,1001. 11,2001. 8,2001. 6,8001. 5,2001. 5,0001. Non outré Le stellage de Sedan 3,647 3,647 2,720 1,156 1,120 1,090 1,700 1,700 1,700 9001. Les 4471., 391 chap., 252 poules... Idem Idem Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Les bourgeoisies de Sedan 651. 651. 651. 651. 651. 621. 621. 621. 501. 641. La grande gabelle des vins 1,200 1,200 1,225 1,225 1,225 Non outré Non outré Non outré 600 720 Les fours de Sedan 2,200 2,200 2,200 2,700 2,700 2,7001. 2,7001. 2,7001. 2,700 1,200 La pèche des rivières 150 160 160 160 160 160 175 175 175 150 Les Iods et ventes 2,400 2,400 2,200 2,200 2,200 2,200 3,610 3,610 3,610 2,700 Le cours de la rivière Non outré Non outré 300 300 300 400 400 400 300 300 La ferme de la Gruerie 1601. 1201. 120 110 110 110 110 120 120 120 Les bourgeoisies de Balan 3 3 3 3 3'10s 3'10s 3'10s 31 5* 3> 5S 31 5S Le four de Balan 116 100 100 100 1001. 1001. 1001. 851. 851. 851. Les bourgeoisies de Bazeilles 7'5S 71 5S 715S 715S 5'10s 5'10^ 510s 7 Le four de Bazeilles 3051. 3051. 3101. 3101. 3001. 3001. 3001. 1201. 1201. 165 Le passage de Bazeilles 460 460 460 250 250 250 250 250 250 605 Les bourgeoisies de Douzy 6 6 6 6 3 3 3 3 3 3 Le four de Douzy 150 170 170 160 330 330 330 120 120 120 Le travers du pont de Douzy Non outré 60 60 Néant Néant 6 24 15 10 10 Le stellage de Douzy Id. Non outré Non outré Non outré Non outré Non outré Non outré Non outré Non outré Non outré Les bourgeoisies de Pouru 4L 41. 31. 31. 31. 31. 3'10s 3'10s 3'10s 4'5S Le four de Pouru Non outré Non outré Non outré En ruine En ruine En ruine 215 215 ' 215 100 ! Les bourgeoisies de Rubécourt » 5S » 5S » 5S » 5S » 5S » 5S » os » 5S » 5S » 5S Les bourgeoisies d'Illy 4L 41. » 40s » 40s »40s » 45s » 55s »55s » 45s »45s Le four d'IIIy 80 ' 80 80 ' 70 70 70 101 101 101 95 Le ban du Flagnac 40 46 46 50 50 50 47 47 47 50 Les menues dîmes d'Illy 64 52 52 12 21'40s 21'10s 21'10s Rendu à l'église » » Les bourgeoisies de Fleigneux 4 3 5S 3 5S Non outré »40s » 40s »40s »40s »40s » 30s Le four de Fleigneux 90 90 90 751. 75 75 65 651. 551. 40 Les bourgeoisies de Floing » 30s » 50s » 50s » 40s » 40s » 40s » 40s » 40s » 40s » 55s Le four de Floing 600 500 500 500 500 500 530 530 530 » Les bourgeoisies de Saint-Menges.. 4 4 4 Non outré 3'10s 3>10s 5 5 5 5 Le four de Saint-Menges mn 100 100 601. I 90 90 160 150 150 90 ...... ô ô à à ô Le four de Francheval 4251. 3251. 3251. 210 350 350 350 170 170 170 Le stellage de Francheval Non outré Non outré » » » » » » » » Les bourgeoisies de Daigny 31. 31. 3 » 30s » 30s » 30s » 30s » 30s » 30s »30s Le four de Daigny 75 75 75 En ruine En ruine » » » » » Les bourgeoisies de Givonne 4 4 4'10s 4'10s 4'10s » 45s » 50s » 50s »50s 3 Le four de Givonne 156 156 1561. 531. 115 115 115 86 90 86 Le pré du Rulle 35 36 35 101 101 80 80 140 140 140 Les bourgeoisies de la Chapelle » 5S » 5S » 5S Non outré » Ss » 5S » 53 » 5S » 5S » 5S Le pré de Wahigny 36 40 43 431. 43 30 35' 103 42 42 42 Les joinssons de Glaire 175 175 175 Néant 150 150 150 130 130 130 Les amendes de Torcy et Glaire.... 20 20 20 131. 12 18 12 22 22 22 La mairie de Glaire 40 40 40 Non outré 40 40 40 22 22 22 Les sauvements de Muno 160 160 155 Néant 45 90 90 90 83 83 La fontaine de Flécha à Floing Néant 27'15s 27>155 27>15s 27'15s 27'158 27>15s 27il5s 27'15s 27'15s Les trois quarts du four de Dom 61. 61. 61. 61. 61. 61. En ruine » » » Les 4 sols pour banne Non outré 200 200 150 75 75 1201. 1201. 1201. 350 Le pré Voué près de Villers-sur-Bar. 1121. 112 112 112 112 112 112 112 90 90 La glandée des bois Néant » » » » 75 75 80 Néant » Le passage et baquettage de Glaire. 61. 6 6 6 6 6 6 6 61. 6 L'office de priseur-vendeur pour 1/2. 75 75 75 75 75 75 75 75 75 75 Le Chesnois et le Monty 300 300 300 300 300 300 300 300 300 300 La grange Rouvroy 42 42 42 42 42 42 42 42 42 42 Les surcens 215 215 215 215 215 215 215 215 215 215 La vente des bois 29,158 16s 34,6691. 11,8511. 14,0481. 1,4491. 8,4091. 4,165' 18s 28,134'19* 18,984114" 16,2191. E. — Sauvements des villages rapatis, où chaque habitant doit 2 quartels d'avoine. Bohan Néant » » » » 51e » » W'î° pr3ans » Membre » » » » D 21e » » » » Gernelle lm 8S » » » » » » 8! 1e 8S » Neufmanil » » » » lm lm lm » 3e lm lm » Sugny » » 4m 6S » 2m 7S 2m 7* 4m 4m 2S 4m 2S 3e » Rumel 9" 2e » 6S 2e » » » » 6S 68 63 Pussemange » » lm » lm lm 11" 2e 10s 2e llslc » Bagimont » » » » 3S 2e 7* 2e 8" 8a 2e 8S » Corbion pour pâturage » » » » » » » » 2m 2m RAUCOURT F. — Fermes en deniers. NOMS 1638 1639 1640 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 Les bourgeoisies de Raucourt 1001. 1001. 1001. 721. 811. 811. 811. 631. 631. 631. Les amendes de Raucourt et Haraucourt Haraucourt 120 102 102 102 80 80 80 60 60 Les lods et ventes 300 300 300 300 300 300 300 300 305 305 Les 87 1. 10 s., 20 chap. et 4 poules. Idem Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Le vinage et travers Non outré 1001. 1001. Non outré 1001. 1001. 1001. 1001. 801. 80 La gabelle des vins 421. 42 36 361. 36 20 20 20 15 15 Le four de Raucourt 359 359 505 505 505 560 560 560 180 180 Le stellage de Raucourt Non outré Non outré » » » » » » » » 25s' Le four de Haraucourt 2001. 2001. 360 360 300 315 315 315 103 103 Les bourgeoisies 60 60 60 60 56 56 56 40 40 40 ' Les bourgeoisies de Bulson 30 30 30 22 26 26 26 27 17 17 Le four de Bulson 86 85 92 92 92 90 90 90 70 70 i Les amendes de Bulson 22 22 20 20 20 5 10 10 10 10 Les amendes de Noyers et Thelonne. 46 46 40 40 40 12 25 17 17 17 Le four de Noyers 115 115 110 110 110 83 83 83 100 100 Le four de Thelonne 136 136 181 181 181 181 203 203 150 101 Les bourgeoisies de Wadelincourt.. 12'10s 12'105 13 13 13 9 9 9 6 6 Les amendes de Wadelincourt 19 19 25 25 25 16 16 16 6 5 Le four de Wadelincourt 61 61 61 51 51 50 50 50 50 35 Le passage de Wadelincourl 80 80 80 80 80 80 80 80 80 Fermé pour la guerre Les faudes des bois de Raucourt » 20s »20s » » » 50s » 20s » 10s » 10s » 20s » 20s Les surcens de Raucourt 37 38 37 37 37 37 37 37 37 37 La vente des bois de Raucourt » » » » » » » » » » ' Les lavoirs à mine de Raucourt 20 20 20 20 20 20 20 20 50 50 RAUCOURT G. — Fermes en grains. NOMS 1638 1639 1640 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 Les terrages de Raucourt 6m » 7ra 6S 8,n » 2001. 4m 26 4201. 7m » 10m 3S 8m 9S 10m » Les terrages de Haraucourt 7 9S 9 4 11 3S 210 7 » 780 8 9S 13 3 9 9 10 » Les terrages de Bulson 5 6 5 6 8 1 225 6 » 435 5 » 8 4 7 9 8 6S Les terrages de Noyers et Thelonne. 17 » 18 » 22 3 210 14 7 1,000 15 » 25 » 18 6 17 9 Les bourgeoisies desd. lieux » 37 » 38 » 38 34 » 38 160 1601. 1601. 1051. 1051. H. — Censés et moulins. Une censé à Raucourt 7m lls 7m 11s 6m 5S 6m 5S 6m 5E 6m 5S 6m 5S 6m 5S 6m 5S 6m 5S La censé de la Tuillerie 18181818181813131313 Le moulin de Raucourt 17 » 17 » 17 » 17 » 1,1501. 1,3001. 1,3001. 1,3001. 1,3001. 15 4 Une censé à Noyers et Thelonne 6 6 5 6 5 6 5 1 4m 6S 4m 6S 4m 6S 4m 6S 4m 6S 4 6 Une autre censé auxd. lieux » 5 » 5 » 5 » 5 » 5 5 » » 5 » 5 » 5 » 5 Les sauvements de Remilly Néant 15 avoine Non outré » » » 2 avoine Remis par le Roy. Le moulin de Brévilly » » » » » » » » » Ruiné par la guerre Le moulin de Wadelincourt 1m froment 1m froment 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » Sera continué. — 158 — CAHIER DES DOLÉANCES D'YONCQ CAHIER des plaintes, doléances et remontrances que les soussignés, habitants de la paroisse d'Yoncq-lesMouzon, Baillage de Reims, ont l'honneur de présenter à lAssemblée générale dudit siège, en exécution des ordonnances du même siège et à eux signifiées 1. La découverte d'un déficit énorme en 1787 avait alarmé la nation, au point que, sans la confiance qu'elle avait au meilleur des Rois, elle se fût portée au désespoir. Mais il s'est hâté de la consoler et de concerter avec elle un moyen de faire oublier pour toujours les extrémités fâcheuses où s'étoit l'estat vu réduit par la faute, sans doute, de ministres déprédateurs ou ignorants. Aux jours orageux de la Ligue, Henri IV fil succéder les temps les plus heureux et les plus désirables ; Louis XVI, son digne émule, ce roi citoyen auquel l'histoire réserve une place distinguée, veut essuyer les larmes de ses sujets, veut consommer leur bonheur puissent nos voeux dater de la fin du dix-huitième siècle l'époque la plus brillante de la monarchie. Les habitants d'Yoncq, la plupart agriculteurs, tous très pauvres, osent, d'après l'invitation formelle que sa Majesté leur en fait, élever la voix pour lui offrir le témoignage de leur respectueuse reconnaissance, et pour verser dans son sein un aperçu des maux auxquels ils participent, et des remèdes que leur faible intellect y indique. Ils sont ses enfants, et, quoique hors de la portée immédiate de ses regards, ils niellent la plus grande confiance en sa justice et en sa bonté. Ils pensent donc que l'honneur de la nation exige que la dette de l'Etat soit reconnue et légitimée par elle. Ils offrent en conséquence tous les sacrifices possibles, heureux si la nature de leur sol, si l'inclémence trop ordinaire des saisons qui les a spécialement frappés en l'année dernière, si les travaux purement manuels de ceux qui ne sont pas attachés au labourage, leur permettaient de suivre dans les effets toute l'énergie de leurs sentiments. Mais pourquoi hésiteraient-ils [à demander] qu'il fût fait choix des impôts les moins onéreux, qu'il existât une loi 1 Arch. comm. de Yoncq. - 159 — commune aux trois ordres, sans aucune distinction ni privilège, et que la répartition n'eût doresnavant d'autre base que l'égalité la plus soignée et toujours relative aux facultés de chacun? Le Roi veut être juste, il l'approuve les deux premiers ordres qui sont les aînés des enfants sont trop idolâtres des honneurs, leur essentiel patrimoine, pour ne pas seconder les vues bienfaisantes du monarque, et, pour rejeter l'hommage de gratitude que le tiers état leur voue, en retour du patriotisme qui les aura animés. C'est par suite de cet espoir flatteur, que les habitants d'Yoncq supplient que le produit et l'emploi des impôts soit connu de tous ; que la levée de ceux que les circonstances actuelles auront nécessités, ait pour terme l'anéantissement de toutes ces mêmes circonstances ; que le manouvrier, l'artisan indigent cesse d'être grêvé de la taille d'industrie, impôt odieux et qu'en raison de l'étendue de ses besoins, il pourroit presque appeler l'impôt du sang ; enfin que les corvées soient supportées par les trois ordres, puisque tous trois profilent également du bon état des routes. Si, à ce dernier égard, les soussignés doutaient un seul instant de la propension des deux premiers ordres, ils leur offriroient l'exemple de la généreuse noblesse de Béaru, qui, dès le 27 janvier 1787, est venue pour un sixième au secours du tiers-état de sa province. En passant des maux aux abus qui en font tant naître, les habitants d'Yoncq s'unissent à la voix générale de la Nation, pour demander un nouveau tarif, clair et précis, en matière de traités et le reculement des barrières à l'extrême frontière. Il pourra résulter de cette dernière opération la chute de quelques privilèges particuliers. Mais les Français sont tous frères ; en seroit-il qui, fermant les yeux aux avantages de l'ensemble, et qui, préférant une routine servile et inéclairée, dont eux-mêmes éprouvent souvent les inconvénients par les entraves sans nombre que l'esprit d'intérêt leur suscite, — on dit plus, que la position des provinces limitrophes a exigée — redoutassent comme un malheur un expédient qui d'une grande monarchie fait enfin une grande famille, qui fait cesser tout motif de jalousie et d'animosité, pour réunir les coeurs vers un centre commun le bien général de la patrie ? les progrès de la raison, les lumières du siècle, ne permettent pas de craindre qu'ils méconnaissent ainsi les intentions pures du gouvernement. En effet, ses perceptions sont constantes s'il leur donne une autre forme, ce sont — 160 — les sujets seuls qui en recueilleront les fruits. Pour quoi prendre l'alarme, où, loin de découvrir la moindre empreinte du génie fiscal, on ne voit que des efforts vers le mieux possible ? L'illustre Montesquieu a dit que l'honneur étoit le mobile des monarchies ; eh bien ! que cette belle passion règne dans toute sa force qu'il n'y ait de choc dans les idées que par émulation pour le bien, et que rien ne coûte pour y parvenir. Il faut ici nommer un impôt que le premier des Valois s'est vu contraint d'établir pour repousser efficacement du trône le redoutable Edouard qui voulait l'en faire descendre, cet impôt qui n'a au-dessus de lui que ceux inventés par la tyrannie de Chilpéric, la gabelle, en un mot. Elle est jugée, née dans des occurrences désastreuses ; c'est à l'approche du bonheur que noire père va prononcer son complet anéantissement en face de la nation ; il voudra que la vente du sel soit volontaire et au poids ; il en fixera le prix de manière à éteindre de province à province le funeste impôt qui désole tant de familles et qui remplit les prisons et les galères de tant de malheureuses victimes appelées par l'immensité de leurs voisins, et par la facilité de pourvoir à leurs besoins de subsisler. Qu'ils sortent des fers, ces infortunés ! qu'ils peignent aux privilégiés leurs maux si ceux-ci n'en sont pas émus, s'ils refusent de coopérer à l'amélioration de leur sort, ils abdiquent leur famille l'amour de la patrie est éteint chez eux pour toujours. Quant aux aydes et aux subdivisions infinies de ce droit, on ne peut que gémir et souhaiter que tout soit ramené à une perception unique par la vente et revente des vins, outre que ce procédé serait recommandable par sa simplicité, c'est qu'il rentrerait dans le voeu de la suppression de toute exemption particulière, et que le peuple n'auroit plus à redouter une armée de surveillants ingénieux à lui trouver des torts sur une matière dont on ne peut vraiement connoître les ramifications qu'après une élude particulière. Il est encore une autre charge créée par les malheurs de la guerre de 1756, c'est la marque des cuirs, droit destructif de l'industrie nationale et des manufactures en ce genre, dont l'étranger profite en enlevant les matières premières, et qui, s'il faut un impôt qui le représente, s'il en faut même un qui le double, pourroit si aisément être remplacé sur des objets de luxe, tels que les livrées, les équipages, les glaces, les étoffes d'or et d'argent, les modes, les aliments, tous objets que l'opulence peut se procurer avec un petit surcroît de prix, sauf à en souffrir, - 161 — et sauf que le peuple ait à se plaindre de payer une taxe ruineuse pour sa propre chaussure, à quoi ajoutant un droit de timbre sur les brevets provisoires et autres actes détaillés au tarif de la déclaration du 4 août 1787, les affaires de commerce, quittances et actes sous seings privés exceptés, il en résulterait une indemnité abondante de la suppression d'un droit universellement abhorré. Ce même pauvre et la Société en général ont à se plaindre du tarif du 29 septembre 1722 pour le contrôle des actes ; il est composé de 97 articles de perception qui sont aujourd'hui surchargés de plus de 10,000 décisions, en sorte que c'est une lâche continuelle entre le redevable ou celui qui rédige ses conventions, et les commis y préposés à la levée de cet impôt, tandis qu'en lui donnant une marche nouvelle claire on poserait un point fixe pour tous, la date des actes seroit facilement assurée, et l'on n'aurait plus à haïr des gens qui auraient substitués la loi à l'arbitraire. Les habitants d'Yoncq ont beaucoup à se féliciter de la manière dont jusqu'à présent la justice leur a été administrée tant au Parlement de Paris qu'au Bailliage de Reims. Ils ne peuvent cependant s'empêcher de relever les inconvénients qu'ils éprouvent de se trouver à une aussi grande distance, ils sont à cinquante-deux lieues de Paris, ils sont à dix-huit lieues de Reims, tandis que seulement une lieue les sépare de Mouzon, tandis qu'il n'y a que vingt lieues de chez eux à Metz; que la justice soit donc rapprochée des justiciables ; qu'on crée des Bailliages avec ressort d'environ deux cents paroisses, et ce, sans s'arrêter à la diversité des coutumes, qui elles-mêmes, à quelques exceptions indispensables près, devront être fondues en un seul Code ; qu'on forme des Prévôtés de vingt et trente paroisses dont les appels se porteront aux dits Bailliages qui pourront moyennant cinq juges ou gradués, juger en dernier ressort jusqu'à l'ancien taux des Présidiaux en matière civile seulement ; que chaque province ait sa cour souveraine, sauf les droits de la pairie ; que nulle part on ne puisse faire les fonctions de juge, sans avoir exercé préalablement la profession d'avocat, pendant six ans pour les Cours, cinq ans pour les Présidiaux, quatre ans pour les Bailliages et cinq ans pour les Prévôtés. Et alors les peuples seront assurés d'être constamment bien jugés, autant au moins que les bornes de l'esprit humain pourront le permettre ; alors ils ne seront plus à la merci d'une foule de patriciens qu'ils voient habituellement — 162 — jouer le rôle de juges, de procureurs, de greffiers, d'huissiers même, toujours aux dépens des malheureux qui tôt ou tard succombent à leurs rapacités. D'ailleurs les campagnes sont inondées de Notaires, d'Huissiers, dont le dernier soin a été de se rendre capables des fonctions sérieuses qui leur sont confiées. Ils traitent d'un office, ils sont reçus au loin en un siège qui ne les connoit ni ne les connoîtra peut-être jamais. Ce sont autant de nouveaux colons qui vont se répandre partout où le lucre les appelle. Beaucoup s'enrichissent et comment? la réponse à cette question comporterait trop de détails humiliants. Il faut que leur nombre soit réduit, il faut qu'ils soient continuellement surveillés par une puissance coercitive, il faut que la considération dont ils peuvent jouir dans l'esprit des clients, ils la doivent, non à leur pouvoir et à l'habitude d'aucuns d'eux de faire du mal, mais à leur intégrité et à leurs talents. L'année 1771, celte époque de tant d'Edils bursaux, a reproduit les huissiers-priseurs sous une forme plus vexatoire que jamais. Toutes les provinces sollicitent leur suppression ; elles acquittoient paisiblement le droit, ils sont devenus propriétaires la confiance étoit libre. On sent qu'à moins d'une utilité marquée, qui en ce chef est démentie par l'expérience, c'est un système erroné de laisser subsister un privilège aussi exclusif que l'est celui de ces huissiers. L'article 13 du litre 31 de l'ordonnance de 1607 avait ordonné une taxe de dépens dans toutes les Cours, sièges et juridictions du Royaume; mais celte loi est presque restée sans exécution au grand détriment des clients. La plupart des taxes sont fondées ou sur un usage dont l'origine est inconnue, ou sur des règlements trop anciens, trop généraux pour avoir toujours une application équitable au cas actuel. C'est donc le moment de former un nouveau règlement des frais de justice et dépens, qui soit relatif à chaque Bailliage, à la localité sans quoi l'arbitraire ne fera qu'étendre de plus en plus son empire sur ces sortes de perceptions. La nation a lu avec le plus vif intérêt l'arrêt du 22 octobre 1788 pour la nouvelle formation des Etats du Dauphiné ; elle a félicité les habitants de cette province d'avoir à vivre sous un régime aussi bien conçu. Le Roi est supplié d'étendre ce bienfait sur le reste de sa domination, et notamment sur la Champagne. Partout il a de bons sujets, partout il est chéri, partout donc — 163 - on s'empressera de seconder ses vues d'ordre, et de lui prouver par leurs succès, que la couronne civique est la plus belle qui puisse orner la tête d'un roi. Fait, rédigé, et signé audit Yoncq ce 8 mars 1789. Suivent 33 signatures N. MIQUET; HODEZ ; Louis PORTIER; J. PERCHERON; Jean PARPAITE; PERCHERON ; A. BOURGAIN ; P. GILBERT ; Antoine AIMABLE; C. FOURILLE ; Ch. VERNEL ; TRUBERT; Joannès LAMBERT ; BAUVALET; B. BOURGAIN ; J. VERNEL ; FERRÉ ; BONNEFOY ; B. POURSAIN ; Jean GARDEUR ; J. CAHART ; Daniel PARPAITE ; V. POURSAIN ; CHAVEL ; Antoine BOURGAIN; L. LASSALLE ; Louis PARPAITE; Jean-A. PARPAITE; N. PERCHERON; D. PERCHERON; Louis PERCHERON ; B. CHAMPEAUX ; DROUIN, [instituteur]. Communiqué par A. SÉCHERET. CHRONIQUE Le Dr LAPIERRE Lauréat de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Dans sa séance du vendredi 14 juin dernier, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres a proclamé les résultais du Concours des Antiquités nationales qu'elle juge chaque année. Le rapporteur a fait ressortir que les travaux présentés étaient, pour l'année 1900, plus nombreux et plus méritants encore que les années précédentes. Parmi les ouvrages récompensés, celui de notre collaborateur, M. le Dr A. LAPIERRE, La Guerre de Cent ans dans l'Argonne et le Rethelois, obtient la cinquième mention honorable. Nous sommes très heureux d'adresser nos félicitations à l'historien de valeur qui a su exposer clairement, dans un travail assis sur des recherches multiples, la complication infinie des événements qui se déroulèrent en notre pays pendant cette période troublée. Les Compagnies savantes, même la plus haute d'entre toutes, se méprennent parfois sur le mérite des ouvrages qu'elles couronnent. Il arrive qu'en matière d'études locales — où leur incompétence est plus ou moins complète il ne peut d'ailleurs en être autrement — leurs jugements ne soient pas confirmés au tribunal supérieur de l'opinion des travailleurs compétents. En l'espèce, il nous est agréable de penser que la décision de la plus savante de nos Académies ne rencontrera que l'approbation des Ardennais, de même que tous, ils avaient déjà et unanimement — 164 — applaudi en 1893 au succès d'un autre lauréat de la même Académie, M. le Dr VINCENT, de Vouziers. Ajouterons-nous — quelqu'intéressée que peut paraître cette réflexion finale — que nous sommes personnellement fier de la distinction obtenue par M. le Dr LAPIERRE, en tant que secrétaire de la Revue où son étude a paru ? Les oeuvres de longue haleine, comme celle-là, auraient de la peine à sortir des cartons, si les Revues locales ne leur assuraient la publication. Une part de l'honneur revient donc légitimement à ceux qui, par leurs souscriptions, soutiennent notre oeuvre el nous permettent d'éditer des travaux sérieux. P. COLLINET. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE PÉRIODIQUES. Bull. hist. et litt. de la Société de l'hist. du protestantisme français, 49e année 1900.—H. Dannreuther, Sedan en 1626 et 1680, d'après des témoins oculaires p. 47-48 [d'après l'article de P. Collinet, Rev. d'Ard. et d'Arg., I. VII, p. 1 et suiv.] ; Un enlèvement de huguenotes en 1584 p. 221 [d'après l'article de J. Villette, même Rev., t. VII, p. 89 et suiv.]. —Guyot et H. Dannreuther, Les de Lambermont, p. 335, 500 et suiv. [famille protestante de Sedan]. Annales de la Société historique et archéologique de ChâteauThierry, 1899. — Dans le Catalogue du Musée et des objets déposés à l'Hôtel-de-Ville, établi par Fréd. Henriet, est signalée p. 268-269 une importante série d'estampes se rapportant à la famille de Bouillon, et à la p. 269 est mentionné un portrait de Fébronie-Mauricelte de la Tour. Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XXXV 1900. — Sibenaler, Les taques el plaques de foyer du Musée d'Arlon p. 3-35, 273 et suiv.. [Un certain nombre de ces laques existe dans les Ardennes, quelques-unes même en exemplaires fréquemment répétés]. — Abbé C. Hallet, De l'emploi de la cendre pour la fabrication de la poudre sous la Révolution française, dans l'ancien Duché de Bouillon p. 159-165. — Douret, Notice des ouvrages composés par les écrivains luxembourgeois, 7° supplément p. 167 et suiv. [importante bibliographie de l'oeuvre de PAUL VERLAINE, p. 222-237, dressée avec le concours de J. Bourguignon]. La réimpression de la fin du t. X confient une partie de l' Histoire des Comtes de Chiny, par le P. Goffinet. Sedan-Journal, 10 oct. 1900 H. Bourguignat, Chronique sedanaise, les Temples protestants [d'après l'article du même dans Rev. d'Ard. et d'Arg., III, pp. 216-218]. — 13 févr. 1901 H. Bourguignat, Un apprenti tisseur sedanais à la fin du XVIIe siècle [reproduction d'un article paru dans l' Matot-Braine, 1899]. L'Arc-en-Ciel juillet à décembre 1900, janvier-février 1901 Histoire d'un cerveau français Etude sur Arthur Rimbaud, par Ernest Delahaye. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. Jean-Louis MICQUEAU de Viel-St-Remy Professeur au Collège de Sedan PASTEUR A. GIVONNE & RAUCOURT A la fin du XVIe siècle. Une heureuse découverte nous permet d'augmenter d'un article la Biographie ardennaise. Ce n'est pas que l'abbé Boulliot ait ignoré l'existence de Micqueau ; mais il parle de lui incidemment, ne sachant pas plus qu'aucun des biographes qu'il était ardennais. Notre élude rendra aux Ardennes un de ses enfants et non de médiocre renommée, car il écrivit plusieurs ouvrages fort estimés en leur temps, et fit partie de la pléiade d'écrivains, d'origine ardennaise ou rémoise, qui se pressaient autour de leur bienfaiteur, le cardinal de Lorraine. Micqueau a, plus encore que d'autres, droit à une place au Panthéon ardennais, parce qu'il n'est pas seulement né chez nous, mais qu'il a vécu longtemps dans le pays de Sedan, et surtout parce que, seul des écrivains du XVIe siècle, il a laissé une oeuvre d'histoire locale, le récit du siège de Linchamps. Comme tout a été dit excellemment par Mgr Tourneur I sur l'oeuvre de notre auteur, nous nous contenterons de remettre au point les grandes lignes de son existence. I. — Sa vie. Tous les biographes de Micqueau et non Miqueau, car il signe Micqueau le font naître à Reims. Le mieux informé d'entre eux, Mgr y. Tourneur, tire ce renseignement des dires mêmes de notre personnage. Le Lycampaei Castri munitissimi obsidio, qu'il a réédité en 1855 2, est en effet signé de Johannes Lodoïcus Micquellus, RHEMUS Jean-Louis Micqueau, RÉMOIS ; un passage de cet opuscule nomme la ville de Reims sa vieille patrie veterem meam patriam 3. Mais à ces dires de Micqueau, nous pouvons opposer Micqueau lui-même dans la précieuse note autobiographique qu'il a laissée et qui n'a encore été utilisée par aucun biographe 4. 1 Voyez la brochure de Mgr Tourneur, citée à la note suivante. 2 Extrait des travaux de l'Académie de Reims sous le litre Le siège et la destruction du très fort château de Lin champs et du château de Lumes Ardennes, par MICQUEAU, de Reims, précédé d'une Introduction et traduit du latin par M. l'abbé V. Tourneur ; Reims, P. Remier, mai 1855, 100 pages in-8° avec une vue ancienne de Linchamps.—Voir l'article du même dans Les Ardennes illustrées, t. 111, p. 139. 3 Tourneur, op. cit., p. 5. 4 Dom Alb. Noël seul la signale de la Marne, etc., édité chez H. Matot, Reims, 1901, p. 201, n. 1, mais n'en tire pas les renseignements que nous donnons ici. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n° 10. — 166 — Cette note autobiographique se trouve, avec une autre dont nous nous servirons aussi, écrite dans le ms. 974 de la Bibliothèque Mazarine, à Paris 1. La première est au f. 121v du ms., à la fin du Speculum Christiani. La seconde, au f. 148v le dernier, après les Monita Beati Ysidori. Ajoutons,—ce que n'a pas fait l'auteur de la description de ce ms. 974 — que la signature J. MICQUEAU se lit eu haut et au revers du dernier plat. Il est donc très vraisemblable que ce ms. a appartenu à notre compatriote ; nous pouvons dire, notre compatriote, car la note commence ainsi ... Jean Micqueau, natif de Vieux St Rémi 2, diocèse de Reims ». Le nom de famille Miqueau » se rencontre dans les registres paroissiaux de Viel-St-Remy et de Saulce-aux-Bois 3. Si notre personnage se qualifie de Rhemus », c'est qu'il est du diocèse de Reims et qu'il a été élevé à Reims, comme nous allons le dire. L'autobiographie de Micqueau ne donne aucun renseignement antérieur à 1564. Mais ses oeuvres diverses ont fourni à Mgr Tourneur 4 les indications suivantes qui sont des plus sures et que nous allons reproduire d'après lui. Il lit ses éludes à Reims sous les auspices du cardinal Charles de Lorraine qui occupa le siège métropolitain de 1538 à 1574. Il quitta Reims pour professer au collège de Boncourt, à Paris, duquel il datait en 1554 son Lycampaei obsidio, et il passa de là à Orléans. Dans celte dernière ville il éditait en 1560 un livre en l'honneur de la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc, livre dédié au cardinal de Lorraine. A Orléans aussi, il s'occupait à instruire la jeunesse, iuventutis Aureliae moderator », maistre d'escole à Orléans », comme il se qualifie lui-même ; il était attaché au collège de Champagne. C'est peu après la publication de son ouvrage sur le siège d'Orléans que Micqueau embrassa la religion réformée 5. Car le 15 avril 1564 il achevait une brochure en réponse à un discours d'un de ses anciens amis restés dans le sein de l'Eglise romaine, t Ce ms. comprend 1. Liber qui vocatur Speculum Christiani ; 2. Sequitur Exposilio orationis dominice; 3. Monita Beati Ysidori. Voy. sa description dans le Catal. gén. des Manuscrits des Bibliothèques publiques de France ; Pans, Bibliothèque Mazarine, t. I, 1885, p. 471. 2 Auj. Viel-St-Remy, arr. Rethel, cant. Novion-Porcicn. 3 P. ex., le 6 mars 1653, mariage de Henry MIQUEAU de la paroisse de Saulce-aux-Hoys ; à la date du 19 novembre IK53, mariage de Charles MIQUEAU de la paroisse de Saulce-auxBois, avec Marson Vuachy, en présence de.... Henry MIQUEAU demeurant à Saulce-auxTournelles ; au 23 avril 1655, naissance de Marie-Benigne MIOUEAU, leur fille. Reg. des mariages de Saulce-aux-Bois et de Viel-St-Remy ; reg. des baptêmes de Viel-St-Remy, aux arch. comm. de ce dernier village. 4 Op. cit., pp. 13-14. — Ardennes illustrées, III, p. 139. 5 Nous ne pensons pas, avec Mgr Tourneur, que c'est sa qualité de protestant qui lui valut la direction du collège de Champagne. Est-il exact qu'il en ait été principal '? — 167 — Gentien Hervet, et il y marque qu'il s'est aliéné » de cette Eglise pour une raison qui n'est pas celle prétendue par Hervet. Il y a plus. La note autobiographique nous renseigne encore plus exactement. Elle va nous servir de guide, alors que les biographies sont incomplètes sur cette partie de sa carrière. Voici la note textuelle L'an mil Ve soixante et quatre, au mois de mars, Jean Micqueau natif de Vieux St Rémi diocèse de Reims, fust esleu au ministère du S'Evangile, par les ministres et consistoire de l'église d'Orléans, por aller prescher à Proissy en Tierache 1 près la Ville de Guise, la ou Il fust environ dix huict mois, mais n'y pouvant dresser forme d'église, fust contrainct s'en retourner audict Orléans, d'où Il fust renvoyé à l'Eglise de Dourdan 2, et après les seconds et troiziesmes troubles eu France pour le fait de la Religion 3, eust la charge de l'église d'Estampes et de Dourdan, qui furent lors faicte une seule, et recueillée au lieu de la Forest le Roy 4 en beausse. Finalement estant réfugié à Sedan après le massacre du jour St Berthelemi 5 et encores après, en l'an 1577, du temps des ligues, Il fust emploié au collège de la dicte Ville de Sedan lors nouvellement érigé 6 ou après avoir regenté quelques années, Il fust envoyé a Gyvonne 7 por y dresser Eglize laquelle ayant dressée et gouvernée par l'espace de près de deux ans, en fust, par la volonté de Ma dame et du consentement de la dicte Eglize, retiré et envoyé à Raulcourt 8 pour y résider et gouverner l'église dudict lieu, la ou il est encore à présent. Faict à Raulcourt ce premier Jour de Janvier 1584. — J. MICQUEAU ». Nous pouvons apporter, grâce à quelques renseignements d'à-côté, plus de précision encore dans ce cursus vitae. Venu à Sedan après la St Barthélémy, Micqueau y était encore en 1575 9 ; il est mentionné au colloque de celte ville 5 juin 1576 comme ministre à Etampes 10. Le passage de Micqueau à Givonne a laissé une trace dans les Registres des baptêmes de l'Eglise réformée de Sedan. Le 15 septembre 1580, fut baptisée Suzanne, 1 Proisy, Aisne, arr. Vervins, cant. Guise. 2 Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, canton. 31 1567-1570. 4 Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, cant. Dourdan. 5 24 août 1572. G En 1570. — Mgr Tourneur, Ard. ill., III, p. 131,.mentionne le lait. 7 Vers 1580-1581, par conséquent voy. la note suivante. 8 Par décision du consistoire de Sedan du 2 août 1582, selon Mgr Tourneur, Ard. ill., III, p. 131. 9 Aymon, Synodes, I, p. 305, II, p. 220. 10 Bull. hist. du protestantisme français, XXXIX 1890, p. 300, l'appelle à tort d'Estampes. - 168 - fille de maistre Jean Micqueau, ministre de la parolle de Dieu à Givonne ». Après 1584, date de la rédaction de la note ci-dessus, Micqueau resta à Raucourt, ainsi qu'en témoignent les mêmes registres qui mentionnent le baptême de ses enfants. Il mourut encore pasteur à Raucourt, avant le 12 septembre 1595, jour de la naissance de son fils Jacques posturne. Il ne fut pas ministre à Sedan en 1593, quoiqu'en aient dit les écrivains contemporains I. Ces écrivains ont été trompés par une apparence en voyant Micqueau exercer à Sedan les actes de son ministère baptêmes, prêches, mariages, tels qu'en font foi les registres cités, ils se sont imaginés qu'il était pasteur à Sedan. Aucun acte portant son prétendu titre de ministre de l'Eglise de Sedan n'a jusqu'ici été présenté. II. — Sa famille. Micqueau donne lui-même cette indication sur son premier mariage J'ay esté avec ma première femme neuf ans quatre mois Justement, car nous fusmes mariez le dixiesme Apvril 1567, et elle est morte le dixiesme Aoust 1576. A Sedan estant en couche de son dernier ils mort né, qui pouvoit avoir quelque six mois » 2. Nous ne pouvons connaître le nom de sa première femme, le registre des sépultures de 1576 n'existant plus. Il s'était remarié avant 1580 à Catherine de Rebais 3, dont il eut SUZANNE, baptisée à Sedan par Fornelet, le 15 septembre 1580 parrain Etienne Salle ; marraine Marguerite le Valengelier 4 ; MARIE, baptisée à Sedan par Pierre Fornelet, le 5 février 1587 parrain Michel Bonaut, seigneur de Presle ; marraine demoiselle Catherine de Chaseray 5. JACQUES, baptisé à Sedan, le 31 août 1589 parrain maistre Pierre Berger, conseillier de Mademoiselle 6 ; marraine demoiselle Jacqueline d'Angeni 7. 1 Tourneur, op. cit., p. 15, et, d'après lui [ Brincourt et E. Henry], Sedan Notes chronol., etc.. sur les professeurs, etc.. et les ministres protestants, Sedan, 1891, p. 40 ; E. Henry, Notes biographiques sur les membres de l'Académie protestante et les pasteurs de l'Eglise réformée de Sedan, Sedan, 1896, pp. 92-93 ; A. Sécheret, Etudes hist. sur Raucourt et Haraucourt, Sedan, 1896, p. 242. 2 Bibl. Mazarine, ms. 974, f. 148 3 Son nom est orthographié aussi de Ribes et de Raibais Rebais est un de cant. de Seine-et-Marne, arr. Coulommiers. 4 Reg. des baptêmes et mariages greffe du tribunal de Sedan de 1579 à 1588, f. 14v. 5 Ibid., f. 94r. G Charlotte de La Marck. 7 Registre des bapt. et mar. pour 1589, f. 23v. — 169 — Notre personnage se remaria en troisièmes noces à Catherine Servet ? dont il eut JUDITH, baptisée à Sedan le 17 décembre 1591 par Tenans parrain Jean d'Orte », seigneur de Falaise; marraine demoiselle Claude de Pouilly 1 ; morte à Sedan le 3 avril 1639 ; JACQUES, baptisé à Sedan le 12 septembre 1595 par Mançois parrain Thomas Juliar; marraine Denise Cousin 2. Ces notes sur sa famille obligent à attribuer à Micqueau les trois femmes dont il vient d'être question. Il nous est impossible de reconnaître avec certains auteurs 3 deux Micqueau ayant exercé le ministère dans la principauté des La Marck l'un Jean-Louis, et l'autre Jean son fils, mari de Catherine de Rebais, ce dernier seul ayant été pasteur à Givonne, Sedan ? et Raucourt. Avec Mgr Tourneur 4 et les actes de l'état civil protestant de Sedan, il faut admettre que Jean-Louis et Jean forment un seul personnage. La note autobiographique montre que le régent d'Orléans et le pasteur de Raucourt sont identiques. Qu'on ne nous objecte pas la différence des prénoms. Micqueau publiait ses livres sous ses deux prénoms, mais s'appelait couramment du premier seul d'entre eux, et la preuve est qu'il signe J. MICQUEAU 5. Il eut cependant de sa première ou de sa seconde femme un fils, Jean. Ce fils, ministre comme son père, exerça toujours loin de notre région. Il est mentionné comme pasteur de Touquin 6 en 1617, 1620, 1625, 1626, 1637. Il mourut en 1649, année où le synode de l'Ile de France accorda une pension de 50 livres à sa veuve 7. Paul COLLINET. 1 Registre des bapt. et mar. pour 1591, f. 18 v. 2 Registre des bapt. et mar. pour 1595, f. 10v. 3 L'abbé Boulliot, Notes manuscrites sur l'Académie protestante et les pasteurs de Sedan à la Bibl. commun, de Sedan et d'après lui [ Brincourt et Henry], loc. cit.; E. Henry, loc. cit. ; A. Sécheret, loc. cit. i Op. cit., p. 15. — L'auteur a changé d'opinion dans Ard. ill., III, p. 139. 5 Où M. Sécheret, op. cit., p. 242, a-t-il trouvé que Micqueau Jean-Louis avait été pasteur à Raucourt en 1559? Et M. Henry, op. cit., p. 92, qu'il avait été pasteur à Sedan en 1568 1668 est une faute d'impression ? 6 Seine-et-Marne, arr. Coulommiers, cant. Rozoy-en-Brie. — Remarquer le voisinage de Rebais et de Touquin. 7 Notes extraites des synodes, de Haag, France protestante, pièces justif., p. 315, 350 ; de Aymon, Synodes, t. I, 305, t. II, pp. 220, 419. Bibl. de la Société de l'hist. du protestantisme français à Paris.—Je remercie sincèrement M. le bibliothécaire de son empressement à me communiquer ces notes. — 170 — LE TEMPS DES GLAUDINETTES Si l'on réunit par la pensée les trois villages du CHESNE, de LAMETZ et de MARQUIGNY, on forme un triangle où se trouve, pour ainsi dire, enfermé un bois assez considérable, le bois de Longwé. La lisière de ce bois, vers l'Est, est couverte, de la fin de février à la fin de mars, de petites fleurs blanches qui forment un vaste tapis de près de deux kilomètres. Ce sont des nivéoles 1, que les gens du pays appellent des glaudineltes 2. Elles donnent lieu à une fêle, qui se célèbre tous les dimanches, tant que dure la floraison. Les filles et les garçons des trois villages s'en vont, bras dessus, bras dessous, faire la cueillette des nivéoles à l'endroit où elles s'épanouissent. De nombreux bouquets sont vite formés. Chacun coupe une forte baguette, dont l'extrémité présente plusieurs petites fourches sur lesquelles on piaule les bouquets liés et entourés d'une mousse d'espèce particulière. Les couples chargés de leurs bouquets reviennent en chantant et font le tour du village, précédés d'une clarinette quand ils ont pu se procurer un musicien. La fête se termine généralement par des danses sur la grande place des villages. Cette fêle aussi était jadis célébrée à GIVONNE. Là, chaque année, au retour du printemps, garçons et jeunes filles allaient ensemble cueillir les bouquets de glaudinettes dans un pré dit des Rules » et revenaient ensuite sur la place publique, où ils formaient une ronde en chantant les couplets suivants I. Mon père m'envoie à l'herbe, Glaudinctte, A l'herbe à la saison, Glaudinon; Je n'y trouvai pas d'herbe Glaudinette, J'y cueillis du cresson, Glaudinon. II. La fontaine était creuse, Glaudinette, Je suis tombée an fond, Glaudinon ; Par-là vinrent à passer, Glaudinette, Trois fort jolis garçons, Glaudinon. III. Que nous donnerez-vous, belle ? Glaudinette, Nous vous retirerons, Glaudinon. — Retirez-moi toujours, Glaudinette, Nous en déciderons, Glaudinon. » IV. Quand la belle fut dehors, Glaudinette, Elle commence une chanson, Glaudinon. " Ce n'est pas cela, la belle, Glaudinette, Que nous vous demandons, Glaudinon 1 La nivéole du printemps Leucoium vernum, du grec leucos blanc » est une plante herbacée de la famille des Amaryllidées, comme le perce-neige et les narcisses. 2 A Sedan, on appelle glaudineltes les narcisses jaunes Narcissus pseudo-narcissus cultivés dans les jardins. Glaudinette est la prononciation locale pour Glaudinette cpr. la prononciation reine-glaude. P. C. — 171 - v. C'est votre coeur volage, Glaudinette, Savoir si nous l'aurons, Glaudinon. — Mon coeur volage, dit-elle, Glaudinette, N'est pas pour ces garçons, Glaudinon, VI. C'est pour mon amant Pierre, Glaudinette, Là-bas dans ces vallons, Glaudinon, Qui endure pour moi, Glaudinette, La pluie et les grêtons, Glaudinon. » Une variante de cette chanson a été donnée dans l'Almanach illustré du Petit Ardennais, en 1889 page 71, sous le litre Glaudinon, Glaudinette. L'éditeur explique que le refrain pourrait rappeler l'exercice du droit de glandée » droit de ramasser des glands jadis en usage dans les forêts. Cette origine est inadmissible. Nous préférons voir, dans Glaudinon, Glaudinette, soit une erreur de transcription si le texte était manuscrit n facile à confondre avec u, soit une de ces déformations populaires comme il en est de nombreux exemples. Nous reproduisons cette chanson Mon père m'envoyé à l'herbe, Glandinette, A l'herbe à la saison, Glaudinon. Je vais à la fontaine, Glandinette, La fontain' de Mouzon, Glaudinon. Je n'y cueillis pas d'herbe, Glandinette, J'y cueillis du cresson, Glaudinon. La fontaine était haute, Glandinette, Tombée je suis au fond, Glaudinon. Par là vint à passer, Glandinette, Trois garçons de Mouzon, Glaudinon. Que donn'rez-vous, la belle ? Glandinette, Nous vous retirerons, Glaudinon. Votr' petit coeur volage ? Glandinette, Savoir si nous l'aurons, Glaudinon. — Mon petit coeur volage, Glandinette, N'est pas pour les garçons, Glaudinon. C'est pour mon amant Pierre, Glandinette, Qui est dans ces vallons, Glandinon. C'est pour moi qu'il endure, Glandinette, La pluie et les glaçons, Glandinon. » Mais à mon aide Pierre, Glandinette, Est arrivé d'un bond, Glandinon, M' sauva de la fontaine, Glandinette, Toujours nous nous aimerons, Glandinon. Jean BOURGUIGNON. — 172 — VARIANTES DE QUELQUES CHANSONS ARDENNAISES Des chansons que je donne ici, aucune n'est inédite. Toutes se trouvent dans le volume connu de A. Meyrac, Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes Charleville, 1890. C'est donc seulement les leçons nouvelles qu'elles offrent qui constituent le petit intérêt de ces notes. La publication de toutes les variantes — même celles s'éloignant très peu du type connu — s'impose pour toutes les chansons ; car il est facile de constaler dans quel état fragmentaire, imprécis et souvent incompréhensible parviennent, par la voie de la tradition orale, les vieilles poésies populaires. Pour restaurer la version originale, on ne saurait négliger le plus minime élément d'information. Voilà pourquoi je réunis ces variantes, recueillies par moi à SEDAN et DOUZY. I. Adèle. Chaque vers se répète deux fois. Au pont du Nord, un bal y est donné, Adèl' demande à sa mèr' y aller. Oh ! non, ma fût, tu n'iras pas danser, " Monte à sa chambre et se mit à pleurer. S. Son frère arriv' Ma soeur, pourquoi pleurer? — Ma mèr' n' veut pas que j'aille voir danser. — Mettez vot' robe et vot' ceinture dorée. » Ell' mit sa robe et sa ceinture dorée. Ell' fait trois tours et la voilà noyée. 10. Hélas ! mon frèf, me laiss'rez-vous noyer? — Non, non, ma soeur, je vais vous retirer. » Les cloch's du Nord se mirent à sonner. La mèr' demand' pour qui qu'on a sonné. C'est pour vot' fille et votre fils aîné. » 15. Voilà le sort des enfants obstinés. Meyrac = M., p. 124. — V. 2 à sa mère d'y aller M. cette version existe aussi à Sedan et Douzy. — V. 3 Non, non, ma fille vous n'irez pas danser, M. même observation. — V. 5 Son frèr' lui demand' Que pleurez-vous, ma soeur? » M. Mais une rime en —er est nécessaire ; la version de Sedan est donc meilleure. — V. 6 Maman n'veut pas... M. —V. 8 manque dans M. — V. 9 Elle fit... tombée M.; noyée », qu'on prononce parfois niée, est préférable. —V. 12 ... se sont mises... M. — V. 13 pour qui a-ton sonné M.; la forme pour qui qu'on a » est seule populaire. — 173 — — V. 14 Variante C'est pour Adèl', votre fill' bien aimée à Douzy, on dit bien ainée ; les rimes en — né ont appelé cette finale sans aucun sens. — V. 15 Voilà, hélas ! les enfants désolés M. La version de Sedan la même qu'à Versailles est seule bonne ; c'est la morale de l'histoire. On chante d'ailleurs ... des enfants ostinés. II. Embrassons-nous. Meyrac, p. 124. —V. 4-5 à Sedan, on chante L'un est un capitaine, L'autre est officier du roi. III. La plus gentille. La plus gentille à mon gré Je vais vous la présenter. Je lui fis sauter barrière, Ram'nez vos moutons, bergère, Ram'nez, ram'nez, ram'nez donc Vos moutons à la maison. Gentill' pastourelle, Entrez dans ce rond Tout rond, Et voyez auquel Votre coeur est bon. C'est le fils à Guillaume Et la fille à Jean Raymond Sont deux amants comme On en voit rar'ment. O mes chers amis, Au milieu de nous Jurez d'être unis Et embrassez-vous. Meyrac, p. 125, donne cette ronde comme très populaire à St-Etienne-à-Arnes. — Le texte de Sedan est plus correct que celui communiqué à l'auteur. IV. La Marjolaine. I. LA RONDE. — Qu'est-ce qui passe ici si tard, Compagnons de la Marjolaine, Qu'est-ce qui passe ici si tard Sur le gué ? II. LE CHEVALIER. — C'est le chevalier du Roi etc.. m. LA RONDE. — Que d'mand'-t-il ce chevalier? etc.. IV. LE CHEVALIER. — Une fille à marier etc.. V. LA RONDE. — D' fill's à marier nous n'en avons pas etc.. — 174 — VI. LE CHEVALIER. — On m'a dit qu' vous en aviez etc.. VII. LA RONDE. — Ceux qui l'on dit en ont menti etc.. VIII. LE CHEVALIER. — Nenni, nenni, ils n'ont pas menti etc.. IX. LA RONDE. — Vous r'viendrez dimanche au soir etc.. x. LE CHEVALIER. — Bonjour, bonsoir, me v'là arrivé etc XI. LA RONDE. — Vous r'viendrez sur ces minuit etc.. XII. LE CHEVALIER. — Ces minuit-là sont bien passés etc.. XIII. LA RONDE. — Choisissez dans nos plus laid's etc.. XIV. LE CHEVALIER. — Pour des laid's, 'nous n'en coulons pas etc.. XV. LA RONDE. — Choisissez la plus bell' de la quantité etc.. XVI. LE CHEVALIER. — Une telle est à mon goût etc.. Notre texte est plus complet que celui de Meyrac, pp. 126-127, et que la chanson-type donnée par lui en note. Quelques vers sont trop longs; on précipite le débit pour rester dans la mesure. — Str. vu Variante Ceux qui l'ont dit s' sont bien trompés. — Str. VIII Variante Nenni, nenni, ils s' sont pas trompés. V. Où allez-vous ? Meyrac, p. 222. — A Douzy, on dit II. N'y allez pas, mon cher enfant bis Les Juifs y sont, vous trahiront etc.. m. Les Juifs y sont, vous trahiront, bis A la croix vous attacheront etc. IV. A la croix vous attacheront bis, Couronn's d'épin's vous metteront etc.. — 175 — VI. Tu as de belles filles. I. Tu as de belles filles, Gironflin, Gironfline ; Tu as de belles filles, L'amour m'y contraint. II. Elles sont belles et gentilles etc.. III. Veux-tu m'en donner une? etc.. IV. Pas seulement la queu' d'une etc.. v. Donne-moi ta plus laide etc.. VI. Tiens, tiens, voilà la plus laide etc.. VII. Tiens, tiens, elle est trop laide etc.. VIII. Viens, viens dans mon royaume etc.. IX. Quoi faire dans ton royaume? etc.. x. Cueillir la violette etc.. XI. Quoi faire la violette ? etc.. XII. Pour mettre dans ma bavette etc.. XIII. Quoi faire dans ta bavette? etc.. XIV. Pour embaumer mon coeur etc.. Meyrac, p. 230. — Notre texte recueilli à Sedan est plus complet que le sien. Le refrain se prononce L'amour m'y contrat, ce qui n'a pas de sens. P. COLLINET. — 176 — LE LOYALISME DES SEDANAIS ET LEUR HOSPITALITÉ DE 1638 A 1680 APPENDICE SUITE & FIN ESTAT EN GROS, PAR VILLAGE, DES REVENUS DU DOMAINE DE SEDAN du 1er Juillet au 30 Juin 1644. Sedan. Froment 9 setiers. Seigle 9 — Fermes en deniers 7,596 1. 18 s. Revenus du moulin, du stellage et de la gabelle des vins environ 13,000 1. Balan. Froment 1 muid. Seigle 1 — Avoine 2 — Fermes en deniers 1, Bazeille. Froment 9 muids. 3 quartels. Seigle 9 — 3 — Avoine 13 — 6 — Fermes en deniers 3,960 1. 14 sols. Douzy. Froment 3 muids, 2 setiers, 3 quartels. Seigle 3—2 — 3 — Avoine 1 — 1 — 1 — Fermes en deniers 2,841 1. 18 s. 4 d. sans comprendre les 50 faux du pré de Mendri. Pouru-Saint-Remy. Froment 8 setiers, 2 quartels. Seigle 8 — 2 — Avoine 1 muid, 5 — Fermes en deniers 1,272 1. 17 s. Illy. Froment 1 muid, 9 setiers. Seigle 1 — 9 — Avoine 3 — 6 — Fermes en deniers 1,249 1. 10 s. Fleigneux. Fermes en deniers .' 466 1. 19 s. — 177 — Floing. Froment 9 muids, 1 setier. Seigle 3 — 9 — Fermes en deniers 531 1. 15 s. Saint-Menge. Fermes en deniers 331 1. 10 s. Villers-Cernay. Froment 1 muid, 5 setiers, 2 quartels. Seigle 1 — 5 — 2 — Avoine 11 — Fermes en deniers ... 921 1. 3 s. Francheval. Froment 7 setiers. Seigle 7 — Fermes en deniers 3,125 1. 18 s. Daigny. Seigle 2 muids, 10 setiers. Avoine 2 — 6 — Fermes en deniers 579 1. 7 s. sans compter les moulins, qui peuvent monter à 600 L. Givonne. Froment 2 muids, 7 setiers, 2 quartels. Seigle 2 — 7 — 2 — Avoine 2 — 9 — Fermes en deniers 1,249 1. 12 s. La Chapelle. Fermes en deniers Rubécourt. Fermes en deniers Glaire, Torcy, etc. Fermes en deniers 460 1. 14 s. Raucourt. Froment 2 muids, 5 setiers, 1 quartel. Seigle 1 — 7 — 1 — Avoine 3 — 10 Fermes en deniers 2,958 1. Haraucourt. Fermes en deniers 1,206 1. Bulson. Fermes en deniers 566 1. Noyers et Thelonne. Froment 1 muid. 4 setiers. Seigle 1 — 1 — 2 quartels. Avoine 2 — 5 — 2 — Fermes en deniers 1,497 1. Wadelincourt. Froment sur le moulin 1 muid. Fermes en deniers 204 1. Toutes les fermes en deniers se montent à 45,336 1. 8 s. TABLEAU RÉCAPITULATIF DES REVE ANNÉES FROMENT SEIGLE ORGE 128 muids, 5 setiers, 2 quartels, 96 muids, 5 setiers, 3 quartels, 1 muid, 6 setiers, 3 qu 1630 1 écuelle, à 49 sols, 4 écuelles 1/2, à 36 sols, 7 écuelles, à 23 sol 15,1061. 18 sols. 8,335 s. s. 123 muids, 3 setiers, 2 quartels, 83 muids, 10 setiers, 11 écuelles, 12 muids, 1 setier, 2 qu 1631 1 écuelle, à 54 suis, à 38 sols, à 30 sols, 15,9781. 16 s. 6 d. 7,6-45 1. 6 s. 873 1. 123 muids, 6 setiers, 3 quartels, 91 muids, 9 setiers, 2 quartels, 1632 6 écuelles, à 40 sols, 4 écuelles, à 38 sols, 11,863 1. 6,168 s. 116 muids, 11 setiers, 3 quartels, 86 muids, 2 setiers, 2 quartels, 3 muids, I setier, 2 qu 1633 à 38 sols, 11 écuelles, à 27 sols, à 34 sols, 10,673 s. 5,587 1. 8 s. 9 d. 1801. 129 muids, 5 setiers, 3 quartels, 93 muids, 11 setiers, 2 quartels, 1634 7 écuelles, à 38 sols, 5 écuelles, à 39 sols, 13,674 1. 4 s. i d. 6,528 1. 16 s. 6 cl. 110 muids, 5 setiers, 2 quartels, 81 muids, 9 setiers, 1 quartel, 4 muids, 6 setiers 1635 11 écuelles, à 56 sols 6 d. 9 écuelles, à 39 sols, à 30 sols, 14,604 s. 7,655 1. 4 s. 3 d. 324 1. 110 muids, 6 setiers, 82 muids, 11 setiers, 1 écuelle, 3 muids, 1 setier, 2 qu 1636 à 45 sols 8 d. à 23 sols, à 34- sols, 11,934 1. 6,567 1. 172 s. 89 muids, 8 setiers, 5 écuelles, 69 muids, 2 quartels, 7 écuelles, 1637 à 56 sols, à 42 sols, 12,052 1. 7 s. 6 d. 6,960 s. 116 muids, 9 setiers, 2 quartels, 84 muids, 5 setiers, 8 écuelles, 1638 1 écuelle, à 55 sols, à 34 sols, 14, s. 7,4791. 1s. 3 d. 102 muids, 1 setier, 1 quartel, 88 muids, 6 setiers, 3 quartels, 1639 8 écuelles, à 55 sols, 6 écuelles, à 33 sols, 12,257 1. 3 s. 4 d. 7,014 1. 10 s. 6 d. 107 muids, 7 setiers, 1 quartel, 95 muids, 11 setiers, 1 quartel, 1640 8 écuelles, à 54 sols, 6 écuelles, à 33 sols, 13,944 1. 12 s. 6 d. 7,653 1. 14 s. 6 d. DOMAINE DE SEDAN, de 1 630 à 1651 AVOINE FERMES EN DENIERS VENTES DES BOIS TOTAL uids, 7 setiers, 3 quartels, écuelles, à 14 sols, 7,880 1. 9 s. 36,075 1. 8 s. 8 d. 28,134 I. 19 s. 95,119 1. 15 s. 8 d. uids, 1 setier, 1 quartel, cuelles, à 12 sols 6 d. ,213 1. 8 s. 9 d. 29,408 livres. 18,984 1. 14 s. 78,743 1. 5 s. 3 d. 0 muids, 3 quartels, à 11 sols 6 d,, ,245 1. 9 s. 6 d. 27,824 livres. 16,219 livres. 67,320 1. 7 s. 6 d. ids, 10 setiers, 2 quartels, écuelles, à 13 sols, 6,142 1. 18 s. 44,413 1. 2 s. 20,237 1. 4 s. 87,233 1. 19 s. 6 d. uids, 1 setier, 1 quartel, cuelles, à 12 sols 6 d. ,8131. 8 s. 6 d. 34,663 1. 1 s. 6 d. 26,292 s. 87, s. uids, 1 quartel, 3 écuelles, à 14 sols, ,418 1. 9 s. 6 d. 36,153 1. 14 s. 8,814 1. 4 s. 73,969 I. 19 s. 9 d. uids, 5 setiers, 1 quartel, à 12 sols 4 d., ,263 1. 2 s. 6 d. 27,821 1. 2 s. 1 d. 12,446 1. 17 s. 64,204 1. 11 s. 7 d. uids, 6 setiers, 3 quartels, cuelles, à 19 sols 6 d. ,298 1. 10 s. 6 d. 30, s. 26,1161. 1 s. 81,569 1. 6 s. 6 d. ids, 10 setiers, 8 écuelles, à 20 sols 6 d., , s. 4 d. 29,1141. 13 s. 4 d. 29, s. 88,943 1. 16 s. 3 d. ids, 10 setiers, 2 écuelles, à 18 sols 6 d., 8, s. 33,451 1. 9 s. 5 d. 30,917 s. 91,477 1. 15 s. 3 d. uids, 5 setiers, 1 quartel, à 22 sols 6 d., ,9811. 10 s. 6 d. 34,427 1. 6 s. 5 d. 34,669 1. 15 s. 101,8161. 16 s. 8 d. ANNÉES FROMENT SEIGLE ORGE 55 muids, 6 setiers, 2 quartels, 42 muids, 4 setiers, 2 quartels, 1641 2 écuelles, à 58 sols, 9 écuelles, à 43 sols, 7,598 1. 2 s. 4,374 1. 8 s. 8 d. 75 muids, 6 setiers, 56 muids, 4 setiers, 4 muids, 3 setiers, 1642 à 55 sols, à 40 sols, à 34 sols, 9,438 livres. 5,408 livres. 346 1. 16 s. 34 muids, 11 setiers, 25 muids, 2 setiers, 1 quartel, 1643 à 54 sols, à 40 sols, 4,525 1. 4 s. 2,418 livres. 1644 72 muids, 8 setiers, 2 quartels, 64 muids, 11 setiers, 3 quartels, pour les six 6 écuelles 1/2, à 25 sols, 4 écuelles 1/2, à 16 sols, derniers mois 4,363 1. 3 s. 6 d. 2,573 1. 9 s. 8 d. 90 muids, 4 setiers, 1 quartel, 80 muids, 5 setiers, 2 quartels, 1645 5 écuelles, à 25 sols, 3 écuelles, à 16 s. 6 d. 5,421 1. 15 s. 6 d. 3,1861. 7 s. Id. 94 muids, 4 setiers, 1 quartel, 85 muids, 9 setiers, 2 quartels, 1646 5 écuelles, à 25 sols, 9 écuelles, à 16 s. 8 d.. reprises déduites 5,421 1. 15 S. 6 d. 3,400 1. 17 S. 4 d. 103 muids, 10 setiers, 11 écuelles, 94 muids, 3 setiers, 2 quartels, 1647 à 29 s. 6 d. 9 écuelles, à 20 sols, reprises déduites 7,348 l. 13 s. 4,639 l. 18 s. 100 muids, 1 setier, 1 quartel, 93 muids, 3 quartels, 3 écuelles, 1648 5 écuelles, à 37 sols, à 27 sols, reprises déduites 8,810 1. 8 S. 4 d. 6,149 1. 11 S. 9 d. Froment vendu à apprécier Seigle vendu à apprécier 1649 80 muids, 3 setiers, 1 quartel, 64 muids, 6 setiers, 1 quartel, 10 muids, 10 setiers, 3 qu reprises déduites 11 écuelles, à 3 I. 6 s., 3 écuelles, à 45 et 52 sols, à 46 sols, 12,517 s. 7,866 1. 6 s. 4 d. 1,202 s. 87 muids, 2 setiers, 1 quartel, 71 muids, 9 setiers, 1/2 écuelle, 3 muids, 7 setiers, 2 qua 1650 2 écuelles, à 3 1. 13 s. à 57 sols, à 57 sols, reprises déduites 15,275 1. 17 s. 10,815 1. 10 s. 495 1. 18 s. 6 muids, 7 setiers, 2 quartels, 9 muids, 9 setiers, 2 quartels, 107 muids, 3 setiers, 1 qu 1651 à 3 1. 15 s., 6 écuelles, à 3 I., l écuelle, à 3 I., reprises déduites 1,193 1. 1,411 1. 5 S. 15,447 1. 5 S. AVOINE FERMES EN DENIERS VENTES DES BOIS TOTAL ids, 1 setier, 2 écuelles, à 24 sols 6d., 4,468 1. 18 s. 39,523 livres. 11,851 1. 19 s. 67,816 I. 15 s. 8 d. ids, 8 setiers, 2 quartels, à 19 sols, 4,7261. 8 s. 31,835 s. 1,448 livres. 53, s. ds, 9 setiers, 2 quartels, à 12 sols 6 d., 1,553 s. 48,018 livres. 8,409 livres. 64,923 s. ds, 3 setiers, 11 écuelles, à 10 sols 3 d., ,819 s. 5 d. 17,7081. 16 s. 8 d. 4,165 I. 18 s. 4 d. 32,630 1. 19 s. 7 d. ls, 10 setiers, 10 écuelles, à 10 sols 3 d. 8191. 1 s. 5 d. 17,7081. 16 s. 8 d. 4,165 1. 18 s. 4 d. 32,630 1. 19 s. 7 d. s, 10 setiers, 3 quartels, uelles, à 8 sols 6 d. '87 1. 15 s. 6 d. 20,828 I. 10 s. 1,045 1. 14 s. 34,634 I. 16 s. 5 d. ds, 6 setiers, 1 quartel, Ventes extraord. uelles, à 8 sols 6 d., par ordre de S. M. Non compris les bois 2131. 6 s. 6 d. 20, s. 53,1661.. 34, s. ds, 9 setiers, 1 quartel, Vente extraord. Non compris la vente elles, à 7 sols 6 d., pour 28,8451. extraord. 381. 2 s. 6 d. 23,644 1. 11 s. 8,295 1. 12 s. 49,838 1. 6 s. s, 3 setiers, 2 écuelles, à 14 sols, 14 1. 2 s. 4 d. Non compris muids de vieilles avoines les vieilles avoines a 8 sols 6 d., 8,160 L. 27,767 livres. 1,581 1. 14 s. 55,849 I. 8 s. s, 5 setiers, 2 quartels, uelles, à 18 s. 6 d., 251. 15 s. 2 d. 28,440 1. 4 s. 2 1. 15 s. 60,559 1. 19 s. 9 d. muids, 1 quartel, Compris 2,8921. des à 19 sols quints d'Angecourt ,564 1. 3 s. 33,519 I. 9 s. 6 d. 1,857 1. 14 s. 58,992 1. 16 s. 6 d. - 182 — CHRONIQUE I. Ardennais lauréats de l'Académie de Reims. L'Académie de Reims a, dans sa séance du 18 juillet, décerné les prix et médailles dont elle dispose. Il est à remarquer que dans la section d'histoire et philologie, les trois seuls lauréats sont des Ardennais. 1. — Une médaille d'or est décernée à M. l'abbé Joseph PECHENART, professeur au petit séminaire de Reims, pour son Etude sur le patois de Braux. 2. — Une médaille d'argent de 1re classe à M. WASLET, professeur au lycée de Laon, pour sa Monographie de Hierges. 3. — Une médaille d'argent à M. Henri JONVAL, instituteur à Charleville, pour son étude sur La Famille de Fuchsamberg. II. Trouvaille numismatique à Sedan. Pendant les travaux de construction de l'égout de la rue des Francs-Bourgeois à Sedan, on a mis au jour une vingtaine de pièces de monnaie et plusieurs boulons d'uniformes du Premier Empire. L'une des pièces en question est à l'effigie de Louis XIV et porte le millésime de 1654. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, rédigé par M. Paul LAURENT, archiviste. — ARDENNES. — Tome V. — Série H supplément Archives hospitalières. — Charleville, Anciaux, 1901, in-4°, VIII, 195 pages. Cet inventaire contient l'analyse des titres des hospices de Charleville, Château-Porcien, Donchery, Mouzon, Rethel et Sedan. Le fonds de l'hospice de Mézières avait été publié par M. Laurent en 1891. Les pièces qu'on trouve dans ce tome V sont de dates différentes, entre le XIIIe et le XIXe siècle, selon l'ancienneté de l'institution charitable dont il s'agit. Les hospices de Château-Porcien, Mouzon et Rethel sont du XIIIe siècle. Celui de Donchery existait au xiv 8 siècle. Celui de Sedan se rattache aux hôpitaux du XVIe siècle. Celui de Charleville est de 1634. — En plus de l'intérêt qu'offrent les documents pour l'histoire de chaque établissement ou pour celle des établissements rattachés à ceux-là, comme Attigny, Le Chesne, etc., on peut en tirer mille rensei- — 183 - gnements pour des recherches historiques pour l'instruction, en particulier et biographiques. Citons, par exemple, l'importance du fonds de Mouzon pour reconstituer la liste des seigneurs de Givodeau. — La table très détaillée, due à M. l'employé Semer, facilite les recherches.— Quelques observations sur cette table. Pourquoi n'avoir pas fondu certains articles en un seul? Ainsi, pour l'enseignement, il faut chercher à Collège, Ecoles, Enseignement, Etablissement, Instruction, Maîtres Maîtresses d'école, Professeurs, Régents. — Aspremont n'est pas Apremont au canton de Grandpré, mais Apremont-la-Forêt Meuse, arr. Commercy, cant. t'-Mihiel. — Les mentions relatives à Guillaume de Mirbrich ou Mirbrick doivent être cherchées à Merbrich. Pourquoi pas un article Mirbrich ? E. H. Fédération archéologique et historique de Belgique sous le haut patronage de S. M. le Roi. — Compte-rendu des travaux du quatorzième Congrès tenu à Arlon, du 30 juillet au 2 août 1899, sous la direction de l'Institut archéologique du Luxembourg par JULES VANNÉRUS, secrétaire général du Congrès. — Arlon, V. Poncin, 1900, gr. in-8°, 173264 — 4 pp. avec un portrait. Ce volume vient seulement d'être distribué aux membres du Congrès Il est divisé en deux parties. La première Documents préparatoires » renferme les documents officiels, les questionnaires et des articles comme les Taques du musée d'Arlon, par Sibenaler article reproduit dans les Annales de l'Inst. arch. du Lux., les Musées d'Arlon, par V. Birnbaum, des notices sur Arlon, St-Hubert, Orval, le GrandDuché. — La deuxième partie paginée à part comprend les comptesrendus des trois sections préhistoire, histoire, archéologie. Aucun des travaux présentés n'intéresse directement le département français des Ardennes ; car les questions que mes collègues et moi avions fait mettre au programme 1 n'ont pas reçu de réponses. Cependant sur la Condition des populations rurales du Luxembourg au moyen-âge, MM. Matthieu, Loes et Groeb ont traité l'histoire de l'enseignement aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles pp. 128 et suiv.. Ce n'est pas tout à fait la réponse que j'attendais, le moyen-âge finissant vers 1450. — Sur l'lmprimerie à Bouillon, M. Cumont a remis deux notes concernant l'imprimeur Rousseau en 1763 pp. 147-148. Dans les notices présentées et qui regardent la Belgique ou le GrandDuché, il y a cependant à prendre quelques renseignements. La communication de M. de Raadt, Archives luxembourgeoises inconnues déposées à Arnhem Hollande, met au jour des quittances en allemand de plusieurs chevaliers, Renier de Balderingen et Arnould de Sierck, 1 Rev. d'Ardenne et d'Argonne, t. VI, p. 137-138. - 184 — ayant pris part avec le comte de Saint-Paul aux sièges de Virton et de La Ferté-sur-Chiers 1394 p. 72.— Les différentes études de M. l'abbé Roland attirent particulièrement l'attention. La première identifie deux noms de lieux Meduanto et Menerica sur la voie romaine de Reims à Cologne pp. 63 et suiv.. Une autre traite de certains noms de lieux rappelant les bois sacrés gaulois Nismes, au canton de Couvin ou germains Hérock, comm. de Ciergnon et Hierges, au canton de Givet. Hierges s'explique par un radical harg variante de HARUGA bois sacré » avec la désinence de latinisation ia pp. 77-84. La notice suivante remet au point les conclusions du célèbre mémoire de Piot sur les Pagi de la Belgique spécialement sur le Pagus arduennensis pp. 85 et suiv.. La dernière est un travail qui cherche à préciser la situation des tribus belges du temps de César, les Eburons, les Aduatiques, es Condruses, les Segniens, les Pémanes et les Cérèses p. 101 et suiv.. P. C. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE PERIODIQUES. Annales de géographie Paris, A. Colin n° 50, 15 mars 1901 Une excursion géographique dans l'Ardenne, par Paul Léon 4 gravures. — N° 51, 15 mai La Thiérache, par E. Chantriot. Bull, de la Société des Naturalistes et Archéologues du nord de la Meuse Montmédy, t. XII, ler semestre 1900. — La partie des SCIENCES NATURELLES rend compte des excursions entre autres à SaintWalfroy, et contient quelques articles dont le principal est le pommier et ses ennemis par le frère Apollinaire-Marie. — L'ARCHÉOLOGIE ET HISTOIRE LOCALE renferme notamment la Ligue sur les bords de la Meuse extrait de l'histoire militaire de Dun par Robinet de Cléry avec 4 facsimilés de gravures anciennes [consacré presqu'entièrement au rôle joué en 1591 par Henri de La Tour à Stenay et Dun] 1 pp. 1-24; Philippe-Auguste et Frédéric-Barberousse à Vaux-les-Mouzon 2 par le même pp. 25-26 ; Notice historique sur Saint-Walfroy et son pèlerinage par F. Houzelle pp. 36-55. 1 P. 1, lire Charlotte et non Christine de La Marck. — Sedan n'était pas une place du duché de Bouillon ; l'auteur ne s'est pas rendu compte de la valeur du titre de duc de Bouillon». — P. 21, lire Wauthier et non Wathrier de Dun. 2 Le nom de Carignan, au XIIe siècle, était Yvog ; M. Cartellieri écrivant en allemand l'appelle Ipsch, qui est la transcription germanique de Epoissus. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. Iconographie d'Arthur RIMBAUD 1 Arthur Rimbaud fit une trop courte apparition dans la vie littéraire de son temps pour laisser de nombreuses traces de son passage dans le monde des peintres et des dessinateurs. Comme oeuvres originales, on ne peut guère citer qu'un tableau de Fantin-Latour et quelques croquis de Forain, alors tout jeune et complètement inconnu. Aussi la bibliographie iconographique de Rimbaud serait-elle très maigre, si nous ne possédions de lui un certain nombre de portraits croqués par deux amis d'enfance et de jeunesse, E. Delahaye et P. Verlaine, et par F. Régamey qui le connut à Londres. Ces dessins, malgré leur manque de prétention artistique, n'eu sont que plus précieux ils constituent des documents qui fixent pour nous un geste, une attitude, une aventure du poète carolopolitain. Verlaine avait trouvé en Cazals l'iconographe idéal, grâce à qui la physionomie particulière du Pauvre Lélian en ses expressions diverses reste à jamais gravée dans notre esprit il eût fallu à Rimbaud un Cazals qui, pour notre curiosité sympathique, aurait noté d'un crayon alerte et familier les épisodes d'une vie errante. MM. Ad. van Bever et P. Léautaud dans leur volume Poètes d'aujourd'hui Paris, Mercure de France, 1900, ont donné, page 286, un essai de nomenclature iconographique d'Arthur Rimbaud. Nous nous sommes efforcé de combler les lacunes de cette nomenclature incomplète et nous y avons ajouté quelques remarques. LISTE ALPHABÉTIQUE PAR NOMS D'AUTEURS Paterne Berrichon. Sept dessins qui représentent Rimbaud à différentes époques de sa vie et dont aucun, d'ailleurs, n'a été fait d'après nature. Ils appartiennent à MM. Jean Bourguignon, E. Delahaye, Deman, Edmond Picard, etc., etc., et n'ont qu'une valeur documentaire médiocre. L'un de ces dessins donne la tête d'Arthur Rimbaud enfant, 1 Cette étude documentée sur l'lconographie d'Arthur Rimbaud est un chapitre inédit du volume que vont faire paraître MM. Jean Bourguignon et Charles Houin sur l'auteur du Bateau Ivre. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n° 11. — 186 — en 1805. Il a été publié dans la Revue blanche, n° du 1er septembre 1897, page 387, et reproduit, réduit de moitié, à la page 35 de la Vie de Jean-Arthur Rimbaud par Paterne Berrichon Paris, Mercure de France, 1897. Un autre représente Rimbaud à dix-sept ans, d'après une photographie de Carjat. Ce portrait a été publié eu phototypie hors texte dans l'étude de Jean Bourguignon et Charles Houin sur Rimbaud parue dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897. On en trouve une réduction la tète seulement dans la Vie de Jean-Arthur Rimbaud, page 75. Un troisième dessin figure le masque de Rimbaud vers l'âge de trente ans tète de profil, expressive, émaciée, avec moustaches. Il a été publié dans la Vie de Jean-Arthur Rimbaud, page 177. M. Berrichon a de plus exécuté en 1900 un Buste en plâtre qui fut exposé à La Plume et représente Rimbaud à dix-sept ans. La Plume, n° du 15 novembre 1900, page 688, en a donné une reproduction en gravure. Ce buste servit de modèle pour le Buste en bronze qui s'érige aujourd'hui au sommet d'une stèle dans le Square de la Gare à Charleville. Le monument, dont le socle est l'oeuvre de M. Petitfils, architecte, fut inauguré le 21 juillet 1901. — La Revue blanche, n° du 15 janvier 190I, a publié une médiocre gravure de ce monument. L'Illustration, n° du 27 juillet 1901, en a donné une petite reproduction. Enfin un mauvais dessin du buste a paru dans l' Echo de Paris, n° du 18 juillet 1901. Le cliché de l' Illustration a été reproduit dans le Sagittaire, n° d'août 1901, et dans le présent n° de la Revue d'Ardenne et d'Argonne, page 201. Etienne Carjat. On doit à Carjat deux photographies de Rimbaud, faites en octobre et en décembre 1871. Elles représentent le poète à l'âge de dix-sept ans. Un exemplaire appartient à Mme Dufour-Rimbaud ; un autre exemplaire, avec signature d'A. Rimbaud, se trouve chez Mme Vve L. Vanier. MM. E. Delahaye et Gabriel Cromer ont tiré diverses épreuves de ces photographies. La deuxième des photographies de Carjat servit au portrait de Rimbaud, par X... [Blanchel], lequel parut d'abord dans Lutèce en 1883, puis dans la première édition des Poètes maudits eu 1884. — 187 — Ernest Delahaye. Ami commun de Rimbaud et de Verlaine et, comme ce dernier, aimant à semer ses lettres d'amusants croquis, M. Delahaye nous a laissé plusieurs dessins d'un grand intérêt documentaire. Malheureusement très peu d'entre eux nous sont tombés sous les yeux'; la plupart sont disséminés dans la correspondance que M. Delahaye échangeait avec Verlaine et où Rimbaud figura à maintes reprises. Cette correspondance a été donnée en communication à M. Laurent Tailhade qui la détient encore actuellement. Voici les quatre dessins dont nous avons pu voir les originaux. Croquis fait en 1873, représentant Rimbaud à l'âge de dix-sept ans visage de profil, imberbe, cheveux longs mal peignés retombant sur le cou, bouche amère et triste. L'original appartient à M. de Mornan. La Revue blanche, n° du 15 août 1896, page 173, en a donné une reproduction médiocre ; la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897, page 71, l'a reproduit également. — Cazals possède un autre original au crayon, qui diffère quelque peu du dessin paru dans la Revue blanche. Croquis de Delahaye, d'après un dessin de Germain Nouveau, fait dans l'été de 1876. Ce curieux dessin, où figurent Rimbaud, Verlaine, Nouveau et Delahaye, accompagnait une lettre de Delahaye à Verlaine il fait allusion à l'un des brusques départs du poète ardennais vers des régions inconnues », c'est-à-dire vers l'Orient. L'original appartient à Cazals. On en trouve une reproduction réduite dans La Plume, n° de février 1896. Deux croquis de Delahaye, réunis sur la même feuille Rimbaud rencontre Verlaine en paysan à Juniville Ardennes. Ils datent du temps où le Pauvre Lélian faisait sa tentative d'existence rustique. Entre les mains de Mme Vanier. H. Fantin-Latour. Fantin-Latour est l'auteur d'un tableau intitulé Coin de table et datant de 1872. Cette toile, qui fut longtemps cachée jalousement dans une galerie de Manchester, est depuis 1898 la propriété d'Emile Blémont ; elle figura à l'Exposition centennale de 1900 et fut justement remarquée. En effet, ce tableau, outre sa valeur artistique, constitue un précieux document d'histoire littéraire ; on y voit les portraits de Verlaine, Rimbaud, Léon Valade, Ernest — 188 - d'Hervilly, Camille Pelletan, assis autour d'une table, et au-dessus d'eux, se tenant debout, Elzéar Bonnier, E. Blémont et Jean Aicard. Le poète Albert Mérat devait également avoir son portrait dans Coin de table, aux côtés de Pelletan ; mais il ne put venir au dernier moment chez Fantin-Latour, et l'artiste le remplaça par le pot de fleurs qui ferme le tableau à la droite du spectateur 1. Consulter, sur celle toile, le Mercure de France, nos de janvier 1898 et de juillet 1900. La Plume, n° du 1er janvier 1899, page 25, a donné une reproduction du Coin de table. Une autre reproduction accompagne en hors-texte un article de M. Léon Bocquet sur Emile Blémont, paru dans la revue Le Beffroi, n° de septembre-octobre 1900. Une troisième reproduction a paru dans Le Sagittaire, n° d'août 1901, consacré spécialement à l'inauguration du Monument Arlhur Rimbaud. Du tableau, le graveur Lerat fit une eau-forte dont un exemplaire appartient à Mme Vanier; l'eau-forte est reproduite en photolypie hors texte dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897. En tète de l'édition des OEuvres de Jean-Arthur Rimbaud Paris, 1898, Mercure de France, figure le portrait de Rimbaud seul, extrait de la toile de Fantin-Latour c'est une reproduction à l'eau-forte par Rajou et en photogravure retouchée par l'artiste. Enfin, M. E. Delahaye a tiré des épreuves photographiques de la partie gauche du tableau qui représente Verlaine, Rimbaud et Valade. Forain. Divers croquis d'après nature, 1872. L'un d'eux, actuellement entre les mains de M. Raoul Gineste, avait été pris au café. Que sont devenus les autres? Il serait intéressant de le savoir pour l'histoire iconographique d'Arthur Rimbaud. Luque. Dessin fait pour la deuxième édition des Poètes Maudits », en tête de l'étude de Paul Verlaine, 1888 médaillon de Rimbaud encerclé dans une lyre. — Ce dessin est reproduit dans la Revue 1 Relevons à ce propos une erreur de MM. van Bever el Léautaud, dans la 1re édition de leur recueil Poètes d'aujourd'hui », où il est dit, page 371, que Mérat et Carjat figurent dans le tableau. - 189 - encyclopédique, n° 1 de 1892 dessin réduit, et dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897, page 57. Portrait-charge en couleurs dans les Hommes d'aujourd'hui », n° 318, Paris, Vanier. Dans cette caricature, allusion au Sonnet des Voyelles, Rimbaud, habillé en bébé et entouré de pots de couleurs, s'amuse à colorier les voyelles de l'alphabet. Luque s'est inspiré d'une photographie de Carjat et du dessin des Poètes Maudits » 1re édition] pour reproduire les traits du poète ardennais. — Cette charge célèbre se trouve, réduite et sans couleurs, dans la Revue encyclopédique, n° 1 de 1892. Arthur Rimbaud. Il existe quatre photographies de Rimbaud faites par Rimbaud lui-même au Harar, en 1883 ; elles appartiennent à M. P. Berrichon. Rappelons à cette occasion que Rimbaud a griffonné quelques dessins. Quatre d'entre eux ont été publiés par la Revue blanche, n° du 1er septembre 1897, page 374, et n° du 1er octobre 1897, pages 48, 52 et 55. Ce sont des caricatures qui datent de 1869 environ. — Cazals possède l'original d'un autre croquis de Rimbaud fait à Londres en 1873 le dessin représente un jeune cocher londonien. Isabelle Rimbaud. Croquis de Rimbaud en costume oriental, à 36 ans; le poète, déjà amputé, tient une harpe abyssine. Appartient à Mme Vanier. Arthur Rimbaud mourant, dessin fait par la soeur du poète en 1891 masque de souffrance, joues émaciées, nez long et aminci, yeux à peine entr'ouverts, fine moustache, front large et dégagé. La Revue blanche l'a reproduit dans son n° de septembre 1897, page 385. Félix Régamey. Deux dessins faits à Londres en 1872. Le premier représente Rimbaud assis sur une chaise, affalé et sommeillant, donnant la sensation d'un homme éreinté de fatigue. Rimbaud est coiffé d'un haut-de-forme qui cache les yeux ; on ne voit de la tête que le bout du nez, la bouche, le menton et le bas des joues. La main droite couvre la main gauche qui lient une sorte de sac ou musette. L'autre représente Verlaine et Rimbaud à Londres. Tous deux — 190 — semblent aller par les rues, dépenaillés et l'air minable. Rimbaud déambule, coiffé d'une sorte de petit galurin rond, le bras droit ballant, le bras gauche relevé avec une pipe aux doigts ; figure imberbe. Verlaine, coiffé d'un chapeau misérable, serrant des paperasses dans sa main et sous son bras gauche, la main droite relevée et tenant une canne et un cigare, se retourne et regarde Rimbaud. Dans le fond, à gauche de Verlaine, une silhouette de policeman. Ces deux dessins ont été publiés par F. Régamey dans son ouvrage Verlaine dessinateur Paris, Floury, 1896, le premier, page 23, en planche hors texte, le second, page 25, dans le texte. Une mauvaise reproduction en a été donnée dans Le Journal, n° du 21 juillet 1901, pour illustrer un article de M. Max Reynaud. Ce dernier en a profité pour insérer sur Rimbaud quelques inexactitudes et notamment, au début, pour faire dire au poète Albert Mérat des choses qui ont été écrites par Verlaine même. N'est-ce pas vraiment le cas de s'écrier O reportage, que d'erreurs on commet en ton nom ! Félix Vallotton. Dessin qui accompagne l'étude de Stéphane Mallarmé sur Rimbaud, parue dans une revue de Chicago, The Chap-Book, n° du 15 mai 1896, page 9. — Vallotton s'est évidemment servi du dessin où Delahaye représente Rimbaud à 17 ans; mais il a modifié la physionomie. La figure est plutôt gaie, la bouche n'a plus de pli amer, les cheveux sont mieux peignés ; un col régulier et une cravate donnent un air correct à Rimbaud. Masque d'Arthur Rimbaud, précédant la courte étude de Remy de Gourmont sur le poète dans le Livre des Masques, portraits symbolistes Paris, Mercure de France, 1896, page 161.—Vallotton s'est visiblement inspiré du portrait de Rimbaud paru dans la première édition des Poètes Maudits, c'est-à-dire d'une photographie de Carjat. Paul Verlaine. Dessinateur primesautier, peu soucieux de la facture, Verlaine a laissé de nombreux dessins épars dans sa correspondance ou ailleurs, et dont M. F. Régamey a su dégager le charme simple et naïf, les qualités de bonhomie et souvent de force incisive. Verlaine savait dessiner d'instinct et d'une façon originale. Ses — 191 - croquis sur Rimbaud doivent être en assez grand nombre. Nous ne connaissons que les suivants. Dessin, fait de mémoire, représentant Arthur Rimbaud en juin 1872. Se trouve dans les Poésies complètes d'Arthur Rimbaud Paris, Vanier, 1895. Reproduit dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897, page 63, et dans le livre de Ch. Donos Verlaine intime Paris, Vanier, 1898, page 82. Croquis représentant Rimbaud en chapeau haut-de-forme, avec un verre devant lui. Ecrit sur le côté Comment se fit la Saison en enfer, Londres, 72-73 ». Dessin inédit qui appartient à Mme Vanier. Croquis placé en tête des Poésies complètes d'Arthur Rimbaud Paris, Vanier, 1895. L'original, au crayon, appartient à Cazals. — Il a été reproduit dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de janvier-février 1897, page 66. Dessin qui représente Rimbaud lapant de ses mains énormes sur un piano et effrayant sa mère et son propriétaire. Comme épigraphe La musique adoucit les moeurs. » Publié par la Reçue blanche, n° du 15 avril 1897, page 454. Dessin qui représente Rimbaud partant pour Vienne, en hautde-forme, hautde-forme, fumante à la main droite, et s'écriant M... à la Daromphe ! J' fous le camp à Wien » ! — Comme épigraphe Les voyages forment la Jûnesse ». — Publié par la Revue blanche, n° du 15 avril 1897, page 456. Charles HOUIN. RECHERCHES STATISTIQUES SUR LA POPULATION DES ARDENNES AVANT LE XIXE SIÈCLE Voir Revue, t. VIII, p. 109 et suiv. II. — La population de la sergenterie de Porcien vers l'année 1300. Un document des Archives nationales 1 nous renseigne sur la population du Porcien au moyen-âge. Son premier éditeur, Martin 2, le datait, d'après les noms des seigneurs mentionnés, entre 1295 et 1306. L'écriture est des confins du XIIIe 1 Arch. nat. J. 108, n° 34 original non scellé, en trois bandes de parchemin cotées 34 B 46 cm. X 20 cm., 34 A 48 cm. x 20 cm., 34 c 14 cm. x 18 cm.. 2 Essai historique sur Rozoy-sur-Serre, Laon, 1863, pièce justifie. VII p. 009-613. — 192 — et du XIVe siècle. Les circonstances de sa rédaction peuvent s'induire de quelques indications du texte; Martin les a signalées d'un mol. Il s'agissait de consulter les seigneurs et les habitants du Porcien sur la question de savoir s'ils voulaient racheter les appeaux volages » c'est-à-dire les appels des justices seigneuriales portés au bailliage de Laon. On trouve aux articles LOR, RAINE VILLE, CHAUMONT, SAINS FREJUEL seulement la réponse à la consultation. C'est donc bien plus par le côté incident le nom des seigneurs et le nombre de feux qu'il indique que par le côté principal le rachat des appeaux que ce document mérite la publication. Sa date très haute en fait une pièce d'un prix exceptionnel dans l'histoire de la population en France. D'autre part, la transcription de Martin est tellement fautive fautes de copie, articles omis, mots altérés ou déclarés illisibles qu'une réédition s'imposait. Cette réédition, je la donne en identifiant les noms de lieux, mais en traduisant seulement certains passages qui pourraient embarrasser quelques-uns de nos lecteurs. 1 \ Hec sunt villae, domini villarum et numerus focorum in serjanteria de Portiien. MAAIGNIS 2 domini sunt dominus J. de Perrois et Johannes de Maaignis. Sunt in villa praedicta foci xxi LAPIONS 3 domini cornes de Roussi et prior sancti Pauli in bosco. Foci VIIIxx [— 160]. SISSONNE 4 dominus cornes de Roussi. Foci • xiiijxx [zr280J. BONCOURT 5 dominus hospitale sancti Johannis. Foci • iiij*x et • x SAINS JEHANS OU BOS 6 dominus Johannes de Roseto 7. Foci • c • SOISE 8 domini Radulphus de Grès, dominus Guido de Noirecourt, Adam de Soise, domicella d'Arecourt. Foci • xx VAUS 9 dominus Thomas Bastardus. Foci xlviij • SANCTA WALBURDIS 10 dominus prior sanctae Walburdis. Foci • lxxiij • 1 Ici commence la bande cotée 34 B. 2 Magny, cne de Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 3 Lappion, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 4 Aisne, arr. Laon, c. 5 Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 6 Saint-Jean-aux-Bois, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. \l Jean de Rozoy-sur-Serre. 8 Soize, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 91 Vaux-les-Rubigny, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 10 Sainte-Vaubourg, Ardennes, arr. Vouziers, c, Attigny. - 193 — LOIGNIS 1 domini Templum et dominus Gaucerus de Muteri. Foci • iiijxx. MALE MAISONS 2 domini Caries, Ricardus, Johannes Malagrenes et Robertus de Joain. Foci • xxxv • ERPI 3 dominus sanctus Remigius. Foci • ce • RUBIGNIS 4 j dominus dominus Thomas d'Aspremont. WARDIMONT 5 j Foci • vijxx [= 140]. Buissi6 domini dominus Nicolaus de Vendi et domina Aelidis de Buissi. Foci • iiijxx • et • xv • LILLIEL 7 dominus Marlars et Thomas avunculus ejus. Foci • lx • STUSQUINTINUS PARVUS8 dominus cornes de Roussi. Foci- iiijxx. SEVIGNY 9 domini Johannes li buveres, dominus Gobertus d'Aceri, Petrus de Sevigni et Petrus d'Escourda 10 et magistri Johannes li bues et Rogerus Couisselin. Foci • ixxx [= 180]. CHIEVRE 11 domini Anselmus de Chivre et dominus Claremballus Claremballus Camus. Foci • lxiiij • RARIMONT 12 dominus capitulum de Rosoit. Foci c • et • ij • GOUDELENCOURT 13 domini Nicolaus de Festius 14, domicella domicella de Cievregni et Colinus de Mouront. Foci xxx • MASCECOCRT 15 dominus cornes de Roussi. Foci • xxviij - BOULIAUS 16 dominus camberarius de Caours 17. Foci • xxxvij - ROSOY 18 dominus dominus Jehans de Rosoy. Foci • lx • ANGECOURT 19 dominus Toriaus de Laon. Foci • xiiij • ROUVROIT 20 dominus dominus J. de Rosoy. Foci • xxvij • data{2\ LOR22 dominus Gaucerus d'Autrece 23. Foci- lxxiij • Dominus consentit 24. 1 Logny-lès-Chaumont, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 2 La Malmaison, Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel. 3 Herpy, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 4 Rubigny, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 5 Wadimont, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 6 Bucy-lès-Pierrepont, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 7 Lislet, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 8 Saint-Quentin-le-Petit, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 9 Sévigny-Waleppe, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 10 Pierre d'Ecordal. 11 Chivres-et-Machecourt, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 12 Raillimont, cne de Rouvroy, Aisne, c. Rozoy-sur-Serre. 13 Goudelancourt-lès-Pierrepont, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 14 Nicolas de Festieux. 15 Machecourt, cn de Chivres, voy. plus haut. 16 Ebouleau, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 17 Le chambrier de Chaourse. 18 Rozoy-sur-Serre, Aisne, arr. Laon, c. 19 Agnicourt-et-Séchel!es, Aisne, arr. Laon, c. Marie. 20 Rouvroy, Ardennes, arr. Rocroi, c. Rumigny. 21 Donnée ». Je comprends que c'est la copie du projet de rachat des appeaux qui a été donnée. — Ce mot en marge est d'une main postérieure au tableau. 22 Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel. 23 Gaucher d'Autrèches Oise, arr. Compiègne, c. Attichy. 24 " Le seigneur consent » à racheter les appeaux. — D'une main postérieure. — 194 — SAINTE PRUEVE 1 domini cornes de Roussi et domina de Busci. Foci xx • DONMERI 2 domini abbates de Mouson et de Signi. Foci • ce RAINE VILLE 3 dominus abbas sancti Martini Laudunensis. Foci vixx • et x - [zz 130]. Nolunt redimere appellationes 4. LA SERVE 5 dominus Albericus de Sorbon. Foci • lxxv • BERLISE 6 domini dominus Hugo de Noirecourt et Jehans de Manlewes 7. Foci • xxvij • NOIRECOURT 8 dominus Jehans de Noirecourt. Foci • xl • ROKIGNI 9 dominus de Rosoit. Foci • viixx • et • iiij • [zz 144]. Disi 10 dominus abbas de Cuissi. Foci • xiiij • et • iiij. MERANWES 11 dominus abbas de Signi. Foci xix • JUSAINECOURT 12 dominus dominus Andréas d'Autrece. Foci • xxix • GOMONT 13 dominus hospitale Remense. Foci • xxiiij BALEHAN 14 dominus Joffridus de Balehan. Foci • c • CAOUSSE 15 dominus camberarius sancti Dyonisii. Foci • xijxx • [zz 240]. MONCORNET 16 dominus Jehannes de Louvanio. Foci- mille • ChAUMONT 17 dominus dominus Thomas d'AspremonT. Foci • ce • § Miserunt ad dominum suum et ejus expectant responsionem 18. ROUMAUCOURT 19 domini abbates sancti Iluberti eT de Caumont, advocati dominus d'AspremonT, dominus Gaucerus de MuTri. Foci c • VINCI 20 dominus dominus J. de Leheris. Foci • xxx • NISY 21 dominus cornes de Roussi et dominus J. de Los. Foci • iiijxx • 1 Sainte-Preuve, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 2 Rommery, Ardennes, arr. Mézières, c. Signy-l'Abbaye. i3 Renneville, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 4 Ne veulent pas racheter les appeaux. » — D'une main postérieure. 5 La Selve, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. 6 Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 7; Jean de Montloué. 8 Noircourt-et-le-Thuel, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 9 Rocquigny, Ardennes, arr. Rethel. c. Chaumont-Porcien. 10 Dizy-le-Gros, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 11 Maranwez, Ardennes, arr. Mézières, 12 Juzancourt, Ardennes, arr. Rethel, c. Asfeld. 13; Ardennes, arr. Rethel, c. Asfeld. 14 Balhani, Ardennes, arr. Rethel, c. Asfeld. 15 Chaourse, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 16 Montcornct, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 17 Chaumont-Porcien, Ardennes, arr. Rethel, c. 18 Ils les habitants ont envoyé vers leur seigneur et ils attendent sa réponse. » 19 Remaucourt, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 20 Vincy-Reuil-et-Magny, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 21 Nlzy-le-Comte, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne. — 195 — CONDÉ 1 dominus dominus Balduinus de Condé. Foci • iiijxx • HARDOIS 2 dominus Lois de Hardoie, Gobiers de Hardoie, Daniaus de Hardoie, Gilles de Vignoit, Henrions de Haussi. Foci • xl • sic sic SAINS FREJUEL 3 dominus dominus Hadulphus de Rabignis. Foci • ixxx • [= 180]. Nolunt redimere 4. CAPES 5 dominus abbas de Signi, dominus Wacerus de Mutri. Foci in parte abbalis • xx • et in parte militis • xvij • HARBIGNIS 6 dominus dominus J. de Harbignis. Foci • lx • BEGNIS 7 dominus domicella Beatrix de Lombus. Foci • xxvi • GIVERON 8 dominus Henricus de Bohaing et pueri de Soissons. Foci • Ixxvj • DOUMELIER 9 dominus dominus Th. d'Aspremont et domina Maria d'Aughiens. Foci xl • SOM 10 domini dominus Egidius de Roisi et domicella comitissa de Som. Foci • iiijxx • et • x • 11 MAIMONT 12 dominus dominus Jacobus de la Roce et dominus Joffridus de Terme et domina Desplances. Foci • vijxx . [zz 140]. NOUVION 13 domini Balduinu[s] de Aineaumont et pro sua parte foci • cxxxviij ; et est dominus dominus Renaudus de Lombus et pro par[te] sua foci • xxxvj ; et est dominus tercius dominus Hugo canonicus de Chaalons et pro parte sua sunt foci [en blanc]. GRANT CAMP 14 dominus Milo de Noiier et Joffridus de Termes et domina Desplances. Foci • iiijxx et • ij • JOFFROIT VILLE 15 dominus Alardus de Baseilles. Foci • lx • NUESVILLE DALES WASSIGNIS 16 dominus Johannes de Nova sic villa et dominus Renaudus de Lambus. Foci • iiijxx • et • xvi • SERIS 17 dominus dominus Arnulphus de Biaufort. Foci • vijxx [zz 140]. 1 Condé-les-Herpy, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 2 La Hardoye, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 3 Saint-Fergeux, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 4 Ne veulent pas racheter. » 5 Chappes, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 6 Herbigny, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 7 Bégny, cne de Doumely-Bégny, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 8 Givron, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 9 Doumely, voy. Bégny. 10 Son, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 11 Ici commence la bande cotée 34 A. 12 Mesmont, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 13 Novion-Porcien, Ardennes, arr. Rethel, c. 14 Grandchamp, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 15 Geoffreville, ancien quartier de la commune de Novion-Porcien. 16 Neuville-lès-Wasigny, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 17 Sery, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. — 196 - LA LOBE 1 dominus dominus Arnulphus de Biaufort. Foci • ixxx [zz 180]. ROGIERVILLE DESEUR LA LOBE 2 dominus dominus Arnulphus de Biaufort. Foci • xij ESCLI 3 dominus hospitale Remense. Foci • lxx • WASIGNIS 4 dominus dominus cornes de Ligrengres et dominus Albericus de Sourbon. Foci •'vixx- [zz 120]. MAINBRESSIS 5 dominus J. de Louvain et Templum. Foci • iiijxx • TIN LE MOUSTIER 6 dominus abbas de Mouson. Foci • xijxx • ARNICOURT7 dominus dominus Robertus de Frellicourt, Johannes de Baine et dominus • J • de Ludes. Foci • vixx • et • x • [zz 130]. PROUVISI 8 dominus Henricus li hideus et domicella Beatrix de Nouvion. Foci • xxvj • NANTUEL 9 dominus dominus Theobaldus de Nantuel. Foci • lxx SORBON 10 dominus dominus Albericus de Sorbon, Guiottus de Courbon, et • J • frater ejus. Foci viijxx • [zz 160]. TAISI 11 domini dominus p • Franciscus et domicella comitissa. Foci • iiij" et xLAUNOIT xLAUNOIT dominus abbas de Mouson et Willelmus de Launoit. Foci • xiixx • et • v • [zz 245]. AUTE VILLE 13 dominus Guiotus de Rouvrait, domicella Margarita Pain de Soile. Foci • iiijxx • AINAUMONT 14 dominus dominus Guido de Aynaumont et Balduinus de Ainaumont. Foci • iiijxx • et • x • LA ROUMAIGNE 15 dominus Th d'Aspremont. Foci • c • MONTMELIANT 16 dominus dominus Jacobus de Montecablon 17 et Rex. Foci lx • MANLEWES 18 dominus cornes de Siaumes 19. Foci • ce • et • x • 1 Lalobbe, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 2 Rogiville, près Lalobbe. 3 Ecly, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 4 Wasigny, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 5 Maimbressy, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 6 Thin-le-Moutier, Ardennes, arr. Mézières, c. Signy-I'Abbaye. 7 Ardennes, arr. c. Rethel. 8 Provizy, Cne Novion-Porcien, arr. Rethel, c. 9 Nanteuil, Ardennes, arr. c. Rethel. 10 Ardennes, arr. c. Rethel. 11 Taizy, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 12 Launois, Ardennes, arr. Mézières, c. Signy-l'Abbaye. 13 Hauteville, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 14 Inaumont, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien. 15 La Romagne, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 16 Montmeillant, Ardennes, arr. Rethel, c. Chaumont-Porcien. 17 Jacques de Montchâlons. 18 Montloué, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 10 Le comte de Salm. - 197 — 1 CASTIEL EN PORTIIENS 2 dominus Rex, dominus de Montcablon 3 et cornes suessionensis. Foci ccc • et • 1 • ER 4 domini dominus Gerardus de Curi, Champenois de Contreves. Foci • xliiij • WAIGNON 5 domini Johannes de Novavilla, dominus Jacobus de Rocha et Gaufridus de Termes. Foci • cij - LA MALEMAISON SUBTUS SERIS6 dominus Radulphus de Chatel. Foci • vij • BIAUMONT 7 dominus Arnulphus de Biaufort. Foci • xiiij • 8 VILERS DEVANT LE TOUR 9 domini • J • de Vervin et Colardus de Harsis. Foci viijxx [zz 160]. CHERY JUXTA ROSETDM 10 dominus dominus cornes de Siaumesll. Foci • xlij • MONCIAUS JUXTA CHÉRI 12 domina Cole de Hauci. Foci • xvj • ROIT 13 dominus • J • de Louvain. Foci • vij • 14 Ce sunt les vile de le terre Jehan de Lovaing. § BANSIGNIS 15 • c • et • x • feus ou la entours. § PLOUMION 16 • vij" • [zz 140] feus ou la entours. § JANTE 17 • iiijxx • ou la entours. § NANCELE 18 • iiijxx • ou la entours. § HARCIGNIS 19 • i- et • V OU la entours. 20 § MONCORNET Foci mille § GRANT RIU 21 • lx- feus ou la entours. § MAINBRECIS LI PETIS 22 • xx • ou la entours. § MAINBRECIS LI GRANS 23 • c • feus ou la entours, partem habet in dictis duabus villis Templum 24. 1 Ici en marge Ville • Ixxvi • foci • viijm vc • et • iij • [8503 feux], 2 Château-Porcien, Ardennes, arr. Rethel, c. 3 Le sire de Montchâlons. 4 Aire, Ardennes, arr. Rethel, c. Asfeld. 5 Wagnon, Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 6 a Malmaison-sous-Sery, cne Sery, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. 7 Beaumont-en-Aviotte, même situation. 8 Les quatre derniers articles du rôle sont d'une écriture plus petite. 9 Villers-devant-le-Thour, Ardennes, arr. Rethel, c. Asfeld. 10 Chéry-les-Rozoy, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 11 Le comte de Salm. 12 Monceau, cne de Chéry-les-Rozoy, anc. château détruit. 13 D'après Martin, Reuil, cne de Vincy-Reuil-et-Magny, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 14 Ici commence la bande cotée 34 c accrochée au rôle 34 A. 15 Bancigny, Aisne, arr. c. Vervins. 16 Plomion, Aisne, arr. c. Vervins. 17 Jeantes, Aisne, arr. Vervins, c. Aubenton. 18 Nampcelle-la-Cour, Aisne, arr. c. Vervins. 19 Harcigny, Aisne, arr. c. vervins. 20 D'une main postérieure. — Montcornet, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 21 Grandrieux, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 22 Maimbressy-le-Petit, sans doute Maimbresson, Ardennes, arr. Rethel, c. ChaumontPorcien. 23 Maimbressy-le-Grand, ou Maimbressy tout court, même situation. — L'art. MAINBRESSIS plus haut donne 80 feux. 24 D'une main postérieure. - 198 — § et ce sunt les viles Jehan de Lovaing qui sunt mie des apiaux. Servientes régis dicunt quod tenentur ad appellationes Lauduni 1. § SAINT CLIMENT 2 Foci • iiijIX • 3. § MORIGNIS 4 Foci • iiij" • 5. § CURI 0 Foci • lx • 7. § DOYS 8 Foci • c • 9. § IVIERS 10 domini abbas de Cuissi et Jehans de Louvaing. Foci • lx- 11. § BRUNEHAUMEIS 12 Foci • iiij" 13. § LES AUTEIS 14 Foci • 1 • 15. Paul COLLINET. FOLK-LORE ARDENNAIS I. Blason populaire de quelques localités des Ardennes. Le Chesne et Villers-le-TilleuI. Le Chesne s'appelait autrefois Le C hesne-le- Pouilleux ; on l'appelle aujourd'hui dans les géographies plutôt que dans l'usage courant Le Chesne-le-Populeux. Cette modification, qui paraît assez récente j'entends qu'elle peut dater du XVIIIe siècle, n'a pas été expliquée ou l'a été imparfaitement. Un auteur 10 déclare qu'on ne sait pourquoi Le Chesne Pouilleux est nommé depuis plus de cent ans Le Chesne Populeux! » Un autre 17 renversant la succession historique des qualificatifs fait venir pouilleux » de populeux » populeus zz peuplier. La raison du changement est pourtant facile à trouver. Les habitants du 1 Les sergents du roi disent qu'elles ces villes sont tenues aux appels de Laon. » D'une main postérieure. 2 Saint-Clément, Aisne, arr. Vervins, c. Aubenton. 3 D'une main postérieure. 4 Morgny-en-Thiérache, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 5 D'une main postérieure. G Cuiry-les-Iviers, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 7 D'une main postérieure. 8 Dohis, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 9 D'une main postérieure. 10 Aisne, arr. Vervins, c. Aubenton. 11 D'une main postérieure. 12 Brunehamel, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 13 D'une main postérieure. 14 Les Autels, Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. 15 D'une main postérieure. 16 Moranvillé, dans Rev. hist. ard., 1898, p. 27C, n. 14. 17 A. Meyrac, Traditions des Ardennes, p. 133. — 199 — Chesne — qu'on nomme encore les Pouilleux 1 — se sont trouvés blessés dans leur amour-propre de vivre en une ville dotée d'une épithète aussi peu noble que le Pouilleux. L'habitude s'est introduite de déformer le qualificatif vil en un autre noble, d'assonance analogue, mais sans aucune signification le Populeux zz le Peuplier 2. C'est là un phénomène fréquent que les folk-loristes ont observé notamment pour les noms de rues p. ex. à Paris, la rue Pute-Musse 3 est devenue la rue du Petit-Musc, etc.. Nous Talions retrouver dans une commune voisine du Chesne, à Villers-le-Tilleul. Villers-le-Tilleul s'appelait jadis Villers-le-Tigneux ou le Teigneux, épithète si peu flalleuse pour ses habitants qu'ils ont fait adopter le Tilleul », d'assonance voisine. La même transformation est signalée pour la commune belge de Montignyle-Tilleul autrefois le Tigneux 4. Il n'y a dans ce passage d'une forme à l'autre rien d'absurde, quoi qu'en pense un auteur 5. Il y a simplement le désir de ne pas se voir ridiculiser par les voisins. D'ailleurs les habitants de Villers sont encore appelés les Tigneux 6 ; mais on les nomme aussi les culs-jaunes à cause du minerai de fer qui abonde dans les environs. Givonne et Illy. Les habitants de Givonne portent le sobriquet de Mordars ; ceux d'Illy de Lolos. Comme cela se voit dans les villages voisins, les garçons de jadis étaient souvent en dispute et disaient les uns des autres Mordars, Mordars d' Givougne, Quand i' n'ont pont d' pain, Mougnent 1 d'la charougne. Lolos, Lolos d'Illy, Quand i' n'ont pont d' pain, Mougnent don femî 8. 1 A. Meyrac, loc. cit. 2 Je ne puis admettre avec Meyrac p. 36, 133, que Le Chesne-Pouilleux » vienne de Quercus pediculosa, qui est la désignation savante donnée par les botanistes à une variété de chênes. 3 Formé du pute fille de joie » et musser se cacher » ; nom fréquent de lieux dits. 4 Prov. Hainaut, arr. Charleroy, cant. Fontaine-l'Evêque. 5 Moranvillé, loc. cit., p. 276, n. 12. 6 Meyrac, p. 132. 7 Mangent. 8 Fumier.— Communiqué par M. Marcel Lamotte, docteur es sciences, membre de la Société d'Etudes ardennaises. — 200 — La Hardoye. On dit des habitants de ce village La Hardoye Autant d' sorciers que d' patt's d'oie 1. Mohon, Le Châtelet, Rimogne. Le blason de Mohon est les saint Lié, à cause du pèlerinage de ce saint. Au Châlelet-sur-Sormonne et à Rimogne, c'est les Ecailloux, du mot écaille ardoise » 2. II. La veille des morts à Anchamps. C'était autrefois, le soir de la Toussaint, une coutume de parcourir les villages en chantant un chant funèbre. De ce chant, il n'a été jusqu'ici ?> donné que les premiers vers. Une communication récente 4 nous permet de reproduire une chanson analogue beaucoup plus complète qui se disait à ANCHAMPS, il y a une cinquantaine d'années, lorsque les enfants de choeur et les jeunes gens du pays venaient frapper à la porte de chacun jusqu'à ce que tous soient debout Réveille, réveille qui dort, Priez Dieu pour les trépassés 5 Requiescant in pace A men. Réveille-toi Peuple chrétien Réveille-toi C'est pour ton bien. Prends tes habits ; Sors de ton lit. Pense à la mort ; Il faut mourir. Auparavant que de mourir Il faut penser à l'avenir. Quand la sonnette te sonnera L'ange du ciel descendera sic. Monte là-haut dedans le bois Et tu trouveras une croix. Sur celle croix y a un écrit Le nom du Sauveur Jésus-Christ. P. COLLINET. 1 Communiqué par M. Luc Picard, professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Lille. 2 Communication de M. Alfred Launois, licencié en droit, à Blombay. 3 A. Meyrac, p. 23-24. 4 Due à l'obligeance de M. Albert Paris, licencié en droit, à Rocroi. 5 Il manque le vers qui rime avec le premier Priez Dieu pour les morts. — 201 — CHRONIQUE I. Inauguration du Monument d'Arthur Rimbaud CHARLEVILLE, 21 JUILLET 1901 Le dimanche 21 juillet dernier fut inauguré à Charleville le monument élevé à la gloire d'Arthur Rimbaud grâce à l'initiative d'un Comité parisien et ardennais. Ce monument s'érige dans un massif du Square de la Gare. Il se compose d'un socle qui supporte une stèle en forme de lyre, oeuvre de M. Petitfils, architecte ; au sommet de la stèle se dresse le buste en bronze du poète, dû au ciseau de M. Paterne Berrichon. Le sculpteur a fixé les traits de Rimbaud vers l'âge de dix-sept ans, c'est-à-dire au moment où le précoce génie de notre compatriote épanouissait ses plus étranges floraisons poétiques. La cérémonie d'inauguration se passa par une belle et chaude après-midi d'été Ce fut une fête très simple, intime et presque familiale, sans pompe officielle, sans délégué gouvernemental. Ce fut surtout une fête littéraire, hautement significative par la qualité des discours qu'on y prononça et par l'importance de l'homme qu'on y magnifia. Pareil spectacle fut rarement donné à la province, et Charleville peut justement s'enorgueillir d'avoir su rendre hommage au précurseur du mouvement poétique contemporain. Il y a là un fait d'une 1 Ce cliché nous a été aimablement communiqué par M. le Directeur de l' Illustration, à qui nous adressons nos plus vifs remerciements. MONUMENT ARTHUR RIMBAUD 1. — 202 — portée générale, dont la signification n'a pas échappé au monde littéraire. A deux heures, la Municipalité de Charleville recevait à la mairie les membres du Comité à qui fut offert un vin d'honneur. A deux heures et demie, devant une foule compacte répandue dans le Square de la Gare, eut lieu la cérémonie d'inauguration. Le voile qui recouvrait le buste tomba, et M. Gustave Kahn, dans un discours éloquent et ému, fit la remise du monument à la ville de Charleville. Le maire, M. Bouchez-Leheutre, le remercia avec beaucoup d'à-propos et raconta l'histoire du monument. Puis on prit place autour du kiosque qui occupe le centre du square et où se tenait la musique du 91° de ligne. M. Alfred Bardey monta sur le kiosque et y prononça, au nom de la Société de Géographie de France et des explorateurs de l'Afrique, un intéressant discours où il montra en Rimbaud le pionnier et l'homme d'action. M. Jean Bourguignon lui succéda et, en un langage élevé, esquissa dans ses grandes lignes la vie du poète carolopolitain. Après les discours, M. Rameau, de l'Odéon, vint réciter de sa voix puissante le fameux Bateau Ivre. M. Ed. Laudner, du Théâtre Libre, dit ensuite avec talent deux poèmes écrits spécialement pour l'inauguration et dus aux poètes Francis Jammes et Ernest Raynaud. On trouvera dans le numéro d'août 1901, de la revue le Sagittaire, la reproduction complète des quatre discours, le texte des deux pièces de vers et le récit détaillé de l'inauguration 1. Pour clore cette fête, la musique du 91° exécuta en première audition l'oeuvre de M. Ratez, directeur du Conservatoire de Lille, inspirée du Bateau Ivre et transcrite pour harmonie par le chef de musique du 91e, M. Maiguier. Cette oeuvre, d'une grande allure et d'une exécution magistrale, souleva les applaudissements de la foule. Enfin le cortège se rendil devant le n° 12 de la rue Thiers où naquit Rimbaud, pour découvrir la plaque commémorative de la naissance du poète. C'est là, devant l'ancienne demeure d'Arthur Rimbaud, que se termina cette fêle, qui honore à la fois Charleville et les lettres françaises. Charles HOUIN. I Ce numéro est en vente aux bureaux du Sagittaire, 13, boulevard Montparnasse, Paris, et à l'Imprimerie commerciale du Petit Ardennais, cours d'Orléans, Charleville. — 203 — II. Un autographe de Méhul. M. Malherbe, bibliothécaire-archiviste de l'Académie royale de musique, a organisé, il y a plusieurs mois déjà, une Exposition internationale d'autographes musicaux », qui se trouve installée à la Bibliothèque et au Musée de l'Opéra. Nous tenons à signaler celte exposition permanente non seulement pour son intérêt et sa variété, mais aussi parce qu'on y voit un autographe de notre compatriote Méhul né à Givet en 1763, mort à Paris en 1817. C'est une page de l'ouverture des Deux Aveugles de Tolède, partition d'orchestre. — Par contre, nous n'avons découvert aucun document qui rappelât le souvenir d'un autre de nos compatriotes, Habeneck. Habeneck fut pourtant un des grands chefs d'orchestre de l'Opéra et le prédécesseur immédiat des Lamoureux et des Colonne. Nous aurons plus tard l'occasion de reparler de ce musicien que les Ardennais semblent totalement ignorer. Charles HOUIN. III. A propos de l'histoire manuscrite de Carignan que M. L. G. a signalée dans la Revue n° de novembre 1900, p. 15, M. N. GOFFART nous communique obligeamment les renseignements complémentaires suivants Vous signalez un Manuscrit précieux d'une histoire d'Yvois. J'ai vu le manuscrit il est superbe et superbement relié. La dédicace est signée Delahaut 1773, et l'ouvrage entier est écrit de la main de ce P. Prémontré Ardennais. C'est donc une copie, par l'auteur du manuscrit sur lequel le P. l'Ecuy, autre Ardennais, a publié 1822 les Annales civiles et religieuses d'YvoisCarignan et de Mouzon. Toutefois je crois bien qu'il n'y a rien au manuscrit qui concerne Mouzon ; et que l'Ecuy n'a pas fait usage, du moins en entier et sous sa forme, du mémoire à part » qui forme le nobiliaire dont la note du libraire fait mention. Le prix demandé est 2,000 francs deux mille. » IV. Découverte d'ossements à Sedan. L'Echo des Ardennes du 25 août a publié la note suivante Il y a quelques jours, des ouvriers travaillant à une canalisation de gaz, au pied de la Rampe des Capucins, ont trouvé des ossements humains. Ces ossements proviennent sans aucun — 204 — doute du cimetière qui fut créé en cet endroit vers 1560. Dans les Extraits de la chronique du Père Norbert, publiés par M. Vesseron, nous lisons en effet ce qui suit Dans le faubourg du Rivage il n'y avait en 1560 que huit maisons, une masure, trois tanneries, deux teintures, cinq jardins et la seule rue des Caquettes, appelée alors la rue des Pescheurs. Il y avait aussi une ruelle appelée ruelle des " Tanneries. Le cimetière des protestants en moulant aux Capucins, et sur le terrain occupé par le jardin, maison et manufacture Antoine Raulin venait d'être drossé. On l'appelait le cimetière neuf. La Meuse venait encore floller contre " l'éminence de la porte verte. » BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE Etudes et Documents relatifs à l'Histoire ardennaise, grand in-8°, T. Ier Les Sièges d'Omont, de 1589 à 1591 ; — L'Affaire du comte de Soissons et la campagne du maréchal de Châtillon, en 1687 ; — Le Loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à 1680, par Stéphen LEROY, professeur d'histoire. — Tiré à 100 exemplaires sur papier à la forme 7 fr. 50, chez E. Jourdan, libraire à Sedan. Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. EXCURSIONS UN APRES-MIDI SUR LES BORDS DE L'HERMETON L'Hermeton, affluent de gauche de la Meuse, en aval de Givet, naît dans la Fagne. La Fagne est celle dépression marécageuse de l'Entre-Sambre-et-Meuse qui porte le nom caractéristique que prennent aussi les plus hautes terres de l'Ardenne, à la frontière germano-belge, les Hautes-Fagnes. Le ruisseau commence donc vers Philippeville, au pied des ruines de Sautour que nous fûmes visiter autrefois 1. Il se traîne, sans que ses bords présentent grand attrait, sous les villages de Sart-en-Fagne, Surice, Vodelée, Soulme et Gochenée. Mais quand il pénètre dans le famennien, entre ces deux derniers villages, alors il devient le vrai ruisseau sauvage d'Ardenne, le rû indompté qui court à perdre haleine sur les blocs de grès et de calcaire. Pendant les quelques kilomètres de son cours inférieur, il glisse sans cesse au milieu des bois et des prés, ne traversant aucun village ; il ne côtoie même aucune maison et des hommes il ne connaît que les plus primitifs, ceux que n'a point encore déformés la civilisation, les bûcherons, les pâtres et les faneurs. Il est le type des ruisseaux déserts et sur ses rives, on peut rêver. Pour atteindre la partie pittoresque du cours de l'Hermeton, deux chemins s'ouvraient à nous, lorsque nous nous décidâmes à la visiter, en septembre 1900, au retour d'une excursion sur la Lesse et la Meuse dinantaise. La première façon de s'y rendre, c'est de prendre la roule d'Hastière à Hermeton-sur-Meuse, de gagner le ruisseau qui débouche près ce village et qui lui donne son nom. Cet itinéraire est trop simple; il suit un terrain trop uni et sans accidents pour que les vrais touristes ne prennent pas un autre chemin que nous-mêmes avons suivi. Ce chemin, plus long, plus fatigant, sans doute, permet de joindre à la visite du cours inférieur de l'Hermeton, au fond de sa gorge étroite, la 1 Voy. mon récit d'une excursion à Walcourt et Sautour, Rev. d'Ardenne et d'Argonne, t. Ill, pp. 101 et suiv. REV. D'ARD. ET D'ARG. T. VIII, n° 12. — 206 — vue panoramique sur la Meuse et l'Hermeton même dont on jouit avant que de toucher au ruisseau. Le chemin de fer nous débarque à Hastière. Sans entrer dans le village, nous prenons, droit devant nous, un sentier rapide qui mène à Insemont, hameau bâti sur le plateau. De là-haut se découvre un vaste horizon à l'est la vue s'étend sur les plateaux d'entre Meuse et Lesse ; au sud, l'oeil enfile la coupure par laquelle le fleuve, en ligne droite, arrive de Givet. Un beau chemin conduit en trois quarts d'heure à une ferme isolée au centre d'une culture importante. Là, on nous renseigne sur la direction de Soulme, que nous voulons gagner par les sentiers. La forêt commence. L'été extraordinairement chaud de l'année n'a point accéléré le changement de sa parure. C'est à peine si la gamme chromatique de tous les verts, qui s'étend du vert clair et transparent de l'eau au vert sombre des bouteilles, détonne ça et là en notes jaune pâle ou jaune d'or, en teintes rousses ou noirâtres, variant avec les essences qui peuplent le taillis sombre. Sous la voûte en berceau du sous-bois, les venelles herbues se mêlent et s'entrecroisent. Nous perdons le chemin de Soulme. Mais qu'importe! la direction est bonne et cela suffit. Car voici qu'à travers les branches basses des arbres, apparaît un coin de ciel bleu et que le sentier débouche, au milieu des chèneaux rabougris couvrant le sol rocailleux, juste au sommet d'un rocher qui plonge à pic dans le vallon, presqu'en face de Gochenée. La cuve géante, aux parois boisées, au fond de laquelle court le ruisseau, s'arrondit sous nos pieds. L'épaisse frondaison nous cache la vue de l'eau, mais, au sein du silence, monte jusqu'à nous le glou-glou musical de ses cascalelles. Par la pente roide couverte de genêts verts aux gousses mûres et de bruyères séchées, nous dévalons à l'allure rapide jusqu'aux prés qui bordent le ruisseau. A notre approche, une dizaine de lapins effarés quittent la prairie toute semée de leurs crottes noires et remontent au galop de leurs pattes inégales vers l'abri que leur fait l'épais fourré des genêts. Sous les aulnes, nous nous étendons et le temps s'écoule en vagues songeries. La roule de Gochenée coupe la vallée un peu en amont de l'endroit où nous avions touché. Les touristes pourraient se faire conduire en voilure jusqu'au pont de la route. Ce serait là une — 207 — troisième façon d'aborder la gorge de l'Hermeton. De là jusqu'au village d'Hermeton-sur-Meuse, il faut plus de deux heures de marche. Comme tous ses confrères de l'Ardenne qui se sont péniblement frayé une voie au travers des roches dures des terrains primaires, l'Hermeton décrit en effet des courbes nombreuses. Maintes fois, il se heurte à la masse résistante des rochers et il est rejeté par un angle brusque dans une direction contraire à celle qu'il suivait, jusqu'à ce que le rocher de la rive opposée le repousse en sa direction première. Un sentier aisé, par un temps sec tout au moins, se tortille au gré des sinuosités de la vallée. Il court vermiculaireinent sur les prés fraîchement tondus dont la viridité sans cesse rajeunie par l'humidité n'a point souffert de la sécheresse passée. Plus loin, il s'enfonce sous bois et traverse une coupe en exploitation. Là les bûcherons, la pipe à la bouche, se meuvent lentement sous les baliveaux espacés ; ils vont chercher au tas les perches qu'ils arrangent en fagots sur les chevalets boîteux ; leurs souliers ferrés font craquer les brindilles qui s'embarrassent dans les jambes; et leur parler wallon, que nous ne comprenons pas, résonne durement dans le silence du ravin que nous-mêmes rompons par un clair bonsoir. Mais, entraînés par notre confiance dans le sentier, nous nous heurtons au pied d'un rocher. Le sentier se perd dans les blocs éboulés qu'un filet d'eau a revêtus de mousse. Le ruisseau lèche le rocher. Pour franchir le pas difficile, deux perspectives s'ouvrent escalader le rocher ou sauter de pierre en pierre jusqu'à la rive droite. Le terrain n'est pas propice pour l'escalade éboulis, ronces, branchettes mortes qui risquent de vous crever les yeux, tout, jusqu'à l'attrait du pré vert, si uni, qui couvre l'autre rive, nous fait abandonner la première idée pour nous élancer bravement au-dessus de l'onde rapide qui écume sur les rocs. Etourdis que nous étions ! nous n'avions pas aperçu, deux cents mètres en amont, un pont destiné à faciliter le passage de la rivière, un pont qui ne ressemble à aucun de ceux que, dans nos courses déjà longues en Ardenne, nous avons rencontrés. Ces ponts de l'Hermeton sont le produit de l'ingéniosité des indigènes. Un arbre de moyenne grosseur, de souplesse moyenne aussi, relie les deux bords du ruisseau ; il est consolidé à ses extrémités par des pieux plantés en terre. Un autre arbre, à la hauteur des bras, sert de balustrade ; il repose sur deux branches fourchues — 208 — enfoncées dans le sol des deux rives. En son milieu, une troisième fourche, fichée dans l'eau, empêche la balustrade de se dérober. Ces ponceaux, qu'on trouve à chaque coude de la rivière, sont un des charmes de l'Hermeton. C'est mieux que le saut de pierre en pierre, où l'on risque toujours de manquer le pied et de choir dans le torrent. C'est plus émouvant que le pont de " clayettes » et surtout que le pont de pierres. C'est l'idéal rêvé des ponceaux pour ruisseaux ardennais. Dans les plantes aquatiques aux larges feuilles, dans les graminées à la longue chevelure, que dominent hautaines les ombellifères aux tiges droites, le sentier n'est plus qu'une foulée. Les pas des bûcherons et des faneurs ont cassé les hautes liges des ciguës aux feuilles sinueuses ; ils ont lassé les plantes basses, mais le sol fangeux reste toujours couvert de sa végétation active. La vallée s'élargit, à mesure que le ruisseau grossit et se creuse dans le limon noir. Quelques tournants encore; des maisons ; des jardins; des arbres fruitiers. Déjeunes enfants jouent sur l'herbe. C'est le terme de notre promenade dans la solitude. Le soir descend lentement. Les ombres se font plus denses. Du fleuve que nous côtoyons maintenant monte le brouillard de septembre, comme une buée sort de la chaudière. Et sur la roule grise, nous hâtons le pas pour regagner l'auberge d'Hastière où nous attend le frugal souper ardennais. Paul COLLINET. FOLK-LORE DE MONTHOIS Les papiers de Duvivier, conservés aux Archives départementales des Ardennes, contiennent une notice sur Monthois. Cette notice renferme des renseignements abondants sur les moeurs et les coutumes de ce bourg. M. A. Meyrac paraît avoir utilisé ces renseignements sans indiquer sa source ; et, la plupart du temps, il a présenté comme s'étendant aux Ardennes entières des coutumes qui n'étaient peut-être que champenoises Le document ci-dessous n'est donc pas entièrement inédit. Malgré cela, il gagnera à être publié dans son intégralité 1. Le lecteur aura ainsi — comme il l'a eu pour Givet 2 — un aperçu du 1 J'ai cependant négligé les réflexions mises en interlignes par Duvivier sur ce document, et supprimé de ci de là des passages sans importance pour le traditionnisme. 2 Voir l'art, de H. Volney, Revue d'Ardenne et d'Argonne, t. VIII, p. 85. — 209 — folk-lore d'un gros village des Ardennes champenoises au commencement du XIX° siècle. Le progrès immense opéré au dernier siècle, l'unification qui étouffe partout les moeurs locales pour y substituer le type parisien ont fait disparaître bien des choses qui sont presque aujourd'hui de l'histoire ancienne et oubliée. P. C. COUTUMES PARTICULIÈRES A MONTOIT [Fêtes.] Chaque année le jour du MARDI-GRAS, on cherche un homme qui ait été battu par sa femme cela prouve que cela arrive fréquemment, on le fait monter sur un âne le visage tourné vers la queue, le voisin qui l'a laissé battre monte également sur l'âne, mais dans la posture ordinaire d'un cavalier. Ainsi juchés dos à dos, les deux compères sont obligés de parcourir toutes les rues du village, escortés des hommes, dont l'un lit la sentence des âniers à chaque carrefour. Quand les deux compères sont plaisans, la scène qu'ils offrent est assez bouffonne. On croirait peut-être qu'il faut le consentement des deux voisins pour les faire monter sur l'âne ; on se tromperait; leur refus, leur résistance ne ferait rien à la chose. Il faut qu'ils se soumettent à la coutume, bon gré, malgré, et qu'ils fassent contre fortune bon coeur. J'ai été témoin, chaque année, de ces scènes depuis mon séjour ici, et le bon, c'est qu'il était réel que l'homme eût été battu. Il y a tel habitant du village qui semblable aux amateurs de combats de torreaux en Espagne, amateurs qui pourraient vous dire et color, la fuerza, l'idad, el numéro de los buyes y el nombre de todos los matadores pourraient vous rappeler les noms de tous les individus qui ont été forcés de faire le voyage de l'âne. La Ste AGATHE est la fête des femmes ; ce jour-là obligation leur est de conduire leurs maris à l'auberge et de les y régaler, c'est un répit qu'elle leur donne, mais répit qui ne les empêche pas de garder tout le décorum de ménagères et de dames, on ne boit pas plus qu'elles ne veulent. A la Ste CATHERINE, fêle des filles, celles-ci donnent un bal aux garçons et les festoient à l'auberge. Les garçons rendent leur fête le jour de la St NICOLAS, mais souvent ils omettent le bal, ce qui est une des preuves que les filles aiment bien mieux la danse qu'eux, car elles n'omettent jamais une formalité si essentielle. — 210 — Chaque année, le jour de la TOUSSAINT, ou plus tôt le lendemain, jour des âmes, tous les habitans aisés de la commune apportent à l'église du bled, le résultat de cette collecte partagé entre le curé et le maître d'école, c'est un paiement qu'on leur fait pour chanter pendant l'année des messes à l'intention des défunts de la paroisse. Le JOUR DE L'AN, les enfants portent chacun leur part chez leur père, s'il existe, chez l'aîné de la famille, s'il n'existe plus ni père ni mère, et l'on soupe en commun. C'est une coutume patriarchale, très propre à entretenir l'esprit de famille. Inhumation. Il n'y a point de coutumes particulières aux enterremens ni aux mariages; elles sont celles qui subsistent dans tous les villages ; ainsi, pour les enterremens, on invite tous les parens et amis du défunt, c'est un devoir de répondre à l'invitation. Les femmes, proches parents du mort, portent ce qu'on appelle des capes, ce sont des pièces d'étoffe noire qui se mettent sur la tête en forme de voile, les riches en ont de soie, les autres de serge ; on doit les porter chaque dimanche pour aller à l'offrande, jusqu'au service des six semaines. Tous les parens, au service d'enterrement, doivent aller à l'offrande, les hommes les premiers, les femmes les dernières, chacun marche selon son degré de parenté, ce serait une grande faute de prendre le pas sur quelqu'un qui l'emporterait sur vous en degré de parenté. Ce respect de famille est très grand dans les campagnes, ou le manque rarement. Les citadins jugeraient même que cela va au ridicule ; mais l'observateur, le philosophe, voit dans cette sévérité à garder le respect de famille sévérité qui descend aux plus petits détails la tradition patriarchale, qui fait que de nos jours encore, un paysan regarde comme une obligation d'aider, de secourir un de ses parens qui souffre. Le luxe des enterremens consiste dans le nombre de prêtres qui y disent des messes, et dans le luminaire. Le luminaire est l'assemblage des cierges qui doivent être portés à l'enterrement et qu'on distribue entre les parens, les amis du défunt, les personnes de considération qui assistent à l'enterrement. C'est une injure que de refuser un cierge si on vous en présente un. Car cette offre est une preuve du cas qu'on fait de vous, et du cas que l'on suppose que vous faisiez du deffunt. Ces cierges qui vous sont retirés à - 211 - l'arrivée à l'église vous sont rendus pour aller à l'offrande. Après cela ils deviennent la propriété du curé de la paroisse. Dans quelques paroisses, ils doivent pourtant être rendus au service de bout de l'an, et ce n'est qu'après cela qu'ils deviennent l'absolue propriété du curé. Après l'inhumation tous les invités à y assister se rendent à la maison du mort et y sont hébergés. Cette coutume a été imaginée sans doute, parce que beaucoup de parens et d'amis viennent du dehors. Après cela pour consoler les proches du défunt qui doivent être présens à table ; enfin dans un but religieux, car à la fin du repas, au lieu des grâces ordinaires, on récite le De Profundis ; il doit être prononcé par le plus ancien de là table, et lorsqu'un prêtre assiste au repas, c'est lui qui le dit. C'est encore un honneur vous faire que de vous charger de cette obligation. Au bout de six semaines on dit un service ; et au bout de l'an un autre ; les gens riches apportent à ce dernier le même luxe qu'à l'enterrement. La coutume du repas d'enterrement, établie dans des buts très louables, a pourtant ses inconvéniens, par exemple elle oblige des personnes affligées à se mêler de détails dont elles sont incapables dans le moment de la plus grande douleur ; souvent dans ces repas on oublie un des principes de leur institution, celui de ne s'occuper que du défunt, la conversation prend une tournure qui afflige plus qu'elle ne console les proches du mort. Enfin au lieu de la simplicité qu'eurent sans doute, dans le vieil âge, les repas de cette nature, on y apporte un luxe qui ne sympathise guerre avec les circonstances qui le nécessite Mariage. Quand un jeune homme a jeté les yeux sur une fille, il demande l'entrée de la maison ; après cette demande, les parents de la fille vont aux informations dans le village même du prétendant ; si les informations sont favorables, ils vont chez lui et y acceptent un repas, ils le félicitent alors des bonnes découvertes qu'ils ont faites, et lui disent qu'il pourra venir à la maison. Quand le jeune homme a fréquenté quelque temps la demoiselle, on prend jour pour la demande formée, et ce jour est aussi celui des fiançailles, celui où les intérêts des futurs époux doivent être débattus et réglés. Quand les parens de part et d'autre sont réunis, le père ou le tuteur du jeune homme ou celui — 212 — qu'il en a chargé, se lève, salue l'assemblée dont les hommes se décoiffent, et s'adressant au père de la fille, dit Vous savez sans doute quel sujet nous amène. On nous a dit que vous avez une fille à marier ». Le père interpellé répond ordinairement oui » ; alors on lui demande ses conditions, avant qu'il les détaille, la fille est appelée pour savoir d'elle, si elle veut se marier, et si le jeune homme qui se présente, lui plaît. Elle doit répondre qu'on lui fait beaucoup d'honneur, mais qu'elle s'en rapporte en tout à ses parens pour ce qui concerne son sort à cet égard. Cela est reçu comme sou agrément. La discussion des intérêts commence. Si on s'accorde, tout le monde mange en commun, car il y a gala de préparé; dans le cas contraire les parens du jeune homme vont mangera l'auberge. Pendant la discussion des intérêts, les jeunes gens sont en tête à tête dans une place voisine. Si l'assemblée délibérante n'est en mésaccord que sur des intérêts qui concernent personnellement les futurs, on les appelle et leur adhésion ou leur refus fait loi. Ainsi quand la jeune fille ne veut pas du mariage, elle insiste fortement sur la clause en litige. Le jeune homme fait de même dans un sens contraire, si c'est de lui que vient la répugnance à épouser, ce qui est rare, mais ce qui arrive quelquefois. Une clause très propre à jeter la division, quand l'une ou l'autre des parties a quelque vue secrète, est celle dite des bagues et joyaux. C'est une somme qu'on demande au galanl, dont la destination est indiquée par son litre, mais qui doit devenir la propriété absolue de la fille qui peut eu faire ce que bon lui semble. Si elle, ou ses parents ont l'intention de refuser, parce qu'ils se sont repentis depuis l'accord de l'entrée de la maison, celle clause devient pour eux un sauf-conduit. Ils la demandent tellement forte qu'on ne peut y accéder. Le jeune homme, de son côté, peut la refuser, quelque faible qu'elle soit. Et comme la somme qu'elle demande est un don, son refus est une injure faite à la demoiselle, et à ses parens, alors la rupture s'ensuit. Celle clause est un sujet de fraude, surtout en Champagne. Quand le parti est sortable, qu'on craint de le laisser échapper, on emprunte une somme plus ou moins forte, selon que l'on suppose l'exigeance possible ; et on passe à la demande. Cette somme doit ordinairement se déposer aussitôt après la signature du contrat. Mais le mariage conclu, elle est rendue aux dépens de la communauté, tant mieux alors si l'épouse a pris le temps - 213 — d'aimer l'époux, autrement celte restitution devient le sujet d'une pique. Je connais une foule de filles qui ont été ainsi attrappées. Quand les fiançailles sont terminées, les futurs donnent le nom de parents, réciproquement aux membres des deux familles. La veille du mariage, les filles d'honneur vont inviter toutes les jeunes filles à assister à la messe du mariage. Voici la formule Nous vous engageons à venir demain faire honneur à Mlle une telle ». Si on veut inviter tout à fait, ou dit Nous vous invitons pour demain à la messe, à la maison el à tous les honneurs qui s'y feront ». Quand la mariée est riche, on laisse à chaque invitée un ruban, dit faveur. Le jour du mariage, les parens assemblés, on se rend à la mairie. Les parents sont suivant dans la marche le rang d'âge et le degré de parenté ; l'épousée est en tête conduite par le père des noces, c'est le sien ou celui qui en fait fonction. Il n'y a point de malice, le père peut être remplacé par un parent ou un ami qui remplit les fonctions de père de noces. Dans quelqu'endroit, la future est conduite par son garçon d'honneur. Au sortir de la mairie, les garçons du village se présentent armés de fusil et offrent un bouquet, en faisant un compliment au marié. Cela n'a lieu que lorsque le futur n'est pas de l'endroit. Obligation est à lui de donner une aubaine aux garçons. Celle cérémonie ne se fait pas quand la fille n'est pas estimée. Du reste, il n'y a distinction ni de rang ni de fortune. A la sortie de l'église, l'épousée est remise au père du jeune homme, ou au garçon d'honneur de ce dernier, ou à lui-même selon la coutume particulière du village. Dans quelques villages, à Montlaurent par exemple, les époux doivent servir à table, ils tiennent lieu de domestiques. Au dessert, ils vont embrasser tous les parens, et prennent seulement séance. Quand les garçons qui ont fait le compliment présument qu'on en est à l'endroit que nous venons de dire du repas, ils viennent chercher le pâté de culage et tirent des coups de fusil. La politesse veut qu'on les fasse entrer et qu'on leur offre à boire. Après cela on leur remet leur pâté et quelques bouteilles de vin. Ce pâté n'est quelquefois qu'un pâté d'attrappe, on y met des os, des étoupes, etc... — 214 — Le soir, les garçons d'honneur, s'ils comprennent bien toute l'importance de leur charge, doivent faire tous leurs efforts pour empêcher le marié de gagner le lit de son épousée. Force lui est alors de jouer de ruse, tant pis s'il n'est pas le plus fin. Le lendemain il doit traîner le bloc dans les rues du village, et les garçons d'honneur boivent la rôtie la rôtie est du vin sucré avec une croule de pain grillé à son nez. S'il a réussi, il arrive le contraire, on lui porte la rôtie au lit, les garçons d'honneur traînent le bloc. Dans certains villages, après le dîner, les jeunes gens de la noce font le tour du lieu, avec un violon s'il y en a un, et distribuent du vin et du gâteau à tous ceux qui en veulent. Bien entendu que tous les gens de la noce portent le ruban-faveur, qu'on appelle livrée. Baptême. Les parrains du premier-né doivent être le père et la mère du marié. Ceux du second, les parens de la femme. Après cela, cela se règle d'après le degré de parenté. Le plus souvent on doit choisir, successivement, les parrains lisez parents du mari et de l'épouse. Les charges de parrain sont grandes et remplies religieusement la plus part du teins. Ce sont comme des père et mère que la religion donne aux enfans dans le cas où ils perdraient les leurs. Quand le filleul serait un étranger, on en prend soin comme s'il était un parent. On surveille son éducation, ses moeurs, ses intérêts. On a soin de ses habillemens, on lui fait apprendre un étal. On s'intéresse à son mariage et à celte époque de sa vie, on ne manque jamais de lui donner, au moins, sa paire de draps. Un filleul est une personne sacrée. Il est de toutes les fêtes, de toutes les cérémonies de la maison de son parrain. C'est une très grande institution que celle des parrains ; jamais conception ne fut plus charitable ; elle est sublime comme toutes celles de la religion. Ce sont de ces coutumes qu'un gouvernement doit craindre de laisser tomber en décadence. Il doit sans cesse réveiller le zèle des ministres du sanctuaire à ce sujet Comme aux mariages, les jeunes gens du village viennent faire honneur aux parrains avec des fusils, et le parrain doit leur faire un cadeau en argent. Il n'est pas d'honneur qu'il n'en coûte. Depuis quelques années, les autorités ont voulu intervenir — 215 - dans cette coutume. Je connais et j'accorde que pour la police cela doit être, mais on ne devrait pas y mettre d'entraves. La permission demandée devrait toujours être accordée A Montoit, c'est quelque chose que je n'ai point vu ailleurs, on a la coutume de souhaiter la fête aux gens qu'on aime, en tirant des coups de fusil. Les fusiliers restent à la porte, tandis que celui qui est chargé du bouquet et du compliment entre. Cela se pratique le soir, ordinairement, pour mieux ménager la surprise à celui qu'on fêle. Celte coutume louable en elle-même a peut-être des inconvéniens. Le village étant plein de paille, il peut se faire que la bourre d'un fusil y mette le feu. Je ne louerai pas autant la coutume du tir à l'oie. C'est un amusement barbare. Ce jeu n'a jamais lieu qu'à la Toussaint. Quoiqu'il puisse servir à développer l'adresse des jeunes gens, je voudrais le voir aboli. Il a pu être utile dans les tems où les armes étaient la javeline, l'arc, l'arbalète, mais aujourd'hui il est avantageusement remplacé par \e prix ou carte. C'est une planche carrée, sur laquelle sont tracés plusieurs ronds l'un dans l'autre, celui du milieu est un gros point noir ; cette carte est portée sur un piquet et plantée à la portée du fusil. Celui qui lance une balle dans le point, emporte le prix. Cet exercice est très propre à rendre les jeunes gens habiles au tir au fusil. Il n'a lieu qu'aux fêtes patronales des villages. Chasse. J'ai omis de dire que les jeunes gens de Montoit sont très amateurs de chasse. Mais ils ne prennent cet exercice que dans le temps des oies et des canards sauvages. Le pays est très marécageux ; on se rassemble vers la nuit, c'est le moment de l'arrivée des oies, les chasseurs se distribuent autour d'un marais, ils attendent en silence, et au moment où les oies passent, ce qu'on reconnaît à leurs cris et au bruit de leurs ailes, ils tirent. Ils doivent choisir le moment où les oies descendent des airs pour se poser à la surface de l'eau. Ce moment est rapide, si on l'échappe, il ne revient plus. Il est rare que d'autres oies reviennent. Cet oiseau est très défiant. » — 216 - BIOGRAPHIES ARDENNAISES LES DEUX GÉNÉRAUX POUPART M. Stéphen Leroy a publié, dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français n° du 13 juin 1896, des documents sur les protestants de Sedan au XVIIIe siècle. Parmi ces documents, il s'en trouve sur la famille Poupart. Nous publions des notes biographiques sur deux membres de cette famille qui feront, en quelque sorte, suite à la publication de M. S. Leroy. I. POUPART Pierre, général au service de la Hollande, né à Sedan le 23 mai 1730, mort à Bois-le-Duc le 19 février 1817, était fils d'Abraham Poupart-le jeune, marchand, mort à Sedan en 1743 I, et d'Aune Chevalier. Il entra au service militaire des Provinces-Unies en 1746, fut nommé lieutenant dans le 1er bataillon du régiment Wallon Smissaert, en garnison à Vière, en juin 1763; capitaine dans ce bataillon le 5 juin 1766; en 1708, il tint garnison à Namur, fut promu major le 21 mars 1772 à Namur. En 1773, il tint garnison à Vière; en 1774-73 à Bréda, et en 1777-79 à Namur. Le 7 mars 1779, le commandant Poupart fut nommé lieutenant-colonel dans le même régiment qui avait reçu en 1777 l'appellation de Grenier Wallon ». En 1780-81, il était à l'Ecluse, en 1782-83 à Bréda, en 1784-85 de nouveau à l'Ecluse. En 1787, il tenait garnison à Schomhoven quand la Révolution hollandaise le força à se réfugier en France. Le 6 janvier 1788, il fut breveté lieutenantcolonel au service de la France. Le 3 janvier 1793, les Etats de Hollande lui accordèrent une pension de 1,500 livres avec le rang de général-major extraordinaire. Il avait été nommé chevalier du Mérite militaire le 8 mars 1789 2. Le général Pierre Poupart avait épousé à Namur, le 27 mai 1768, Jeanne-Marguerite-Sibille Wertmiller, décédée à Bréda en 1780. 1 Les états de services de Pierre Poupart, extraits des archives du ministère de la guerre français, indiquent Abraham Poupart hollandais. C'est une erreur. 2 La plupart des renseignements qui nous ont servi à la rédaction de, cotte note nous ont été fournis par M. le Président de l'Académie militaire de Bréda, par l'intermédiaire de M. le pasteur E. Froment ; nous les en remercions bien sincèrement. — 217 — De ce mariage il eut a Jean-Abraham, né à Namur le 7 septembre 1769, lieutenant au service de la Hollande, mort à Rouen ; b Marie-Conradine ; c Pierre-Charles, qui viendra ci-après ; d Charlotte-Marie-Elisabeth, mariée à Sedan, le 10 avril 1809, à Gabriel-Alexandre d'Estagniol. Pierre Poupart avait acheté, le 7 mars 1789, à Pierre d'Estagniol qui devint député de Sedan, une maison sise à Sedan, rue des Francs-Bourgeois, n° 9. Cette maison avait appartenu au célèbre pasteur protestant Pierre Du Moulin. II POUPART Pierre-Charles, baron, général d'état-major au service de la France, né à Bréda Hollande, le 28 février 1775, est mort à Paris le 22 mai 1847. Il était fils du précédent. Entré au service de la Hollande, dans le régiment de son père Wallon de Grenier, le 20 mars 1785, en qualité de cadet, Pierre-Charles Poupart devint enseigne en 1790, premier sous-lieutenant le 8 juillet 1795 et capitaine le 20 septembre 1803 ; il comptait alors quatre campagnes en Flandre, au Texel et en Hollande. Passé aux gardes-grenadiers le 18 juillet 1805, il devint aide de camp du colonel Tarayre le 15 décembre 1806 et lieutenant-colonel à l'état-major le 8 avril 1808. Passé au service de la France en qualité de chef de bataillon et employé à l'armée du midi, en Espagne, le 23 décembre 1810, il fut nommé adjudant-commandant le 2 mars 1811 et membre de la Légion d'honneur le lendemain. Le 1er janvier 1813, Poupart devint chef d'état-major de la 6° division d'infanterie à l'armée d'Espagne et fut blessé à la bataille de Vittoria le 2 juin 1813. Après la chute de l'Empire, il fut employé successivement comme chef d'état-major de la 4e, puis de la 2e division militaire 20 juin, 8 août 1814. Chevalier de Saint-Louis du 9 juillet 1814, il fut promu officier de la Légion d'honneur le 15 octobre 1814. Le 30 du même mois, il épousa à Mézières Anne-Tresse Baudelot, dont il eut un fils. Naturalisé français le 7 mars 1815, Charles Poupart fut admis au traitement d'expectative le 1er décembre 1817, et nommé colonel d'état-major le 27 mai 1818, chef d'état-major de la 3° division militaire le 15 juin suivant, chef de bureau des états-majors au ministère de la guerre le 1er janvier 1820. Titré — 218 — baron le 23 mai 1821, nommé maréchal de camp dans le corps d'état-major le 11 novembre 1821, il fut fait commandeur de la Légion d'honneur le 13 août 1823, membre de la commission de casernement de Paris le 12 septembre 1824, commandant la 2e subdivision de la 20e division militaire le 17 août 1823. Disponible en 1829, commandant le département du Loi en 1831, du Lot et de la Corrèze en 1834, du Lot en 1835, il fut mis en non activité en 1837 et dans le cadre de réserve en 1839. SOURCES Etats de services. — Histoire des troupes étrangères au service de France, par Eug. Fieffé, 2e volume, page 325. Ernest HENRY. VARIÉTÉS I. Les portraits du prince et de la princesse de Turenne, par Sixc. Sixc et son oeuvre 1, tel est le titre d'un superbe ouvrage d'histoire locale dû à la plume de notre confrère, M. S. Cauët, avocat distingué, dont nous avons déjà parlé à nos lecteurs, à l'occasion de son étude sur Jacques de La Tour, dernier duc de Bouillon. Le peintre Sixc, bien que d'origine ébroïcienne, nous intéresse quelque peu, car il a laissé notamment deux oeuvres d'inégale valeur, importantes au point de vue historique les portraits du prince et de la princesse de Turenne. Louis-Antoine Sixc, qui naquit à Evreux le 3 janvier 1704, n'est certes pas un artiste, au sens strict du mot. Cependant quelques-unes de ses toiles méritent qu'on en parle — à cause des personnages qu'elles représentent. L'un des portraits dont nous nous occupons est celui de Godefroy-Charles-Henry de La Tour, cinquième comte d'Evreux. Ou aperçoit le prince en habit de chasse, au pied d'un arbre, entouré de ses chiens et.... de nombreuses perdrix. M. Cauët soupçonne Sixc d'avoir copié un tableau de Desportes, connu au Louvre sous la rubrique Portrait d'un chasseur. Quoi qu'il en soit, on devine le fond du tableau charmant, les lointains exacts et très réussis. 1 Sixc et son oeuvre, Evreux, imp. Ch. Hérissey, 130 p. in-8°, 1901. — 219 — Le visage, complètement rasé et un peu fruste, est bien celui qui convient à un seigneur de l'époque de Louis XV. On ne remarque dans les traits ni caractère, ni force morale. Le second portrait représente la princesse de Turenne, Gabrielle de Lorraine, assise dans un char en forme de coquille et traînée sur les ondes par deux colombes. La jeune femme, dont on reconnaît la beauté, lient près d'elle un jeune enfant, nu comme un Amour, qui presse contre sa poitrine une des colombes de l'attelage. Cet enfant si mignon est le fils de la princesse, celui, précisément, qui s'appela Jacques de La Tour et que nous avons, pour ainsi dire, démasqué », dans un opuscule paru, en 1899, chez l'éditeur sedanais Emile Laroche. Nul ne pourrait croire que ce joli petit être, à la bouche si rieuse et aux yeux si doux, fut l'infortuné bossu », le fils aîné du prince de Turenne 1. Ce tableau nous a semblé plus intéressant que le premier, parce qu'il nous a procuré l'occasion d'une remarque. Nous avons constaté que Jacques de La Tour n'était pas, comme l'a prétendu M. Izarn, le triste débris d'une race qui depuis longtemps allait s'épuisant ». II suffit de regarder quelques instants le portrait du petit prince pour se rendre compte de sa robuste constitution. La place nous manque pour noter en détail les remarquables qualités de l'oeuvre de M. Cauët. Qu'il nous suffise de dire que cet ouvrage, d'une documentation parfaite, constitue une étude excellente sur le peintre Sixc. L'auteur a su élucider avec précision tous les points obscurs de la personnalité et de la vie du peintre ébroïcien et, à l'aide de documents de première valeur ou de déductions rigoureusement exactes, retracer d'une façon définitive la curieuse figure de ce personnage. L'ouvrage de M. Cauët, superbement édité par Charles Hérissey, est enjolivé par cinq photocollographies de J. Royer, d'une netteté impeccable. Voilà un ouvrage de valeur historique et de haut luxe qui fera la joie de nombreux historiens et artistes — ébroïciens et ardennais ! Henry VOLNEY. 1 Et non le cadet, comme nous l'avions affirmé dans notre étude sur le dernier duc de Bouillon. — 220 — II. Un couplet rustique à Avaux-le-Château. Sur le registre paroissial d'Avaux-le-Château Ardennes, aux archives de celte commune, années 1674-1684, on lit, au verso du dernier feuillet, cette poésie simplette, d'une écriture de l'époque, en huit lignes Ma Janneton dans le vallon quil faict 1 tu sur lerbet Jay pour toi de laffection tayant truewée seullet Icy 2 tu veux quitez ton troupos ma Jeanti 3 pastorel vien aveque moy dans mon chateux 4 tu seras demoiselle a Jean C'est une déclaration d'amour fort naïve, dans laquelle on trouve quelques réminiscences des chansons citées par la Revue d'Ardenne et d'Argonne août 1901, p. 172-175, telles que Gentill' Pastourelle, Viens, viens dans mon royaume, etc. Le reste paraît original et fait sur place. Ce petit morceau rimé, qui se termine par une demande en mariage, et figure, par je ne sais quel hasard, au formulaire des actes les plus réguliers, méritait d'être signalé aux amateurs de poésie champêtre et pourrait être rapproché des pièces analogues en beau langage du XVIIe siècle. H. JADART. Villers-devant-le-Thour, le 12 septembre 1901. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES CHESTRET DE HANEFFE le baron J. de, membre de l'Académie royale de Belgique, Histoire de la Maison de La Marck, y compris les Clèves de la seconde race ; Liège, 1898, gr. in-4°, XXIV-375 pages. Ouvrage tiré à 250 exemplaires, réservés aux membres de la Société des Bibliophiles liégeois. Depuis quelques années, la littérature historique de la Belgique s'est accrue de plusieurs ouvrages de haute valeur, qui intéressent également l'histoire du pays des La Marck et des La Tour. M. Henri LONCHAY, le savant professeur de l'Athénée royal de Bruxelles, a continué la série de ses Etudes d'histoire diplomatique et militaire et son Mémoire sur La rivalité de la France et de l'Espagne aux Pays-Bas 1635-1700, 1 Qu'y fais. 2 Si. 3 Gentille. 4 Château. — 221 — 367 pages, qui a paru d'abord dans le tome LIV 1896 des Mémoires publiés par l'Académie royale de Belgique, résume aussi impartialement que possible, dans une langue claire et sobre, surtout d'après les Archives de Simancas et de Bruxelles, les différentes péripéties de l'ardente et longue lutte, dont la Belgique fut l'enjeu au cours du dix-septième siècle. Le régne tourmenté du prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière occupe, dans les annales du pays de Liège, presque toute la seconde moitié de celte même période, de 1650 à 1688. Le chanoine Joseph DARIS lui avait consacré, en 1877, les deux cent onze premières pages du tome II de son Histoire du diocèse et de la principauté de Liège pendant le XVIIe siècle. Mais ces pages, comme toutes celles que l'on doit au travail acharné de M. Daris, sont moins une oeuvre d'histoire, dans le sens propre du mot, qu'un recueil très complet et assez monotone de documents bien classés, très complet surtout pour l'histoire interne de la principauté. Déjà M. LONCHAY avait repris la question, en 1890, dans son étude sur La principauté de Liège, la France et les Pays-Bas au XVIIe et au XVIIIe siècles et le chapitre IV de son Mémoire, de la page 84 à la page 126, formait un excellent résumé, fait peut-être d'un peu haut, des rapports de Maximilien-Henri de Bavière avec le gouvernement de Louis XIV. Un jeune historien belge, M. Michel HUISMAN, qui s'inspire ouvertement de la méthode de M. Lonchay, vient de procéder à une enquête approfondie sur les sources de cette histoire, principalement sur les sources que renferment le fonds dit Secrétairerie d'Etat espagnole aux archives du royaume à Bruxelles, et les registres des Fonds de Liège et de Cologne, déposés aux archives du Ministère des Affaires étrangères à Paris et, grâce à ce travail d'exploration habilement exécuté, son Essai sur le règne du prince-évêque de Liège Maximilien-Henri de Bavière, Bruxelles, 1899, 196 pages, dépasse assurément les promesses du titre. En dehors de l'étude des faits qui intéressent plus particulièrement l'histoire intérieure de la principauté liégeoise, l'auteur a su mettre en relief les personnalités curieuses et marquantes des princes de Furstenberg, François-Egon et Guillaume-Egon, et la domination constante que ces deux ministres ont exercée dans les différents Etats du faible Maximilien-Henri, pour le plus grand profit du gouvernement de Louis XIV qui les stipendiait. Nous avons donné dans notre Mémoire sur le Loyalisme des Sedanais, pp. 148 et 151-157, divers renseignements d'ordre financier, qui attestent la répercussion exercée parcelle politique sur la région qui forme aujourd'hui le département des Ardennes. Dans cette enquête historique sur les rapports de la France et les Pays-Bas au XVIIe siècle, la part prise par l'érudition française a été considérable, grâce à M. Albert WADDINGTON, professeur à la faculté des lettres de Lyon. Nous lui devons deux volumes très documentés et très informés sur La république des Provinces-Unies, la France et les Pays-Bas espagnols de 1630 à 1650, gr. in-8°, parus le premier en 1895 XII-446 pages et le second en 1897 x-435 pages. Ainsi que le font supposer les dates extrêmes, c'est la politique de conquête poursuivie de concert contre les Espagnols par la France et les Provinces-Unies, qui est surtout mise en relief dans l'étude entreprise par M. Waddington. En France les premiers rôles sont joués successivement par les deux cardinaux ministres, Richelieu et Mazarin ; dans les Provinces-Unies, c'est le prince d'Orange, Frédéric-Henri de Nassau, dont l'autorité et le prestige s'accroissent singulièrement pendant un stathoudérat de — 222 — vingt-deux ans, de 1625 à 1647, au point que son fils Guillaume II tentera de renverser les institutions républicaines et de s'affranchir de la surveillance des Etats. Or il suffit de rappeler que Frédéric-Henri était l'oncle maternel du dernier prince de Sedan, Frédéric-Maurice de La Tour et que ce dernier fut général de cavalerie et gouverneur de Maestrichl pour le compte des Provinces-Unies, pour indiquer d'un mol l'intérêt considérable que l'ouvrage de M. Waddington peut offrir aux lecteurs de la Revue d'Ardenne et d'Argonne. Mais il est temps d'arriver aux travaux du baron J. DE CHESTRET DE HANEFFE. La première publication de valeur de cet érudit belge — nous nous plaçons toujours au point de vue sedanais — fut une Numismatique de la principauté de Liège et de ses dépendances Bouillon, Looz depuis leurs annexions, in-4°, 1888-1890, dont nous avons donné un compte-rendu succinct dans les éphémères Bulletins du Musée de Sedan, t. II, p. 6. Après ce brillant début, qui lui valut de justes éloges de la part des Revues les plus autorisées, M. de Chestret fut nommé membre correspondant de l'Académie royale de Belgique et, le 6 mai 1891, dans la séance publique que donna cette compagnie, il prononça un discours très documenté sur Les conjurations des La Marck, formées à Liège contre Charles-Quint, 34 pages extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 3e série, t. XXI, n° 5, pp. 684-715. Ce discours, écrit dans une langue claire et sobre, jette une lumière complète sur les complots tramés secrètement à Liège par le petit-fils du fameux Sanglier des Ardennes, assisté de son frère aîné, Jean, sire de Lummen, de son frère naturel, Guillaume, bâtard de La Marck, et de son cousin Philippe, le plus jeune des fils de Robert II, seigneur de Sedan. Ce dernier put finalement retirer son épingle du jeu et mourut dans les derniers jours du mois de juillet 1545, au château de Givonne. L'Histoire de la Maison de La Mardi, y compris les Clèves de la seconde race, parue en 1898, est une oeuvre d'une importance autrement considérable et qui mérite vraiment de retenir l'attention de tous ceux qui s'intéressent à l'histoire locale dans les Ardennes. Dans cet ouvrage, édité par la Société des Bibliophiles liégeois et qui fait honneur aux presses de M. Cormaux, M. de Chestret a condensé le fruit de plusieurs années d'un travail assidu dans les bibliothèques et les archives de la Belgique et des pays limitrophes ; car il a compris dans ses recherches non seulement les branches secondaires, mais encore les branches bâtardes, dont le grand nombre atteste étrangement la prodigieuse vitalité de cette famille prolifique. Les membres de la branche aînée, celle des comtes régnants de La Marck, qui devinrent successivement comtes, puis ducs de Clèves, ont joué un rôle très actif, plutôt même turbulent, dans la vallée inférieure du Rhin, où le dernier duc, Jean-Guillaume, mort le 25 mars 1609, laissa un héritage considérable, dont le partage provoqua des luttes acharnées entre les maisons de Brandebourg et de Neubourg. Toutefois les lecteurs de la Revue s'intéresseront davantage aux biographies de la branche des comtes, puis ducs de Nevers, qui possédèrent également, comme on sait, le duché de Rethel et ses dépendances. Elles sont rédigées avec infiniment de soins et l'auteur parait avoir connu les plus essentielles des sources françaises. Il y a là une vingtaine de pages, de la page 75 à la page 94, dont la documentation n'était pas chose facile à établir pour un étranger et il ne faut pas trop s'étonner si M. de Chestret a négligé de consulter ou du moins de mentionner les — 223 — ouvrages locaux sur Rethel, la Revue historique de Sénemaud, ainsi que les Etudes historiques sur Raucourt et Haraucourt de M. Sécheret, qui auraient pu lui fournir quelques renseignements complémentaires. Les biographies des seigneurs et princes de Sedan ont plus particulièrement attiré notre attention. M. de Chestret a inauguré cette série par la biographie de Robert Ier, parce qu'il rattache avec assez de raison les notices d'Everard et de Jean de La Marck à la branche des seigneurs d'Arenberg. Comme ces premiers La Marck de la branche de Sedan, telle qu'on la comprend habituellement en France, ont exercé surtout dans la région de Liège leur turbulente activité, l'auteur était on ne peut mieux qualifié pour nous donner sur eux des notices très complètes et que tous les historiens sedanais devront désormais consulter. — Relevons ici, en passant, une légère inexactitude, que nous avions commise nous-même dans notre Notice sur la Maison de Bouillon-La Tour, p. 18 la erre d' Aisseu » en Vimeux, qui appartint à Jacques de La Marck, a perdu celte appellation dans le courant du XVe siècle et s'appelle aujourd'hui Seux Somme, arrond. Amiens, canton Molliens ; elle est mentionnée sous la forme Adsultus dans un diplôme de l'époque mérovingienne. Cf. Aug. LONGNON, Examen géographique du tome Ier des Diplomata lmperii, 1873, p. 10. Lorsque les La Marck de Sedan participent d'une façon plus étroite à l'histoire de la France, avec Robert II et son fils Fleuranges l'Adventureux, les documents belges deviennent insuffisants et leur biographe doit surtout consulter des sources françaises. Ici encore, comme pour les Clèves de la seconde race, M. de Chestret a su diriger ses recherches avec la plus diligente perspicacité. Pour la partie biographique proprement dite, les dates de naissance, etc., il a surtout mis à profit les travaux manuscrits de Mathieu Herbelin 1, chanoine de Saint-lved de Braine et qui sont conservés à la Bibliothèque nationale, Fonds français, n° 5392. Il convient toutefois de faire observer que ce manuscrit d'Herbelin avait été déjà utilisé par l'abbé BOULLIOT, dans son excellente et rarissime Biographie ardennaise, 1830, t. II, p. 43,181 et suiv., que M. de Chestret aurait bien dû consulter, de préférence au tome Ier de l'Hisloire de Sedan, par l'abbé PRÉGNON, dont la valeur historique est pour ainsi dire insignifiante. Je ne parle pas ici des tomes II el III, qui valent beaucoup mieux. La notice consacrée au fameux prince-évêque de Liège, le cardinal Erard de La Marck, est particulièrement soignée, bien qu'elle ne fasse pas oublier celle que M. Lonchay a rédigée pour la Biographie nationale de Belgique, t. XIII, col. 497 et suiv., et qui se recommande par d'autres qualités. L'importante Chronique de Jean de Brusthem, éditée assez médiocrement par le chanoine Reusens pour le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, était ici la source principale. M. de Chestret aurait pu mentionner également l'Hisloria Erhardi cardinalis a Marcha, auctore Ludovico Donio d'Allichy ; cette biographie, due à l'évêque d'Autun, Louis Doni d'Attichy, est imprimée au tome II de ses Fleurs de l'Histoire des Cardinaux ; Paris, 1660, in-fol., p. 78 et suiv. 2. 1 Ce manuscrit de M. Herbelin est d'une telle importance pour l'histoire des seigneurs de Sedai, qu'un amateur d'histoire locale nous rendrait un réel service s'il le faisait copier, puis publier. Puisse notre souhait être exaucé ! 2 Mentionnons également en note la Vie de Robert de La Marche, sieur de Fleuranges », publiée dans les Vies des plus grands capitaines françois par François de Beccarie de Pavie, baron de Fourquevaux ; Paris, chez Jean de Bray, 1643, in-4°. — 224 — Les biographies des derniers La Marck de la branche de Sedan paraissent attester une documentation moins soutenue. C'est ainsi, par exemple, que sur la dernière partie de la vie de Robert IV, on pouvait assez facilement mentionner d'autres sources imprimées que celles qui sont indiquées par M. de Chestret de Haneffe. Nous voulons parler du siège de Hesdin. Le docteur B. DANVIN a publié à Saint-Pol en 1866 un volume intitulé Vicissitudes, heur et malheur du Vieil-Hesdin, dont le chapitre XIII, pp. 248-261, est consacré à la description du dernier siège et à la destruction de cette malheureuse ville. Le grand chirurgien Ambroise PARÉ nous a laissé des opérations de ce siège une relation fort intéressante ; on sait en effet qu'il se trouvait dans la place avec les troupes françaises et que, fait prisonnier, il refusa les offres brillantes du duc de Savoie et acheta en quelque sorte sa liberté par la guérison d'un colonel ennemi. Mais il y a mieux on imprima, en 1555, à Anvers, un petit volume intitulé De Morini quod Theruenam vocanl atque Hesdini expugnatione deque proelio apud Rentiacum brevis et vera narralio, Jacobo Basilico Marquesio, despota Sami, authore. Cette rareté bibliographique fut réimprimée par Téchener, en 1874, sur papier de Hollande, avec le titre suivant MARCHET seigneur de Samos, Brief et vray Récit de la prinse de Térouane et Hédin, avec la bataille faite à Renty 1553-1554. Or le second éditeur s'était assez plaisamment trompé il avait pris, non pas le Pirée pour un homme, mais un titre pour un nom. Le Marchet » de Téchener s'appelait en réalité Jacques-[Héraclide] Basilicos ; c'était un aventurier d'origine grecque, qui s'institulait seigneur de Samos et marquis i de Paros et qui fut surnommé le Despote. Après avoir pris part aux sièges de Thérouanne et de Hesdin, puis au combat de Renty dans les armées de Charles-Quint, il embrassa le protestantisme et alla chercher fortune en Moldavie, où il s'empara du trône en 1562; il fut tué après un règne de deux ans. Cf. Deux vies de Jacques Basilicos, prince de Moldavie, publié par E. LEGRAND ; Paris, 1885. De même, M. de Chestret signale d'un mot les bruits d'empoisonnement nui coururent à l'occasion de la mort de Robert IV et paraît adopter l' opinion de Brantôme t. III, p. 192. C'est là une question fort controversée et peut-être aurait-il bien fait de rappeler que les Espagnols furent alors accusés publiquement de cet assassinat par un personnage considérable, Charles de Marillac, archevêque de Vienne et ambassadeur du roi de France. Cet acte d'accusation se lit dans le Discours sur la roupture de la trefve, en l'an MDLVI, que Cimber et Danjou ont réimprimé dans leur collection des Archives curieuses de l'Histoire de France, 1re série, t. III, p. 169 et suiv. Mais il est temps de nous arrêter, notre compte-rendu dépassant et de beaucoup les dimensions habituelles. Nous ne voulons pas d'ailleurs chercher à affaiblir le travail de M. de Chestret. Encore une fois, nous le tenons pour un répertoire de faits très commode et très sérieusement établi, grâce à un esprit critique très informé. Nous regrettons seulement qu'une oeuvre de cette importance ne soit pas facilement accessible au grand public ; nous n'avons pu nous-même rédiger ce compte-rendu que grâce à l'obligeance d'un collègue, qui a bien voulu nous prêter son exemplaire. Stéphen LEROY. 1 Marquesius devait être traduit par Marquis » et non par Marchet ». — 225 — Commission météorologique du département des Ardennes. — Compte-rendu des observations faites en 1899. Quatorzième année.— Mézières, imprimerie Charpentier-Richard, 1900; brochure gr. in-4° de 27 pp. avec un diagramme hors texte. Voici une publication annuelle qui, jusqu'à maintenant, en dehors des spécialistes, était entièrement ignorée du public ardennais. Elle fournit pourtant d'utiles informations à l'ingénieur, à l'agronome, au botaniste; elle nous a semblé particulièrement précieuse pour le géographe et nous croyons à propos d'en dire quelques mots. Elle résume les travaux accomplis par la Commission départementale pendant l'année météorologique 1898-1899, avec l'aide des 32 stations d'observations établies dans les bassins de la Meuse, de l'Aisne et de l'Oise. Le rapport, présenté par le président, M. Rigaux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, est l'oeuvre des deux secrétaires, MM. Bestel, professeur à l'école normale de Charleville, et Claise, ingénieur des ponts et chaussées. On y trouve l'organisation du service météorologique ; un résumé par saison des observations faites à l'Ecole normale de Charleville ; un résumé des observations pluviométriques faites à toutes les stations ; un résumé général pour le département concernant la pression atmosphérique, les vents, la pluie, la neige, le brouillard et les orages ; enfin un résumé des observations sur les phénomènes de la végétation et sur les animaux. Ce dernier point a son importance, car il y a une corrélation directe entre la climatologie et les phases diverses de la vie animale et végétale. Un souhait pour finir que le savant et infatigable M. Bestel nous livre bientôt l'atlas et l'ouvrage de climatologie ardennaise dont il rassemble les éléments depuis de longues années. Il rendra ainsi le plus signalé service à la géographie de notre région. Charles HODIN. Notice historique sur le canton de Monthermé, par Dom Albert Noël, M. B. de l'abbaye de St-Maur. — Reims, Henri Matot, imprimeur-libraire-éditeur, 1901, in-8° de 216 pages. Je suis bien en relard pour parler du dernier volume du R. P. Dom Noël, sur le canton de Monthermé, dont les articles séparés parus dans l'Almanach-Annuaire de la Marne, de l'Aisne, des Ardennes et dans le journal le Courrier, de ce dernier département, ont été réunis en un ouvrage publié par Matot-Braine. C'est un beau et bon volume, dont l'impression fait à l'éditeur autant d'honneur que le texte à l'auteur. Nous ne dirons pas l'intérêt qu'offrent ce travail et ces recherches sur l'histoire de chacune des communes qui composent ce canton. Sa lecture est d'autant plus attachante qu'elle nous fait revivre, pour ainsi dire, le passé d'une portion de notre département qui n'appartint pas toujours à la. France ou qui en fut une des marches. Entr'autres articles remarquables, signalons surtout les notices consacrées à Monthermé, à l'abbaye de La-Val-Dieu, à Braux et sa collégiale, à Châleau-Regnault et sa principauté. Elles sont pleines d'intérêt et témoignent toutes de la profonde érudition de l'auteur, de ses patientes recherches et si elles peuvent prêter parfois à quelques critiques, hâtons-nous d'assurer que ce ne sont, à coup sur, que des — 226 — critiques de détail n'ayant qu'une importance secondaire. En résumé nous devons remercier le savant Bénédictin, notre vénérable compatriote, de l'oeuvre qu'il a consacrée à cette portion de son pays et souhaiter vivement qu'il poursuive son travail sur les autres cantons de son département d'origine. Dr J. JAILLIOT. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE Revue de Paris.— La Chevauchée au Gouffre; Sedan, par Paul et Victor Margucritle nos des 1er et 15 août, ler et 15 septembre 1901. Cet article est reproduit dans Une époque. — Les Braves Gens par les mêmes, Paris, Plon et Nourrit, 1901, in-16, 3 fr. 50. CORRECTIONS P. 27. — La dernière ligne du texte doit être reportée au bas de la p. 28, dont elle forme en réalité la dernière ligne. P. 61, 1. 4 Au lieu de Bras-Reliquarie, lis. Bras-Reliquaire. P. 169.— Dans mon article sur Micqueau Revue, t. VIII, p. 165 et suiv., j'ai fait naître sa fille JUDITH de sa troisième femme ; j'ai commis là une erreur que M. le Dr Jailliot me signale. JUDITH est née de la deuxième femme de notre compatriote; son nom doit être ajouté à ceux de Suzanne, Marie et Jacques, enfants de Catherine de Rebais. C'est donc entre 1591 et 1595 que Micqueau se remaria en troisièmes noces. P. 198.—La modification de Le Chesne-le-Pouilleux en Le Populeux peut dater du XVIIIe siècle, disais-je en cet endroit. Je me trompais. Le Dr Martin a communiqué à M. Meyrac [Traditions... des Ardennes, pp. 38 et suiv. des documents conservés aux archives communales du Chesne et relatifs à la Ste Ampoule. Le plus ancien, en date de 1623, est une confirmation par Louis XIII des privilèges du bourg qu'il appelle déjà Le Chesnele-Populeux. P. C. TABLE DES MATIERES I. ARTICLES DE FOND. PAGES Bois communaux de la ville » de Hargnies L'origine des P. COLLINET ... 137 Cahier des doléances d'Yoncq A. SÉCHERET 158 Chansons ardennaises Variantes de quelques P. COLLINET. 172 Etudes campanaires RIOMET 17 Excursions Un après-midi sur les bords de l'Hermeton Paul COLLINET 205 Famille de Salnove Essai sur la P. PELLOT 65 Folk-lore ardennais P. COLLINET 198 Folk-lore de Givet en 1829 Le H. VOLNEY 85 Folk-lore de Monthois 208 Hautes-Rivières Quelques notes sur les A. LACAILLE 5 Impressions d'hiver en Ardenne G. DELEAU 114 Inscriptions romaines du département des Ardennes Les P. COLLINET 1 Glaudinettes Le temps des J. BOURGUIGNON 170 Micqueau Jean-Louis de Viel-S'-Remy P. COLLINET. 165 Population des Ardennes avant le XIXe siècle Recherches statistiques sur la P. COLLINET à suivre, 109 et 191 Registre des sépultures de Sery Le Al. BAUDON 125 Rimbaud Arthur suite et fin J. BOURGUIGNON et Ch. HOUIN 33 et 141 Rimbaud Iconographie d'Arthur Ch. HOUIN 185 Sedanais Le loyalisme des et leur hospitalité, de 1638 à 1680 suite et fin S. LEROY.. 10, 22, 49, 94, 133, 153 et 176 II POÉSIE. La Meuse Dr SÉJOURNET 79 III. VARIÉTÉS. Biographie ardennaise Le général d'Artaize E. HENRY. . 104 Biographies ardennaises Les deux généraux Poupart E. HENRY 216 Couplet rustique à Avaux-le-Château H. JADART ... 220 Eglise de Mézières Relevé des dates de construction dans l' A. SÉCHERET 31 Etudiant fumacien à la Faculté de Droit de Douai, en 1755 Inscriptions d'un P. COLLINET. 31 — 228 — PAGES Mariage du général Joubert à Grandpré Acte de H. JAILLIOT 105 Portraits Les du prince et de la princesse de Turenne, par Sixc H VOLNEY 218 IV. CHRONIQUES. Ardennais lauréats de l'Académie de Reims 182 Autographe Un de Méhul Ch. HOUIN 203 Découverte d'ossements à Sedan 203 Diplôme de Guillaume, comte de Luxembourg, mentionnant le nom de Godefroid d'Orchimont, comte Sur l'authenticité du P. COLLINET 82 Impression sedanaise de Mathieu Hilaire Une 14 Inauguration du monument d'Arthur Rimbaud Ch. HOUIN 201 Lapierre le Dr, lauréat de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres P. COLLINET 163 Manuscrit d'une histoire d'Ivois-Carignan L. G. et N. GOFFART 15 et 203 Médaille de bornage de l'arpenteur Jacotin Une nouvelle Ch. HOUIN 61 Objets d'art religieux Les appartenant aux églises des Ardennes à l'Exposition rétrospective de l'art français 1900 P. COLLINET 60 Polytechnicien ardennais Un uniforme de à l'Exposition universelle de 1900 Ch. HOUIN 58 Résultats des fouilles faites dans les cimetières gaulois d'Aussonce et de La Neuville-en-Tourneà-Fuy pendant l'année 1900 G. LOGEART 81 Revue Une nouvelle Le Souvenir ardennais 14 Société d'Etudes ardennaises au 39e Congrès des Sociétés savantes La 123 Trouvaille numismatique à Sedan 182 V. BIBLIOGRAPHIE. COMPTES-RENDUS 15, 16, 62, 83, 107, 140, 182 et 220 BULLETINS 32, 64, 84, 124, 164, 184, 204 et 226 VI. PLANCHE. Monument Arthur Rimbaud 201 Sedan. — Imprimerie EMILE LAROCHE, rue Gambetta, 22. REVUE D'ARDENNE & D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 2 DÉCEMBRE 1900 SOMMAIRE RIOMET Etudes campanaires I. Inscription de la cloche de Liart. II. Cloches de l'abbaye de Bonnefontaine. III. Le fondeur Pierre Guillemin. IV. Notes complémentaires sur les cloches de Rumigny de Lamirault de Cerny, leur parrain, et Suzanne de Lancry, leur marraine. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à [680 à suivre. VARIÉTÉS I. Relevé des dates de construction dans l'église de Mézières A. SÉCHERET. II. Inscriptions d'un étudiant fumacien à la Faculté de Droit de Douai, en 1755 P. COLLINET. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAR O C H E 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille. Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la REDACTION et I'ADMINIS TRATION, adresser toute la correspondance an Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les " Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité, Pour les tirages à part, les auteurs sont pries de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N°s 3 et 4 JANVIER-FÉVRIER 1901 SOMMAIRE Jean BOURGUIGNON et Charles HOUIN Poètes ardennais Arthur Rimbaud. — VI Rôle d'Arthur Rimbaud en Afrique. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de [638 à 1680 à suivre. CHRONIQUE I. Un uniforme , de polytechnicien ardennais à l'Exposition universelle de 1900 Charles HOUIN. II. Les objets d'art religieux appartenant aux églises des Ardennes à l'Exposition rétrospective de l'art français 1900 P. COLLINET. III. Une nouvelle médaille de bornage de l'arpenteur Jacotin Charles HOUIN. COMPTES-RENDUS & BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUES. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE I M PR I M E R I E EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et I'ADMINIS TRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMEIT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les "Variétés » est interdite,,sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE & D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 5 MARS 1 9 01 SOMMAIRE Paul PELLOT Essai sur la famille de Salnove. POÉSIE Dr SÉJ0URNET La Meuse. CHRONIQUE I. Résultats des fouilles faites dans les cimetières gaulois d'Aussonce et de La Neuville-en-Tourne-à-Fuy pendant l'année 1900 Gustave LOGEART. II. Sur l'authenticité du diplôme de Guillaume, comte de Luxembourg, mentionnant le nom de Godefroid d'Orchimont, comte Paul COLLINET. COMPTE-RENDU & BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUES. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la REDACTION et I'ADMINISTRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, parait tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant I'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les " Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE * D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 6 AVRIL 1 901 SOMMAIRE Henry VOLNEY Le folk-lore de Givet en 1829 I. Fêtes patronales; II. Coutumes; III. Conte des chats tenant conseil; IV. Pèlerinages ; V. Sorciers ; VI. Elégie patoise. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 16-38 à 1680 à suivre. VARIÉTÉS I. Biographie ardennaise Le Général d'Artaize Ernest HENRY. II. Acte de mariage du Général Joubert, à Grandpré 30 messidor an VII Henry JAILLIOT. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Album d'art religieux. Givet, etc.... Ch. HOUIN. — Mém. de la Société des Lettres, etc...., de Bar-le-Duc E. H.. — Notice sur les derniers seigneurs de Sausseuil, par Alb. Baudon E. H.. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE L A R O C H E 21, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et I'ADMINISTRATION, adresser tonte la correspondance an Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS l'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les » Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE—N° 7 MAI 1901 SOMMAIRE Paul COLLINET Recherches statistiques sur la population des Ardennes avant le xixe. siècle I. — La population des communes ardennaises relevant du Luxembourg, de 1495à 1566. Georges DELEAU Impressions d'hiver en Ardenne Journal de route Hiver 1900-1901. CHRONIQUE, La Société d'Etudes ardennaises au 39e Congrès des Sociétés savantes. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. SEDAN , AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour ont ce qui concerne la RÉDACTION et L'ADMINIS6 TRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les » Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARMÉE & D'ARGOME SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 8 JUIN 190 1 SOMMAIRE Al. BAUDON Le registre des sépultures de Sery 1628-1660 I. La maladie de l'estappe ».;— II. La peste de 1636. — III. Les guerres de la Fronde. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à 1680. — Appendice à suivre. Paul COLLINET L'origine des bois communaux de la ville » de Hargnies 24 septembre 13 14. COMPTE-RENDU BIBLIOGRAPHIQUE Le village et l'église de Renneville, par H. Jadart, avec la collaboration de J. Cartier et G. Menu P. COLLINET. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITE DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire elt Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la REDACTION et l'ADMINISTRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDEM E 1 D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 9 JUILLET 1901 SOMMAIRE Jean BOURGUIGNON et Charles HOUIN Poètes ardennais Arthur Rimbaud fin. — VII Rôle d'Arthur Rimbaud en Afrique. Sa mort. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à 1680. — Appendice à suivre. A. SÉCHERET Cahier des doléances d'Yoncq. CHRONIQUE Le Dr Lapierre, lauréat de l'Académie des Inscriptions et BellesLettres. P. COLLINET. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE ÉMILE R O C H E 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et I'ADMINISTRATION, adresser tonte la correspondance an Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. la reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE 1 D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 10 AOUT 1 9 O 1 SOMMAIRE Paul COLLINET Jean-Louis Micqueau de Viel-St-Remy, professeur au Collège de Sedan, pasteur à Givonne et Raucourt, à la fin du XVIe siècle. Jean BOURGUIGNON Le temps des Glaudinettes. Paul COLLINET Variantes de quelques chansons ardennaises. Stéphen LEROY Le loyalisme des Sedanais et leur hospitalité, de 1638 à 1680. — Appendice [suite et fin. CHRONIQUE I. Ardennais lauréats de l'Académic de Reims. IL Trouvaille numismatique à Sedan. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Inventaire-Sommaire des Archives départementales antérieures à 1700, rédigé par M. Paul Laurent, archiviste. Ariennes. Tome V. Série H supplément Archives hospitalières E. H.. — Compterendu des travaux du XIVe Congrès de la Fédération archéologique et historique de Belgique P. C. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 22, RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne a RÉDACTION et l'ADMINISTRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les " Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDENNE & D'ARGONNE SCIENTIFIQUE; HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR , LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 11 SEPTEMBRE 19 01 SOMMAIRE Ch. HOUIN Iconographie d'Arthur Rimbaud. Paul COLLINET Recherches statistiques sur la population des Ardennes avant le XIXe siècle. — II La population de la sergenterie de Porcien vers l'année 1300. Paul COLLINET Folk-lore ardennais I. Blason populaire de quelques localités des Ardennes.— II. La veille des morts à Anchamps. CHRONIQUE I. Inauguration du Monument d'Arthur Rimbaud Ch. HOUIN. II Un autographe de Méhul Ch. HOUIN. III. Une histoire manuscrite d'Yvois-Carignan N. GOFFART, IV. Découverte d'ossements à Sedan. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE ÉMILE LAROCHE 22. RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNAY, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et I'ADMINISTRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les " Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue. REVUE D'ARDEME 1 D'ARGONNE SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ARDENNAISES 8me ANNÉE — N° 12 OCTOBRE 1901 SOMMAIRE Paul COLLINET. — Excursions Un après-midi sur les bords de l'Hermeton. Folk-lore de Monthois Fêtes. — Inhumation. — Mariage. — Baptême. Chasse. Ernest HENRY. — Biographies ardennaises Les deux généraux Poupart. VARIÉTÉS 1. Les portraits du prince et de la princesse de Turenne. par Sixc Henry VOLNEY. II. Un couplet rustique à Avaux-le-Château H. JADART. COMPTES-RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES Histoire de la Maison de La Marck, par de Chestret de Haneffe Stéphen LEROY. — Commission météorologique des Ardennes '1899 Ch. HOUIN. — Notice historique sur le canton de Monthermé, par D. Albert Noël Dr J. JAILLIOT. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. — CORRECTIONS. Le prochain numéro de la Revue contiendra un article de M. Jean BOURGUIGNON sur le Passage de Pierre-le-Grand à travers les Ardennes en 1717, d'après des documents entièrement inédits et les ouvrages français et russes les mieux informés. SEDAN AUX BUREAUX DE LA REVUE IMPRIMERIE EMILE LA. R O C H E 22. RUE GAMBETTA, 22 COMITÉ DE PUBLICATION MM. CHARLES HOUIN, Agrégé de l'Université Histoire et Géographie. ANDRÉ DONNA Y, Agrégé de l'Université Langues vivantes. PAUL COLLINET, Professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lille, Secrétaire du Comité. Pour tout ce qui concerne la REDACTION et l'ADMINISTRATION, adresser toute la correspondance au Bureau de la Revue. MODE & CONDITIONS D'ABONNEMENT La Revue, fondée en novembre 1893, paraît tous les mois et forme chaque année un volume d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année. La Revue insérera, à la fin des Variétés », les demandes de renseignements ayant trait aux matières dont elle s'occupe les réponses seront communiquées aux demandeurs par le Comité de publication. Il sera rendu compte, dans la Bibliographie », de tout ouvrage concernant l'Ardenne ou l'Argonne, dont un exemplaire sera envoyé au Comité. La reproduction de tout article même la Bibliographie » ou les " Variétés » est interdite, sans le consentement préalable de l'auteur et du Comité. Pour les tirages à part, les auteurs sont priés de traiter directement avec l'imprimeur de la Revue.
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